mm ''WÛ SiiiKi^^ Hn^1v>mmfv!«^')' BK)l''iVy\?V">:VV.'' i' XT épiniériste, à Worcester (Angleterre). " Nous n'avions pas entendu dire jusqu'ici que le Gui fût cultivé en pépinière comme arbre d'ornement. On aurait lieu de s'en étonner si l'on oubliait que ce parasite (nommé en anglais mistletoe) est donné à chaque Noël par les jeunes gens anglais aux jeunes filles comme un emblème auquel s'attachent des légendes et coutumes qu'il serait trop long de rapporter ici. La communi- cation de M. Smith est intéressante. Elle aura sans doute pour effet sur quelques-uns de nos lecteurs, comme elle l'a eu sur nous même, de provoquer des essais nouveaux de greffé du gui sur différents arbres. La Revue de l'arboriculture. — MM. Simon-Louis frères, horticulteurs à Metz, convaincus de l'utilité d'un organe spécialement affecté à la pomo- logie et à l'arboriculture d'ornement, qui prime dans l'Europe continentale toutes les autres cultures, viennent de fonder une publication mensuelle qui porte le titre ci-dessus et dont nous recevons le premier numéro, presque en entier écrit de la main de M. 0. Thomas, l'un des directeurs de l'établisse- ment, jeune homme plein de savoir, avec lequel nous avons eu plusieurs fois l'occasion de causer, à Metz, de la science bien-aimée qui nous occupe. Nous trouverons sûrement matière à de précieux extraits d'un recueil qui em- pruntera, aux vastes collections de l'établissement et aux connaissances spé- ciales de ceux qui le dirigent, un intérêt tout particulier, et de notre côté nous sommes tout à nos nouveaux confrères. TOME XIX. — 1er JANVIER 1872. ' 1 Cours de M. Dubreuil. —Le professeur d'arboriculture M. Dubreuil rouvre son cours public et gratuit, à partir du 28 janvier, à l'école fruitière delà ville de Paris, porte Daumesnil, près le bois de Vincennes. Les leçons pratiques ont lieu tous les dimanches à une heure et demie. L'enseignement portera cette année sur les matières suivantes : Études fondamentales de l'arhoricidture; des pépinières; culture des arbres et arbrisseaux à fruits de table et jat-din fruitier. Exposition internationale de Vienne en 1873. — L'horticulture sera largement représentée à cette grande exhibition, et nous venons de recevoir un programme qui contient, à ce propos, les indications suivantes : Cette "Taiide exhibition sera installée au Prater, dans des bâtiments construits à cet effet • elle sera ouverte le P'" mai 1873 et close le 31 octobre de la même année. Les objets exposés seront divisés en vingt six groupes. Dans le deuxième groupe seront comprises l'agriculture, l'horticulture, l'exploitation et l'industrie forestière. Au quatrième groupe appartiennent les suljstances alimentaires et de consommation, comme produits de l'industrie. Extraits du deuxième groupe se rapportant à l'horticulture : a. Substances alimentaires et plantes médicinales, à l'exception des légumes et fruits frais ; b. Tabac cru et autres plantes narcotiques; c. Matières textiles végétales ; (. Engrais et matières fertilisant le sol ; n. Matériel d'horticulture; plans, dessins et modèles, objets d'ornementation des jardins, en dessins et modèles, serres, irrigations, etc. ; o Spécimens d'établisssements d'horticulture Expositions temporaires. Les expositions temporaires, dont les règlements spéciaux seront ultérieurement publiés, comportent les spécialités suivantes : 4"' Produits de l'horticulture (légumes et fruits frais, fleurs, plantes, etc.); S^» Plantes vivantes nuisibles à l'agriculture et aux forêts. Bulletin du Cercle d'arboriculture de Gand. — Cette publication s'aug- mente chaque jour en matières, en articles pratiques, et vient d'ajouter par- fois au texte une gravure coloriée. L'association répondait à une idée juste; elle a du succès; nous ne serons pas les derniers à y applaudir et nous détes- tons ces prétendus frères en horticulture qui pensent étayer leurs travaux et leurs journaux en dénigrant ceux d'autrui. Décoration de M, Van Huile. — A ce propos, qu'il nous soit permis de féliciter chaudement notre collègue et ami M. Van Huile, jardinier en chef au jardin botanique de Gand, que le roi Léopold II vient de décorer de son ordre pour les bons services qu'il a rendus non-seulement dans son emploi, mais comme maître de conférences d'arboriculture en Belgique. De telles distinctions honorent autant les ministres qui les proposent et le souverain qui les accorde que celui qui en est l'objet. Nécrologie. — M. Rantonnet, horticulteur à Hjères, vient de mourir. Il était fort connu il y a quelque trente ans pour avoir fondé à Hyères un vaste établissement horticole qui est maintenant entre les mains de MM. Huber et C'^ Depuis un certain nombre d'années, on n'entendait parler de lui que par ses articles dans plusieurs recueils horticoles, qui dénotaient un esprit d'ob- servation et un amour des plantes peu communs. Avec M. Rantonnet meurt un des amateurs d'horticulture les plus dignes de ce nom. Ed. André. ./yî*-^ IM. LXXXVIII (.loiiWo). PHYLLOTMIUM LINDENI, k„. »™m. PHYLLOTAENE DE LINOEN. Aroïdf.es-Colocasiées. ÉTYMOLOGIE : de iû/./ov, feuille, etTaivlov, bandelette, des bandes régulières blan- ches qui zèbrent la surface des feuilles de l'espèce sur laquelle est fondé ce nouveau genre. CARACTERES GÉNÉRIQUES : Spatha basi convoluta, limbo lanceolato recto, deni- ([ue deflexo ; sjxcdix spathœ tequalis, genitalibus rudiraentariis nullis, appendice sterili nulla; antherœ bi-(?) loculares plurimse, connectivis clavatis truncatis rnargine tenuiter ciliolatis, porc apicali transverse déhiscentes ; ovaria plurima. .. — Herba americana Neo- Granatensis , succo lacteulo acri, rhizoynate tuberoso ; folia coriacea, longe persistentia, sagittata, costa venlsque taniummodo subtus promhientibus, petiolo bilineato scabro, basi /ioccoso-lanato ; scapi ebracteati solitarii brèves. — Genus a Caladiis veris spatha demum reflexa, genitalibus rudimentariis deficientibus, antherarum connectivo supra' ciliolato, succo lacteo, foliis pergameneis longe persistentibus, petioloque bi-lineato rugoso infra lanato prœcipue distinguendum. Xan^Aosowfe primum haud recte refertum; hujusce ge- neris spatha erecta, genitalia rudimentaria, rhizoma caulescens, spatha flava, pedunculus- que invaginatus in plantam nostrani desunt. Ad P^/tonc?ram (Ratin.) plus minusve acce- dit; spatha tanien haud elongata undulata, antheris bilocularibus, scapo brevi, appendice sterili nulla. habituque haud scandente valde ditfert. Phyllotsenium, gen. nov. — Ed. André, loco prœsenti. CARACTERES SPECIFIQUES : pla^ita acaulis, succo caustico lacteolo ; rhizoma tube- rosum; folia persistentia; petiolus viridis, lineis 2 uigris antice posticeque longitudinali- bus, G"'50 0'"G0 longus, basi compresse- vagiuatus marginibus convolutis membranaceis nigrescentibus, medio et supenie gracilis cylindricus rugosus, basi lana copiosa decidua tloecosa fulvacoopertus,lenticulis atroviolaceis sub epidermide percipiendis; lami7ia per- gamenea patens, utrinque glabra, plana v. subundulata, ovato-oblonga acuta sagittata, 0'"30-0'"40 longa, 0'"-15-0'"20 lata, lobis duobus basilaribus divergentibus ovato acutis amplis, supra in juuioribus foliis violaceo viridis, in adultis primum hete denique intense viridis, inter nervos transversales patentes alternes subimmersos antemarginales vittis conspicue depictis fere marginem attiugentibus prœdita, subtus pallidior, costa central! nervisque secundariis proniinentibus iiavescentibus, venulis immersis subparallelis viri- dioribus gracillimis ; scapus brevis (0'"10 longus), gracilis, subteres, basi nudus; spatha in scapum decurrens, crassa, basi ventricosa clausa, ovato-acuta, 0°^12 longa, superne aperta cucuUata, demum deflexa, extus virescenti-brunnea, intus alba, apice nigrescente ; spadix spathai longitudine, cylindraceus, super fœmineos flores contractus, appendice sterili nulla, apice obtusus, niveus, superne longe masculus antherarum connexivo externe qua- (Irato convexe ciliolato (apicali pero pollen in filis tenuibus productum), inferne fœnii- neus, ovariis in annule brevi (0"'Û2j dispesitis... — Csetera eb incomplète observatajn intlorescentiam fructusque adhuc deficiunt. — In sylvis Novse-Granatse legit cl. G. Wallis, anno 1868. — Ad naturam vivam in horte Lindeniano descripsi. — Ed. A. Phyllotœnium Lindeni, Ed. André, 1. c. Xanthosuma Lindeni, Hert. C'est inaugurer dignement l'année nouvelle que de mettre sous les yeux de nos lecteurs cette admirable plante! Quelques-uns des Caladiums de M. Bleu l'égalent et même la dépassent en beauté de coloris, aucune ne l'égale par l'en- semble des caractères. En eifet, dans les variétés récentes sorties ou voisines du Caladium, bicolor, les feuilles ne durent que quelques mois et la plante a besoin d'une période de repos prolongé. Ici, au contraire, ces belles feuilles zébrées de blanc sur fond vert sont permanentes. Leur contexture parche- minée leur donne une résistance durable, et les pieds que nous avons vus chez M. Lindeii sont constamment en végétation sans se fatiguer jamais. C'est là une qualité que n'atteint aucun des Caladiums à feuilles peintes. Par elle, notre plante dépasse d'un bond toutes les plantes à feuillage de cette tribu et devient la reine des Colocasiées à feuilles dures colorées. Nous avons dû créer en sa faveur un nouveau genre. Quand M. G. Wallis l'expédia à M. Linden des forêts de la Nouvelle-Grenade où il la rencontra en 1868, on crut voir un Xanthoso7na, à la forme et à la texture des feuilles. Elle fut même exposée à Londres et gagna à l'unanimité, cette année, un cer- tificat de 1''^ classe sous le nom Xanthosoma Lindeni. Mais depuis la plante a grandi et fleuri. Il n'a pas été difficile de voir qu'elle différait très-complètement des Xanthosoma par un rhizome tubé- reux et non caulescent, une spathe défléchie après la floraison et non toujours dressée, les pédoncules laineux et non glabres, la couleur des fleurs jamais jaune, et la hampe non invaginée, sans parler de caractères moins apparents, comme les cils menus qui entourent la partie convexe du connectif des an- thères et que nous n'avions encore observés nulle part. Elle s'éloigne également des Caladium vrais par sa spathe réfléchie après l'anthère, les mêmes organes rudimentaires absents, le connectif cilié en dessus, un suc lactesce?it, des feuilles jjersistantes, un pétiole laineux à la base et marqué de deux lignes noires opposées dans toute sa longueur. Assez voisine des Peltandra par plusieurs caractères, elle en diffère par un port non grimpant surtout, une spathe courte et non ondulée, et l'absence d'appendice stérile. Toutefois elle prend place entre les genres Caladium et Peltandra. Telles sont les raisons qui ont motivé pour nous la création d'un nouveau genre, qui aura plus de valeur encore si les organes de la fructification que nous n'avons pu observer encore à l'état parfait, signalent d'autres différences avec les genres précités. Le Phylîotœnium LiMcZem peut se décrire ainsi : plante acaule à suc lactescent caustique, à rhizome tubéreux ; feuilles persistantes. Pétiole vert parcouru par deux lignes noires dans toute sa longueur, la dorsale plus large que la ventrale, long de .50-60 centimètres sur la plus forte plante que nous ayons observée, comprimé à la base et invaginé, à bords con- volutés membranacés noirâtres, puis cylindrique grêle, couvert de rugosités comme subé- reuses et, à la base principalement, d'une laine ou plutôt d'un feutre caduque floconneux fauve ; sous l'épiderme se montrent aussi, par transparence, des lenticules allongées d'un violet noir. Le limbe de la feuille, étalé horizontalement, de consistance épaisse, parcheminée, est plane ou un peu ondulé, est glabre sur l'une et l'autre face; sa forme est ovale oblongue plus ou moins aiguë, sagittée par deux grands lobes basilaires ovales aigus ; la longueur du limbe atteint et dépassera sans doute 30-40 centimètres sur 15-20 de large. Le fond de la couleur, d'abord d'un vert tendre à reflet violacé glacé, passe au vert foncé sur les feuilles aâultes. C'est sur ce champ uniforme que se détachent, avec une netteté sans égale, de larges ban- delettes régulières, d'un blanc pur, placées entre les nervures transversales alternes un peu enfoncées et antémarginales. Ces zébrures magnifiques, enchcàssées dans le ton vert, et allant du centime à la périphérie dans presque toute la largeur de la feuille, n'ont point d'équivalent dans les Aroïdées, Le dessous du limbe, parcouru par les nervures médiane et secondaires saillantes et arrondies jaunâtres, est d'un vert uniforme plus pâle qu'en dessus, et laisse voir des nervules subparalléles immergées très-fines et plus foncées. La spatlie, portée sur une hampe grêle, arrondie, longue de 10 centiméti^es et nue àla base, est décurrente sur cette hampe, épaisse, ventrue et fermée à la base, puis ovale, aiguë, ouverte, concave ou cucullée, longue de 12 centimètres, dressée d'abord, puis à sommet réfléchi sur une assez grande longueur, Idanche en dedans, vert brunâtre rayé et noirâtre à la pointe. Le spadice, égal à la longueur de la spathe, est cylindracé, mâle sur les 3/4 de son dévelop- pement, sans fleurs rudimentaires, obtus au sommet, contracté au-dessus des fleurs femelles, blanc de neige, sans appendice stérile, portant des anthères claviformes à connectif con- vexe au sommet, ciliées aux bords et disposées en losanges spirales; le pollen s'échappe par un pore apical et prend la forme de longs filaments formés de grains agglutinés ; les fleurs femelles ou ovaires sont disposées à la base en anneau long de 2 centimètres. — Il nous a été impossible d'étudier davantage ces derniers organes qui se sont flétris avant la fécondation. Nous ne saurions trop le redire, le Phyllotœniion Lindeni est une plante de premier ordre, destinée à un rang élevé dans les collections de serre chaude et peut-être même de serre tempérée à raison de la solide texture de son feuillage. Il sera mis prochainement au commerce et est appelé sans aucun doute au plus grand succès. Ed. A. JARDIN POTAGER ET FRUITIER. • CONSEILS POUR JANVIER. Les propriétaires, les amateurs et les jardiniers ne perdront pas de vue que les travaux du mois de janvier doivent être considérés comme étant les plus importants de l'année. En effet, c'est à cette époque qu'il convient de tout préparer et de tout disposer pour les récoltes, en fruits et en légumes, d'une grande partie de l'année courante. Les primeurs et les cultures forcées jouent dans ce mois le principal rôle, et c'est pendant cette période, ordinai- rement peu propice à la culture de la pleine terre, que les jardiniers soigneux et jaloux de leur état déploieront toute leur activité et toute leur intelli- gence, pour combattre et vaincre les difficultés qu'ils vont avoir à surmonter, soit en janvier, soit dans les deux mois qui vont suivre. Leur vigilance ne doit jamais être en défaut, ils doivent prévoir tous les accidents qui peuvent, en cette saison, compromettre leur travail et les plantes confiées ù leurs soins et à leur garde : il suffit d'une seule nuit, d'une heure même, pour perdre les produits et les récoltes à faire au printemps sous les châssis, les cloches ou dans la serre; nous ne saurions trop appuyer sur cette recommandation; la prévoyance, le soin et les connaissances prouvent la qualité du jardinier ; et c'est alors que ce dernier inspire la plus grande confiance à ses maîtres, pour lesquels il doit n'avoir qu'un but, les satisfaire, et, en outre, garnir leur table en toutes saisons de légumes frais et variés. La culture des plantes potagères est sinon abandonnée, du moins, on en conviendra, fort négligée dans la plupart des jardins; c'est à peine si les — — bonnes nouveautés lëgumières y sont connues. Cependant cette partie du jardinage, lorsqu'elle est intelligemment pratiquée, offre continuellement des jouissances et des ressources, que les maîtresses de maison et les cuisinières ne dédaignent pas et savent si bien mettre à profit. Dans les grandes villes, ces inconvénients disparaissent, cela est vrai ; mais il la campagne, comment faire pour se procurer des légumes en toute saison, et surtout les primeurs de printemps, que tout le monde aime et qu'il est facile d'obtenir, quand le jardinier possède des cloches, des châssis, du fumier et un thermomètre ? La première dépense est minime comparativement, et une fois faite, le matériel dure longtemps ; pour ne citer qu'un exemple, nous dirons en passant que des panneaux de châssis nous servent depuis plus de vingt ans et qu'ils sont encore assez souvent employés dans le jardin, soit pour préserver nos derniers semis de haricots faits en pleine terre, soit pour couvrir les plantes d'épinards pendant l'hiver, soit enfin pour remiser dessous, à l'automne, les chicorées, les escaroles, etc., pour la conserve durant la mauvaise saison. Nous passerons en revue, chaque mois, les services que cet outillage rend aux propriétaires presque toute l'année ; nous allons nous occuper, dans cette note, de l'usage que l'on en peut faire en janvier, dans les jardins de maisons bourgeoises et même dans ceux des châteaux, où très-souvent on n'a pas l'habitude de faire de la culture forcée, nous ne savons pourquoi; mais le fait existe et nous le signalons, non sans regret, avec l'espoir de faire dis- paraître cet abandon des plantes potagères, et de les réhabiliter dans les jardins, où elles sont toujours si utiles. Du' 15 au 20 janvier, il sera temps de construire les premières couches à melons; nous n'entrerons à ce sujet dans aucun détail, puisque tous les jar- diniers savent faire ce travail; six à huit jours après la construction, c'est- à-dire lorsque la couche ne sera ni trop chaude, ni trop froide et que sa chaleur aura de 20 à 22 degrés centigrades, on sèmera les graines de melons en pot ou en rayon. Quinze jours environ après, on les repiquera dans d'autres pots, que l'on placera sur une nouvelle couche, sur laquelle on fera les semis de melons pour la deuxième saison. Sur la première couche, on sèmera des carottes courtes hâtives, dites à châssis, et l'on plantera en même temps et dans le même terreau des laitues gottes et laitues crêpes, qui sont les plus hâtives, dans la proportion de vingt-cinq par panneau. Sur la même couche, on commencera la première plantation de pommes de terre hâtives, la Marjolin et la Royal Kidney. On ouvrira quatre rigoles par panneau, et on mettra quatre tubercules dans chacune. Entre les touffes, on repiquera des choux-fleurs Lenor^nand, ou la nouvelle variété dite impé- rial, qui est de quinze jours au moins plus précoce : sous d'autres panneaux, on sèmera des o^adis roses, de la chicorée sauvage, des tomates et des concombres. Il ne faut pas oublier que les arrosements sous châssis doi- vent être faits le matin, vers les 9 à 10 heures, par un beau soleil et avec de l'eau tiède; les panneaux seront immédiatement baissés, afin que la buée soit enfermée dans le coffre. Le mois prochain, nous donnerons de nouveaux détails pour la réussite complète de cette culture en usage chez nous et qui estcouronnée, chaque année, d'un succès certain. Nous recommandons aux lec- teurs qui ne la connaissent pas, et pour lesquels nous écrivons ces lignes, de suivre exactement nos prescriptions, s'ils veulent réussir. Nous n'abordons pas la luiide primeur, la nôtre nous suffit et nous nous ])ornons à la cul- ture forcée, que tout le monde peut faire sans efforts. Si l'on n'a pas commencé à chauffer les asperges sous châssis, pour récolter des asperges vertes dites aux petits pois, il est temps encore de le faire. On prendra de vieilles griffes dans une aspergerie que l'on veut détruire, et on les placera au nombre de 450 à 500 par panneau, en ayant le soin de glisser du terreau entre chaque pied. Voir, pour plus amples détails, notre Traité sur la culture des asperges, chez Gain, à Payns, à l'art. VI. Il est temps aussi de chauffer les asperges sur place, qui donnent de gros et bons produits. On plantera sur couche des pieds d'oseille et de persil, afin d'en alimenter la cuisine pendant la mauvaise saison, ainsi que de l'estragon; on peut aussi risquer des civettes et des ciboules pour fourniture. Autour des couches faites en décembre, on établira des réchauds pour en maintenir la chaleur. On chauffera les ananas portant fruits, ainsi que la vigne, les figuiers, les cerisiers et les pêchers. Si l'on veut forcer les fraisiers de la pleine terre, on placera les coffres, munis de leurs châssis, sur les planches ; on ren- trera ceux qui sont en pot, si l'on veut les forcer, dans la serre ou dans les bâches. Quant aux travaux de la pleine terre, il faudra penser à semer à bonne exposition les pois michaux hâtif et la fève julienne; les anciens jardiniers ne manquaient jamais de semer de l'oignon rouge le jour de la Saint- Antoine, le 17 janvier, n'importe par quel temps, même sur la neige. Il ne faut pas négliger de placer les coffres, munis de leurs panneaux, sur les planches d'épinards, afin de garantir les feuilles que l'on peut ceuillir pendant les mauvais temps, et qui rendent de très-grands services sur les tables, dans un moment ou les lôgumes frais font à peu près défaut. On couvrira avec de la litière ou de larges planches les bordures d'oseille et de persil. Si le temps se maintient au beau, on continuera la plantation des arbres, on ouvrira les tranchées et les trous destinés à les recevoir; les bonnes terres neuves pourront être transportées, pendant les gelées, là ou elles doivent être employées. La taille des arbres fruitiers sera continuée; on enlèvera, de l'écorce des vieux arbres, les mousses et les lichens; on passera au lait de chaux les tiges et les branches attaquées du tigre et des autres insectes ; on fera les gros labours et on commencera à dresser les planches qui doivent recevoir les semis de février. Pendant les longues soirées, le jardinier réparera les châssis et il les vitrera, s'il a toutefois à sa disposition du verre, une règle, un marteau, des pointes et un diamant ; il mettra en bon état tous ses outils ; il fabriquera des caisses à fleurs; il fera des paillassons; il préparera les étiquettes, les rames, les tuteurs et les éohalas pour s'en servir au besoin : dans le jour, il visitera le fruitier, le conservatoire à légumes, ainsi que la serre où sont les plantes, desquelles il enlèvera les feuilles jaunes ou atteintes de moisissures; il élaguera les arbres; il fera du treillage neuf et il réparera le vieux. Son tra- vail terminé, il lira de bons ouvrages d'horticulture, de préférence à une foule de publications malsaines, plutôt capables de gâter son esprit que de lui indiquer les devoirs qu'il doit remplir envers ses maîtres, envers sa famille et envers la société. La lecture de bons livres après sa journée finie sera plus avantageuse pour lui et pour ses enfants, que d'aller passer le reste de ses soirées au cabaret. Bossix. — 8 POIRE MONARQUE DE KNIGHT. Ce délicieux fruit est peu connu et à peine cultivé dans quelques collections d'élite. Nous venons de le retrouver récemment en Touraine, chez M. Méchin, horticulteur à Chenonceaux, qui le tient avec raison en très-haute estime. Il - peut être mis en parallèle avec la poire William, et, comme cette dernière, c'est à l'Angle- terre que nous le devons. Son nom anglais est KnighVs monarch (prononcez Naits 7nonarqiie) sous lequel Dow- ning, le célèbre pomologue, auteur des Fruits and fruit trees of America, le fît con- naître en 1849. Cette poire, qui provient des serres de Thomas-André Knight, de Downton Castle (Angleterre), s'est montrée pour la première fois en 1830, et Knight la distribua ou voulut la distribuer peu de temps après; mais il se trompa de greffons,- et répandit sous le nom de Monarque un tout autre fruit, méprise qu'il ne se pardonna jamais. Nous ne saurions mieux rencontrer, pour décrire l'arbre et le fruit, que de reproduire les lignes suivantes, d'après l'excellent Dictionnaire de pomologie de M André Leroy, dont nous venons de recevoir, un peu tardivement, le second volume qui termine l'article Poirier : « Bois assez fort. — Rameaux très-nombreux, érigés, gros, de longueur moyenne, bien géniculés, brun clair jaunâtre, finement et abondamment ponctués, à coussinets nuls ou faiblement saillants. — Yeux volumineux, ovoïdes, obtus, à écailles brun jaunâtre et mal soudées, non appliquées contre l'écorce et placés parfois en éperon. — Feuilles elliptiques ou ovales allongées, canaliculées, légèrement contournées ou planes, ayant les bords dén- iés ou crénelés, le pétiole court, très-épais et pourvu de longues stipules. — Fertilité con- venal)le. — Fruit de grosseur moyenne, mais souvent aussi volumineux; forme variable, ])assant ordinairement de la turbinée fortement arrondie, surtout dans la partie inférieure, à la globuleuse assez régulière; pédoncule de longueur moyenne, non arqué, bien nourri, renflé à ses extrémités, obliquement implanté à tleur de peau; œil moyen, mi-clos, placé dans un bassin trés-évasô et peu profond; peau jaune verdàtre, ponctuée de gris, large- ment maculée de roux auprès de l'œil et plus ou moins vermillonnée du côté du soleil ; chair blanche, fine et fondante, sucrée, juteuse, douée d'une saveur vineuse qu'un parfum particulier, légèrement musqué, rend fort délicate; maturité fin d'octobre ou commence- ment de noveml)re, et se prolongeant jusqu'en javier. Qualité première. » La culture de ce poirier n'offre aucune difficulté, sa forme est régulière, et il prospère également sur franc et sur cognassier. Nous devons en recom- mander fortement la propagation. Ed. A. HORTICULTURE D'ORNEMENT. Les jardins au bord de la mer. — La villégiature aux bords de la mer a pris depuis un quart de siècle une importance que nos pères ne connaissaient pas. Les bains de mer sont devenus en faveur, non-seulement comme cure, mais comme hygiène et comme plaisir, et toutes les classes aisées de la société se donnent rendez-vous chaque été dans les endroits maritimes à la mode. Plusieurs de ces plages d'adoption sont devenues des séjours de high-life. Ostende en Belgique, Scheveningen en Hollande, Brighton en Angleterre, Trouville, Tréport, Cabourg, Arcachon, Biarritz en France sont aujourd'hui des centres de fortune et de plaisir, grâce à lor qu'y ont dépensé les visi- teurs. Beaucoup y plantent même leur tente à demeure, et nous savons plus d'un exemple de baigneurs, d'abord timorés, qui passent aujourd'hui l'année en- tière au bord de la mer, sous le climat bienfaisant constitué par le grand air et les émanations salines. Mais il faut aussi orner sa demeure à l'extérieur, et le jardin au bord de la mer n'est pas toujours chose facile. Des vents terribles coupent toute végéta- tion, décapitent les arbres et brûlent le feuillage. Il est donc impossible de suivre les errements ordinaires pour planter les jardins maritimes. Nous avons longtemps étudié cette question qui formera un chapitre de notre Traité général des jardins, auquel nous empruntons le plan et une partie de la notice ci-jointe, qui s'applique à un petit jardin au bord de la' mer. Nous l'avons dessiné pour la résidence de M. Paul Dalioz, à Cabourg. Ainsi qu'on peut le voir par le dessin ci-joint, à l'échelle de 2 millimètres par mètre, le terrain sur lequel reposent les constructions et le jardin est fort exigu, puisque la superficie de la propriété ne dépasse pas 280 mètres. Le pavillon central d'habitation A, surélevé et auquel on accède de chaque côté par un perron, est situé au milieu du jardin, un peu plus rapproché de la rue que de la terrasse qui borde la mer. Les deux petites constructions B B sont les communs, maison de jardinier et logement de domestiques. La rési- dence, avec ces proportions restreintes, ne comporte pas de remises ni d'écuries, les voitures étant le plus souvent inutiles au bord de la mer. Autour de rhal)itation règne un petit chemin de service, large de 1 mètre, et un massif arrondi de Lauriers tins (n"^ 21, 22, 23), çà et là interrompu pour le passage, l'entoure de toutes parts. Le relief du sol de ce massif est suffi- sant pour que le sommet des Lauriers tins atteigne le cordon du soubassement, c'est-à-dire la hauteur de la dernière marche des perrons. En C est l'entrée principale du côté de la mer. Elle est entourée, de chaque côté des pilastres, par deux épais massifs (n" 18), fortement plantés de Tn- YYiarix gallica et d'Atripleœ halimus, espèces marines qui endurent sans souffrir les vents les plus violents et les arrosages accidentels d'eau salée. - 10 — Cette entrée laisse la vue du perron intérieur parfaitement libre sur la mer. Si on avait pu la supprimer, on aurait obtenu un abri excellent pour le reste du jardin par cette muraille de Tamarix et les deux bâtiments B B. Dans le sens longitudinal de l'enclos, et du côté de la rue, sont également plantés de vigoureux massifs de grands arbres et d'arbustes de manière à for- mer un écran protecteur pour les plantes plus délicates de l'intérieur. Sur les Jai-din de villa au bord de l;i mer. côtes normandes et dans toute la partie des bords de l'Océan qui est arrosée par le Gidf st7xmm, nous conseillons de planter des Chênes verts [Quercus ilex et pseiido-coccifera) qui forment d'excellents abris hiver comme été. A Jersey et Guernesey, ces abris sont tout le secret des magnifiques cultures qu'on obtient sous cette latitude et qui font de ces îles un paradis terrestre. Si l'on ne peut planter en Chênes verts, il faut employer le Tammnx comme essence dominante, et y ajouter des Ormeaux, Saules divers. Blancs de Hol- lande, Genêts d'Espagne, Troënes à feuilles ovales, Alaternes, Sureaux divers, — il — Oliviers de Bohèuie, llq)}iO}.ha('' rhainno'ldes , Redouls à leuilles de myrte, etc. Mais il faut proscrire les Marronniers, Négundos, Platanes, Catalpas, Acacias, Frênes, faux Ébéniers, et généralement tous les feuillages mous que le vent lacère et réduit en guenilles végétales. Aussi peu de pelouses que possible, à moins d'un entretien considérable et d'arrosements d'eau douce, ce qui est souvent difficile, est une règle à obser- ver. C'est pourquoi nous avons réduit les gazons dans ce plan à trois petites pièces vallonnées au centre et relevées sur les bords de corbeilles de fleurs et d'arbres isolés choisis. Toutefois entre les bordures de l'allée circulaire et les plantations, règne une autre bande de gazon sur laquelle sont jetées çà et là quelques autres plantes intéressantes. En D sont placés deux bancs circulaires dans une échancrure de la pelouse et près d'un des coins de la propriété. En E se trouve une salle verte très- ombragée, où sont disposées des chaises et une table pour en faire une salle à manger d'été. En F un banc à dossier renversé a pu prendre place. Les autres plantations sont ainsi distribuées : 1. Corbeille de Silène armeria; 2. Corlieille de Julienne de Mahon ou de Mufliers; 3. Corbeille de Chrysanthemum coronarium ; 4. Rosiers hybrides nains; 5. 4 pieds d'Arundo conspicua; (3. 1 Yucca gloriosa;7. Touffe d'Amaryllis Sarniensis; 8. 1 Fusain du Japon panaché ; 9. 1 Tritoma uvaria ; 10. 1 Yucca pendula ; 11. 1 Escallonia rubra ; 12. 3 Cu- pressus lambertiana; 13. 1 Mahonia aquifolium; 14. 3 Myricaria gernianica; 15. 1 Gyne- rium roseura; 16. 1 Olivier de Bohême; 17. 1 Genista caudicans; 18. Massif d'Atriplex et Tamarix; 19. Massif d'Atriplex halimus; 20. Massifs de pourtour (voir plus haut); 21,22, 23. Massifs autour de la maison; 24. IHoux panaché; 25. 1 Arbousier ordinaire; 26. 1 Fi- lariaàpetites feuilles ; 27. 1 Mauve en arbre ; 28. 1 Suseda fruticosa ; 29. 1 Escallonia illinita; 30. 1 Escallonia floribunda; 31. 1 Hippophae rhamnoïdes;32. 1 Hippophae rhamnoïdes; 33. 1 Laurier d'Apollon; 34. 1 Pin maritime Pinus pinaster); 35. 1 Chéne-liége; 36. 1 Ly- ciet d'Europe; 37. 1 Chêne vert; 38. 1 Alaterne panaché; 39. 4 Tamarix tetrandra. A cette liste on peut ajouter des Genêts d'Espagne, Troènes divers, le Su- reau à feuilles marginées qui se maintient bien, plusieurs Peupliers à petites feuilles, le Séneçon en arbre, le Shepherdia Canadensis, l'If, les Buis, Deutzia, plusieurs Genêts, l'Ajonc à fleurs doubles, le Galéga officinal et les Hedy- sarum, comme grandes plantes vivaces, ainsi que les Ficoïdes,Matricaires et autres Composées assez nombreuses. Nos notions sur les plantes qui résistent au bord de la mer sont très-impar- faites. Nous ne connaissons pas d'expériences faites à ce sujet. La beauté et l'état sanitaire des résidences maritimes seraient merveilleusement rehaus- sés par de nouveaux ornements végétaux. Ceux que l'on remarque actuelle- ment sont généralement en si piteux état, qu'ils sont plutôt une cause de tris- tesse que d'agrément. Les causes qui influent sur les végétaux au point de produire ces pauvres résultats ne proviennent pas seulement de la violence des vents. Combien n'en connaissons-nous pas qui supportent d'aussi violentes tempêtes sur les hautes montagnes et qui cependant sont prospères ! Il y aurait donc à étudier, pour les jardins au bord de la mer, non-seulement les espèces déjà essayées et les plantes des hautes régions du globe, mais aussi celles dont le feuillage laineux ou cotonneux, à l'instar de beaucoup d'espèces des déserts de l'Asie septentrionale ou des montagnes, protégerait les tissus sous-jacents contre la destruction. C'est un sujet sur lequel nous aurons à revenir plus d'une fois. Ed. André. 12 NOTES !SUR L'HORTICULTURE D'ORNEMENT. LES NOMS DE STATIONS EN FLEURS. RT*Y!f?,NhfAWl A un assez grand nombre de stations de cliemins de fer, en Angleterre, quand un talus rapide borde le quai, la fantaisie du clief de gare ou du cantonnier s'exerce d'une façon assez singulière 11 écrit le nom de la station en lettres géantes (Ashford, Beckenham,etc.), découpées sur le gazon en pente du talus, et il le dessine soit en fleurs, soit en cailloux, ou rognures de silex blancs à l'extérieur et que l'on trouve fréquemment dans le massif de craie sur lequel repose Londres et sa région. C'est là une pure fantaisie, mais assez gra- cieuse, surtout lorsque les fleurs sont bien cultivées, leurs nuances bien variées, et ce petit tableau amuse agréablement le voyageur à son passage. E. A. OkNEMENTS DE JARDINS. Les beaux vases pour les jardins sont rares ou chers. En pierre, en bronze ou en marbre, ils atteignent des prix tels, que les amateurs doivent souvent y renoncer, à moins qu'ils ne préfèrent s'adresser aux fabricants de bas étage qui n'ont que des modèles dépourvus de goîit. A notre dernier voyage à Londres, nous avons soigneusement passé en revue les ex- positions permanentes d'ornements de terre cuite provenant des fabriques anglaises. Nous devons avouer que nous n'y avons relevé que peu de jolis modèles. Le vase que nous figurons ci-contre est dun dessin assez pur; il est de bonne gran- deur, en terre cuite et relativement bon mar- ché Nous en avons relevé le croquis tout récemment chez MM. Gossin frères, 57, rue de la Roquette, à Paris. Sa hauteur est de (55 centimètres, sa largeur de 53, et son prix de 35 francs. A. DupuY. 13 CHRONIQUE HORTICOLE. 15 janvier 1872. Exposition universelle de Lyon. — Au l^"" mai prochain, sera ouverte cette exposition universelle et internationale sur le compte de laquelle nous devons revenir un instant au point de vue horticole. Nous ferons pour cela quelques emprunts au règlement particulier que nous venons de recevoir. Les expositions horticoles auront lieu chaque quinzaine et s'ouvriront le V et le 16 de chaque mois, depuis le l^"" mai jusqu'au 31 octobre. Les produits horticoles exposés dans les jardins seront reçus gratuitement. L'admission des autres produits aura lieu aux conditions suivantes : Le mètre superficiel horizontal dans les galeries closes est du prix de , . . . fr, 30 Sur muraille intérieure, le mètre superficiel 10 En plein air, avec faculté d'élever des toits ou de poser des kiosques, le mètre. . . 15 Les livres, mémoires, etc., exposés isolément sont soumis à un droit de 5 francs par (ixemplaire ou volume. L'exposition fournira les bibliothèques et l'ameublement des salles oii elles sont placées. Les produits destinés à chaque série devront être apportés au plus tard le jour de l'ou- verture avant huit heures du matin; ils seront reçus dès la veille avant cinq heures du soir. Ils resteront exposés et seront placés et entretenus par l'exposant. Ils devront être retirés dans la dernière journée de la quinzaine. Toutefois, les arbres et végétaux d'ornement placés isolément ou en massifs sur les pelouses pourront y être plantés au commencement de l'exposition et y rester pendant tout- la durée. Les mêmes produits ne pourront concourir qu'une fois. Les demandes d'admission seront adressées â la Direction de V Exposition, place de Lyon, »» 44, pour les végétaux et produits horticoles faisant partie des douze séries de concours avant le 15 mars pour le !<"' mai ; pour les autres séries un mois à l'avance. C'est à cette même direction que devront s'adresser ceux de nos lecteurs qui désireraient obtenir de plus amples renseignements sur l'Exposition de Lyon et sur les moyens d'y concourir. Le journal Le Verger. — Cette publication pomologique, entreprise et continuée avec tant d'ardeur et de dévouement par son fondateur, M. Mas, s'est heurtée, pendant le cours de ses six années d'existence, à des difficultés de toute nature qui auraient découragé un esprit moins 'bien trempé. La guerre avait achevé, en apparence du moins, de frapper une œuvre si excel- lente. Nous apprenons heureusement de M. Mas que Le Fermer va reparaître mensuellement comme autrefois et qu'il continuera régulièrement sa publica- tion à partir de janvier 1872. Le recueil contient déjà 576 planches de fruits avec leurs descriptions. Il paraît en douze livraisons par an et l'abonnement est de 25 francs. Nous trouvons dans la livraison de décembre les pommes suivantes, dé- crites et figurées : Calville aromatique, Reinette grise cr automne, Calville blanche d'été, Belle du Havre, Pigeonnet, Rouleau rouge, Pépin marbré d'été, Empe- reur Alexandre. Nouveau journal pomologique allemand. — La première livraison, pour 1872, d'une nouvelle publication pomologique allemande vient de parai- TOME XIX. — 15 JANVIER 1875. 2 — 14 — tre. Elle sera rédigée par MM. Oberdiek et Ed. Lucas, tous deux de l'Institut pomologique de Reutlingen. Ce sont deux noms très-appréciés de tous les pomologues. Ils font bien augurer de l'avenir du journal, qui sera intitulé : Illustrirte Monatsltrifte fur Ohsi- uncl Weinbau. Quatre poires extra. — Dans le nouveau journal dont nous avons an- noncé l'apparition, Y Horticultew lyonnais, nous trouvons une courte et intéressante notice de M. Charles Baltet sur quatre poires nouvelles de qualité supérieure. " Ces variétés sont les suivantes : Favorite de Clapp, poire américaine décrite par Ch. Downing, de pre- mière grosseur, jaune d'or et carmin au soleil, mûrissant au milieu d'août ; arbre superbe de forme ; Poire de l'Assomption, obtenue par M. Ruillé de Beaucliamp, de la Loire inférieure. Arbre très-fertile, à bois court, à forme ordinairement de Duchesse, à peau jaune et rousse, à chair demi-fine, délicieuse, et mûrissant en août-septembre; Fondante Thirriot, obtenue par M. Thirriotde Charleville ; arbre très- vigoureux et très-fertile, fruit subcylindrique obtus, jaune clair piqueté de rose; chair fine demi-fondante, exquise; maturité en septembre et octobre; Beurré Baltet père, obtenue par le père de l'auteur à Troyes; arbre robuste, trapu, fruit pyramidal ou arrondi, vert gai ou jaune pâle touché de vermillon; chair fine et juteuse, délicatement relevée, maturité en octobre, novembre. Ces quatre variétés sont dès à présent répandues dans le commerce. Le ver à soie de TAilante. — On discourt àpeite de vue sur la ques- tion de l'existence même de l'acclimatation, et il y a bien longtemps que l'on se perd en dissertations oiseuses sur la valeur de ce mot et de ceux de domes- tication et nativralisation. Quoi qu'il en soit de ces questions de mots, on ne peut nier les faits. Si les plantes en général se naturalisent diflftcilement, au point que beaucoup d'ar- bres rustiques sous nos climats ne se propagent pas spontanément par leurs graines, il n'en est pas toujours de même de certaines espèces animales qui se sont soHdement étabUes chez nous. Parmi les papillons, on sait fort bien, par exemple, que le Sphinx tête de mort, le S. du Liseron, la noctuelle du Delphinium et autres lépidoptères, se reproduisent avec facilité dans l'Europe c'entrale, bien qu'ils aient été im- portés d'Orient. Il faudra désormais ajouter une autre espèce à ce catalogue. Le ver à soie de l'Allante {Attacus Cynthia, Drury), introduit en France en 1858, et propagé surtout par M. Guérin-Méneville, est devenu un papillon parisien. 11 résulte d'une communication faite tout récemment par M. Maurice Girard à la Société d'Acclimatation, que M. Clément a trouvé sur les Allantes de plusieurs squares de Paris, au musée de Cluny, à Montrouge, etc., la chenille et le papillon en pleine liberté. C'est là une heureuse découverte ; car qui peut dire que cet insecte ne rem- placera pas, dans un avenir plus ou moins éloigné, le ver à soie du mûrier, si compromis par les maladies? Le Diss. — M. L. Turrel a présenté dernièrement à la même Société une — 15 — notice bien faite sur cette graminée algérienne, dont le nom scientifique est Festuca altissima. Il préconise éloquemment la culture de cette plante, dont les touffes vigoureuses atteignent jusqu'à deux et trois mètres de hau- teur, pour préparer au reboisement les montagnes les plus arides du Midi. La plante, paraît-il, bien que son feuillage rude et grossier ne puisse être consommé par le bétail, fournirait une abondante production de litière dans le Midi, où cette matière est si rare. Les terrains occupés un certain nombre d'années par cette graminée seraient ensuite reboisés avec la plus grande facilité. Les Eucalyptus. — Nous trouvons dans le bulletin de la même Société, 1871, p. 555 et C23, un travail longuement élaboré sur ce précieux genre de plantes et formant un rapport remarquable sur son introduction, sa culture, ses propriétés, ses usages, etc. C'est un sujet sympathique àbeaucoup de nos lecteurs, soit au point de vue économique, soit au point de vue orne- mental ou même médical, et nous recommandons la lecture.de ce document, qui est dû à la plume et aux investigations de M. Raveret-Wattel. Nous espérons d'ailleurs pouvoir en donner un prochain résumé en reparlant des Eucalyptus. Le Câprier inerme. — Puisque nous sommes dans cet Eden méditer- ranéen où, à l'heure présente, inconscientes des frimas du Nord, les roses empourprent les buissons et les pelouses se revêtent de milliers d'anémones multicolores, signalons.- une plante trop peu connue sur laquelle M. Turrel vient d'appeler de nouveau l'attention après en avoir fréquemment parlé depuis 1861. C'est le Câprier sans épines, dont la culture est plus facile, la récolte plus rapide et plus économique que pour le Câprier commun épineux. Cette culture commence à se répandre dans le département du Var et surtout aux alentours de Roquevaire. Nous renvoyons ce mémento aux cultivateurs méridionaux. Amorphophallus Rivieri. — Nous venons de recevoir de M. Aug. Ri- vière, jardinier en chef du palais du Luxembourg à Paris, une notice sur cette plante originaire de Cochinchine et qui lui a été dédiée par M. Durieu de Maisonneuve. Si nous mentionnons ici cette belle espèce, que nous décri- rons à son heure avec les autres plantes nouvelles, c'est que nous venons d'apprendre que MM. Vilmorin, Andrieux et C* viennent de la mettre au commerce à un prix relativement modéré. Elle se recommandera, comme plante d'appartement et même de plein air, par son robuste feuillage, rappe- lant le port d'un palmier, et ses curieuses fleurs brun-pourpre à l'intérieur, vertes en dehors et naissant avant les feuilles. Les Mélastomacées, par M. Triana. — Ce botaniste distingué vient de publier, dans les Transactions de la Linnean Society de Londres, une monographie complète de cette vaste famille. Un travail de ce genre était devenu indispensable dans l'état actuel de la science et surtout de la connais- sance si embrouillée de ces plantes. C'est donc un grand service que vient de rendre M. Triana et nous publierons prochainement une revue de son bel ouvrage. Pourquoi faut-il que le tirage à part, qui forme un beau volume in-4°, de 188 pages avec 7 planches dessinées par l'auteur et reproduites par Fitch,ne comprenne que 50 exemplaires qui ne sont point au commerce? Les botanistes devraient provoquer une réimpression de cet ouvrage. El). André. 16 — PI. LXXXIX. PEPEROMIA VELUTINA, lin.en . akdké. PÉPÉROMIA A FEUILLES VELOUTÉES. PiPÉRACÉES. ÉTYMOLOGIE ET CARACTÈRES GÉNÉRIQUES : Voir Illustration horticole, 1869, pi. 598. CARACTÈRES SPÉCIFIQUES : JETerôa succulenta, glabra, recta, vix ramosa; caulis cylindraceo-nodatus pilis mollibus erectis griseis copertus ; folia integerrima, carnosa, crystallineis granulis conspersa, patenti-decumbentia, breviter (O^jOl) petiolata, ovato- rotundata apice acuminata acuta, basi cum petiolo canal iculata, marginibus undatis cilio- latis tenuiter attenuatis pallide-viridi reticulatis; lamina 0"\07-8 lata, supra viridi-purpu- rescens vitta central! vivide argenteo niicante, subtus lœte purpureo-salmonea, nervis magnis prominentibus viridibus basi confluentibus ; flores... desunt. — Ecuador. — G.Wallis, 1866. — Ad naturam vivam sed haud florentera descripsi in horto Lindeniano. — E. A. Peperomia velutina. Lind. et And. sp. nov. Importée des forêts de l'Equateur, en 1866, par M. G.Wallis, qui l'adressa à M. Linden, cette gracieuse espèce se distingue très-nettement de toutes les espèces cultivées que nous connaissons, par son port dressé, ses rameaux en zigzag et surtout ses feuilles d'un vert sombre, pourpre saumon en des- sous, et veloutées comme une peau de taupe. Il est difficile de savoir dans quelle tribu des groupes faits par M. Casimir de Candolle on peut ranger cette plante, qui n'a pas encore fleuri en Europe, et l'on sait que les carac- tères des inflorescences minuscules et compliquées du genre sont cependant les bases sur lesquelles M. C. de Candolle, comme M. Miquel, ont basé leur classi- fication. Il se peut même que, sur les 389 espèces de la monographie que nous citons, la plante aujourd'hui figurée dans notre recueil soit décrite, et c'est au seul manque de fleurs que nous devons de ne pouvoir nous en assurer. Ce que nous pouvons affirmer, c'est de n'avoir rien trouvé dans les herbiers ni dans les serres qui semble se rapporter au P. relut ma. C'est une jolie plante à tissus succulents comme toutes ses congénères, glabre, dressée, à rameaux cylindriques renflés aux nœuds et contournés en zigzag ; ces rameaux, très-peu nombreux, laissent la plante souvent presque simplicicaule, et sont couverts d'une fine pubescence de poils mous, dressés, gris. Les feuilles très-entières, charnues, sont ovales, arrondies, acuminées, aiguës au sommet, canaliculées à la base ainsi que le pétiole long de 1 centi- mètre, à bords amincis, translucides, réticulés sur fond vert pâle; leur surface supérieure , couverte comme l'inférieure de granules cristallins minuscules , est d'un vert pourpré parcouru au centre par une bande argentée brillante ; la face inférieure est uniformément purpurin saumoné, avec des nervures vertes proéminentes assez développées et confluentes à la base. Plante recommandable pour la serre chaude, par sa rapide croissance et son ton velouté vert pourpré très-distingué. Ed. A. 89 — 17 JARDIN POTAGER ET FRUITIER. NOUVELLES FORMES D ARBRES FRUITIERS EN ESPALIER. La grande difficulté pour maintenir l'équilibre de la végétation dans les arbres fruitiers en espalier est d'empêcher les bourgeons placés verticalement et les extrémités supérieures de l'arbre d'acquérir un trop grand développe- ment, au détriment des membres inférieurs et horizontaux ou obliques. C'est une vérité élémentaire qui forme l'une des bases de la taille. Aussi les arbo- riculteurs se sont-ils évertués à combiner des formes qui remplissent ce but. Les espaliers obliques ou en coup de vent, préconisés par M. Dubreuil, tout en paralysant l'emportement des parties terminales et répondant en partie à ce programme, ont pour inconvénient d'épuiser rapidement le sol, étant plantés trop près les uns des autres, et leurs branches à fruits supé- rieures sont toujours, quoi qu'on fasse, plus vigoureuses que celles du dessous. La forme en carré, usitée à Montreuil pour le pêcher, et portée à une si grande perfection par M. Lepère, commence à péricliter dès que l'arbre est arrivé à l'état complet. La palmette en U ou double U est encore une des meilleures dispositions, sans être exempte du même inconvénient, et enfin la palmette candélabre ou palmette Verrier est le type qui se rapproche le plus de la perfection jusqu'à ce jour, par la combinaison des parties horizontales et verticales sur les mêmes membres, sans que pour cela le milieu de l'arbre cesse de présenter la disposition vicieuse que nous signalons ; car il dépasse bientôt en vigueur le reste de la charpente. M. Méchin, horticulteur à Chenonceaux (Indre-et-Loire), nous semble ce- pendant avoir vaincu en grande partie la difficulté. Avant lui, on avait déjà imaginé la charpente en spirale au milieu de l'espalier, dont son système se rapproche, et l'on contrariait le trop rapide afflux de la sève dans les bour- geons supérieurs en les courbant en S à l'état herbacé de manière à former un U sinueux. Son système diffère toutefois de ceux que nous avons observés jusqu'ici en ce qu'il combine la palmette Verrier ou candélabre avec la dis- position sinueuse que nous indiquions plus haut. Les arbres taillés d'après cette règle et qu'il montre aujourd'hui dans son jardin de Chenonceaux, sont une vivante démonstration de la valeur de son procédé, que nous signalons à l'atftention des arboriculteurs. D'ailleurs, le meilleur moyen de se familiariser avec ces formes est d'exa- miner un instant les dessins ci-joints, dont la silhouette a été prise sur nature, d'après des spécimens d'une vigueur et d'une harmonie de formes qui ne laissent rien à désirer. On peut donner aux arbres. Pêchers, Poiriers, Abricotiers, etc., en espa- lier ou en contre-espalier, deux, trois ou quatre séries de branches latérales. M. Méchin alterne les siennes, et remplit les intervalles des grandes formes — 18 — avec de jeunes arbres en cordon vertical double, en attendant que les arbres voisins aient garni leur place entière. Des fils de fer ou des gaulettes, tendus sur les murs, indiquent d'avance la structure de la charpente, que l'on forme à l'état herbacé, lorsque les bour- ît :i. ''■ri- mé â, ■'I J'^ ¥& 11 '^ '% Espaliers en candélabre-zigzag de M. Meohin. geons encore verts se ploient facilement sous la main. En trois ou quatre ans, cinq au plus, l'arbre est complet, pour les grandes formes, et se couvre de fruits en même temps que ses membres à bois se développent. ]L,'aménagement des productions fruitières n'est point modifié par ce sys- — 19 — tème, et l'on suit, pour ces parties de l'arbre, les lois ordinaires de taille, ébourgeonnage, pinçage, etc. Ed. A. EXPLICATION DES CxIlAVURES. A, jeune arbre d'un an de plantation, bifurqué. B, deuxième pousse, commencement de la charpente sinueuse. G, quati'ième pousse, arbre complet. I), double cordon vertical, entre les grandes formes. NOTES SUR LE JARDIN POTAGER ET FRUITIER. LES MEILLEURES POIRES POUR ESPALIER OU CONTRE-ESPALIER. Juillet, août, septembre : Doyenné d'été, poire pêche, Williams, de l'Assomption. Souvenir du Congrès, beurré Giffard. Septembre, octobre : Beurré d'Amanlis, Graccioli de Jersey, Flemish beauty, British queen, beurré superflu, Louise bonne de Jersey. Octobre, .novembre : Fondante d'automne, Suffolk thorn, madame Trey ve , Seckle, Thompson, Marie Louise, beurré Bosc. Novembre, décembre: Maréchal de la cour, beurré Clairjeau, beurré Diel, Glout mor- ceau. Doyenné du comice. DÉCEMBRE, janvier : Wiuter Nélis, beurré Sterckmans, ne plus Meuris, Zéphirin Gré- goire, beurré Rance, Joséphine d.eMalines (1). {The Garden ) ABRICOT DE SCHIRAS. Il y a quelques années, M. le docteur Pigeaux, bibliothécaire de la Société centrale d'Horticulture de France, nous avait recommandé sous ce nom une variété à amande douce, à petits fruits, qui se cultive en Syrie, rampant sur les rochers au soleil. M. Carrière, qui a reçu l'abricot de Schiras de M. Regel, de Saint-Pétersbourg, croit que c'est une autre variété, qui pourrait bien se confondre avec l'abricot Musch-Musch, et il vient d'exprimer cette opinion dans le Revue horticole eu recommandant ce fruit. L'A. de Schiras est petit, mais à chair molle, délicieuse, sentant le miel, et quand il sera connu comme il le méj'ite.ildeviendra sans doute trés-apprécié pour faire des conserves. (Ed. A.) LES CHENILLES ET LES CHOUX. Nous avons signalé ce procédé naïf qui a été préconisé pour détruire ces insectes et qui consiste à les rechercher un à un â la main pour les écraser. A côté de ces plaisanteries, il est de fort bonnes choses en ce genre. Nous en voulons pour preuve le moyen destruc- (1) Nous ne prétendons pas nous porter garant que ce soient là les meilleures variétés de Poires pour espalier sous le climat de Paris ou de Bruxelles. La liste ci-jointe est dressée pour le climat de l'Angleterre et de la Hollande. {Note du rédacteur.) — 20 — tif suivant : arrosez les choux envahis par les chenilles avec une dissoli\tion .le savon noir. Un kilogramme pour 100 litres d'eau suffit; le prix du savon noir est de fr. 1-20 le kilo- gramme. (J- SiSLEY.) RAMIFIEZ VOS ARBRES DÈS LA BASE. Taillez vos poiriers de sorte que la charpente commence à 30-40 centimètres du sol Voici les avantages : 1° Ils sont faciles à conduire ; 2° La récolte est plus aisée ; 3° Les fruits qui tombent craignent peu ; 4° Les branches, vigoureuses porteront bien le poids des fruits ; 5° Le sol restera ombré et frais. 6° Le tronc sera protégé contre les rayons brûlants du soleil. {The Horticidturist.) HORTICULTURE D'ORNEMENT. COMPOSITION ET PLANTATION D UN JARDIN D HIVER. Si l'art de grouper les plantes de plein air dans les jardins suivant leurs allures naturelles a fait des progrès sensibles depuis quelques années, il n'en est pas de même de la disposition des végétaux dans les serres. En Angleterre surtout, où la culture d'amateur est le plus développée, et où l'on se préoccupe plutôt de la beauté individuelle des sujets que de leur effet en masse, on n'a presque rien fait jusqu'à présent pour chercher le pittoresque des effets dans les serres et les jardins d'hiver {Conservatories).M.èmQ nos plus grands éta- blissements laissent beaucoup à désirer sous ce rapport. On comprend qu'une serre d'horticulteur marchand, qu'une collection de petit propriétaire ne contienne que des tablettes où les plantes sont dans une sorte de pépinière, attendant la vente ou un renouvellement fréquent, et qu'elles soient rangées, pour la commodité du travail, comme les bocaux d'une pharmacie. Mais dans les grands palais de verre des riches du jour, comme à Sion House, ou dans les grands Palm-Houses comme ceux de Kew, on ne conçoit guère que l'idée de disposer les végétaux d'une manière pittoresque ne soit pas venue aux ordonnateurs de ces plantations. La raison est tout simplement en ce que la culture pratique a dominé toute considération en Angleterre et même dans les autres pays d'Europe, et que la connaissance des plantes s'est réduite jusqu'ici à leur culture par tâton- nements. Les jardiniers n'ont encore rien fait dans le sens de leur instruction sur la géographie des plantes, sur la science qui traite de leurs stations natu- relles, de l'effet qu'elles produisent dans les paysages de leurs contrées na- tales, toutes choses qui ne s'obtiendraient que par l'étude des récits des voyageurs, souvent incomplets dans ce sens, malheureusement. 21 — C'est pour suppléer à cette insuffisance que nous voudrions offrir aujour- d'hui, à titre d'essai, l'idée d'un jardin d'hiver planté dans le style pittoresque. Nous ne donnons point cette tentative comme un modèle irréprochable, mais simplement comme une suggestion, un jalon sur la voie que s'ouvriron-t les jardiniers et les dessinateurs intelligents qui voudraient s'occuper de la ques- tion dans ses détails. D'ailleurs, il y a quelques rares exceptions à cette loi d'uniformité que nous déplorons ; A Penllergare, dans le pays de Galles, on voyait, il y a peu d'an- nées, chez le D'" Llewelyn, une serre il Orchidées formant aquarium, et ofi ces belles habitantes des tropiques étaient plantées dans le désordre admi- rable qu'elles présentent dans leurs forêts vierges, le tout sur une surface très-restreinte, et où l'effet obtenu était des plus heureux. A Paris, le jardin À> d'Acclimatation du bois de Boulogne pos- sède une grande et belle serre qui est dessinée et plantée d'une manière char- mante, et qui forme un paysage tropical, terminé par un ro- cher, d'où une cas- cade retombe et se continue par un bas- sin et un ruisseau serpentant au fond d'une vallée de Séla- Coupecrunjardin d'hiver paysager gluelleS. NoUS COn- naissons d'autres endroits, mais en trop petit nombre, où des plantes d'un développement considérable permettraient cette disposition et formeraient les ^aits principaux de ce jardin tropical pseudo-naturel que nous rêvons. Il y aurait peu à faire pour transformer ainsi la grande serre à Palmiers de Kew, le grand pavillon chaud du Muséum de Paris, la serre de South-Ken- sington, une partie du Palais de cristal de Sydenham, Sion-House, la grande serre de Chatsworth, etc.. En Belgique, nous avons visité l'année dernière, chez M. A. Warocqué, à Mariemont, un nouveau jardin d'hiver, formé sur l'emplacement d'une ancienne orangerie et où un architecte paysagiste belge de quelque réputation avait tenté un essai dans le genre dont nous parlons. Demagnifîques exemplaires de Palmiers, Fougères en arbre, Cycadées, etc., formaient les principaux traits de cette grande et belle serre, haute de 18 mè- tres environ, et se détachaient sur une pelouse de Lycopodes mamelonnée et tourmentée pour varier les niveaux du sol. En face de la grande porte d'entrée, un rocher et un bassin avaient été disposés avec art et plantés avec soin. Mais, à notre avis, l'efiêt obtenu n'était pas en rapport avec les sacrifices qui ont été faits. Les allées sont trop serpentantes, le sol trop ondulé, le rocher trop important pour paraître naturel, les plantations confuses, les côtés sont trop nus et le centre manque d'air. L'artiste a voulu être pittoresque, il l'a été à l'excès, aux dépens du calme de l'aspect général et de l'harmonie des détails. Nous citons cet exemple pour montrer qu'on peut errer avec de bonnes intentions et que l'exagération est plus regrettable dans le genre pré- tendu naturel et incompris que dans l'uniformité des serres à gradins. Les jardins d'hiver, même quand on y cherche les effets pittoresques, ont toujours certaines exigences qui ramènent l'esprit aux circonstances arti- ficielles dans lesquelles on se trouve. Ainsi les allées sont indispensables et elles doivent être assez larges pour que la promenade y soit facile et agréable. Il serait ridicule d'essayer fimitation d'une forêt du Brésil en faisant marcher le promeneur sur des débris de troncs pourris, des roches aiguës et des frondes sèches de fougères. De même des sinuosités sans fin, des tortillons sans grâce seront aussi contraires au bon goût que des chemins rectilignes qui nous ra- mèneraient à la symétrie des jardins botaniques (1). Une allée circulaire ou légèrement sinueuse, qui longe la clôture de la serre, clôture épaissement garnie de feuillages touffus et de plantes grimpantes pour cacher les murailles, doit encadrer l'espace central où l'œil se repose sur des arbres de choix isolés sur un gazon de Selaginella denticulata, Commelyns rampantes, Z//;jj?rt repens, Spergula pilifera ou autres plantes qui forment facilement des tapis verts et compactes. En un mot, à l'extérieur de l'allée jusqu'à la paroi de la serre, on disposera des masses de feuillages qui ne laissent pas voir le pied des plantes, et qui soient disposées en amphithéâtre. A l'intérieur, de simples spécimens isolés sur les pelouses suffiront. C'est la disposition qu'indique le plan ci-joint. Seulement, ces végétaux isolés ne doivent pas être placés indifféremment sur le sol de la pelouse cen- trale entourée et coupée par les allées C, C, C. Ils doivent être groupés par combinaisons de feuillages et de tailles, de façon que le regard passe libre- ment entre leurs troncs, mais que leurs têtes s'harmonisent ensemble par leurs teintes et leurs silhouettes. Au lieu d'onduler le terrain en une infinité de monticules mesquins, comme nous le déplorions tout à l'heure pour la serre de M. Warocqué, nous conseil- lons de se maintenir dans deux seuls vallonnements : un longitudinal, depuis le rocher F, terminé par une salle verte B, sur laquelle sont placées une table et des chaises, et se terminant, à l'entrée latérale de la serre D, en une seule ondulation dont le bassin forme le point le plus bas. A partir de ce bassin jus- qu'à la corbeille de fleurs n'^ 94, le terrain se relève légèrement et l'allée trans- versale C s'infléchit vers son milieu pour obéir au vallonnement. L'allée cir- culaire ce reste partout au même niveau, à l'exception du voisinage du rocher, où elle se relève et se termine par quatre ou cinq marches qui conduisent à la salle B et sont construites en pierres rustiques comme le rocher. Le second vallonnement, placé transversalement au premier, est indiqué par la section ci-jointe, qui donne une idée plus claire de ce mouvement de terre qu'aucune description ne pourrait le faire. Les corbeilles n°* 94, 123 et 167 doivent être plus élevées de deux pieds environ que le sol de l'allée de ceinture. Chaque plante isolée doit être élevée sur une petite saillie de terrain peu apparente, à l'exception des deux groupes de chaque côté du rocher, qui sont en pente (1) Pour saisir dans ses détails l'explication suivante, le lecteur devra se reporter au plan que nous publierons dans l'un des nos prochains numéros, et (jui comprendra tous les détails de la plantation. (Ed. A.) rapide, et des deux grosses masses de chaque côté de la corbeille 94, qui doi- vent avoir leur sol relevé de 25 centimètres sur toute la surface au-dessus de l'allée de ceinture avec leurs côtés abattus en pentes douces. Il nous reste à nous occuper de la plantation, qui est certainement le point capital du jardin d'hiver. On peut la considérer à plusieurs points de vue divers, soit qu'on ait affaire à une serre froide ou tempérée, à une serre chaude, à une serre à orchidées ou à un aquarium. Nous ne nous occuperons présentement que du jardin d'hiver tempéré- chaud (d'une température de + 14" à 18), dans lequel nous pourrons placer quelques palmiers et autres plantes de serre froide qui ne s'en trouveront que mieux comme végétation. Nous ajouterons plus tard^ quelques suggestions pour les autres genres de serres susnommées, en attendant que nous puissions nous occuper spécialement de chacune d'elles. Nous supposons que, préalablement ù la plantation, on a dû préparer con- venablement le sol, le drainer et le composer avec soin. Comme la chaleur de fond [bottom heat) est la chose nécessaire à tout luxuriant développement des plantes, nous supposons que les tuyaux de chauffage, au lieu d'être laissés libres sur les côtés de la serre, comme cela se fait ordinairement, sont disposés comme nous l'avons indiqué dans les dessins ci-joints, mais avec une dalle qui les recouvre en dessus de manière à les empêcher de brûler les plantes placées le long des murs. Cette question des murailles tapissées étant à nos yeux d'une importance première, il faut absolument y satisfaire le mieux possible. Si l'on tenait absolument à laisser les tuyaux libres le long des murs et à leur base, il faudrait mettre une brique sur champ ou une cloison quelconque entre eux et le pied des plantes pour empêcher un désastreux afflux de chaleur directe. Mais, si l'on peut mieux faire, on conduira cette chaleur par des conduits en briques souterrains aux points D, D, D, D, qui donnent dans l'allée par des grilles, et qui chaufferont le pied des plantes auprès desquelles ils passeront. Le sol, bien drainé au fond et divisé çà et là par les tuyaux dont nous par- lons, constituera le principal stimulant de la végétation touffue que nous deman- dons sur les côtés de la serre. Le milieu en aura moins besoin; un bon drainage de briques cassées, de débris de vieux murs, suffira comme sous-sol, à une profondeur de 1"' au-dessous de la terre rapportée pour les plantes. Deux canaux latéraux à la serre, et ayant leur pente rejetée au dehors, recevront les eaux surabondantes au-dessous de la profondeur de 1'" indiquée. La composition du sol peut varier suivant les plantes qu'on veut employer. Mais en règle générale, si l'on veut cultiver de fortes plantes et de grands Palmiers, on se trouvera bien de composer la masse de la manière suivante : sur le lit de briques ou de plâtras qui forme le fond de l'excavation, on pla- cera une couche de gazons de prairies retournés en-dessous sur une hauteur de 50 centimètres (18 pouces) environ. Sur ce lit, on en élèvera un second formé de : Terre argileuse 3 parties. — de jardin 3 — Sable de rivière ou sable blanc siliceux . 2 — Débris grossiers de terre de bruyère . . 1 — Feuilles de bois décomposées 1 — 10 parties. — 24 — Mélanger le tout ensemble et en mettre une couche de 0"^35 d'épaisseur. Puis ajouter à la surface un lit de 15 centimètres de terre de bruyère mé- langée d'humus de terreau de haies ou de vieux saules, chênes et châtaigniers décomposés, si l'on peut s'en procurer, et d'un dixième de sable blanc. La terre de bruyère devra être peu concassée, excepté à la surface, et les racines laissées avec le reste. Cette terre est destinée à recevoir les gazons de lyco- podes, qui s'y plaisent tout particulièrement. Il est bien entendu que ces trois couches ou lits divers, dont l'ensemble forme la hauteur de 1'" demandée, ne seront pas uniformes sur toute la super- ficie de la serre, puisque cette surface sera vallonnée. Dans ce cas, la mesure de T" est prise comme type, et la hauteur de la couche totale de terre variera à différents endroits ayant, par exemple, seulement 50 centimètres de pro- fondeur près du bassin au centre de la pelouse, l'"-50 sur les massifs qui avoisinent la corbeille 94, etc., mais on maintiendra toujours à la surface la couche de 15 centimètres de terre de bruyère. Dans un pareil compost, on pourra cultiver la plupart des grandes plantes tropicales. Si quelques-unes demandent un traitement particulier, on les tien- dra en pots dans le compost qu'elles préfèrent, et on plongera en entier ces pots dans le sol de manière à les cacher entièrement et à les recouvrir de gazon de lycopodes. Des engrais liquides, surtout du sang d'animaux séché en poudre et mélangé à l'eau des arrosements dans la proportion d'un kilo- gramme par hectolitre d'eau, détermineront une prodigieuse végétation du plus grand nombre des espèces, même des fougères, s'ils sont pratiqués avec modération et discernement. Voilà pour les préparatifs de la plantation. (A continuer.) Ed. André. AMARANTUS SALICIFailUS, IIORT. VEITCH. Cette remarquable plante annuelle a été introduite des îles Philippines, par feu M. John Gould Veitch, et l'on peut dire qu'elle constitue la plus belle des Amarantes. aujourd'hui cultivées. Elle est mise en vente dès cette année, par MM. Veitch, horticulteurs à Chelsea (Londres). Sa forme est pyramidale ; elle atteint 60 à 90 centimètres de hauteur, peut- être plus, et se ramifie dès la base, de manière à présenter une pyramide ré- gulière, avec ses branches horizontales. Les feuilles, qui sont très-élégam- ment ondulées, varient, au commencement de leur croissance, du vert au vert bronzé, puis, quand la plante prend de la force, elles prennent une couleur brillante, rouge orangé et s'allongent de façon à devenir linéaires, longues de 40 centimètres et formant des plumes d une nuance éclatante, ce qui donne à la plante l'apparence la plus pittoresque. 0"n en peut former des corbeilles, plates-bandes, massifs, ou des groupes isolés sur les pelouses. Comme décoration hivernale des appartements, elle est également d'un haute valeur. Nous pouvons recommander hautement cette belle nouveauté, que nous avons contribué à faire récompenser comme juré de la classe des plantes nouvelles à Hambourg (1869), et qui a obtenu grand succès depuis aux expo- sitions de Londres, Edimbourg et Brighton. Ed. André. NOTES SUR L'HORTICULTURE D'ORNEMENT. LES FLEDBS PRINTANIÈRES. Beaucoup de j'ardins sont privés (le fleurs au premier printemps. Les semis d'automne n'ont pas réussi, le froid les a tués, et les plates-bandes restent nues, sous ce prétexte ou sous un autre, jusqu'à la venue des Pelargonium zonale, Fuchsias, Pétunias, Verveines, etc. Voici pourtant un moyen commode et simple d'avoir des fleurs de premier printemps. Semez en janvier-février sous châssis froid en couche tiède prés du verre, en petits pots ou godets de deux pouces à deux pouces et demi. Fin mars ou dans les premiers jours d'avril, mettez en pleine terre ces petites potées sans les diviser, et formez-en vos bor- dures, corbeilles et plates-bandes. En chaussant soigneusement les jeunes plantes avec de la terre fine, par un beau temps, elles ne tarderont pas à se développer richement et à récom- penser vos soins. Quatre ou cinq cents de ces petits pots tiennent sous un châssis. Voici les plantes qui se prêtent le mieux à cette culture : Asperula setosa cœrulea. Némophiles variés, Centranthus macrosipho, Nycterinia selaginoïdes. Olarkia variés. Phlox Drummondi variés. Collinsia variés. ' Pieds d'alouette variés. Julienne de Mahonvar. Viscaria variés. Leptusiphons variés. ^^'hitlavia grandiflora. L. Lille. {Horticulteur lyonnais.) MÉLANGES. LES ODEURS DES ORCHIDEES. 11 y a quelques années, M. Rivière, jardinier en chef du Luxembourg, communiqua à la Société centrale d'horticulture quelques observations faites par lui sur les odeurs des Orchidées. 11 s'y trouva des faits curieux qui pen- dant un moment occupèrent l'attention de la Société. M. Rivière promit de continuer ces recherches, principalement sur les plantes à odeurs intermit- tentes et variables comme celle du Cattleya biilbosa (ou C. Walkeriana), qui émet une odeur de vanille dans le jour et d'iris le soir. Lui-même deman- dait de vérifier de nouveau le fait, et m'exprimait en 1866 l'intention de pour- suivre ces observations. Mais d'autres circonstances survinrent et de plus im- portants travaux l'empêchèrent de réaliser cette espérance. Je n'avais pas oublié cette communication, et toutes les fois que je pus depuis cette époque examiner l'odeur des fleurs d'Orchidées, je ne manquai pas de le faire. En attendant un ensemble plus complet d'observations sur ce sujet, je viens donner celles que j'ai recueillies jusqu'ici, en avertissant toutefois que l'interprétation des odeurs, comme celle des couleurs, est difficile, délicate, qu'elle échappe à toute certitude scientifique, qu'on ne peut guère non plus en disputer, et qu'enfin, suivant la devise humoristique d'un parfumeur mo- derne, il n'est pas donné à tout le monde d'avoir du nez : non cuique datum est habet-e nasiim ! Voici donc ma liste et mes notes. Je les livre telles quelles, et j'engage ceux qui possèdent des collections d'Orchidées ou qui aiment ces plantes à vérifier mon dire et à reprendre mes observations. Elles ont été faites dans plusieurs endroits, sur des collections et dans des contrées diverses : France, Angleterre, Belgique, et notamment sur l'admirable collection de M. Linden, à Bruxelles, qui cultive aujourd'hui plus de 1,200 espèces de cette famille. Aërides Fieldingii, doux parfum de pensée le soir et le matin, mais à ce dernier moment avec un arrière-goût un peu acre; dans le jour, odeur de tilleul très-prononcée (Lebatteux, au Mans); Angrœcwn eburneiun , fine odeur sucrée, indéfinissable au matin, et rap- pelant décidément le seringat le soir ; Caitleya Bogotensis, odeur de giroflée le matin, et de primevère dans l'après-midi ; Cattleya Chocoensis (nouvelle espèce), très-violente odeur de reine-claude un peu sûre dans le matinée ; Cattleija Eldorado, parfum très-doux de roses, seulement le soir; Cattleya elegans, pâle odeur de tubéreuse le matin, devenant gardénia très-fort dans la soirée ; Cattleya quadricolor, odeur de vanille le matin ; (Jypripedium : des six espèces que j'ai observées, aucune n'avait d'odeur, à l'exception du C. Schlimi, qui le matin répand un parfum de violettes et le soir de primevères. Dendrobiuui densi^ior-urn , très-douce odeur, à peine perceptible et irrégulièrement intermittente (Ij à des intervalles assez rapprochés ; Dendrobium ghtmaceum, odeur de lilas le soir, et d'héliotrope le matin; Dendrobium nobile, odeur d'herbe fraîchement coupée le soir, de miel à midi, et de primevère très-faible le matin; Epidendrimi mdnerum, suave parfum d'œillet au matin, et qui disparait 'tout à fait le soir ; Lœlia anceps, douce odeur de primevère le matin ; Lycaste gï^andifiora ; le matin, on croirait, en s'approchant de cette fleur, mettre le nez au-dessus d'un sac de blé nouvellement battu ; Lycaste latiijjes, à peine odorant, comme sucré, le matin seulement ; Maxillaria nigrescens, exhale exactement l'odeur du melon, le matin; Odontoglossum angustatum integrum, le matin, une fine odeur de lilas qui se perd ensuite ; Odontoglossum cristatum, le soir, exactement comme une spirée ; Odontoglossum Lindleya^ium, le matin, odeur rappelant celle du bouc, par conséquent de Y Avéras hircina; Odontoglossum pulchellum, délicieux parfum de fleurs d'oranger, de jacinthe et de vanille, surtout le matin ; Odontoglossum triumpjhans, singulière plante sous le rapport de l'odeur, qui \ arie extrêmement sur des pieds différents de la même espèce et à plus (1) On a d(''j;i signalé ce fait «le riutermitteuce des odeurs dans les fleurs à l'occasion de la floraisou de la Victoria regia eu Angleterre, dans le Cheshire, chez M. Mayer, où cette Nyuiphéacée a épanoui ses fleurs eu plein air dans un bassin à eau chauflëe. Au moment *de l'épanouissement, on percevait, toutes les deux minutes, îles bouffées ou efïïuves du parfum de cette reine des eaux. (E. A.) — 28 — lorte raison sur les variétés ou variations légères qui sont le fait de plantes apportées de diverses localités. En effet, certaines de ces fleurs sont absolu- ment inodores, principalement le soir ; d'autres répandent un doux parfum de pensée ; d'autres enfin, et c'est le plus grand nombre, ont à la fois une suavité particulière et un arrière-goût de punaise. C'est un peu l'effet qu'éprouve le palais lorsque à la saveur d'une bonne framboise vient s'en ajouter soudain une autre qui indique qu'une Punaise (la Pentatome des fruits) a passé par là ; Oncidium cucullatum, délicat et suave parfum de violettes, dès le matin; Oncidium leopardmum, le matin, douce et vague senteur, qui se trans- forme en vanille très-suave le soir ; Oncidium odoratissimum, odeur de lilas le matin, et le soir de fleurs de sureau ; PJialœiwpsis Schilleriana, délicate senteur de roses le soir, passant à celle du muguet le matin, avec plus d'intensité ; Fihtmna fragrans, odeur de vanille le matin, et de narcisse le soir. Ce parfum varie beaucoup, et quelquefois le plante est inodore ou suave, selon qu'elle a été apportée du Pérou ou de la Sierra Nevada de la Nouvelle-Grenade; Schomhurgkia gloriosa, fine odeur de Solanum, seulement le soir; Vanda gigantea, une odeur distinguée d'iris dans la soirée, et de cuir parfumé, comme de cuir de Russie, dans la matinée ; Vanda siiavis, parfum constant de giroflée ; Vanda tricolor, odeur de giroflée, mais plus forte le matin que le soir. Par le mot « soir » j'entends de G à 7 heures de l'après-midi, et par " matin « de 6 à 8 heures, depuis le premier printemps jusqu'à la fin de l'été. Mes observations ont généralement eu lieu pendant un temps très-beau, un ciel clair et brillant, et dans des serres dont la température variait d'un mi- nimum de + 7° à 10" centigrades à un maximum de -f- 20" à 25", suivant le traitement que requéraient les espèces cultivées. J'ai acquis la conviction que non-seulement la chaleur et l'humidité, mais aussi le lieu de culture de même que le moment du jour avaient de l'influence sur le développement et la transformation des odeurs dans les orchidées. Je recommande à ceux qui désireraient faire des expériences en ce sens de tenir compte de l'état de l'atmosphère au moment oti ils opèrent et des rap- ports de leurs observations à diflerentes localités. Parmi les faits qui m'ont présenté de la singularité, je dois signaler celui-ci, que les Cattleyas exhalent des odeurs très-diflerentes les uns des autres et que ces plantes, dont les espèces sont peu nombreuses, mais les variétés innombrables, présentent presque autant de diversité dans leurs parfums que dans les couleurs de leurs fleurs. Le Vanda gigantea est plus curieux encore, car on peut relever une étrange coïncidence entre l'apparence de cuir que présentent ses fleurs et l'odeur de peau tannée qu'elles émettent, corrigée, il est vrai, par une certaine suavité. En résumé, les odeurs de toutes les plantes sur lesquelles la science s'est évertuée jusqu'ici sans rien pouvoir expliquer, cette âme fugace des fleurs qui se perpétue souvent après qu'elles sont flétries, comme le souvenir de sa grâce et de ses vertus survit à la personne aimée, mérite toute notre atten- tion, et je ne regrette point de chercher à étudier d'un peu plus près cette partie si attachante et si négligée des végétaux. Ed. André. (CHRONIQUE HORTICOLE. Les froids de décembre 1871. — M. Delaunay, le directeur de l'Obser- vatoire de Paris, a récemment communiqué à l'Académie des sciences le ré- sultat de ses observations sur le froid extraordinaire de la nuit du 8 au 9 dé- cembre dernier, qui a été si funeste à l'horticulture. Cet abaissement inusité de la température a été appelé par M. Delaunay « un coup de froid. « En efiét, l'intensité de ce froid et son action sur l'Europe moyenne, et en particulier sur la France, a été très- variable. " Pendant qu'à Paris on enregistrait la température vraiment inouïe de — 23°, on ne notait pas plus de — 10° à Gi'oningue, dans les Pays-Bas, et de — 12" à Bruxelles. C'estentre Paris et Cliarleville que s'est rencontrée la région de ce froid extrême. Il était donc localisé sur une très-petite partie du continent et même de la France. En Angleterre, la tempéra- ture restait au-dessus de le long des côtes, jusqu'au nord de l'Ecosse. Le long des côtes de France, de Bayonne à Dunkerque,la température variait de — 3° à — G"; Limoges mar- quait — 130, Lyon — 14'^, Berne — 16°, Besançon — 16°, 5. " Quel est le chiffre exact de l'abaissement de température qui a été constaté à l'Observa- toire de Paris pendant la nuit du 8 au 9 décembre et la matinée du 9? « Le thermométrographe d'Arago, le seul instrument dont on doive invoquer les indica- tions à l'Observatoire de Paris, parce que seul il est comparable aux températures obser- vées dans les années antérieures, a marqué — 21°5. Le thermomètre électrique, qui est placé à plus de 30 mètres au-dessus du thermomètre d'Arago, marquait — 22°6. " Dans la nuit suivante, c'est-à-dire du 9 au 10, la température s'était relevée à Paris de 14 degrés, mais le froid continuait de progresser au nord-est. On avait — 15° à Limoges, — 17° à Berne, — 9° à Montauban, — 6° à Bayonne et à Perpignan, — 8° à Florence, tandis que sur les côtes de la Manche et des Pays-Bas, le thermomètre marquait de 3 à 4 degrés au-dessus de zéro. •' C'est là, du reste, un phénomène général : les froids de l'hiver progressent presque toujours du nord-est au sud-ouest. " La température notée à l'Observatoire de Paris a été, avons-nous dit, de — 21°, 5. C'est là la température la plus basse que l'on ait constatée à Paris pendant toute la durée du siècle présent. Pour trouver pareil abaissement de température, il faut remonter à l'année 1788. A cette époque, et au mois de décembre, ce même instrument qui a marqué à l'Obser vatoire de Paris — 21°, 5, marqua — 21°, 8. •' Al'Observatoire nouveau, spécialement consacré à la météorologie, dans ce bel établis- sement que quelques amis dévoués des sciences ont édifié au prix de mille eff'orts et presque sans aucune participation de l'Etat, nous voulons parler de l'Observatoire de Montsouris, on a fait des relevés thermométriques plus précis et plus importants que ceux de l'Obser- vatoire officiel. M. Charles Sainte-Claire Deville', qui dirige l'Observatoire météorologique de Montsouris, a produit devant l'Académie des chiff"res extrêmement curieux dans cette question. " Le 9 décembre, à six heures du matin, on notait, à Montsouris — 20° 7', à sept heures — 22° 9', à huit heures [ce fut le moment du plus grand froid) — 23° 5', à neuf heures — 21° 9, à dix heures — 20°. - Ajoutons à ces curieux renseignements que M. Delaunay, en faisant sa communication à l'Académie, n'avait pas entre les mains tous les documents qui ont été recueillis depuis sur cet abaissement de température, et qu'il a commis une erreur involontaire sur un chiffre au moins. Ainsi, nous avons la TOME XIX. — 1er l'KVlUEU \i,'i. ^ — 30 — certitude, par nos renseignements particuliers, que le thermomètre est des- cendu à — 20° à Bruxelles et non à — 12°. A Paris, ou plutôt dans les envi- rons, les chiffres donnés par l'Observatoire ne sont pas les minima observés à Bourg-la-Reine, où le thermomètre est descendu à— 25", et en Brie, où il a atteint le chiffre incroyable de — 27". Nous tenons ce dernier fait de plu- sieurs personnes dignes de foi. A Saint-Pétersbourg, le matin du 9 décembre, on comptait seulement 9 degrés sous zéro. Les résultats de ce froid seront à jamais déplorables. Des horticulteurs sont ruinés parce fait. A Bourg-la-Reine, l'établissement de M. Durand est ravagé à ne pas s'en faire une idée. De grands Magnolias, Cèdres déodara, tous les Lauriers tins, L. amande, L. de Portugal, Troènes, tous les Houx, les Rosiers hybrides et les Églantiers déplantés, sont gelés jusqu'au sol. Le bel exemplaire de C. Deodara, haut de 10 mètres, de cet établissement et un Ahies Kutrow superbe sont détruits. Beaucoup de poiriers ont le bois gelé. L'établissement de MM. Thibaut et Keteleer, à Sceaux, ruiné par la guerre, avait pour tout espoir de la vente de cette année des Cèdres déodara en quantité, qui sont perdus jusqu'au dernier. Les petits pépiniéristes de Fon- tenay aux-Roses, qui vivent du produit de quelques plantes vertes faites pour les marchés de Paris, sont sans pain. Beaucoup de plantes nouvelles, essayées en plein air dans des conditions variées, et qui avaient résisté depuis de lon- gues années, sont absolument perdues. Des beaux C/tmnœroios excelsa du Muséum, les premiers plantés dehors en France et que M. Carrière soignait avec une sollicitude toute paternelle,- il ne reste plus guère qu'un souvenir, même de ceux qui avaient été couverts de paille. Dans le Nord et l'Est de la France, les désastres ne sont pas moindres. Un très grand nombre de beaux végétaux de Yarboretiim de MM. Simon-Louis frères, à Metz, ont été détruits. A Luxembourg, non loin de là, les jardins ont à enregistrer de graves désastres. En Belgique, à l'exception du climat de Gand, remarquablement doux, nous avons constaté, à Bruxelles et ailleurs, des pertes sérieuses. La région Ouest de la France n'a pas souffert. Notre Touraine a été épar- gnée, de même que l'Anjou. Mes Lauriers tins sont en ce moment-ci en fleurs sans que leurs boutons aient été touchés. Le plus bas point du thermomètre a été — 13-14" pendant très-peu de temps. Le " coup de froid » s'est arrêté à la vallée de la Loire, et nous regardions dernièrement avec surprise, en observant les jardins des stations, comment ses effets croissaient en intensité à mesure qu'on s'approchait de Paris. Ainsi, rien n'aura manqué à cette année néfaste entre toutes : guerre étran- gère, guerre civile, disette, gelées, peste bovine, épidémies humaines, etc. — Et dans ce lugubre cortège de fléaux, l'horticulture aura reçu, hélas ! la plus grande et la plus lourde part. Les fraises de Monrepos. — Nous recevons, parmi les correspondan- ces de l'Est, la notice suivante, qu'il peut être intéressant de rapporter, tou- chant la production des fraises et leur culture au moyen d'une couverture de tannée. ",* Pour les amateurs de la culture des fraises, il peut ne pas être sans intérêt de savoir que, dans les jardins renommés de la villa Monrepos, prés de Geisenheim, cette année, ont été cueillies des fraises de 3 demi-onces en grande quantité, et même des fraises de — ;ii — 4 et 4 1/2 onces. Ces géants apparaissent surtout parmi les variétés suivantes de la fraise ananas : Ambrosia, la Constante, Duc-de-Malakofl', Sir Charles Napiei-, Wonderful. Dans tous les jardins de Monrepos, on couvre les carrés de fraises, en automne, avec du fumier court, et, au printemps, après le piochage, d'une couche de tannée. On emploie également, pour tous les arbres fruitiers, la tannée pour empêcher, pendant les mois de juin, juillet, août, le dessèchement trop rapide, pour donner une température égale et pour éloigner la vermine. 11 parait ((ue l'odeur de la tannée éloigne surtout le bouvier. Pêches et Poires peu connues et recommandables. — Nous emprun- terons à M. 0. Thomas la mention de deux Pèclies de premier ordre qu'il préconise chaudement. Ce sont les Pêches Daim, d'origine française (?) et Favot'ite de Cooledge, celle-ci américaine. Ce sont d'excellents fruits, le premier surtout, dont la qualité et la fertilité sont extrêmes. Les deux poires dont parle M. Thomas sont la Belle de Slresa et le beurré royal de Turin, toutes deux d'origine italienne. La première est un fruit d'été, de toute première qualité, de moyenne grosseur; la seconde n'est pas encore décrite par M. Thomas. Toutes deux viennent de chez M. Prudent- Besson, horticulteur à Turin. Poiriers sur Cognassier. — Tous les arboriculteurs savent combien il est difficile de faire vivre certaines variétés de Poirier sur Cognassier. Il y a pour cela un moyen simple que nous avons récemment entendu indiquer par M. Carrière : c'est de greffer en fente et non en écusson. Pour les variétés qui se collent mal au sujet, on évite ainsi l'effet désastreux des vents, et l'union du greffon et de la mère est plus intime et très-solide. Le Jardin fruitier du Muséum, — Nous venons de recevoir la fin de la monographie du Poirier. Dans cet important ouvrage, M. Decaisne, en terminant cette première partie, complète son travail de vingt ans par une in- troduction oti il exprime ses vues sur le poirier considéré comme espèce et oti il résume ses travaux sur ce sujet. Un remarquable chapitre sur l'organo- graphie du poirier, œuvre tout à fait magistrale, nous initie aux plus secrets détails des caractères du genre, et enfin suit ;une classification des variétés que M. Decaisne n'a pu rendre autrement qu'alphabétique, déclarant que tout autre mode de groupement serait arbitraire. Nous reviendrons avec détails sur ce grand travail, par une analyse spéciale; pour aujourd'hui nous ne faisons que prendre date en saluant son apparition. Catalogue du jardin botanique de Pondichéry. — Nous avons sous la main le catalogue de cet établissement que dirige M. Contest-Lacour depuis la mort de M. Perrottet, et où des collections importantes de plantes de l'Inde et des tropiques ont été réunies. M. Contest-Lacour, à qui l'on peut demander ce catalogue, désire faire des échanges avec les horticulteurs et directeurs des jardins botaniques ou d'acclimatation. Il publie à cet effet, dans le susdit document, des desiderata à la fin de l'énumération des espèces de chaque famille. S'adresser au jardin botanique de Pondichéry (Inde). Les Quinquinas à Java. — Nous lisons dans le Nieuw Rotterdammer que les plantations de Cinchonas à Java sont dans un état de prospérité croissante. Ni les temps humides, ni les difficultés de toutes sortes n'empê- chent le gouvernement de poursuivre sa tâche. En LS70, 1,255 journées d'ou- vriers furent employées; près de 76,000 plants furent livrés à la pleine terre. Aujourd'hui l'on compte un chiffre total de plants de 1,555,742 cultivés à Java. Ont été expédiés 202 kilog. d'écorce de quinquina en Hollande, 505 dans - 32 — l'archipel Indien; plus de 600 kilog. restent disponibles; total, 2,531 kilog. Le docteur Grennix d'Amsterdam a trouvé dans un échantillon de quinquina de Java la quantité extraordinaire de 10 pour cent d'alcaloïde et M. Moëns 3 pour cent de quinine, ce qui égale en richesse les meilleures écorces boli- viennes. Multiplication du Larix Ksempferi. — Nous avons dernièrement parlé de ce bel arbre à propos de sa fructification annoncée à Angers et du spé- cimen qui existe chez M. Linden, à Gand, et qui est probablement le plus beau de l'Europe. Sa multiplication est malheureusement difficile. Nous lisons cependant un procédé signalé par M. D. Van Herzeele dans le bulletin du Cercle arboricole de Gancl (février 1872) et nous le reproduisons sans retard : Le moyen consiste à greffer la plante en fente sur ses propres racines, dans la première quinzaine de mars. L'auteur annonce ainsi une réussite de 90 pour cent. Nous n'en demanderions pas autant pour que ce fût encore un très-beau résultat. Les Palmiers dans le Midi. — Nous avons à plusieurs reprises insisté dans ce recueil sur l'importance des essais à tenter dans le midi de l'Europe sur la culture des palmiers en plein air ; il faut ajouter dans le midi de l'An- gleterre, sur les côtes bretonnes et normandes, dans les îles de la Manche, toutes localités où le Gulfstream fait sentir sa chaude et bienfaisante in- fluence. Nous avons écrit quelque part que si, par exemple, on défrichait toute la contrée autour de Cherbourg pour la replanter en Chamœrops excelsa, Jubœa sjieclahilis, etc., nos arrière-neveux verraient, au bout d'un siècle, les forêts de chênes de la Péninsule normande remplacées par l'aspect d'une oasis du Sahara. Aujourd'hui que le froid terrible du 8-9 décembre 1871 a mis à néant les espérances d'acclimatation que l'on entretenait pour ces arbres sous le climat de Paris, il faut bien se reporter vers ces régions à température douce où l'on peut compter sur le succès. C'est donc dans les contrées que nous venons de citer qu'il faut confiner cette culture, A Bordeaux, ces arbres ne soufiîrent pas et fructifient abondamment entre les mains de M. Durieu de Maisonneuve. A Toulouse, deux Chamœrops excelsa, plantés en 1860, l'un, dans le jardin de la préfecture, l'autre dans le jardin de M. Béteille, avenue Matabiau, mesurent chacun 2'", 50 de hauteur sur 8 mètres de circonférence à l'extré- mité des feuilles. Voilà des résultats qui doivent ouvrir la voie aux expérimentateurs de la région méridionale. Nécrologie. — Le docteur Spring, professeur de physiologie à l'université de Liège, est mort le 17 janvier dernier. C'était un savant distingué, élève et collaborateur de Von Martius, dont il a écrit un très-bon éloge et connu par ses travaux sur les Lycopodiacées. Récemment encore, il s'occupait avec M. Ed. Morren de la détermination des espèces de cette famille rapportées du Mexique par M. de Malzinne. Il laisse des regrets unanimes, aussi bien dans le cœur de ses amis que dans celui des adeptes de la botanique. Ed. André. 90 ^1^ :^. /■;::-: •/l^ ■Aab.. 33 — PL XC. STEUDNERA COLOCASLEFOLIA, c. koch. STEUDNÉRA A FEUILLES DE COLOCASE. Aroïdf.es. ÉTYMOLOGIE : Genre créé en l'honneur de Steudner. CARACTÈRES GEINÉRIQUES : Spatha aperta, iuitio erecta, mox convoluto-recurvata; spadix multo brevior, dimidia parte inferiore spath» adnatus, snprema tertia pars cylin drico-oblonga, staminifera, ceterum pistillis tecta; columna antherifeyxi apice in connec- tivum suborbiculari-peltiforme 5-7 lobum excurrens, lobis apicem versus dilatatis retusis, antheris 5-7, linearibus, pendulis, in columna antherifera lateraliter connectivique lobis apice adnatis : avaria sessilia, compressa, stigmate 5-lobo terminata, 5-locularia, stami- nodio uno alterove comitata ; omda plurima, anatropa, centralia. CARACTÈRES SPÉCIFIQUES : Caulis crassus, brevis; foUa peltata, ovata, parce acuminata, excisura pœne nulla. Steudnera colocasiœfoUa, C. Koch, Wochenschrift, 1869, 114, — Regel, Gartenflom, 1869, p. 323. Cette Aroïdée curieuse et élégante a été découverte par M. J. Linden dans l'Amérique du Sud. Sa tige est courte, épaisse, brun roux, avec des cicatrices blanchâtres et des écailles brunes ovales acuminées, engainantes, tigrées-zébrées de rouge plus foncé. Le pétiole, invaginé dans une large bractée enveloppante située au sommet de la tige, est grêle, haut de 40-50 centimètres, dressé, cylindrique, vert et pourpre violacé. Le limbe, pelté, ovale acuminé aigu à pointe recourbée, porte des nervures radiées peu saillantes; ses bords sont ondulés et sa sur- face vert foncé uniforme. L'inflorescence est accompagnée à sa base d'une longue bractée invagi- nante entourant la hampe dressée, un peu tortueuse, longue de 30 centimè- tres. La spathe, ovale acuminée à chaque extrémité, se termine en longue pointe, se déjette et se recroqueville en dessous ainsi que les bords cucullés. L'intérieur est d'un beau pourpre violet très-foncé, éclairé d'un ton plus vif par des lignes longitudinales; l'extérieur est d'un beau jaune. Le spadice, d'abord adné à la base de la spathe dont il égale seulement le tiers en lon- gueur, est cylindracé, grêle, femelle à la base, mâle au sommet, claviforme et également jaune. Les ovaires sont comprimés aplatis en dessus, et sont quinquélobés au sommet, à lobes d'abord convergents, redressés ensuite. Quelques étamines se trouvent éparses parmi les ovaires. Les fleurs mâles ou étamines se composent d'un connectif à 5-7 lobes, au-dessous duquel sont attachées les anthères qui se confondent dans leur longueur avec le filet et qui sont pendantes. Cette jolie plante, qui rappelle en efiet le port d'une Colocase, est jusqu'à présent la seule espèce du genre créé pour elle ; elle se distingue bien nette- ment des autres Aroïdées connues et nous l'avons observée avec beaucoup — 34 — d'intérêt depuis' quelques années, soit à Bruxelles chez M. Linden, soit au Muséum de Paris, où il en avait envoyé un exemplaire. Ed. André. TRAVAUX DE FEVRIER. Jardin potager. — Le jardin potager doit maintenant requérir tous nos soins. La saison printaniére avance à grands pas; les jours allongent et quand mars viendra, il devra nous trouver prêts aux semis du plein air. Il faut tout préparer avec soiu et méthode. Chaque semaine on doit semer des pois hâtifs, à bonne exposition, de manière à obtenir une suc- cession de récoltes. Si l'on sème par rangs isolés au milieu d'une planche, on peut placer de chaque côté des choux de printemps, choux-fleurs, planter des pommes de terre nou- velles, etc. Il faut choisir la pomme de terre Marjolin, que l'on aura avancée dans des pots en orangerie, à défaut de châssis. On peut semer les haricots flageolets hâtifs à la fin du mois, les fèves de marais, les oignons hâtifs, les carottes rouge longue et demi-longue. Nous recommandons, parmi les bonnes variétés de haricots anglais, les dwarf-gem, Early longpod, Broacl Wmdsor. Plantez les choux-fleurs qui ont été semés à la lin de l'automne et hivernes sous châssis ; faites ti'ois rangs par planche de F" de large, et placés à 60 cen- timètres les uns des autres dans la longueur. Mettez des cloches sur le rang du milieu, qui pommera plus tôt et donnera de l'espace aux rangs latéraux. Mélangez des radis aux semis de carottes hâtives sur ados ou sous châssis. Ouvrez les fosses pour les asperges, nettoyez le sol et binez, pour être prêt à butter au départ de ia végétation. Semez sous verre des laitues et romaines hâtives, repiquez au levant celles qui sont sous châssis si le temps est beau à la fin du mois. Parmi les bons pois hâtifs à recommander sont les Auvergne, Green marroio, nonpareil, Veitch's perfection, the Prince, Climax, qu'il faut demander en Angleterre, si possible. Semez les tomates en pots sous châssis en tei*re maigre, pour les mettre dehors et les avoir mûres de bonne heure. Semez des choux-fleurs sous châssis pour l'automne. Les navets hâtifs, épinards, peuvent aussi être semés. On commence à semer la deuxième et troisième saison de melons, et l'on continue de quinzaine en quinzaine sous couche chaude de fumier et de feuilles. Jardin fruitier. — La taille des arbres fruitiers doit être bien avancée, et pour celle des pêchers surtout il faut se presser. Nous ne conseillons pas, comme on l'a fait, de tailler les arbres en boutons avancés ou même en fleurs; la main est sujette à abattre ainsi beaucoup plus de fruits qu'on ne veut. Aussitôt la taille terminée, lavez les arbres avec un mélange de chaux, de soufre et de noir de fumée délayés dan2 de l'eau d'orge. Palissez les arbres, coupez les greffons des arbres fruitiers que vous voulez regreffer, et enterrez-les au nord, au pied d'un mur, entièrement couchés dans le sol : il faut toujours que les greffons soient dans un état de sève moins avancé que le sujet. Terminez l'échenillage, surtout cette année que les arbres sont envahis par les bourres du redoutable bombyx cul-doré {Liparis chrysorrhœa). Jardin d'ornement, — Terminez les labours, la plantation des plantes vivaces et plantes bulbeuses comme lis, anémones et renoncules. Refaites les bordures, divisez les grosses touffes, hâtez-vous surtout pour les pivoines. Taillez les arbustes à floraison estivale ou automnale ; ne touchez pas à ceux qui fleurissent au printemps sur le vieux bois. Préparez les pelouses pour le semis, qui ne doit pas s'effectuer avant la fin de mars, autrement le grain pourrit en terre. Ne plantez pas encore les arbustes à feuilles persistantes ni les conifères ; attendez pour cela le réveil de la végétation. Préparez d'avance les composts de fumier et engrais divers pour les trous qui devront recevoir les plantes isolées à grand feuillage : Ricins, Aralia, Cmxna, Solanum, Wigandia, etc. Taillez surtout en hâte les clématites et chèvrefeuilles, ainsi que les arbustes qui poussent le plus tôt. En préparant les corbeilles de rhododendrons dans les terrains calcaires, il faut veiller à ce qu'elles soient au-dessus du niveau du sol environnant, autrement les eaux s'infiltreront et perdront les racines. Donnez de plus en plus d'air aux serres et aux châssis. Commencez le bouturage des plantes mères que vous avez rentrées en serre pour porter boutures, et qui donneront les plantes pour garnir les corbeilles de fleurs au dehors. Semez sous châssis les graines de plantes annuelles. L. Delaire. — 35 _ LE JARDIN POTAGER ET FRUITIER. JARDIN FRUITIER BOURGEOIS. Tout le monde est d'accord sur la nécessité de donner une place importante et des soins particuliers au jardin fruitier dans les propriétés rurales ou * * ■4- TTT • * • - • * 1 1 e m m m e ' m . m e ^1 1 \ -r- - • r * •Jardin fruitier bourgeois. urbaines. Aussi les architectes paysagistes se préoccupent-ils de cette ques- tion d'une manière spéciale dans leurs tracés et ont à leur disposition de 36 — Fig. 2 nombreux modèles fournis par les praticiens distingués qui, comme M. Jamin père en France, M. Rivers en Angleterre, ont une longue expérience de la matière. II n'en est pas de même pour les petits jardins. Par le fait même de leur exigiîïté, le propriétaire ne prend pas la peine de charger la dé- pense générale des frais d'une consultation demandée à quelque conseiller expert. C'est un tort. Là, au contraire, parce que le terrain est cher et précieux, parce que l'espace manque, il faut tirer le meilleur parti possible de la situation, et donner à chaque parcelle du sol son maximum de produit. Nous croyons donc utile de mettre sous les yeux de nos lec- teurs un système d'aménagement du jardin fruitier bourgeois que notre confrère M. Burvenich vient d'exposer au Cercle d'arboriculture de Gand et qui fait partie du bon petit livre qu'il vient de publier en flamand (1). Le pian fig. 1 représente l'ensemble de la disposition du jardin fruitier. L'étendue en est des plus modestes, 27"\50 de longueur sur 16'" de large. On pourra, bien entendu, augmenter ces dimensions, mais l'utile est de démontrer ce qu'on peut obtenir dans un espace très-res- treint. On suppose que les travaux ordinaires de labour et de défoncement ont été soigneusement exécutés. Il s'agit seulement de meubler le jardin. « Le mur a, au sud-est, excellente exposition, recevra, à partir du coin N, 12 pêchers forme en U (fig. 2), à 1"',20 de distance, ainsi distribués : 2 pourprée hâtive, 2 grosse mignonne, 2 Belle de Vitry, 1 Brugnon rouge, 2 noire de Montreuil, 1 chevreuse tardive, 2 double mo7itagne. Ensuite, 10 vignes en cordon vertical (fig. 3) plantées à 0"\80 de distance, choisies ainsi : 2 Vroege Vanderlaan, 2 Muscat précoce de Saumur, 2 Chasselas de Fontainebleau, 2 Tokay 7'ose, 1 Fintindo, 1 Chas- selas violet. Le reste du mur peut recevoir 6 poiriers en espalier à 5 branches (fig. 4), dont 2 de Passe-colmar, 1 Beurré d' Hardenpont , 1 Beurré rance, 1 Doyenné d'hiver. " Sur la plate-bande qui longe le mur a, b, c, d, et qui n'a que 0",75 de large, on plantera une bordure de frai- jI^^^ siers hâtifs, Marguerite (Lebreton), en touffes à 0'",40 de distance, ou une rangée du fraisier perpétuel rouge sans fûets. au nord-ouest a l'exposition la moins propice ; aussi doit-on planter des variétés de poires précoces, telles que Beurré Giffart, double Philippe, Bonne d'Ezée, Beurré d'Amanlis, Épine du Mas, etc. ; de plus, on pourra y conduire des griottiers [griotte double en Fig. 3. « Le mur b se borner à y (1) Be Burgerlijke fruitkweek tôt de uiterste eenvoudigheid gehracht. 1 vol. in -16, 150 pages, 60 figures et plans; chez Hoste, libraire à Gand. Prix : 1 Ir. 25 c. — :]i — ^ grande quantité) et quelques pieds (3 ou 4) de la cerise belle de Sceaux. Dans les bonnes terres favorables au Pommier, on pourrait en risquer quel- ques variétés hâtives et notamment : Passe pomme rouge, Gra- 11, , venstein, Borovitski, Reinette de Hollande, Bed- ^4 { ^' ^i /brf^s/^/re'5 foundling , etc. Ici la plate -bande ' ' ' portera également un rang de fraisiers en bordure, de préférence d'une variété tardive, par exemple sir Hai'ry ou la perpétuelle Triomphe de Hollande, qui, à cette exposition, produira à l'automne jus- qu'aux gelées. " Le mur c, regardant le sud-ouest, sera garni, à commencer du coin N, de quatre abricotiers à 5 branches redressées, palissées à 0"',40 (voir fig. 4) de distance : 1 de la Saint-Jean, 2 A. pêche, 1 Al- berge de Tours. Suivent maintenant les poiriers suivants, de même forme : Fondante des bois, Beurré de Luçon, Doyenné d'automne [D. gris). Sœur Grégoire, Poire de Tongre , Nouvelle Fulvie. On pourrait faire suivre les abricotiers de deux pruniers Victoria et (Joe s Golden drop. " Le mur d, au nord-est, sert aux mêmes usages que le mur b nord-ouest, et peut faire suite à celui-ci comme plantation. II sera planté surtout en poi- riers d'automne. •' Sur les plates-bandes de r",50 de largeur, les signes - représentent des poiriers en fuseau (fig. 5) intercalés de groseillers rouge, blanc et noir sur les deux planches en face des murs a etb; ils sont conduits sur tiges de 0",50 à 0"\60 avec couronnes coniques. Sur les petites plates-bandes, vis-à-vis des murs c et d, on met, entre les fuseaux, des groseilliers épineux en couronne ronde sur tige courte (0",20i. « Tout autour, sur le bord de ces plates-bandes, du côté du chemin, on plante des cordons horizontaux de pommiers paradis d (fig. 6). Le reste de la plate-bande peut être planté en fraisiers à 0^,40 les uns des autres. # I if Reine V4V^j_/_^..X_^^-3_^ Fig 6. « Les trois treillis ( ) transversalement placés à l'intérieur du jardin ne dépasseront pas 2 mètres de hauteur et seront garnis, celui du milieu, des poiriers suivants, conduits en palmette-candélabre à 5 branches : Williams, de Tongre, Louise bonne ŒAvranches, Marie-Louise, Beuri-é Diel, etc. Les deux treillis restants seront plantés en pommiers en palmette à 6 bran- ches dans les sols argileux, ou à 4 branches dans des terrains moins favora- bles au pommier, et avec les variétés suivantes : Reinette de Canada, R. d'Angleter?'e, Calville blanc. Court pendu, Belle fleur de Brabant, — 38 — Enfin le signe indique des vases de pommiers : Newton pippin, Alexandre I*"', Calville Saint-Sauveur, Reine des remettes, Court pendu rouge, Baldwin, Reinette franche, Belle Joséphine, et le signe® 6 pyra- mides de poiriers : Madame Trej/ve, Beurré Hardi/, Beurré Dumont, B. Sterkmans, Duchesse d'Angoulême, Calebasse Nerckmans. « A la place de ces pyramides, on pourrait mettre des abricotiers ou pom- miers demi- tige en plein vent, la meilleure des formes pour ces arbres. Les planches e seront consacrées à diverses petites cultures, légumes, semis de fleurs, boutures, etc. " Nous ne saurions trop insister sur le mérite que présente le petit projet bien pratique ci-dessus, abordable à tout propriétaire qui dispose de quelques mètres carrés de terrain, et susceptible de donner une quantité considérable de beaux et bons fruits, en égard à la surface plantée. Ed. André. NOTES POUR LE POTAGER- FRUITIER. Destruction des loirs. — M. Briot, jardinier en clief de Trianon, se garantit des loirs qui dévoraient chaque année les fruits de ses abricotiers en plein vent en plaçant sur le tronc des lames de verre juxtaposées, se touchant bien parles côtés, longues de 40-50 centimètres, sur lesquelles ces rongeurs ne peuvent gravir. M. Carrière, en rapportant ce fait, dit avec raison que le même résultat serait obtenu avec des cylindres de zinc ou de fer-blanc à deux pièces semi-circulaires que l'on rapprocherait par deux ligatures. {Revue horticole.) Destruction du puceron des pêchers. — On recommande,'pour détruire ces désagréables insectes, de mélanger dans 15 litres d'eau un litre d'acide sulfurique et de laver avec un gros pinceau les rameaux et branches des pêchers au premier printemps après la taille. (BOISARD.) Destruction des rongeurs. — Dans 10 grammes de suif fondu mêler 1 gramme de noix vomique. Après refroidissement réduire le suif en grumeaux et le répandre dans les en- droits fréquentés par les rats, souris, mulots, etc. A défaut de noix vomique, on peut em- ployer les oignons de Scille. [Chronique de l'Ain.) Bouturage Rivière pour la vigne. — A la dernière séance de la Société centrale d'horti- culture de France, M. Rivière a recommandé un procédé de bouturage de la vigne qui lui donne d'excellents résultats. Il consiste à ne plus mettre en terre des .boutures dont la base est en nœud, mais de laisser au contraire le dernier mériihalle tout entier en terre, et d'enterrer un œil seulement de la crossette. Sur les échantillons que nous avons vus et qui tous étaient abondamment pourvus de racines, nous avons constaté en effet que le moyen avait du bon. Mais qu'il soit préférable aux anciens procédés employés, c'est ce que nous n'affirmerons qu'après expérielace comparative et que nous faisons personnellement dès aujourd'hui. (Em. Adam.) HORTICULTURE D'ORNEMENT. LA SELAGINELLE DE BRAUN. Une Sélaginelle, une Lycopode exotique de plein air ! Voilà une annonce assez audacieuse, dira-t-on. Rien n'est plus vrai, cependant, et voici le fait : L'année dernière, en nous promenant dans le jardin d'un amateur distingué — 39 — d'horticulture du Mans, M. Tellier, je remarquai, entre des pierres, au mois de juillet, une charmante Lycopode qui affrontait le plein soleil, et dévelop- pait ses stolons de manière à former un gazon branchu, épais, d'un joli vert cendré, d'une élégance extrême. Le jardinier me dit bientôt qu'ayant eu la fantaisie d'essayer cette jolie plante à la pleine terre, elle s'y comportait à merveille, s'étant établie solidement dans les plates-bandes de terre de bruyère et affrontait audacieusement et impunément les hivers sans couver- ture. Il la connaissait sous le nom de Selaginella Wildenoivii. J'emportai deux pieds de la plante et les essayai cet hiver en plein air, au nord. Ils ont supporté sans soufïrir 14° de froid et au 1*"^ janvier, et après la dure et longue période des gelées de décembre, les frondes ne s'étaient pas même courbées sur les pieds laissés dans un châssis froid sans paillassons. Une si remarquable rusticité pour une lycopodiacée m'étonnait, et j'eus lieu d'être surpris bien davantage encore quand je lus que le S. Wildenoioii était originaire des Indes orientales (presqu'île de Malacca). Je fis quelques recherches et j'acquis bientôt la conviction que le nom de S. Wildenoioii, sous lequel on connaît la plante au Muséum d'histoire natu- relle (1), s'apphquait à une toute autre plante qu'à la mienne. Celle que j'avais entre les mains est la Selaginella. Braunii, Baker [S. pubescens, Braun, non Spring), charmante espèce de la Chine, rustique comme une pivoine, et qui va devenir, maintenant qu'on la connaît sous cet aspect, une délicieuse plante de plein air sous le climat moyen de la France (Maine, Anjou, Touraine, Orléanais et, il faut l'espérer, Paris). On l'emploiera comme garniture de rocailles, avec les fougères rustiques, des- quelles le traitement lui suffira. En peu d'années, ses nombreux stolons la répandent à profusion dans l'endroit où on l'a plantée. Voici sa description : frondes hautes de 25 à 50 centimètres (au soleil la moyenne est de 25-30) ; tige ferme, grêle, couleur paille ou saumon léger, ou blanchâtre, flexueuse ; branches inclinées aux 3/4, les inférieures distantes, étalées, bipennées; rachis pulvérulents, divisions extrêmes larges de 1 mil- limètre, les plus grandes feuilles sur les ramifications primaires espacées entre elles, se courbant en séchant, étalées à angle droit, oblongues obtuses entières inéquilatérales ; nervure médiane peu apparente ; les plus petites ovées-acuminées, appliquées sur l'axe; épis grêles, terminaux, tétragones. Couleur générale vert cendré très-gai. Les seuls échantillons spontanés que M. Baker ait vus et sur lesquels il détermina sa plante avaient été découverts par le capitaine Blakiston. Voilà donc une nouveauté de plein air, je dis des plus charmantes et des plus précieuses, et c'est encore une fois le hasard qui vient de nous l'appren- dre. Ed. a. (1) M. Houllet me l'a montrée dernièrement en serre chaude. E. A. 40 — ARCHITECTURE HORTICOLE. LA GRANDE CORBEILLE DE FLEURS DE SCHŒNBRUNN. En juin 1869, nous avons beaucoup admiré le motif de décoration florale que rappelle le dessin ci-contre, et qui se trouve situé au jardin impérial de Schœnbrïmn, près de Vienne. Ce dessin et sa composition méritent d'être reproduits : Au centre est un beau spécimen de Dracœna draco, sur une surface con- vexe et entouré de cercles concentriques de PeW^/rt Nayikinensis, Agera- tumcœlestùium,Pelargo)iiu7n zonale rouges et blancs et de Lobelia eriniis . La bordure saillante qui enserre cette corbeille fleurie est en gazon. Dans l'espace, également gazonné, qui est entouré d'une ligne festonnée, plantée en Cerastium tonsentosiim sont isolés des ronds d'Achi/ranthes Verschaffelti , et d'autres ronds, à chaque angle des boucles, sont en Ctntaurea candidis- sima. Le grand cercle intérieur qui suit est en lierre, ainsi qu'un autre plus grand, qui enserre le tout jusqu'à l'allée, et les ronds isolés entre ces deux grands cercles sont en Pelargonium zonale rouges, bordés de Lobelia. Ces derniers ronds ont 1™ de diamètre et sont au nombre de seize. Nous avons rarement rencontré un plus charmant effet que celui produit par cette corbeille, dont le diamètre était de 22 mètres. Ed. A. — 41 — LES TREILLAGES EN FIL DE FER. Les palissades en fer, imaginés par MM. Louet, constructeurs à Issoudun (Indre), s'appliquent aux jardins, vignes, clôtures, pacages, massifs, barrières, parcs à bestiaux, etc. Ils sont remarquables principalement par leur simplicité et leur bon marché. Pour contre-espalier dans les jardins fruitiers, ils sont disposés suivant des hauteurs, qui varient entre l'",60 et 2^,50, pnur palmettes d'arbres à fruits, comme l'indique la gravure ci-jointe : Contre espalier siinple. Si nous prenons pour moyenne les contre-espaliers de 2"' hors du sol, nous veri sont établis d'après les bases suivantes, comme poids et prix : CONTRE- ESPALIER SIMPLE, 2"' HORS DU SOL, 4 RANGS. POIDS. VRW. Kil. gr. Kr. c. Poteau raidisseur avec jambes de force et latérale 30, " 60 Poteau raidisseur d'angle avec deux jambes de force 37,500 Support intermédiaire 5,500 Poteau non raidisseur 17,500 Poteau incliné à 45° 10,100 •• Pour les cordons de pommiers ou de vignes, ainsi qu'il suit : Poteau raidisseur d'extrt'-iuité avec jambe de force 4, Support simple . . " 1, Poteau non raidisseur d'extrémité avec jambe de force .... 2,300 Poteau incliné 2,200 » Echalas de 0'n,80 hors du sol 0,170 50 CORDON HORIZOUTAL A UN RANG ■^\.n^ 0,40 HORS UU SOL 'ons qu'ils SOMMtS. Fr. c. 18 00 22 00 3 30 10 50 6 06 2 40 60 1 38 1 32 08 1,2 Coidoii suiiple hoii/ontal Afin de parler plus clairement à l'esprit par des exemples, voici dans quelles conditions nous venons de faire établir, comme prix de revient, les contre-espaliers et cordons d'un jardin fruitier à Chézy (Aisne), par les palissades Louet. La surface du jardin est de 3,600 mètres carrés; il est divisé en quatre carrés, dont chaque face est entourée de plate-bande avec contre-espalier au contre et cordons paradis à 0'",25 du bord. 32 poteaux raidisseurs de 2 mètres avec une jambe de force de quatre rangs à 18 00 = 576 00 32 supports intermédiaires à 3 50 = 112 00 32 poteaux raidisseurs par cordons pommiers en premier rang à. . . 2 40 = 76 80 32 supports intermédiaires, à 60 = 19 20 240 kil. corde de i'ev tressée, à 120 fr. les 100 kil . na Fil de fer pour pommiers cordons oo -r Pose et travaux divers -^ ^" Fr. . 1,160 00 — 42 — Voici donc, pour un total de 1,160 francs, qui n'atteindrait pas mille francs si on voulait remplacer la corde de fil de fer par des fils simples, l'établissement complet d'un jardin fruitier de 3,600 mètres de superficie. Transport insignifiant pour des fers légers, pas de scellement de pierre puisque les poteaux sont pourvus de larges pieds de fonte, entretien nul, propreté remarquable, production facile, assurée ; taille des plus aisée, même pour un jardinier ignorant (ce qui est souvent le cas), voilà des avantages qui nous ont frappés dans l'emploi des fers de MM. Louet, que nous n'avions pas encore eu l'occasion d'employer jusqu'ici, et que nous avons trouvés les plus économiques après examen de plusieurs autres procédés. A. DuPUY. MÉLANGES. LES FLEURS D UN JOUR ET L IMMORTELLE. Les fleurs parlent : heureux qui sait Les écouter et les comprendre! — Un petit bouquet à l'air tendre Dans un verre d'eau pâlissait. Une sèche et fièi'e Hélichryse Le regardait insolemment : " Tous passerez comme une brise, Fleurs chétives, dans un moment. Etre forcé de disparaître Après une minute ou deux. Mourir presque en ouvrant les yeux. 11 vaudrait autant ne pas naître ! ■' Les pâles fleurs en souriant Répondirent à l'Immortelle : " Belle Hélichryse d'Orient, A quoi vous sert d'être éternelle l On peut beaucoup vivre en un jour, Si l'on remplit bien sa journée. Dans notre courte destinée, Nous dépensons beaucoup d'amour. La clarté nous sera ratie Demain ou peut-être aujourd'hui; Car nous abrégeons notre vie En parfumant celle d'autrui. ' Vous que rien n'a décolorée, Fleur égoïste et sans parfum, Quel bien avez-vous fait? Aucun. Qui jamais vous a respirée? De votre éternelle splendeur, Vivante ou morte, qui s'enivre ? 11 reste de nous une odeur Quand nous avons cessé de vivre. Éterniser de froids instants Sans que jamais le cœur palpite, Ne vaut-il pas mieux mourir vite, Que de mourir aussi longtemps? « Louis Ratisbonne. {Comédie enfantine. i:'. BIBLIOGRAPHIE. Le Jardin botanique de Vwiiversité de Gand. Broch. iii-8". Chez Hoste, rue des Champs, à Gand. L'un des vice-présidents du Cercle d'aboriculture de Gand et jardinier en clicf du jardin botanique de Gand, M. Yan Huile, vient de nous remettre un travail trés-intéressant sur le jardin dont il dirige les cultures, avec un projet de translation de cet établissement dans un lieu plus aéré et deux plans de la création nouvelle qu'il projette. Nous avons trouvé là des détails historiques soigneusement étudiés et bien groupés sur les jardins botaniques en général et sur celui de Gand en particulier. M. Yan Huile, dont le plan révèle une entente parfaite de la question qu'il étudie et indique un habile architecte dejardins,suggére, comme emplacement à choisir, les terrains de la citadelle qui sont aujourd'hui la propriété de la ville de Gand. Nous souhaitons que le conseil de la vieille cité pi-enne en considération les vœux de M. Yan Huile, et lui confie l'exécution de son projet, auquel il ne manque ni le goût, ni l'expérience de l'aménagement d'un établissement qu'il connaît dans ses moindres détails. L'abondance seule des matières et le peu d'esimce dont nous disposons nous empêchent de donner une suite immédiate au projet que nous avions de publier le plan de M. Yan Huile, mais nous espérons bien revenir dans peu sur cet utile sujet. Éloge de Van Mons, par Ed. Pynaert. Gaud, broch. in-S'', 1871, chez Hoste, éditeur, rue des Champs, La Belgique, je dirais presque l'humanité, peut revendiquer Yan Mons comme l'un de ses bienfaiteurs. H a en effet doté nos jardins et nos vergers d'un grand nombre d'excel- lents fruits, de poires de premier choix et ouvert la voie aux semeurs émérites qui l'ont suivi. Une persévérance dont on trouverait peu d'exemples lui a fait recommencer plusieurs fois la plantation de ses collections détruites par l'expropriation, et il a enfin réussi à pro- duire les résultats qu'il espérait dans la mise au jour de variétés très-perfectionnées. Un peu d'ivraie s'est mêlé à ce bon grain, et nous avons jadis relevé quelques faits qui voilent la pureté de son image comme auteur et publiciste. Mais il n'en reste pas moins une per- sonnalité dont la mémoire vivra aussi longtemps que les pomologues honoreront leurs devanciers. H faut donc savoir gré à M. Pynaert d'avoir retracé en quelques pages bien dites cette utile existence et d'avoir été fidèle aux traditions de patriotisme qui s'attachent à la vénération du nom de Van Mons. Personne d'ailleurs, mieux que M. Pynaert, qui partageait les idées du semeur sur la dégénérescence des variétés fruitières, ne pouvait être choisi pour prononcer cet éloge à la séance générale du Cercle d'arboriculture de Gand, et bien que ne professant pasles mêmes convictions scientifiques à cet égard, nous applaudissons aux bonnes paroles prononcées par lui à cette occasion. La Coulure du 7^aisin, par Ch. Baltet. Troyes, broch. in-8^ 40 p., 1871. Qui d'entre les horticulteurs et les pomologues surtout ne connaît M. Charles Baltet? Pépiniériste des plus distingués, praticien émérite, connaisseur en fruits des plus habiles, auteur de la Culture du poirier, de VArt de greffer, de V Horticulture en Belgique, de Y Arboriculture à l'exposition (fel867, de nombreux articles dans diverses Revues, fonda- teur et aujourd'hui président de la Société horticole, vigneronne et forestière de Troyes, peu d'hommes Tégalent en activité, en flair pomologique, en facilité d'assimilation, en fer- tilité de production. H vient encore de mettre au jour une brochure pleine de savoir et de bons enseignements et qui porte pour titre : La Coulure du raisin, ses causes et ses effets, moyens de l'empêcher. La coulure est produite par diverses causes ï une fleuraison effectuée dans de mauvaises conditions, de brusques variations de température ôt surtout le froid au moment de la fécondation, les pluies, une végétation trop faible ou trop luxuriante, etc. M. C. Baltet propose de pallier ces inconvénients par une méthode rationnelle de culture qui réprime — 44 — l'excès de vigueur, ou bien une culture améliorante qui fortifie les ceps dans le cas con- traire; le pincement des rameaux fructifiants; la suppression des vrilles; l'éoimage de la grappe ; l'incision annulaire du sarment. Chacun de ces moyens forme l'objet d'un chapitre spécial, traité avec beaucoup de soin et d'expérience de la matière. Nous ne pouvons que renvoyer à ce travail substanstiel, qui doit être mieux que lu, étudié ligne par ligne, et qui touche de trop prés à l'un des fléaux de la viticulture pour qu'on n'apporte pas une vive attention à des avis motivés avec une autorité comme celle de M. G. Baltet. Culture des arbres fruitiers jjour la grande production, par M. C. Bal- tet. Troyes, broch. in-8«, 40 p., 1871. Le même auteur a publié également, ainsi que nous l'avons annoncé dans notre livraison de juin, une notice des plus utiles sur la production des fruits en grand pour la spécula- tion. Nous croyons important de revenir sur ce sujet avec plus de détails aujourd'hui. Il n'est pas douteux qu'il y ait dans ce programme de fécondes idées pour les pays qui veu- lent développer cette branche trop peu étendue de la culture. En Belgique, où le goût des jardins et surtout des jardins fruitiers s'est généralement répandu, grâce aux célèbres semeurs Van Mons, Hardenpont, Esperen, Bouvier, Grégoire, etc., aux conférences popu- laires, à des cours publics, à de bons ouvrages arboricoles, enfin plus récemment à la fon- dation du Cercle d'arboriculture de Gand, on est encore loin de s'adonner à l'organisation des o-rands vergers comme le font les Américains du Nord, qui plantent souvent des champs de 80.000 pommiers. En France, la production des fruits est trop localisée, sous un climat qui n'a pas d'égal pour sa diversité de productions. Les préceptes de M. Baltet sont donc les bien venus. Nous remarquons dans son travail les listes suivantes de fruits cultivables pour la vente en grand, et nous croyons utile de les reproduire. Abricotier : Gros Saint-Jean, commun, royal, pêche de Nancy. Cerisier : Anglaise hâtive, anglaise tardive. Montmorency, reine Eortetise, belle de Chatenay, griotte noire, griotte du Nord ; guigne précoce, guigne Ohio's beauty ; bigar- ureaux rose, rouge, noir. PÉCHER : de vigne rouge, d" blanche, alberge à chair jaune, pavie, persèque, brugnon de Feligny, d'Oignies, de Syrie, Turenne, alberge, Crawford, mignomie, Madeleine, de Malte, reine des vergers. Poirier : Doyenné de juillet, citron des carmes, André Desportes, épargne, Giffard, blanquet, Boiitoc, amaulis, rousselet, comte Lelieur, Monsallard, madame Treyve, pour l'été. — Beurré Hardy, d'Angleterre, Louise bonne d'Avranches, beurré superfin, Dumont, Capiaumont, d'Aspremont, Bachelier, Diel, Marie-Louise, Doyenné du Comice, Emile d'Heyst, de Tongre, figue d'Alençon, Triomphe de Jodoigne, fondante du Panisel, castel- line, pour l'automne. — Virgouleuse, sœur Grégoire, beurrés Millet et de Rance, Duchesse de Bordeaux, nouvelle Fulvie, Chaumontel, passe ■■ crassane, Joséphine de Matines, Doyenné d'Alençon, Olivier de Serres, Bergamote Esperen, pour l'hiver. — Certeau d'au- tomne, messire Jean, Martin Sec, Catillac, Sarrasin, à cuire. Pommier : Astrakan rouge, rose de Bohème, Borovitski, ramboiir d'été, pour l'été. — Calville de Dant:ig, Gravenstein, reinettes Burchardt et grise d'automne, pour l'automne. — Api rose, aséroli anisé, belle fleur. Calville blanc, doux d'argent, fenouillet, Linneous pippin, pigeon, pippin gris de Parker, reine des reinettes, reinettes Bauma,nn, du Canada, de Caux, de Cusy, des Carmes, franche, grise, tardive, Wagener, pour l'hiver. Prunier : favorite hâtive, de Bergthold, jaune hâtive, précoce de Tours, des Béjonnières, variétés précoces. — Monsieur hâtif, de Kirke, reine-Claude, mirabelle, de demi-saison. — Reine-Claude violette, R. c. diaphane, R. c. de Wazon, tardive musquée, Coe's golden drop, mirabelle tardive, d'arriére-saison. — Pour pruneaux : Sainte-Catherine, d'Agen, Quetsche, datte, jaune tardive, perdrigon, damas, Norbert. A ces listes bien élaborées, et qui peuvent varier selon les climats, M. Baltet ajoute des détails sur le choix des sujets, la distance des arbres, la préparation du sol, la plantation, la taille, l'entretien, la restauration des vieux arbres, la récolte et l'emballage des fruits. Nous engageons tous les cultivateurs que ces questions préoccupent à se procurer la brochure de M. Baltet. On trouve les deux opuscules dont nous venons de parler, chez l'auteur, 14, faubourg Croncels, à Troyes (Aubej. E. A. /^ CHRONIQUE HORTICOLE. 15 février 1872. Expositions pour 1872. — Nous rappelons à nos lecteurs que les expo- sitions d'horticulture annoncées pour l'année 1872 sont : Gand 24-27 mars. Lyon P"" mai et 15 octobre. Montpellier. ... fin mars. Cherbourg .... 18-21 mai. Valognes 25-28 mai. Orléans F^ quinzaine de juin. Versailles .... 2-4 juin. Berlin 21-30 juin. Strasbourg. ... 15 septembre. D'autres expositions doivent avoir lieu cette année en Belgique et à l'étranger ; nous n'en avons pas encore reçu les programmes. Nous prions les sociétés organisatrices de ces expositions de nous faire parvenir au plus tôt ces documents, que nous nous empresserons de publier. Jardin darboriculture de Cherbourg. — M . Dalidan. — La Société d'horticulture de Cherbourg entretenait depuis longtemps l'espoir de fonder, non-seulement une école d'arboriculture, mais encore un jardin public d'ac- climatation. Son président, M. Dalidan, s'était voué avec beaucoup de persé- vérance à la réalisation de cette idée et il espérait atteindre bientôt son but, lorsque la guerre, puis la mort, sont venues mettre à néant ce projet et priver la Société de la tête qui la dirigeait avec tant de dévouement. Nous avions pu prêter, il y a deux ans, notre concours en ce sens à M. Dalidan, et nous avions gardé de lui un souvenir qui rend très-vifs nos regrets d'aujour- d'hui. Nous apprenons cependant que la Société reprend le projet de son prési- dent, et qu'elle vient d'obtenir un commencement de succès en créant une école pratique cVarhoriculture et cVexpéyimentatmi horticole. Le conseil municipal de Cherbourg a donné (ou à peu près) à cet effet les terrains vagues qui appartiennent à la ville et dont l'accès a lieu par la rue Montebello. Les membres de la Société vont s'occuper activement de l'établissement de leur jardin. Sous un pareil climat et avec une habile et persévérante direction, nous sommes certain que cette création rendra de grands services à la péninsule normande et à l'horticulture en général, en attendant la fondation à Cher- bourg d'un véritable jardin d'acclimatation. Le soufre solubilisé. — Un de nos lecteurs, M. Sisley, de Lyon, nous écrit les lignes suivantes : J'ai lu, dans la Belgique horticole, uu extrait d'un article écrit par vous dans l'Illustraiion horticole, sur le soufre solubilisé. Un de mes parents, qui est ingénieur des mines au Japon, me dit qu'il y a dix ans déjà qu'il en a entendu parler quand il étudiait la chimie. Est-ce que M. Diricq vend le procédé qu'il emploie ou le communique-t-il gratis f Connaissez- vous ce procédé?... TOME XIX. — 15 FÉVRIER 18T2. * Nous ne connaissons pas personnellement le procédé de M. Diricq pour rendre le soufre soluble. On nous en a parlé à Bruxelles et nous avons vu d'ailleurs une note due à M. Pynaert sur ce sujet dans le Cercle d'arboricul- ture de Gand. Si ces lignes tombent sous les yeux de M. Diricq et qu'il veuille bien nous dire, au profit de nos abonnés, ce qu'il peut rendre public sur son procédé, nous lui en serons reconnaissant. Exposition universelle de Lyon. — L'horticulture est spécialement in- téressée à cette exposition et nous avons le devoir de compléter, au fur et à mesure qu'ils nous arrivent, les documents qui peuvent favoriser l'admission des concurrents. Nous reproduisons aujourd'hui en son entier le programme delaô** section (Horticulture). CINQUIÈME SECTION. Horticulture. 1° Murs et treillage.s pour espaliers, abris, couvertures, bâches, châssis, serres, appareils de chauffage, ventilateurs. — 2« Matériel général de l'horticulture. — 3" Plans et tracés des jardins et des parcs. — 4" Matériel et objets servant à l'ornementation des parcs et jardins. — o° Modèle de jardins d'école primaire. Première catégorie. — Légumes. (Les petits légumes pourront être présentés en botte.) 1° Légumes de semis constituant une race nouvelle remarquable. — 2° Légumes nouvel- lement introduits. — 3" Collection générale de légumes variés (deux exemplaires au plus). — 4° Collection générale de légumes variés de primeurs (quatre exemplaires au plus de chaque espèce on variété). — 5" Collection de légumes variés de saison (deux exemplaires au plus de chaque espèce ou vai-iété). — 6° Collection de légumes conservés (quatre exem- plaires au plus de chaque espèce ou variété). — 7" Collection de genres, tels que : ananas, melons, fraises, salades, etc., etc. (quatre exemplaires au plus de chaque espèce ou variété). Deuxième c.\tégorie. — Fruits et Arbres fruitiers. (Chaque variété de fruits sera présentée dans une assiette.) — 8'^ Fruits de semis. — 9° Fruits nouvellement introduits. — 10° Collections générales de fruits vaj-iés. — 11° Col- lections de fruits de primeurs. — 12'^ Collections de fruits de saison. — 13" Collections de fruits conservés. — 14° Collections de genres, tels que : abricots, cerises, tigues, oranges, poires, pommes, etc. — 15" Lots d'arbres fruitiers forcés en vases. — 16° Lot général d'arbres fruitiers formés. — 17° Lots d'arbres formés dans chaque genre : pommiers, poiriers, etc. Troisième catégorie. — Fleurs et plantes d'ornement. Sewis et nouvelles introductio7is, 18° Fleurs de semis. — 19° Plantes lierbacées à feuillage ornemental de semis. — 20° Arbres et arbustes à feuillage ou port ornemental de semis. — 21° Fleurs de nouvelle introduction. — 22° Plantes herbacées à feuillage ornemental de nouvelle introduction. — 23° Arbres et arbustes à feuillage ou port ornemental de nouvelle introduction. Bonne culture. 24° Plantes très-bien cultivées. Serre chaude. 25° Plantes de serre chaude, variées, fleuries. — 26° Plantes de serre chaude, variées, à feuillage ornemental. — 27° Plantes de serre chaude, à fleurs ou à feuillage, en collections de genres. Serre tempérée ou orangerie. 28° Plantes de serre tempéi-ée, variées, fleuries. — 29° Plantes de serre tempérée, variées, feuillage ou port ornemental. — 30° Plantes de serre tempérée, fleuries ou non fleuries, fu collections de genres. Plein air. 31" Collections générales d'arbres, arbrisseaux et arbustes de plein air, à feuilles irsrsis- tantes. — 32^ Arbres, arbrisseaux et arbustes de plein air, à feuilles persistantes, en collec- tions de genres, tels que : Conifères, Magnolia, Ilex, Yucca, Agave, etc., etc. — 33° Collec- tions générales d'arijres et arbustes fleuris et enracinés de pleine terre. — 34" Fleurs d'arbres et arbustes variés de pleine terre. — 35'^ Arbres et arbustes enracinés et fleuris de pleine terre, en collections de genres. — 36" Fleurs d'arbres et arbustes en collections de genres. — 37° Collections générales de plantes vivaces fleuries et enracinées, de plein air. — 38° Fleurs de plantes vivaces variées, de plein air. — 39° Plantes vivaces enracinées de pleine terre, en collections de genres. — 40° Fleurs de plantes vivaces de plein air, en collections de geni-es. — 41° Collections générales déplantes bulbeuses fleuries de pleine terre. — 42° Fleurs variées de plantes bulbeuses de pleine terre. — 43° Plantes bulbeuses enracinées, de plein air, en collections de genres. — 44° Fleurs de plantes bulbeuses, de plein air, en collections de genres. — 45° Collections générales de plantes annuelles et bisannuelles, fleuries et enracinées de pleine terre. — 46° Fleurs variées de plantes an- nuelles ou bisannuelles de plein air. — 47° Plantes annuelles ou bisannuelles enracinées et fleuries de pleine teri'e, en collections de genres. — 48'- Fleurs de plantes annuelles ou bisannuelles de pleine terre, en collections de genres. — 49° Collections générales de plantes herbacées à feuillage panaché. — 50° Plantes méritantes pour massifs, de pleine terre en été. — 51° Massifs de plantes de plein air, en été, établis avec goût et harmonie de mélange. — 52° Bouquets, corbeilles et parures de fleurs. — 53° Fleurs conservées. — 54° Collections de fruits et légumes imités. — 55° Ustensiles pour la floriculture de fenêtres et d'appartements. — 56° Fabrication, avec appareils et ingrédients, de fruits et légumes conservés. Les demandes d'admission sont l'objet d'un examen immédiat. En conséquence, tout, exposant qui, dans les vingt jours de l'envoi de sa deraande, n'aura pas reçu ou sou certi- flcat d'admission ou un avis émanant de l'Administration, peut tenir pour certain que cette demande n'est pas parvenue et doit en faire de suite l'objet d'une réclamation auprès du directeur de l'Exposition à Lyon. Le professeur Mac Nab. — Nous apprenons que M. Mac Nab, profes- seur de botanique à Cirencester, vient d'être nommé en cette qualité au collège royal des sciences et arts de Dublin (Irlande). Un parasite du caféier. — Les plantations de café de l'île de Ceylan sont attaquées par un champignon de la famille des urédinées et que M. Thwaites, directeur du jardin botanique de Péradénia, à Ceylan, a très- bien étudié. Son nom est Hemileia vastatriûc{Berk. et Br.). Nous renvoyons nos lecteurs pour plus ample informé au Gardeners Clwonicle, 1869, 6 no- vembre, ou 1872, 30 mars. Les gonidies des lichens. — A l'une des dernières séances de l'Aca- démie des sciences de Paris, M. Decaisne a présenté, de la part de M. E. Bor- net, une étude fort curieuse sur les gonidies des lichens, dans laquelle il est dit que ces plantes sont des organismes complexes et sont formées d'une connexion intime d'algues microscopiques et de champignons, dont l'assem- blage formerait une sorte de parasitisme. C'est une étrange révélation qui demande des études ultérieures. Ed. André. — 32 — PL XCI. ODONTOGLOSSDM BICTOMENSE lindl. var. album. ODONTOGLOSSE DE BICTON A FLEURS BLANCHES, Orchidées. ETYMOLOGIE ET CARACTERES GÉNÉRIQUES : Voir L'Illustration horticole. 1870, p. 114. CARACTERES SPÉCIFIQUES : pseudobulbi oblongi compressi 2-3 phylli; folia ensiformia undulata patentia scapo racemoso duplo breviora; bractese herbaceae lanceolatee acuminatse ovario duplo breviores : sepala petalaque subsequalia lineari-lanceolata macu- lata; labelli unguis bilamellatus limbo cordato acuminato undulato ; columnae alœ trans- verse oblongte intégrée. Odontoglossum Bictoniense, Lindl. in Bot. reg. 1840, t. 66. Serp. orchid. sub. 1, 25. Cyrtochilum Bictoniense, Batem. orcli. mex. et guat., t. 6. Zygopetalum africanum, Hook. bot. mag., t. 3812. Caractères de la variété : Même taille, même port que le type, mais avec le labelle d'un blanc pur au lieu d'être rouge vineux. Ce contraste avec la nuance dominante d'une espèce très-connue et appréciée surtout dans les serres d'Angleterre, produit le plus heureux effet. L'espèce type, de haute taille, aux panicules dressées et robustes couvertes de fleurs vert tendre maculées, tigrées de brun, et le labelle lilas ou blanc rosé, est une des plus précieuses du genre, au point de vue ornemental. La variété à fleurs blanches, que nous figurons aujourd'hui, et que nous avons vue dans les serres de M. Linden, est destinée à un bel avenir, surtout en compagnie du type. Les deux plantes se feront valoir Tune fautre. Malheu- reusement, YOd. Bictoniense album n'est pas encore multiplié et les ama- teurs devront attendre quelques années encore avant d'en enrichir leurs collections. Ed. A. 91 ' BePanp.emaeker ad natpmxin Horto Lmd Etal. Lith.de L.Sxrooliant, àGand — 33 NOTES SUR LE JARDIN POTAGER ET FRUITIER. Conservation des fruits. — Parmi les moyens de conservation des fruits crus, il en est un qui, à mon avis, n'est pas connu et apprécié comme il le mérite : c'est celui qui consiste â envelopper les fruits charnus, poires, pommes, citrons, oranges, par une mince feuille d'étaiii pur. Les trois agents principaux qui concourent à la végétation sont : la chaleur, la lumière et l'humidité. Si, par un moyen simple et économique, on peut suspendre l'action de ces agents, on aura obtenu un résultat important. Déjà le moyen dont je parle est employé sur une grande échelle pour quelques substances alimentaires, fromages, chocolat, vanille, saucisson de Lyon, etc. 11 peut parfaitement s'appliquer aux poires et aux pommes; pour cela, il faut choisir les plus beaux et les meilleurs fruits, récoltés avec les précautions connues et exempts de toute cause extérieure de décomposition comme trous divers, piqûres, rouille, choc déterminant une plaie contuse, etc. On prendra des feuilles d'étain pur, n° 15, donnant en moyenne 320 feuilles de 0'",20 carrés et coûtant, suivant le cours du métal, de 1 à 1 1/2 centime la feuille. On obtiendra ainsi un embaumement partiel du fruit, en le mettant à l'abri de l'air, de la lumière et de l'humidité : on aura conservé ses sucs intérieurs qui traversent toujours plus ou moins l'enveloppe naturelle. L'enlèvement de l'étain se fera facilement lors de l'expédition du fruit, et les restes du métal se vendent encore de fr. 1-50 à 2 fr. le kilogramme. Nous engageons vivement nos horticulteurs à essayer ce moyen en comparaison avec leurs anciens procédés de conservation. V. Ch. JoLY {Société de la Côte d'Or). Destraction de la mousse et des insectes. — J'ai vu, l'année dernière, chez un proprié- taire amateur d'horticulture, M. Adam, aux Chapelles (Indre), des arbres fruitiers couverts de mousse et d'insectes. J'ai revu, cette année, les mêmes arbres : ils étaient méconnais- sables, à peau lisse et vernie, vigoureux, absolument'transformés. M. Adam m'a expliqué ce secret et donné sa recette, qu'il avait puisée lui-même dans un vieux livre. Je l'ai mise en pratique et l'ai un peu modifiée à l'usage, et je la reproduis ici, en engageant tous mes lec- teurs à barbouiller leurs arbres de la tête aux pieds avec cette composition. Faites bouillir un décalitre d'orge dans de l'eau et retirez ensuite le grain, que vous donnerez aux volailles. Dans cette eau, faites dissoudre 15 litres de chaux vive. Après refroidissement, mélangez un kilo noir de fumée, en mêlant longtemps avec un bâton ; puis, 500 grammes fleur de soufre et un litre d'alcool trois-six. Barbouillez avec un gros pinceau vos arbres, après avoir raclé la mousse avec une brosse de chiendent. Cette composition détruit les Coccus (Chermés), le puceron lanigère, la mousse, tous les insectes, donne de la vigueur et de la souplesse aux écorces et rajeunit vraiment l'aspect des arbres à fruits. Éd. André. Le coal-tar et les Cossus.— Un insecte terrible, la chenille du Cossus ronge -bois {Cossus Ugniperda), lorsqu'il s'introduit sous l'écorce et dans le bois des Ormes, des Saules et des Peupliers, les détruit rapidement. Dans quelques vallées où l'on cultive en grand le Peu- plier, c'est un véritable fléau. Il existe cependant un moyen préventif bien simple. Nous venons de le voir employer en passant en chemin de fer sur la ligne de l'Est. Il consiste à barbouiller de goudron de gaz (coal-tar) la base des jeunes peupliers tous les deux ans. Avec un seau plein de ce liquide, un enfant va imprimer à chaque arbre un anneau étroit de cette substance, que les redoutables chenilles fuient comme la peste. P. Erce.vu, 34 HORTICULTURE D'ORNEMENT. DECORATION HIVERNALE DES JARDINS. Pendant les longs mois d'hiver où la terre reste nue, où pas une fleur ne vient réjouir le cœur de l'amateur des jardins ; il est encore un ornement qui peut jeter un peu de charme sur le sol désolé. L'emploi des arbustes à feuilles persistantes, si répandu en Angleterre, l'est beaucoup moins sur le conti- nent. On objecte que leurs formes sont sans grâce, roides, que leurs fleurs sont d'ordinaire peu brillantes, et que leur éternelle verdure ne vaut pas l'alternance des feuillages légers et caducs que chaque printemps ramène. Ces objections sont justes, et néanmoins nous conseillons l'emploi plus général des arbustes toujours verts, au moins près des habitations, et surtout dans les petits jardins. Par un arrangement judicieux, on obtient de très- jolis effets, et l'on égayé considérablement sa résidence. J'ai vu, l'hiver dernier, un charmant jardin de cette sorte. Les murs étaient cachés par un rideau de lierre sur la verdure sombre duquel se détachaient les feuilles brillantes du Laurier de la Colchide, un peu glauque, et du Laurier amande plus pâle et vernissé. C'était près de la mer. Beaucoup de plantes délicates sous un climat conti- nental réussissaient dans ce coin abrité de la Normandie. Des groupes (ÏFscallonia macrantha avaient conservé quelques fleurs jusqu'aux gelées; des myrtes bravaient les frimas, et les fruits rouges, jaunes et orangés de l'arbousier semblaient autant de fraises en grappes appétissantes et penchées vers le sol. Sur le devant du massif, planté principalement de Lauriers de Portugal, de Phlomis frutescents, de Filarias et de Troènes variés, des lignes de fusains du Japon aux feuilles vertes ou argentées formaient le plus charmant effet et contrastaient avec les nuances roussâtres des Mahonias à feuille de houx. En bordure, le petit fusain rampant, également du Japon {Evonymus radicans) et une plante bien vulgaire, mais charmante, le Germandrée petit chêne, qui croit sur nos rochers calcaires, sont deux plantes des plus recom- mandables. Dans d'autres massifs à fond de verdure sombre, on avait formé la partie touffue de Conifères et surtout de Thuia. Sur le devant, des Prinos glabres. Ajoncs à fleurs doubles, Daphnés, Buis panachés, Berberis de Darwin, Cistes ladanifères, Escallonias rouges, Genêts blancs, Mahonias, Aucubas, Troènes à épis, Lauriers tins, et les rameaux blancs du Teucrium fruticans, bor- daient d'une frange épaisse et charmante cette masse de feuilles persis- tantes. Voilà pour la décoration de fond, pour la végétation arborescente ou arbustive. Mais si nous descendons au domaine occupé l'été par les fleurs, nous nous trouverons en présence de la plus complète nudité. On peut toutefois obvier facilement à cet inconvénient. La liste suivante donne la nomenclature d'un certain nombre de plantes dont le feuillage meublant et varié prêtera un agrément précieux aux. corbeilles et aux plates- bandes l'hiver. Arabis albida variegata. Très-joli feuillage vert tendre, délicatement bordé ligné de blanc, bien préférable à son autre congénère, \A.rahis lucida variegata. On divise les touffes après la floraison et on obtient, pour l'hiver suivant, de quoi faire de charmantes plantes panachées qui se couvrent de fleurs blanches en avril. Helleborus niger (rose de Noël). Connu de tout le monde comme une plante des plus utiles pour décorer les jardins l'hiver. Gî-arde très-longtemps son feuillage, qui est orné de décembre en janvier et même février de jolies et grandes fleurs blanc pâle lavé de rose. On peut employer encore les Hell. orientalis, odoriis, pitr pinças cens. Hellebo?nis fœtidus . Plante commune dans certains terrains calcaires, et peu cultivée à cause de sa vulgarité, mais .précieuse comme décoration hivernale des jardins par son beau feuillage digité, persistant, qui lui donne le port d'un palmier. Son aspect est tellement ornemental quand elle est bien cultivée et développée, que beaucoup d'horticulteurs ne la reconnaissent point de prime abord. On en peut orner les rochers, et même les sous- bois. Elle se plaît partout et récompense largement l'amateur des soins qu'il lui a donnés. Vinca majo7% mmor et albo-variegata. Forment de charmantes bor- dures d'une verdure brillante, la dernière gracieusement panachée de blanc. Se propagent par stolons enracinés. Thymus vidgaris fol.variegatls. Egalement pour bordure^; forme des lignes basses et fines à feuilles menues et bien panachées. Orne très-bien les rocailles. Dianthus (Œillets). De belles touffes d'œillets de diverses espèces font très-bon effet par leurs teintes glauques en corbeilles. Les Œ. mignardises (D. plumarnis) sont aussi jolis en bordures par leur feuillage que par leurs fleurs, Aubrietia deltdidea variegata. Succédané de \ Arabis cité plus haut, mais plus élégant encore par ses dimensions moindres et la netteté de sa panachure. Bordures des corbeilles, charmantes fleurs violet pourpré au premier printemps. Molinia cœridea. Fétuque délicieuse à feuilles filiformes, dressées, d'un vert glauque presque bleu. J'en ai vu de ravissantes bordures dans le jardin d'un amateur du Mans, M. Pellier, qui les plante dans le sable et les divise au printemps. Alyssum saxatile foliis variegatis. (Corbeille d'or à feuilles panachées). La floraison des corymbes d'or de cette plante au printemps est moins abon- dante dans cette variété que dans le type, mais ses feuilles sont très-agréa- blement panachées et ornent bien les corbeilles l'hiver. Saxifraga. Un grand nombre d'espèces de ce beau genre sont susceptibles de former pour l'hiver de véritables pelouses du plus beau vert. Nous recom- mandons les S. hyp7iokles, rotimdifolia, iimbrosa, serratifolia, aspera, aizdides, parmi les espèces à feuilles menues. Les .S', crassifolia et cordi- — 36 — folia (Megasea), sont aussi très-belles comme fortes plantes sur les plates- bandes qu'elles ornent de leur large feuillage lustré. Toutes ces espèces ne prospèrent véritablement bien qu'en terre de bruyère, et se propagent par division des touffes. Salvia (Sange officinale). Cette espèce, à demi arborescente, a fourni une variété à feuilles panachées de rouge et de blanc, dont l'effet est des plus décoratifs. On la multiplie facilement par éclats et boutures. Stachys lanata. Rien n'est plus élégant que les bordures de feuillage blanc et laineux que cette espèce forme dans beaucoup de jardins de l'Angleterre. Elle est indigène, très-rustique et des plus précieuses pendant l'hiver. Sedum glaucum, reflexum, acy^e, pulchellum, sarmentosum, popuH- folium, etc., sont de très-bonnes espèces, non-seulement pour les rocailles, mais pour tous les endroits où la terre nue peut demander une couverture végétale l'hiver. Iris fœtidissima variegata. Variété panachée quelquefois délicate au soleil, mais avantageuse dans les endroits à demi ombragés et notam- ment dans les rocailles sous-bois. Retinospora ericoïdes. Très-gracieuse conifère ressemblant à un buisson de bruyère et prenant, l'hiver, une teinte brun pourpre violacé d'un joli effet. Santolina incana. On devrait cultiver plus généralement cette jolie plante à la nuance gris cendré argenté, qui supporte bien nos hivers et pousse vigoureusement en bordure. A cette brève énumération, et sans sortir des plantes vivaces rustiques, il serait facile d'ajouter un bon nombre d'autres espèces. Nous citerons seule- ment parmi les plantes à feuilles panachées les Bellis perennis fol.var., Barbarea vulgaris var., Sylibum marianum, Lamium maculatum, Ligidaria Kœmpferi fol. va7\ (ombre et terre de bruyère), Carex Japo- nica var., etc. N'oublions pas les bettes ou cardes du Chili à côtes et feuilles pourpre, cerise, violet, jaunes ou orangées, si ornementales, ni les choux d'ornement, qui offrent le port d'un palmier et sont d'une grâce parfaite dans les jardins : choux frisés vert et rouge, ch. prolifère, ch. lacinié panaché, ch. palmier, ch. à feuilles d'artichaut, etc. Enfin les lierres en arbre, ainsi nommés parce que leurs rameaux, bouturés sur les extrémités florales, se tiennent dressés et ne produisent pas de racines aériennes, ont fourni, dans ces derniers temps, des variétés de forme et de panachure qui en font des arbustes fort élégants. Nous sommes loin d'avoir épuisé le nombre des végétaux rustiques qui peuvent être employés l'hiver comme ornement des jardins. Mais il suffit que nous ayons appelé l'attention sur une spécialité trop délaissée de la culture pour que d'autres se servent de ces lignes comme d'une suggestion intéres- sante. Ed. André. - 37 — NOTES SUR L'HORTICULTURE D'ORNEMENT. Euphorbla Jacquiniœflora. — L'une des plus charmantes plantes de serre chaude ou tempérée pour l'hiver. Elle couvre les treillages de ses longs et fins rameaux couverts de fleurs coccinées, rosacées, unilatérales, du plus gracieux effet. Nous venons d'en voir, en Angleteri-e, couvrir des pignons entiers de serre. Le défaut de cette espèce serait sa gracilité, si l'on n'avait soin de pincer les rameaux lorsqu'ils sont arrivés à la moitié de leur longueur. Les fleurs sont ainsi régulièrement répandues sur toute la plante, au lieu de se porter seulement à l'extrémité des ramifications. Moins éclatant que le Poinsettia pulcherrima, VEicph. jacquiniœflora, également du Mexique, ne le lui cède guère par le charme particulier que répandent ses fleurs quand la plante est cultivée comme nous le disons, contre un mur, en pleine terre de bruyère. J. Chaumier. Cissus discolor. — Cette autre liane de serre chaude, surnommée la vigne de Java, présente quelquefois une exubérance de végétation extraordinaire et devient alors une des merveilles du règne végétal. Nous venons d'en voir, il y a quelques jours (10 février), un pied magnifique dans une des serres de M. Linden, à Gand. En moins de six mois, cette plante a couvert à l'intérieur tout le vitrage d'une grande serre. Ses feuilles sont énormes, resplendissantes de pourpre et d'argent, et des milliers de petites grappes aplaties de fleurs jaunâtres se montrent aux aisselles des feuilles. La plante croît tout simplement en pleine liberté dans les cendres de houille tamisées qui forment le fond de la bâche. Ed. A. Les gazons de genévriers. — A Odessa, le climat estival est souvent torride, le sol est poudreux, sans consistance et se desséche profondément. Les gazons sont impossibles dans ces sables légers et brûlants. M. Cortazzi, riche négociant, qui possède une ravissante villa à la Grande fontaine, près d'Odessa, sur le bord de la mer, a remédié à cette difliculté par un moyen ingénieux que je n'ai vu encore pratiqué que chez lui. Une grande partie de ses pelouses sont faites en genévrier sabine (les deux variétés) : Juniperus sabina cupressi- folia et /. sab. tamariscifolia). Ces arbustes sont plantés jeunes prés à près; on les couche, on les foule aux pieds, on les roule chaque année; ils sont forcés ainsi de ramper uniformément sur le sol, ce qui est presque leur port naturel, et ils forment ainsi, par les plus grandes sécheresses, des gazons d'un vert foncé de la plus grande beauté. C'est un procédé de plantation que je propose aux propriétaires du Midi que leurs gazons desséchés désespèrent. Ed. André {Un mois en Russie). Coussinets de paille goudronnée. — Chacun a pu voir sur les promenades publiques de Paris les coussinets de paille que l'on place entre le tronc des jeunes arbres et leur tuteur pour empêcher les blessures faites par les liens. C'est une bonne méthode, mais elle offre cet incoavénient que la paille pourrit vite et qu'il faut souvent la remplacer. Sur l'ancienne avenue de l'Impératrice (aujourd'hui avenue Uhrich), on vient d'imaginer de tremper ces coussinets, une fois fabriqués, dans du goudron roux de gaz. Cette couleur s'atténue bientôt â l'air ; elle n'est ni voyante, ni laide ; la conservation de la paille est parfaite, et somme toute, c'est un perfectionnement digne d'être signalé. Éd. A. Rose de Noël, plante d'appartement. — Nous avons remarqué dernièrement, chez un habitant de Château-Thierry, de magnifiques caisses remplies de cette vieille bonne plante et formant un ornement de salon très-joli et très prolongé. On devrait revenir à cette antiquité trop délaissée. Ces fleurs étaient d'un blanc pur et non rosées, à l'extérieur comme en plein air. Le secret pour les avoir belles est de reporter les plantes à la pleine terre quand elles ont passé fleur chaque printemps, pour les remettre en pot et les rentrer à l'automne suivant, ou mieux, deux ans après. Nous affirmons qu'ainsi traitées, les Hellé- bores roses de Noël sont de superbes plantes d'appartement. P. Erceau. Arabis arenosa. — Cette crucifère aux jolies fleurs roses, que l'on trouve dans les Vosges, en Bourgogne même, et très-abondamment sur les grès du grand-duché de Luxembourg, est digne de la culture à tous égards. C'est une rivale et une succédanée de la Silène rose du printemps. Elle fleurit à peu prés en même temps et sa floraison se prolonge plus longtemps. Nous en avons recueilli des graines l'an dernier, en Luxembourg, et en avons fait des corbeilles où les boutons se montrent déjà au milieu des grosses touffe$ — ::;8 — de feuilles lobées et oblongues. Pour avoir belle l'Arabette des sables, il faut la cultiver dans un terrain léger, aussi sablonneux que possible. Elle redoute les terres fortes et calcaires. On la trouve au commerce, pas assez cependant. Nous en tenons de la graine que nous donnerons volontiers à ceux de nos lecteurs qui nous en feraient la demande. Ed. a. Les premières fleurs. — Voici le tableau des observations que j'ai faites depuis vingt-deux ans, sur les dates de floraisons hivernales des premières plantes de l'année en plein air, au Jardin botanique d'Edimbourg (1850-1871). Elles peuvent servir à établir exactement, sous notre climat, la moyenne de l'époque florale de ces espèces : PREMIÈRE DERNIÈRE DATE. DATE. Adonis vernalis 18 février. 19 avril. Eraiithis hyemalis 15 janvier. 2 mars. Hepatica triloba • , 14 janvier. 7 mars. Draba aizoldes , 4 mars. H avril. Orobus vernus 25 janvier. 16 avril. Nuttalia cerasiforinis .... 7 février. 20 mars. Ribes sanguineum 1er mars. 19 avril. Tussilage fragrans 18 janvier, 14 février. Rhododendron atrovirens. . . 2 janvier. 6 avril. — Nobleanum lôjanvier. 13 avril. Jasminum nudiflorum 21 janvier. 18 mars. Omphalodes verna 2 février. 23 avril. Mandragora vernalis 2 mars. 9 avril. Scopolia carnioliea 19 février. 9 avril. Daphne mezereum 2janvier. 6 avril. Dortmannia cordifolia 21 janvier. 9 avril. Corylus avellana 14 janvier. 21 mars. Crocus Suzianus 15 janvier. 8 mars. — vernus et varius 18 janvier. 15 mars. Sisyrinchium grandiflorum 14 janvier. 23 mars. — album 20 février 29 mars. Galanthus nivalis 4 janvier. 2 mars. — plicatus 26 janvier. 4 mars. Leucojum vernum 17 janvier. 21 mars. Narcissus nioschatus 16 mars. 13 avril. — pseudo-narcissus 24 mars. 20 avril — puniilus 18 février. 2 avril. Erythronium dens canis lei'mars. 11 avril Fritillaria imperialis 13 mars. 14 avril Muscari botryoïdes 17 février. 14 avril Puschkinia scilloïdes 29 février. 16 avril. Scilla bifolia (bleue) 30 janvier. 10 avril. — — (rouge) 10 mars. 6 avril. — — (blanche) 21 février. 5 avril. — major 21 lévrier. 25 mars. — sibirica 8 février. 21 avril, Symplocarpus fœtidus 4 février. 20 mars. Mac N.\b {The Garden) (1). (1) Nous serions heureux de voir des observations analogues suivies par quelques-uns de nos collègues dans d'autres localités, sous d'autres latitudes qu'Edimbourg. Des différences notables se montreraient dans les époques de floraison. Ainsi, dans mon jardin, en Touraine, ce n'est pas au 24 mars que s'épanouit le Narcissus pseudo-narcissus, mais le 25 février, etc. (Ed. A.) 89 PLANTES NOUVELLES OU RARES. PANDANUS VEITCHI. Un Pandanus Veitchi, exposé à Paris en 1867, et remarquable surtout parce que ses feuilles étaient distiques ou sur deux rangs, et non disposées en spirale, avait été annoncé au commerce. Mais, comme la plante n'a pas été multipliée, elle est restée fort peu connue, et on Ta récemment débaptisée en faveur de celle-ci en lui substituant le nom de Pandanus distichus. Le nouveau P. Veitchi est une magnifique plante à feuilles insérées en spirale, longues, recourbées, épineuses, et leur grand mérite est de présenter sur un beau fond vert des bandes régulières blanc argenté. C'est une intro- duction de premier ordre due à feu M. John Gould Veitch. — 40 — CROTON HOOKERI. L'un des plus beaux Crotons importés par M. J.-G. Veitch, des îles de la mer du sud. Ses feuilles sont érigées, acuminées, géniculées au sommet du pétiole, et sur un fond vert foncé se détache au milieu une large bande jaune clair, qui varie quelquefois de largeur et de nuance. Cette variété est l'une des plus belles et des plus vigoureuses, parmi celles queMM.Veitch ont mises au commerce, et que nous avons eu la bonne fortune de nommer et de décrire le premier (voir Revue de V Horticulture, 1867, p. 295). — 41 DRAG^NA MAGNIFICA. Port noble et élégant ; vaste feuillage ovale, large, ondulé, acuminé, aigu, d'une belle couleur uniforme rouge, brun pourpré, très-foncé à reflets et lignes d'un ton moins intense. C'est une des plus belles plantes du genre ; elle est encore due aux recherches de M. J. G. Veitch, ce jeune et remar- quable voyageur, qui a payé de sa vie les conquêtes précieuses qu'il a faites pour la science des jardins. 42 NOUVELLE ERYTHRINE M. BELLE. Eu 1833, M. Bellanger, horticulteur à Tours, acheta un premier pied d'Erythrina Crista-galli. Deux ans plus tard, il en obtint des graines qui lui donnèrent une variété plus naine et à fleurs plus grandes. Les semis pro- venant de cette dernière plante produisirent une deuxième variété dont les fleurs varièrent, et qu'il nomma E. Crisia-galli versicolor. En 1845, un de ses amis, nommé Cotty, alla en Amérique et lui rapporta des forêts du Maryland une Erythrine déjà connue des botanistes sous le nom d'Ery- thrina herbacea var. rosea, mais dont il n'existait pas un seul pied en Europe. Cette précieuse acquisition permit à M. Bellanger d'entreprendre une nou- velle série d'expériences basées sur l'hybridation entre YEîylhrma herbacea et YEryihrina Crista-galli, déjà modifiée et perfectionnée par semis. En 1847, les graines récoltées sur YE. Crista-galli, perfectionnée et fécondée, par YE. herbacea, lui donnent de nombreux hybrides, parmi lesquels se trouvent quatre plantes remarquables. La première fut dédiée à Cotty et devint YE. Cottyana, la seconde fut nommée E. BellangerH. Ces deux plantes furent mises dans le commerce et valurent une médaille de deuxième classe à notre collègue. La troisième et la quatrième furent réservées pour l'hybri- dation et donnèrent plus tard lune YE. Madame Bellanger, l'autre YE. Marie Bellanger. Poursuivant ses estais, M. Bellanger n'obtient, en dix ans, qu'une plante nouvelle, YE. floribunda. Mais, en 1857, il obtient la plus belle de ses Ery- thrines, celle qu'il a dédiée à sa fille, Marie Bellanger, et qui lui a valu une médaille de 1"-' classe. Puis, se servant de ce dernier hybride pour féconder YE. Crista-galli perfectionnée, il récolte, en 1860, les magnifiques variétés E. ruberrina, E. conspiciia, E. profusa, E. Monsieur Barillet, E. Im pératrice Eugénie. Enfin, en 1865, il obtient une dernière plante des plus remarquables : c'est celle qu'il a dédiée à M. Belle, président de la Société tourangelle. La Société tourangelle d'horticulture aux procès-verbaux de qui nous em- pruntons ces détails, dit que cette Erythrine présente les caractères distinc- tifs ci-après : " Rameaux fermes et dressés, peu élevés, aiguillonneux, portant des feuilles composées de trois folioles ovales aiguës, d'un vert foncé, et termi- nées par une grappe spiciforme de 30 à 40 centimètres, dépourvue de feuilles et de bractées dans ses deux tiers supérieurs ; fleurs à pédicelles dressés, dis- posés en glomérales compactes ; calice monoséphale, d'un rouge grenat ver- nissé, à tube bordé de noir ; étendard bien étalé, d'un rouge brun vif, passant graduellement au rouge ponceau à la partie supérieure; ailes peu apparentes; carène d'un brun foncé ; étamines saillantes. La plante est vigoureuse et offre dans toutes ses parties la plus belle végétation. » On pourra s'adresser directement, pour obtenir YErythrina M. Belle, à M. Bellanger, horticulteur à Tours (Indre-et-Loire). Ed. A. — 4;^ — MÉLANGES. Les ROSA RUGOSA et REGELIANA, Nous prions nos lecteurs, amis de la rectitude des dénominations botani- ques, de vouloir bien se reporter d une année en arrière et de s'arrêter à la belle rose que nous avons figurée et décrite sous le nom de Rosa Regeliana (Illust. hort., 1871, pi. 1.) La plante avait été envoyée sans nom chez M. Linden. Elle provenait du Japon et avait été rapportée par M, Maximowicz. Pendant la guerre, privé du secours de nos correspondances habituelles avec les botanistes, sans bibliothèque, nous avons dû nous fier à l'examen de l'un de nos amis qui nous affirma, d'après de beaux échantillons fleuris desséchés, que l'espèce était nouvelle. La Rosa Regeliana fut publiée. Peu de temps après, un botaniste instruit, qui connaît bien les roses, M. Crépin, nous ayant tait remarquer, par l'intermédiaire de M. Linden, que notre plante pourrait bien être la Rosa rugosa de Thunberg et que cette plante était commune en Angleterre sous le nom vulgaire de Hedge-hog rose, nous nous empressâmes d'accueillir la réclamation et de le déclarer dans Y Illustration horticole, 1871, p. 50, en promettant de faire des recherches à ce sujet et d'en rendre compte. Nous venons remplir cette promesse. Mais notre première rectification loyale et spontanée n'a pas suffi à de bons petits confrères qui, pour illustrer leurs catalogues de réclames, croient devoir redresser les torts de tout ce qui les gêne et qui jettent volontiers à l'eau leurs amis pour quelques écus sonnants, esprits étroits, aveugles et enfiellés, dans les jardins de qui croissent principalement " le souci avec abondance de poires d'angoisse, » comme disait Rabelais. Ils ont bien vite déclaré que notre rose n'était qu'une vieillerie rééditée tout exprès sous un nouveau nom. Or, voici le résultat exact de nos recherches. La rose que nous avons décrite nest pas la Rosa rugosa décrite par Thunberg et Siebold, mais elle sort vraisemblablement de ce type, cultivé de temps immémorial au Japon et représenté par de nombreuses variétés horticoles. La plupart de ces variétés sont de plus haute taille que la nôtre, à port érigé et non couché, dépassant 4 à 5 pieds de haut et non 2 ou 3 au plus, et à fleurs doubles, roses ou purpurines, le plus souvent blanches. Des échantillons de cette plante qui ont été introduits il y a longtemps déjà, il reste encore quelques-uns dans les cultures et nous en avons vu plusieurs, un, entre autres, fort beau, au Muséum de Paris. Quant à nos investigations en Angleterre, elles ne nous ont rien fourni sur le compte du Hedge-hog rose, qui n'a pris racine que dans le cerveau de notre critique. Au Japon, d'après Siebold et Zuccarini {Flora Japonica, t. XXVIII, p. 66), la plante se nomme Hama-nasi, ce qui veut dire poire des rivages, ce qui indiquerait des variétés à fruits piriformes. Bunge dit qu'elle croit sur les terrains sablonneux des rivages et il l'a vue cultivée dans la Chine du Nord. On croit que les roses que Lapeyrouse a admirées sur la côte de Tartarie, appartiennent à cette espèce, qui pourrait bien être voisine ou même identique, dit Siebold, avec le R. Kamtschatica. En Chine, elle est bO cultivée depuis l'an 1100, sous la dynastie Song, et les dames de la cour en composaient un pot-pourri recherché en faisant un mélange des pétales avec du musc et du camphre. Nous affirmons donc que notre plante n'est pas la Rosa rugosa déjà introduite en Europe. Voyons maintenant, si elle se rapporte au type décrit si minutieusement par Siebold et Zuccarini dans la Floî^a Japohica. Eh bien, la similitude n'existe pas davantage de ce côté. Au lieu de disserter longuement sur ce sujet, nous préférons signaler ces divergences entre le type décrit et la plante que nous avons eue sous les yeux, en les comparant par le tableau suivant. Il va de soi que nous passons sous silence les carac- tères (et ils sont nombreux) qui sont communs aux deux plantes : Rosa 7^ugosa, Thunb. — plante cultivée atteignant 4-5 pieds, dressées; — feuilles portant pour la plupart 7-9 folioles ; — stipules irès-enlières ou obscu- rément granduleuses crénelées ; — fleurs solitaires; Rosa Regeliana, L. et A. — plante de 2-3 pieds au plus, demi-couchée ; — feuilles à 5-7 folioles au plus sur les plantes observées; — stipules glaucescentes dessous et irrégulièrement dentées; — fleurs no7nbrenses en corym- bes magnifiques et terminaux sur les rameaux vigoureux ; — pédoncules tomenteux épineux partout ou presque partout, à brac- tées dentées glaucescentes ; — calyce à 5-6-8 sépales r^éflé- chis, soyeux, épineuœ, non dï^essés ni connivents sur le fruit ;^ — corolle rouge pjonceau. — pédoncules inermes ou épineux en bas, velus et à bractées aiguës pu- bescentes ; — calyce à 5 sépales étalés, lai- neux, dressés, connivents sur le fruit mûr ; — corolle rouge ou souvent blanche sur les plantes cultivées. Nous croyons superflu d'insister sur des différences aussi patentes, et le lecteur aura conclu facilement avec les éléments ci-dessus. Nous négligeons d'autres caractères très-détaillés de la description de la Flo7'a Japonica qui nous demanderaient un nouvel examen sur le vif, ce qui importe peu d'ailleurs pour l'éclaircissement de la cause. Si donc on accorde qu'il y a là autre chose que la description de la Rosa tntgosa, notre espèce devrait donc subsister. Nous ne le pensons pas. Cependant, nous croyons, ainsi que nous le disions plus haut, que notre plante rentre dans le type rugosa, avec de notables difierences, comme on voit les variétés cultivées de nos autres roses aliéner leurs caractères pri- mitifs sans qu'on méconnaisse leur origine. Très-certainement, la plante apportée par M. Maximowicz est une variété (sinon un hybride) spontanée ou cultivée, nous l'ignorons, de l'espèce de Thunberg, et nous n'hésitons pas à dire de nouveau que c'est une très-belle plante digne d'être abondamment répandue dans les jardins. C'est donc sous le nom de Rosa rugosa Regeliana que nous croyons devoir mentionner définitivement cette belle et distincte variété. Ed. André. t)l — (JKKONIQUE HORTICOJ. Les plantes désinfectantes. — M. Ingram, dans une conférence faite récemment au musée de Leicester, a signalé le fait suivant, qui prouve que les végétaux absorbent, non-seulement l'eau du sol en quantité considérable, mais aussi les miasmes délétères des régions palustres : " L'observatoire de la ville de Washington , capitale des États-Unis d'Amérique, est construit au milieu de marais dont les émanations étaient funestes à tous les aides -astronomes envoyés pour faire des observations. Ils y mouraient comme mouches. On y sema des soleils {Heliantlius annuus) en quantité. Leur développement fut énorme et atteignit son maximum au moment oti la fièvre sévissait le plus cruellement d'ordinaire, mais cette fois ce furent les plantes qui absorbèrent à leur profit le principe fébrile et assai- nirent toute la contrée voisine. « (Extrait du Journal of Uie society of Arts.) Matière sucrée des feuilles du Tilleul. — M. Boiissingault, le célèbre chimiste agronome, a découvert, sur des feuilles du Tilleul, une substance nouvelle, matière visqueuse extrêmement sucrée, sorte de miellat ana- logue à ce qu'on observe sur certains arbres : aulnes, érables, rosiers, pru- niers, etc. Cette sécrétion devint si abondante sur l'arbre observé au mois de juillet qu'une véiitable pluie de manne tombait des feuilles. En dissolvant ce miellat et le traitant par l'acétate de plomb, on obtint un sirop où se for- mèrent des cristaux de sucre, et composé en moyenne de : Sucre de canne. . . 50 OU Sucre interverti . . 28 00 Dextrine 22 00 luO 00 M. Boussingault a calculé que la quantité de sucre ou miellat exsudée par les feuilles du tilleul observé atteignait deux à trois kilogrammes. La com- position de ce sucre était fort voisine de celle de la manne qu'exsude le Tamarix mannifera sous l'influence de la piqûre d'un insecte. Le savant chimiste attribue à un état anormal dans la croissance du Tilleul, à une sécrétion maladive, cette exsudation sucrée qui se produit ainsi à la surface des feuilles, au lieu d'avoir lieu intérieurement pour la nutrition de l'arbre. La lumière et la végétation. — M. Duchartre a récemment présenté à l'Académie des sciences de France la nouvelle d'expériences faites aux États-Unis, dans la Pennsylvanie, par le général Pleasanton, sur les effets de la lumière violette en rapport avec la végétation. Après avoir vitré une serre alternativement avec deux bandes de verre violet et de verre incolore, de manière à mettre chaque travée violette d'un côté en face d'une travée blanche de l'autre côté, M. Pleasanton suivit attentivemimt la végétation — 62 - des vignes qui étaient plantées dans la serre. Il constata bientôt une pro- duction inouïe de feuillage et de fruits sur plus de vingt variétés différentes, et les essais répétés plusieurs années donnèrent toujours des résultats iden- tiques sans que les vignes fussent épuisées M. Duchartre, cherchant à expliquer ce fait, dit que la lumière violette, qui place momentanément les plantes dans l'obscurité, les étiole et active la végétation en affaiblissant toutefois les tissus, mais que ceux-ci sont bientôt raffermis par le retour à la lumière blanche. Il y a donc à la fois allonge- ment, affaiblissement et réconfort, de sorte qu'il s'ensuit une somme de développement plus considérable que dans les conditions normales. Nous ne ferons suivre d'aucune observation ces réflexions qui reposent au moins sur des raisons plausibles. Palissages en fer, de MM. Louet, frères. — Nous avons déjà donné la description de quelques-uns des produits de cette manufacture que nous avons eu l'occasion d'essayer récemment et que nous croyons devoir pré- coniser comme réunissant la solidité à la durée et au bon marché. L'établis- sement du contre-espalier dans les jardins se répand de plus en plus, mais beaucoup de propriétaires hésitent à faire, pour les treillages en fer avec tout leur attirail, des dépeaises considérables de premier établissement. Nous a\;ons trouvé, sous ce rapport, de notables perfectionnements et des condi- tions de prix exceptionnelles dans les produits de MM. Louet. De Tuinbouw-lllustratie. — Il faut avouer que si nous devons juger des progrès de l'horticulture par le nombre des publications horticoles dont nous constatons la naissance, son état actuel est des plus prospère. Nous recevons le premier numéro d'un recueil horticole trimestriel nouvellement né en Hollande, ce berceau de l'horticulture européenne, et rédigé par M, J,-H. Krelage, de Haarlem, sous le nom de De Tuinhoiao-Illiistratie . Ce fascicule contient déjà de bonnes études sur les lis, principalement le Lilium Tlmnbergianum flore pleno ,\ Amaranthus salicifolius , les yuccas, un fraisier nouveau, les Olivia, Zi7X7iia, Pri?nula Japonica, etc., le tout accompagné de gravures sur bois, dont la plupart "ne sont encore que des clichés étrangers, en attendant que la nouvelle publication s'aflSrme et crée à son tour ses matériaux. Nous connaissons de longue date le rédacteur, M. Krelage fils, pour le savoir et le caractère de qui nous avons une grande estime. Nul doute qu'entre ses mains le nouveau journal ne nous apprenne d'excellentes choses. 11 nous initiera plus intimement à ces merveilleuses cultures hollandaises de plantes bulbeuses que nous avons visitées en 1865 et dont nous avons rap- porté le plus agréable souvenir. Si le succès le suit dans sa tentative, M. Krelage se propose d'imprimer une édition française de son journal. Protecteur de Rendle. — A un récent voyage aux îles de la Manche, nous avons observé, sur une pelouse du jardin de M. Bréhaut, amateur dis- tingué d'horticulture, deux petites serres portatives de forme curieuse et qui sont dignes de recommandation pour les petits jardins de ville. Nous décrirons plus tard ces appareils avec gravures. Mais en même temps nous avons remarqué, sous le titre de Protecteur de Rendle, une autre invention, également portative, qui peut se placer sur les planches de fraisiers qu'on veut forcer en plein air. Cet appareil se compose — m — d'un demi-cylindre de terfe cuite, dont on pose sur le sol la partie convexe percée de trous pour laisser passer les pieds de fraisiers qui poussent ainsi dans la partie creusée de cette sorte de gouttière reposant sur le sol. Les bords de cette gouttière sont à rainure, de manière à recevoir une lame de verre, que, l'on incline au soleil. Les fraisiers, pendant qu'ils puisent la fraîcheur dans le sol protégé, poussent ainsi en serre chaude chauffée par le soleil et la tuile ; les fruits sont propres, superbes, pleins de saveur. C'est une fantaisie agréable que tout amateur peut se donner. L'adresse de M. Rendle est' 68, Welbeck street, Cavendish Square, à Londres. Les prix sont de 2 sh. 9 pence par pied courant. Introduction de plantes à, Pondicliéry. — Le gouverneur des éta- blissements français dans llnde vient de prendre l'arrêté suivant : Art. 1"'. Seront décernées, à partir du l""" janvier 1875, à titre de primes d'encoura- gement, aux introducteurs, tant français qu'étrangers, des végétaux destinés à enrichir les collections du parc colonial et du jardin d'acclimatation ; savoir : 1° Une médaille d'or de la valeur de 500 francs pour .350 espèces, dont 200 vivantes et les autres en graines ; 20 Une médaille" d'or de 400 francs pour 250 espèces, dont 150 vivantes et les autres en graines ; 3° Une médaille d'or de 300 francs pour 150 espèces, dont 100 vivantes et les autres en graines ; Art. 2. Les introducteurs auront droit, en outre, à deux individus de chacune des espèces par eux introduites, sur les dix premières multiplications. Art. 3. Les bulbes, tubercules et rhizomes seront admis comme plantes vivantes. Art. 4. Un registre spécial sera affecté à la mention des introductions et il en sera inséré mensuellement un relevé au Moniteur officiel de Pondichéry. Art 5. Les envois devront être adressés à M. le gouverneur des établissements français dans l'Inde. Plantes d'introduction nouvelle. — Nous venons de recevoir de l'Inde, par les soins de M. Contest-Lacour, un envoi assez considérable de plantes nouvelles de Pondichéry et des régions circonvoisines. Nous avons surtout noté d'énormes tubercules (ï Amorpho-phallus en forme de coupe, qui se mangent dans l'Inde comme le Ta7'0 et qu'on appelle plante -casserole; une charmante petite amarantacée {^Erva lanata) et un grand nombre d'espèces intéressantes que nous avons immédiatement mises en végétation. Nous nous proposons de rendre compte à nos lecteurs du résultat de ces divers essais. A ce propos, nous signalons au public la résolution que vient de prendre M. Contest-Lacour, directeur du jardin botanique de Pondichéry, de faire un voyage d'exploration botanique dans l'Inde. Il recevra avec plaisir à Pon- dichéry les renseignements et desiderata qu'on voudrait lui communiquer à ce sujet. Déjà des subventions lui ont été accordées par divers établissements scientifiques pour lui permettre de faire une excursion profitable aux inté- rêts de la botanique et de l'horticulture. De nombreuses régions de llnde ont été soigneusement explorées jusqu'ici par les soins des botanistes anglais ; mais il reste encore à glaner des espèces intéressantes, et nous comptons à. cet effet sur rénergie et le savoir de M. Contest-Lacour. Ed. André. <>4 — PI. XCII. ADIANTUM TEiNERUM FARLEYENSE, mooke. ADIANTE DE FARLEY. P'OUGÈRES. ÉTYMOLOGIE : de a'Jtiivrc..:, non mouillé, allusion â Ja surlace des feuilles qui reste sèche quand on la trempe dans l'eau. CARACTÈRES GÉNÉRIQUES : sporangia apicibus venaruni discretis, in recepta- citlum lineare v. punctiforme intumescentibus imposita, in soros marginales disposita. Indusia margini frondis continua, receptaculo adnata, introrsuni libéra. — Filices caudice herbaceo, plerumque repente, frondibus compositis supra decompositisve, rarissime simplicibus, tenerrimis vel coriaceis, nitidis, in tropicis utriusque orbis-, imprimis tamen in novo continente copioste, in temperatis rara?. Adiantum. Linn. Gen. plant. 1180. CARACTÈRES SPÉCIFIQUES : Frondes pinnat^e ; pinnulœ petiolatcc submembra- nacefe glaueo-virides rhomboïdeœ basi inasqualiter annulai», marginibus lobatis (sterilibus laciniatissimis), lobis insequalil)us retusis sorifei-is ; sori numerosiores approximati ; invo- Zî'crtew oblongum reuiforme; rhachis ebenacens micans glabernmus. Adiantnm tenerum, Swarz, fl. Ind. oc. III, 1719. CARACTERES DE LA VARIÉTÉ : a specie differt foliorum primulis majoribus, dimorphis, sterilibus margine dichotomo laciniatis linibriatis liand serrulatis, fertilibus contractis. — E Barbados insulà (India occidentali) in Angliam misit Briggs anno 18G4. Adiantum Farleijense, Moore, Journ. Roy. Ilort. Soc. Lond., I, 82. Lorsque, pour la première lois, nous avons vu cette ravissante Fougère exposée à South Kensington en 1866, elle nous frappa comme tous les ama- teurs par sa beauté, sa verdure délicate, comme maladive, retombant en cascades légères de feuillage supportées par des fils d'un noir d'ébène. M. Moore, le savant ptéridologue anglais, crut devoir créer en sa faveur une espèce nouvelle. Mais il y a tout lieu de croire qu'on doit la considérer comme une variété, très- distincte sans doute, mais seulement une variété de \ Adiantum tenerum. MM. Hooker fils et Baker, dans leur Si/nopsis f'di- cum, ne la décrivent pas autrement. On doit l'introduction de cette charmante plante à M. Hill, de Londres, qui la reçut des Barbades, par les soins de M. Briggs, à la résidence de qui elle a pris naissance. Cette propriété s'appelant Farley Hill, de là vient le nom de la plante. L'exemplaire exposé en 1865, à Londres, pour la première fois, était dû à M. Green, jardinier du colonel Miles, de Burton Hall, à qui M. Briggs l'avait donné. M. Moore, tout en maintenant le nom qu'il a donné à cette fougère, avoue qu'elle peut être une variété, ou mieux un hybride entre les A. tenerum et trapezi forme, de par sa ressemblance avec ces deux espèces. Nous n'en serions pas surpris. D'un autre côté, M. W. Bull, de Londres, à qui nous en ^'^^ parlions récemment, pense que la plante rentrerait dans l'A. scutum. Il fonde cette opinion sur ce que des semis qu'il a faits de l'A. Farleyense lui ont donné des plantes qui ont reproduit identiquement l'A. scutwn. Nous citons son avis comme important sur la question, et engageons les horticul- teurs à semer avec soin les graines, quand les frondes fertiles de leurs A.J^ar- leyevse, qui se montrent, seulement sur les plantes fortes, viendront à matu- rité. Les frondes de l'A. Farlei/ense sont subdécomposées, les pinnules mem- braneuses parcli(>niinées, légèrement glauques dessous, rhomboïdales, les terminales cunéiformes à la base, celles des frondes stériles largement dila- tées rhomboïdales, le bord postérieur recourbé en faulx, l'antérieur profon dément lobé, les lobes à lacinies dichotomes avec des segments entiers ; les pinnules des frondes fertiles plus petites, rhomboïdales oblongues, légère- ment lobées; les sores pressées, oblongues, au sommet des lobes, l'indusie entière; les stipes et rachis d'un beau noir d'ébène. La plante atteint r/) centimètres de hauteur, et prend le port d'un saule pleureur. Serre chaude. En. André. NOTES POUR LE POTAGER -FRUITIER. Trois pommes nouveUes. — M. Charles Downing, le célèbre poraologiste américain, après avoir fait connaître dans VAtnerican agriculturist trois excellents fruits, revient à la charge pour les recommander; ce sont les pommes : MiLO (synon : the doctor), obtenue par M. Jonathan Bailey. de Milo, Etat de New-York. Arbre très-fort, dressé, très-fertile chaque année; fruit de septembre-octobre, moyen ou gros, peau blanchâtre, ombrée, vergetée, frappée de rouge foncé et peu ponctuée de taches à centre brun; pédoncule petit, court, dans une large cavité, calice demi ouvert, à segments courts, dressés, à pointe un peu recourbée; base large, profonde, un peu rugueuse ; chair très-blanche, tendre, juteuse, vineuse, légèrement acide, première qualité. LoRU SuFFiELD. Variété anglaise, mûrissant en septembre, précieuse pour le marché. Arbre vigoureux, étalé, fertile; fruit gros, arrondi, légèrement conique, obscurément "rubané, peau jaune pâle, ombrée de rouge au soleil, avec des points gris ; pédoncule petit et court, cavité inégale; calice fermé, à segments courts, aigus; chair blanche, ferme, juteuse, subacide. Somerset. Supposée originaire de Somerset, Niagara, État de New -York. Spécimens envoyés par M. Hoog, de Lockport. Fruit délicieux de septembre-octobre, .\rbre vigou- l'eux et très-productif; fruit au-dessous de la moyenne, arrondi conique ; peau jaune pâle, ponctuée et striée de brun; pédoncule grêle, souvent avec des bractées insérées dans une cavité de grandeur moyenne ; calice fermé, à segments longs, étroits, un peu recourbés ; chair blanche, tendre, juteuse, à parfum aromatique, excellente qualité. Nul doute que les pépiniéristes de Belgique et de France se mettent bientôt à cultiver ces trois fruits. Bois.\rd. — (36 — PLANTES NOUVELLES OU RARES. Introduit des îles de l'Archipel du Sud par M. John Gould Veitch. Superbe plante courte, trapue, robuste; à feuilles ramassées, horizontales, à forts pétioles canaliculés; à limbe largement ovale obtus raucroné; d'un beau vert noir, taché ou strié de bandes blanc pur, surtout à la base. Magnifique nouveauté. CLEMATIS JOHN GOULD VEITCH. Admirable variété de la Glematis patens, à fleurs Pf f^''^ " '^™';''1\*' à pétales régulièrement disposés en couronne. La plante a ete decouv te au Japon et importée par M. John Goukl Veitch, le voyageur s, -guette et s fécond en belles découvertes. La nuance des fleurs est d un beau bleu tendre , elles sont très-pleines, surtout au commencement de leur epanouissement.- Pknte de plein air sous le climat de Bruxelles et de Pans. Les Clématites à gr.andes fleurs sont des plantes précieuses et encoie trop l)eu employées pour la décoration des jardins. Les semis relativement récents qui en ont été faits par M. Jackman, de Woking (Angleterre), et MM. Simon Louis, de Metz, ont montré une fertilité de nuances des plus remarquables. On y trouve depuis le bleu d'azur et le gros bleu, jusqu'au pourpre violet et au blanc. Une nouvelle variété à fleurs très-doubles, nommée Lucie Lemoine et obtenue par M. V. Lemoine, de Nancy, dépasse en beauté toutes les ana- logues à fleurs blanches, et nous sommes convaincu que dans quelques années elle sera dans tous les jardins. Chez M. Jackman, à Woking, on emploie ces Clématites grandiflores, dont quelques-unes mesurent jusqu'à 15 centimètres de diamètre, de la façon la plus intelligente et la plus variée. — Ainsi nous en avons vus formant de légères colonnes d'azur et de poupre se détachant sur le vert des pelouses ; d'autres sont en guirlandes régulières ou en corbeilles appliquées et palissées sur le sol ; d'autres enfin, les nouveautés surtout, les pieds mères, sont atta- chés sur des petites armatures de fer fixées dans de grands pots et qui se couvrent de milliers de larges fleurs. L'eftét de cette décoration de Clématites est merveilleux. La culture en est très-simple : plein air, de la terre de bruyère dans le jeune âge, avec mélange de sable d'alluvion au sol du jardin, s'il se peut. Les terrains calcaires leur sont généralement nuisibles. Dans notre terrain de sable et de sol argileux, nous les cultivons avec succès. E. A. LE JARDIN POTAGER ET FRUITIER. LES ENGRAIS-COMPOSTS. " Le fumier est la graisse de la terre, » a-t-on dit avec raison. C'est le nerf de la culture et le secret du succès, aussi bien aux champs qu'au jardin. Sa préparation bien entendue est donc d'une importance extrême et de son abondante distribution dépend la luxuriance des plantes qui sont la joie de nos yeux et l'approvisionnement de nos tables. Cependant on ne s'en inquiète guère. Quelques brouettées de fumier de cheval ou de vache dans le potager, du terreau de couches ou de feuilles pour les plantes de serre ou les fleurs du parterre, on ne sort pas de là. C'est un grand tort. Nous n'envisageons ainsi qu'un des mille moyens mis à notre disposition à chaque pas et à peu de frais pour " engraisser « notre sol. Le même reproche que l'on fait aux habitants des campagnes, de laisser perdre plus d'engrais qu'ils n'en emploient, pourrait s'appliquer mieux encore aux jardiniers. Pour ne parler que de la culture d'ornement, je trouve presque partout un vice radical. Pour moi, une plante n'est belle que dans son plein dévelop- pement, je dirai dans une végétation exagérée. A quoi servent des collec- tions d'êtres maladifs innombrables? Ne vaudrait-il pas mieux quelques — (■)'.) — plantes seulement, mais dans leur pleine vigueur? Je préfère un beau pied d'artichaut au riche feuillage découpé, à la plus rare bruyère sans fleurs et à un palmier au feuillage jaune. A mon sens, pour répandre le goût de l'horti- culture, la rendre séduisante, la démocratiser, si je puis employer un mot auquel s'attachent maintenant des sens bien divers, sinon toujours sympa- thiques, — il faudrait réduire l'étendue des cultures jardiniques et les soigner davantage. 11 faudrait, comme en Angleterre, que les amateurs vou- lussent se spécialiser, et consentir à bien faire une chose plutôt que d'en faire dix mal. J'ai vu en Angleterre des amateurs, à 'la bourse modeste cependant, cultiver dans leur serre î;2??^^ plantes smilement. Ma-is ces vingt spécimens, soignés avec amour, choisis dans les plantes de premier ordre difficiles à cultiver pour le vulgaire, étaient d'une merveilleuse beauté et gagnaient aux expositions des prix dont le montant en argent était supé- rieur à leur valeur vénale. Au bout de quelques années, on les vendait ou on les échangeait pour d'autres raretés, également bien traitées, et l'on faisait produire ainsi à de charmantes espèces leur summum de beauté, inconnue des entasseurs de plantes, marchands de bric à brac horticoles sans s'en douter. Mais revenons à nos composts. — Pour obtenir le riche développement que j'ambitionne pour tout jardin, il n'y a qu'à préparer de longue main ses engrais. Avec les moyens les plus simples on arrivera à des résultats extra- ordinaires. N'ouvrez pas les traités de chimie appliquée à l'agriculture, laissez vos livres sur leur rayon et les professeurs à leur auditoire crédule et bénévole, et suivez les conseils qui suivent. Je n'en tire point vanité; ils ne sont point de moi, ils sont glanés un peu partout et je ne les donne que pour les avoir expérimentés d'après les avis de praticiens éclairés. Après la chute des feuilles, ramassez toute la dépouille de vos arbres, cou- pez les plantes herbacées, les derniers regains de vos gazons, les menus branchages provenant des élagages ou de la taille des arbustes, la mousse des vieilles pelouses, les coupes d'ajoncs, de bruyères ; recueillez, si vous en manquez, les feuilles des bois d'alentour ou les débris du jardin de votre voisin, moins bien avisé que vous, et faites-en un tas aussi volumineux que possible dans un coin de votre enclos. Puis ouvrez une fosse profonde de 1"\ large en proportion de ce que vous avez à y faire entrer et faites votre compost de la manière suivante : un lit de terre de 10 centimètres, 15 centi- mètres de feuilles, etc., bien pilées et le tout recouvert d'une couche de sang de bœuf, de porc, etc., liquide, que vous obtiendrez facilement, et à peu près pour rien, de votre boucher; un second lit de terre et de feuilles, puis de sang, et ainsi de suite jusqu'à ce que vous ayez comblé l'excavation, que vous recouvrez alors d'une couche de terre plus épaisse que les autres. Six mois après, c'est-à-dire au printemps, vous viderez la fosse et mélan- gerez le tout à la pelle par plusieurs fois. Si vous additionnerez d'un sixième de ce compost votre terre à rempotages, surtout pour les plantes molles, Pelargonium, Fuchsias, Ageratum, Cinéraires, Calcéolaires, etc , vous obtiendrez une vigueur extraordinaire. M. Lierval, habile horticulteur à Paris, obtenait avec cette composition des Pelargoniums à grandes fleurs dont le diamètre total atteignait en deux ans plus d'un mètre. Nous l'avons — TU — employé nous-mème au fleuriste à la muette, pendant cinq ans, avec le plus grand succès. Le mêmn substance, le sang séché, mais sans mélange d'aucun corps étranger, nous a produit la plus brillante végétation, même sur la plupart des plantes de serre chaude. La proportion de l'engrais, réduit en poudre après un an de décomposition, était de 1 litre par 100 litres d'eau. Un arrosage matin et soir avec ce liquide sur les plantes qui auraient paru le plus contraires à ce genre de traitement, fougères, Eranthemiim, Gymnos- tachyum, etc., nous donnait des plantes d'un développement merveilleux. Le guano, très-bon dans certains cas, est trop difficile à doser exactement, non-seulement à l'état pur, mais surtout quand il est adultéré par le com- merce, ce qui est très-souvent le cas. Pour les plantes isolées à feuillage ornemental, ou comme paillis sur les plates-bandes de fleurs, nous recommandons de se servir du compost suivant : feuilles, paille ou foin de litière, curures de fossés, balayures de routes, mottes de gazon, boues de mares, déchets de cuisine, fumier, cendres, eaux de cuisine, rameaux de genêt, bruyères, fougères, détritus de toute espèce que l'on dispose par lits dans une fosse et que l'on arrose avec des eaux de fosses d'aisances. Ce mélange, au bout d'un an, est d'une énergie extrême, et nous ne conseillons de l'employer que comme couverture sur le sol qui entoure les plantes. Au point de vue agricole, il y aurait lieu de s'étendre bien davantage sur cette question des composts hétérogènes et d'en recommander l'emploi sui- vant les différentes cultures. Disons cependant qu'il en est de même en hor- ticulture et qu'en ne laissant rien perdre des substances que nous venons d'indiquer, on parviendrait en peu de temps à entretenir une rare fertilité dans les jardins. Ajoutons quelques autres moyens de faire des composts. En Bourgogne, on ramasse des tas de terre, pris dans la rue ou dans les cours, on y mêle des fumiers, des balayures, de la colornbine de volaille, et on les entasse pour le jardin où ils forment un excellent engrais. Les boues de villes, surtout des villes populeuses et malpropres, sont excellentes, comme chacun sait, et les Anglais les prisent beaucoup pour les plates-bandes qui bordent leurs serres à vignes, surtout quand il s'y mélange des coquilles d'huîtres, qui contiennent du phosphate de chaux en quantité. En Angleterre, en Irlande, dans la Campine en Belgique, on défonce de temps en temps, dans les bergeries, le sol saturé des égouts du fumier sur une profondeur d'un pied ou deux, et on le remplace par un sol neuf qui sera bientôt enlevé comme le premier, quand il sera à point, pour être porté sur les champs et les prés. Cette opération est repétée à tous les curages des étables, et rien n'est meilleur que ces substances pour conduire sur les prés après la première coupe et pour assurer le seconde. On l'emploierait avec grand succès pour les gazons pauvres dans les terrains secs de nos parcs grands et petits. Un compost excellent pour les pommes de terre et généralement les pour cul- tures potagères, surtout dans les terrains sablonneux, est celui-ci: mauvaises herbes, gazons, cendres de tourbe, matières fécales, fumier de vache très- pourri et curures de fossés. On prépare le tout en plein air, en monceau qui présente la forme d'un toit, pour empêcher les eaux pluviales de pénétrer à l'intérieur ; on le retourne plusieurs fois avec la fourche de fer, et au bout d'un an on le conduit sur les champs. Pour les terrains forts, on peut ajouter des débris de genêts, branchages, fumier long et substances en général propres à soulever et aérer la terre, ce qui convient spécialement aux pommes de terre. Dans quelques fermes, on répand tous les déchets dont je viens de parler dans une mare spéciale près le fumier, afin que le bétail passe dessus, que le purin les décompose par dessous, et qu'ils soient propres à être employés au bout de quelques mois. Les racines comme la betterave, carotte, navet, se trouvent bien d'un mélange de fumier, débris de pulpe des distilleries d'eau de-vie et de sucre, cendres de houille, débris de défécation, etc. Si l'on mélange les boues de mares après un repos d'une année, lit par lit avec un dixième de chaux, on obtient pour les légumes -racines un très-bon engrais, ainsi que pour les choux. Les boues de rues, le fumier et la marne combinés forment encore de pré- cieux mélanges pour couverture sur les légumes divers, dans les terres sili- ceuses ou granitiques surtout. De l'eau de chaux répandue à plusieurs reprises sur des gazons de prairies marécageuses et couvertes de joncs improductifs produit de très-bons résul- tats dans des terrains primitifs, principalement sur les cultures de légumi- neuses. M. Dejenson a rapporté que dans l'Armagnac on mêle de la feuille, des herbes, de l'ajonc avec de la marne et de la chaux, ce qui constitue un excel- lent engrais pour la vigne. Si l'on pouvait y ajouter du marc de raisin, des cendres de bois, de la terre, du sarment haché, des chiffons de laine et des résidus de manufactures de draps, avec du fumier de vache décomposé, le tout arrosé avec de l'eau de lessive, on aurait un compost incomparable pour la vigne, grande ou petite culture, au dire de M. P. Joigneaux. Nous le croyons sans peine. Enfin, un mélange général de tout ou partie des objets suivants forme un compost incomparable pour presque toute sorte de cultures : prenez de la terre argileuse, disposez-là en bassin ouvert, rempli de matières fécales mé- langées à la même terre ; mêlez y des herbes, cendres d'os brûlés au foyer, déchets de viande de boucherie, plumes' jetées, débris animaux de toute espèce, urines, fruits gâtés, curures de poulailler, de lapineries, eaux de savon, de lessive, balles d'avoine, plantes marines, coquilles de mer, sel, débris de malt, sable coquillier, etc. ; attendez quatre ou cinq mois de dé- composition, et employez seulement en couverture, si vous ne voulez pas brûler vos plantes, qui partiront avec une vigueur extrême sous un pareil stimulant, pour la plupart des espèces. Ajoutons en dernier lieu que la tannée vieille, depuis longtemps sortie des fosses ou des couches de culture, et répandue comme paillis sur les plates-bandes de fleurs, le pied des plantes isolées, des arbres fruitiers, des espaliers, est en même temps un amendement, un engrais, un paillis parfait et un médium excellent pour donner passage aux arrosements d'engrais liquides. Rien ne lui est comparable pour les terrains brûlants, et si l'on en met de six à huit centimètres d'épaisseur, on entretient tout l'été une fraî- cheur qui détermine une luxuriante végétation. Ou voit, par le rapide exposé ci- dessus, qu'on laisse perdre des trésors en ne recueillant pas avec un soin extrême ce fumier naturel et économique au premier chef que toute maison fournit abondamment. Nous voudrions réussir à appeler fortement l'attention sur un sujet aussi intéressant, dont l'importance se devine à première vue, et que l'incurie seule, l'apathie la plus condamnable empêchent de prendre en sérieuse considération. Ed. André. HORTICULTURE D'ORNEMENT. ARDINET DE VILLE EN ANGLETERRE. Dans la ville manufacturière de Leeds, en Angleterre, on trouve, au Queen's hôtel, qui touche la gare, un jardinet de forme régulière assez joli et bien approprié à la situation. Le long du bàiiment principal de l'hôtel J est uise plate-baude de Rhodo- dendrons A qui couvrent le pied des murs nus jusqu'à hauteur du cordon inférieur des fenêtres. Devant ce piédestal de verdure sombre est une double ligne d'autres arbustes à feuilles persistantes plus nains B : Aucuba, Ma- honia, Berheris dulcis, Skimmia, Dapline fjontica, Erica, Cotoneaster buxifolia, etc., mélangés de plantes vivaces formant une bordure mêlée. Un massif analogue, mais avec quelques conifères : Tliuia, Biota, Cedrus deodara, etc., occupe chaque extrémité de la pelouse K, comprise entre les deux sentiers bitumés CC. Sur cette pelouse plate, sont des fleurs en cor- beille bombée à compartiments : GG- formant des massifs de Peln'rgonium multicolores, et le milieu H occupé par des Achyranthes et Centaurea gymnocarpa entourant le piédestal d'une statue. Deux autres petites cor- beilles FF se composent de Coleiis bordés de Centaurea cayulidissima. En DD, sont quatre Tritoma iuedia, et aux extrémités arrondies de la pelouse se trouvent deux vases Médicis contenant des Pelargo7iiiim hede- rœfolium avec un Yucca au centre. Ce petit jardin, tenu d'une façon irréprochable, peut être cité comme modèle dans des positions analogues auprès d'un vaste bâtiment dans l'inté- rieur d'une ville. .. Ed. a BIBLIOGRAPHIE. Les Mélastomacées, par M. José Tria.xa. — Cette vaste famille vient d'être enfin l'objet d'un travail digne de sa richesse en espèces et des diffi- cultés qu'elle présentait aux botanistes, même exercés, qui s'en sont occupés. Déjà bien connu par les travaux importants qu'il a faits sur la Flore des États-Unis de Colombie et notamment sur les Guttifères, en collaboration avec M. Planclion, M. Triana vient de publier une monographie complète des Mélastomacées. Nous avons sous les yeux le beau volume in-4", extrait des Transactions o/' tlie Linnean Society of London,\. XXVIII, et dont cinquante exemplaires seulement ont été tirés à part. Les Mélastomacées forment une des plus vastes familles du règne végétal. Du temps de Linné et même jusqu'à Bonpland, un petit nombre de genres renfermait les espèces connues ; aujourd'hui plus de 200 genres et des mil- liers d'espèces ont été publiés. Successivement Don, De Candolle et enfin M. Naudin, avaient soigneusement étudié cette famille. La monographie de M. Naudin, œuvre longuement et savamment élaborée, écrite dans un latin très-pur et souvent éloquent, notamment la préface où sont inscrites des lignes touchantes sur l'infirmité qui a frappé dans sa vigueur un homme de si grand talent, la monographie de M. Naudin faisait foi jusqu'ici en matière scientifique. Mais outre que, depuis une quinzaine d'années, une forte quan- tité de Mélastomacées d'une grande beauté ont pénétré dans nos serres, à l'époque même où M. Naudin écrivait, ce savant n'avait à sa disposition que les collections du Muséum et de l'herbier Delessert. Des lacunes devaient forcément se trouver dans un travail où d'ailleurs toutes les descriptions sont excellentes et les éléments coordonnées avec un rare esprit de synthèse. Déjà M. Triana, en étudiant les Mélastomacées de la Nouvelle-Grenade, avait été porté à étudier l'ensemble de cette belle famille; il en avait même fait l'objet d'une communication au congrès botanique d'Amsterdam en 1865. Approuvé par MM. Hooker et Bentham, qui s'en servirent pour leur nouveau Gênera plaiitaritm, ce travail fut repris par M. Triana et c'est son dévelop- pement complet qu'il nous présente aujourd'hui. A ses herborisations et — 74 — recherches personnelles dans son pays, M. Triana a pu ajouter les investi- gations les plus minutieuses dans les herbiers du Muséum de Paris, de la Société linnéenne de Londres, de Martius, de Munich, de Kew, de Vienne, de Berlin, de Copenhague, de L. Claude et d'Ach. Richard, de Franqueville, de MM. Delessert, de Candolle, Boissier, Schimper, Lenormant, etc. Presque tous les auteurs qui se sont occupés de cette difficile famille ont tiré leurs caractères primordiaux de classification de la forme et de la déhiscence des anthères, notamment M. Naudin. M. Triana pense autre- ment. Reprenant une idée que M. Decaisne avait déjà émise, il prend pour base de sa classification la placentatio7i et divise la famille en trois groupes : LesMélasiomacées pt^oprement dites, placenta gagnant l'axe des ovaires, se repliant et s'élargissant dans chaque loge, et portant de nombreux ovules ; Les Astroniées, placenta limité aux parois des loges, éloigné de l'axe, nombreux ovules ; Les Mouviriées et Memécylées, placenta au centre d'une loge unique, ou divisé en cloisons, ovules définis, graines à cotylédons charnus. Dans son introduction très-élaborée sur l'organographie de ces plantes, M. Triana se livre à des remarques critiques sur un certain nombre des 134 genres qu'il a adoptés sur plus de 200 décrits avant lui, et ses observa- tions portent surtout (il faut les lire) sur les Acisanthera, Ern&stia, Arthrostemma, Heeria, Pterolepis, Pleroma, Brachyotum, Chœtoîepis, Aciotis, Centronia, Aœinœa, Meriania, Adelobotrys, Graffenrieda , Cli- demia, Oœymeris, Saqrœa, Ossaea, Octopleura, Calophysa, Bellucia, Naudinia, Kibessia, Rectomitra et Pternandra. Des dessins très-exacts de l'auteur ont été reproduits par l'habile crayon de Fitchet forment 7 belles planches dorganographie au trait, dont M. Triana nous a récemment exposé la composition graduée. Nous devons dire, à propos de cet examen rapide, que nous n'avons pas trouvé dans cette monographie, de l'aveu de M. Triana lui-même, les admi- rables plantes dont nous avons déjà parlé dans ce recueil et qui ont été envoyées de la Nouvelle -Grenade à M. Linden, où nous les avons vues se développer sans qu'elles aient encore fleuri. En résumé, le livre de M. Triana, rédigé en latin pour la partie descrip- tive, en français pour l'introduction et les notes critiques, est une œuvre considérable, vraiment digne d'admiration. C'est un grand service rendu à la botanique et nous ne sommes pas surpris que la Société d'histoire naturelle de Genève lui ait décerné le prix quinquennal fondé par A. -P. De Candolle, pour la meilleure monographie d'un genre- ou d'une famille de plantes. Ed. André. MELANGES. DE L EMBALLAGE DES PLANTES {SlcUe) . J'ai dit, sinon tout, du moins ce qu'il y a d'important pour l'emballage en caisse. Il me reste à faire connaître approximativement le prix de revient de ce genre d'emballage. Je prendrai pour type la caisse de 2 mètres de longueur sur 0"',70 carrés et cubant 0'",98, en chiffres ronds 1 mètre, et il sera facile d'après cette base d'établir le prix d'une caisse quelconque. Dans une caisse de cette dimension, il entre 6'", 60 carrés de bois blanc, ayant 0'",012 d'épaisseur à 2 fr. le mètre carré, tout posé soit . fr. 13 20 (Dans ce prix sont compris les 16 barres de chêne formant la char- pente de la caisse et qui valent fr. 0.05 pièce. Pour clouer le couvercle de la caisse, il entre environ 1 kilogr. de pointes de Paris, soit « 70 16 cornières aux encoignures et sur les barres du milieu, qui avec les pointes valent fr. 0.10 pièce 1 60 Total. . fr. 15 50 Total fr. 15.50 pour la caisse proprement dite. A ce chiffre il convient d'ajouter la quantité de mousse qu'on a employée dans l'intérieur de la caisse, les traverses de bois qui retiennent chaque rang de mottes, la ficelle, etc., soit fr. 2.50 au minimum pour ces di\ers objets, ce qui nous donne un total de 18 fr. pour une caisse neuve cubant 1 mètre. EMBALLAGE EN PANIERS. Ces emballages peuvent se diviser en trois genres : Les paniers creux, les plats et les longs ou mannes. Les plantes destinées à être mises en panier doivent préalablement être moussées ou mises dans une enveloppe de paille appelée ici soleil, k cause de sa forme. Les branches doivent être serrées les unes contre les autres, afin d'en diminuer le volume. Les paniers creux ont une hauteur qui varie généralement entre 0"\60 et 0'",80 ; leur largeur est proportionnée à leur hauteur et leur forme est celle d'un tronc de cône renversé. Il est très-important que le fond du panier soit bien conditionné et solidement fixé aux bords. Les fonds dits à rosace sont les meilleurs. Pour emballer dans un panier creux, l'ouvrier doit d'abord jeter à l'inté- rieur une certaine quantité de paille ou de foin, de façon à éviter autant que possible l'action desséchante de l'air sur les plantes, ce qui est le principal inconvénient de l'emballage en panier. 11 doit ensuite examiner toutes ses plantes et placer celles dont les tiges sont les plus longues au fond du panier en ayant soin d'aller du centre à la circonférence et de réserver les plantes les plus courtes pour la fin. Autant que possible un panier doit être bien rempli afin d'empêcher le ballottement; mais le dernier de rang de mottes ne doit pas dépasser de plus de 0"',20 le bord du panier. Toutes les plantes étant placées, on passe une ficelle sur le dernier rang et on reserre avec un lien de paille toutes les tiges les unes contre les autres. On enfonce ensuite à distances égales entre les diverses couches d'osier du panier 6 ou 8 tuteurs que l'on réunit en faisceau à la partie supérieure de la pyramide formée par les plantes. On fixe ces tuteurs entre eux par une forte ficelle et on introduit alors au milieu du faisceau un coin de bois long de 15 à 20 centimètres. Cette dernière précaution est essentielle. Elle a pour but de faire tendre la corde qui réunit les tuteurs et d'éviter ainsi leur écartement. Toutes ces opérations terminées, le panier est fait. Pour le consolider, on relie entre eux, par deux ou trois cordons placés à distances à peu près égales, les tuteurs formant la cage du panier, et si ce dernier doit supporter un long trajet, on le recouvre soit d'une natte, soit de paille de seigle ou autre matière offrant un peu de résistance et susceptible de protéger le panier contre les coups et les intempéries. Ce que j'ai dit pour les paniers creux s'applique en tous points aux pa- niers plats, qui sont employés pour l'emballage des plantes à tiges courtes et dont il serait difficile de superposer les mottes sans briser les branches. Quant aux paniers longs ou mannes, ils doivent, à mon avis, être exclusive- ment réservés pour les jeunes plantes sans mottes. L'emballage consiste à placer par couches, comme dans les caisses, les plants que l'on a à y mettre. Le panier, une fois plein, est recouvert avec de la paille qui protège le contenu du panier et est fixée sur celui-ci par de la corde ou des osiers. L'emballage en panier exige encore divers détails que la pratique seule peut indiquer et qu'il est impossible de donner dans un cadre aussi restreint qu'est le nôtre. Mais un ouvrier intelligent peut facilement y suppléer. Quant aux prix de ces emballages, ils varient à l'infini suivant la grandeur et la façon des paniers. Le tableau ci-joint donne le résumé des prix de revient des paniers les plus employés. Paniers de 0'",55 de diamètre a la base sur U"',8U de hauteur, pi-ix : fr. 1 5U. 0'",45 •• •• 0>",70 " 1 00. 0"',35 '• " 0"',30 '• 60. 0'",25 '• ' " 0"',-i5 '• 40. A ces prix, il convient d'ajouter les montants en bois, la ficelle, la paille qui recouvre les paniers, la mousse, etc. ; soit fr. L50 au moins de menus objets pour les paniers de 0"',55 sur 0'",80 (dits creux), ce qui donne comme total 3 fr. pour les paniers de cette dimension. D'après ce prix, il sera facile d'établir les prix de revient des paniers de diverses dimensions. Louis Leroy, horticulteur à Angers (France). CHKONIQUE HORTICOLE. Les froids de décembre 1871. — Dans notre indication sommaire des ravages exercés par le froid extraordinaire du 8-9 décembre dernier, nous n'avons pu relatei' tous les faits qui se rapportent à cet étrange phénomène. On nous a dit depuis que le thermomètre était descendu aux points in- croyables de 27,29 et même 31 degrés sous zéro. Ces chiffres dépassent telle- ment tout ce que nous connaissons de la météorologie de nos climats, que nous ne savons si nous devons y ajouter foi, malgré l'honorabilité des sources. Ce qui est certain, c'est qu'à Paris nous avons constaté dernièrement de graves pertes, notamment au Muséum, et en même temps remarqué la rusti- cité inattendue de certains végétaux. Ainsi, à Bruxelles (où le thermomètre est descendu ù — 21" et non à — 12° comme l'avait déclaré M. Delaunay à l'Institut), les Evonymus radicans foliis variegatis n'ont pas reçu la moindre atteinte, et il en a été de même à Paris, Dans l'école de botanique du Muséum, ont été épai'gnés les Hype^-icuni calycinwn dont nous avons vu ailleurs les feuilles gelées ; YHelianthemum pilosion, petite plante vivace à feuilles argentées ressemblant assez à celles de Y Andromeda 'polifolia, et qui serait excellente pour garnir les rocailles à cause de cette remarquable rusticité. Les Opuntia, non-seulement le Ea- fmesciuiana de l'Amérique du Nord, mais l'O. Ficus Indica ont résisté à cette terrible dépression de température, et c'est à peine si leurs articles ont été ridés momentanément. A côté d'eux, les lierres qui tapissent une cabane aux outils ont toutes leurs feuilles gelées, comme partout cette plante à Paris, du reste. Les saxifrages alpestres sont plus vertes que jamais sur leurs rocailles, et aussi les Seduni, malgré leurs feuilles charnues. Parmi les Mahonias, nous avons remarqué que le M. aquifolium et le repens, qui paraît n'en être qu'une variété, ont beaucoup plus souffert que le M.interniedia, et que tous ont été plus éprouvés dans les villes qu'au de- hors. La plupart des Berheris exotiques ont péri, beaucoup même jusqu'à la racine. Nous citerons les B. actinacantJia, du Chili, B. elegans, empetri- folia, didcis, glauca, Watlichiana et le magnifique macrophylla. Les espèces à feuilles caduques ont beaucoup moins souffert. Les Houx, surtout les Itex Tarajo et macrophylla sont fortement atta- qués, tandis qu'un petit arbrisseau qui semblait ne résister qu'à Angers ou dans l'Ouest, le Prinos glaber, est plus vert que jamais. Les arbousiers sont détruits, et les Azalea ledifolia n'ont que leurs feuilles perdues. Les andro- raèdes ont vécu, pour la plupart. A notre grande surprise, le Pldomis fridicosa a été relativement épar- gné. Les Bignonia capreolata, Buisson ardent, Magnolia glauques, lauriers- tins, chênes verts, Yucca fleœilis, et autres, les Triloma, Garrya, Au- cuba, Genêts divers, Rhamnus , Fhotinia, Magnolia grandifîora et TOME XIX. 15 MARS 1872. ^ beaucoup d'autres espèces à feuilles persistantes ont été très-rudement éprouvées et plusieurs autres n'en reviendront pas. Nous ne pouvons fournir une liste complète. Mais déjà celle-ci servira à rendre les horticulteurs et amateurs des régions dévastées par ce froid plus circonspects dans la plantation des espèces qui sont susceptibles d'être dé- truites par des hivers rigoureux, quelque exceptionnels qu'ils soient. L'Astrapaea Wallichii. — Nous avons reçu de M. Alph. de la Devan- saje, amateur d'horticulture, à Noyant (Maine-et-Loire) la lettre suivante : " J'ai relu dernièrement avec beaucoup d'intérêt l'article que vous avez publié en 18G5, dans la Revue hoi-ticole, sur la floraison de YAsi7ripcea Wallichii. Je cultive depuis plu- sieurs années ce magnifique végétal, mais sans succès au point de vue de la floraison. J'ai vu cependant, il y a deux ans, cet arbuste en fleurs, chez M. Lierval, horticulteur à Neuilly; il eut même l'amabilité de m'offrir une fleur qui s'est conservée plus de huit jours dans un vase plein d'eau. C'était en plein été (juin-juillet) Je possède deux exemplaires de cette plante; l'un a«sez fort, provenant de chez M. Lierval, l'autre moins fort, obtenu dans mes cultures par boutures. Le vieux pied n'a jamais fleuri, rjiais ma petite bouture me donne des espérances et montre des boutons. Nous pourrons juger si le milieu dans lequel est la plante a de l'influence sur la floraison. La bouture est en serre chaude, le pied mère en serre tempérée. « Permettez -moi, monsieur, avant de terminer ma lettre, de vous adresser une question : avez-vous observé, durant votre longue pratique à la ville de Paris, que les Bananiers {Musa Ensele, sinensis et paradisiaca) faisaient développer sur les palmiers qui étaient sous leur ombre une espèce de maladie que j'appelle le noir, et qui me pai'aît être un champignon produisant sui- les feuilles de ces végétaux l'efïet du l'oïdium sur la vigne? Agréez..., etc., A. DE LA DeVA.XS.VYE. En ce qui concerne la floraison de XAstrapœa, l'article auquel il est fait ci-dessus allusion avait été publié par nous Œev. hort., 1865, p 72) à l'occasion de la floraison simultanée, pour ainsi dire sympathique, des plantes mères et des boutures provenant de ces plantes que nous cultivions alors au fleuriste delà Muette. Nous avions signalé le fait en disant que les boutures que nous avions coupées Tannée d'avant portaient en germe les boutons à fleurs qui s'étaient développés en même temps que ceux des pieds mères. Il n'y a rien là d'étonnant, mais ce bouturage des extrémités de plantes qui ne fleurissent pas avant d'avoir pris un grand développement est à encourager pour obtenir des pieds nains et bien fleuris d'espèces peu floribondes par nature. C'est un procédé analogue que l'on emploie, par exemple, lorsqu'on greffe des Rhododendrons boutonnés sur de jeunes sujets pour les faire fleurir la même année. Quant à la seconde question, nous ignorons si l'ombrage des Bananiers fait développer sur les Palmiers le noir qui parait à M. de la Devansaye un cryptogame microscopique, mais nous avons souvent observé sur ces plantes, soit les houppes floconneuses d'un Champignon du genre Erysiphe, soit les pustules du Cliermes jjalmarian, soit encore les taches (souvent noires) produites par une autre cocheniUe qui a été provisoirement nommée Coccus Laiamœi)arMM. Signoret et Boisduval. A laquelle de ces affections morbides, causes ou eff^ets , notre correspondant fait-il allusion? Nous ne saurions le dire et dans tous les cas, iious savons que le danger est vite écarté par des brossages à l'alcool, une culture soignée et la sortie des plantes l'été à l'air libre. Toutefois, nous demandons à nos lecteurs de vouloir bien nous dire ce qu'ils ont pu ol)server dans ce sens. Le Calathea Lindeni. — Dans le numéro de novembre 1871 (page 211) de Xlllustration li07'ticole, nous avons publié une planche double et une notice sur cette belle plante introduite chez M. Linden. Nous ignorions que déjà M. Ed. Morren dans lo. Belgique horlicole (1871, numéro de janvier) et M. Regel dans le Gmienfiora, avaient donné des documents historiques et descriptifs sur cette espèce et nous nous empressons de rendre spontanément à ces messieurs l'hommage qui leur est dû, sans attendre de leur part une réclamation qui serait très-légitime. Toutefois nous devons dire que ce n'est pas à M. Regel que l'on doit attribuer la paternité du nom de l'espèce, mais bien à M. Wallis, qui l'a découverte, et M. Linden la décrivit dans son catalogue de 1868, ce qui constitue une véritable publication. Les Pelargonium à fleurs doubles de M. Sisley. — Après avoir consacré des efllurts longtemps soutenus et couronnés de succès à la culture et aux semis de Balisiers {Canna) et avoir doté nos jardins de charmantes variétés, M. J. Sisley, horticulteur-amateur bien connu, s'est mis avec une égale ardeur à semer les Pete>"^onù<;/i zonale à fleurs doubles, à l'exemple des Lemoine et autres habiles. fécondateurs de plantes. 11 vient d'obtenir cette année trois variétés nouvelles qu'il nomme : Cii.vRLiiS Darwin, Fr.\n- çois Arles- DuFouR et ëmilio Castelar. Ce sont de charmantes nouveautés, de coloris nouveaux, groseille vif et groseille clair pour les deux premières, et groseille nuancé de ponceau pour la troisième. On en trouvera la descrip- tion aux annonces. M. Alégatière, horticulteur à Lyon, les met en vente à pariirdu 25 avril prochain. Nous nous proposons de les essayer cette année, et en attendant nous connaissons assez M. Sisley pour recommander ses gains nouveaux en toute confiance. Nous saisissons cette occasion pour signaler d'autres plantes nouvelles non moins remarquables et que nous ne saurions trop recommander à nos lecteurs. Ce sont les Bégonias nouveaux hybrides de Veitch, Seden et Lemoine. Nous venons de voir à Nancy ces plantes en culture chez M. Lemoine, et l'été der- nier particulièrement, nous avons été frappé de leur beauté exceptionnelle. Elles viennent toutes par croisement des Bégonias de Veitch : B. Bolicien- ^16, Chelsoni,Veilclii, Rosœ(lora. Ce dernier, que nous avons vu dans toute Sa splendeur, en pleine terre de bruyère, dehors à l'ombre, est une magnifique plante. Les doigls délicats de M'"*' Lemoine l'ont déjà croisée avec d'autres espèces, et des produits nouveaux et fort beaux en sont sortis. Le catalogue de M. Lemoine donnera les renseignements nécessaires à ce sujet. Ed. André. — 80 — PL XCIII. PHORMIUM COLENSOI (hook. k ) VARIEGATUM. PHORMIUM DE COLENSO A FEUILLES PANACHÉES. LlLIACÉES. ETYMOLOGIE ET CARACTERES GÉNÉRIQUES : Voir lUii>>t ration horticole, XIII, 186G, pi. 481. CARACTÈRES SPÉCIFIQUES : planta quam Ph. tenace minor ; foUa pallidiora, 0'", 60-90 longa, acutissima apice raro fissa; scapi 1"', 2'" alti, plerumque yiviâes\ flores 0'iS0.25-0"\0.35 longi, perianthi segmentis interioribus acuminatis, reflexis ; cap5w/a Ph. )?.nt. à GaTid. — XI — mieux que toutes les dissertations sur la matière. Nous croyons qu'après cela on sera fixé sur le Pli. Colensoi, dont la variété panachée ne diffère que par les superbes bandes argentées et dorées qui parcourent ses longues feuilles gladiées : Ed. A. « Mon cher M. André, " Il existe deux espèces ou variétés de Phormium dans la Nouvelle-Zélande, avec plu- sieurs formes intermédiaires. On les connaît généralement sous le nom de Ph. tenax, grande espèce, qui varie à fleurs rouges ou jaunes, et qui est celle que l'on cultive depuis si longtemps en Angleterre.. L'autre est une plus petite plante, que j'ai signalée pour la première fois dans Raoulx, Choix de plantes de la Nouvelle-Zélande (Ennm. pi. Nov. Zel.), sous le nom de Ph. Colensoi. Vers la même époque, M. Coienso, qui en fut le découvreur, lui donna le nom de Phormium Forsterianian (Hook., Lond. journ. bot., III, 8 et Kew., Journ. bot., III, 220); mais, comme Forster n'a jamais vu cette plante, le nom est mal approprié. - « Le Jolis vint ensuite et publia un Ph. Cookianum. « Coienso pense que Forsterianum, Cookianum et Colensoi sont synonymes ; ce qui me paraît une erreur, à voir la description de Le Jolis. Coienso, toutefois, ajoute ceci : « Les " deux Phormiums sont très-variables dans la couleur de leurs périanthes, les dimensions « de leurs parties, et dans la forme et le volume des fruits, qui sont aigus ou obtus, à » angles aigus ou à angles obtus, droits ou courbes, et cela sur la même plante! » ^ Banks et Solander découvrirent les deux espèces dans le premier voyage de Cook. D'après leurs manuscrits et dessins, conservés au British Muséum, les deux plantes sont présentées comme " Chlamydea tenacissima var. a sanguinea (la grande) et CM. tenax. var. (i. pallens (la petite). .. M. Kink, excellent observateur, résidant dans la Nouvelle-Zélande, m'assure que la différence absolue entre les deux plantes est que les fruits de la var. a ont les angles aigus, et de la variété [3 les angles obtus (ce que Coienso dénie !). La var. a est sans nul doute notre Phormium tenax commun, ou plante de Forster, figurée par lui dans le Gen. plant et au British Muséum (dessins de plantes colligées dans le deuxième voyage de Cook). La var. [3 est sûrement le Phormium Cookianum, Le Jolis {Forsterianum, Coienso ou Colensoi, Hook.). De ces trois noms, Forsterianum fut le premier proposé, mais seulement en manuscrit. Il est de nature à induire en erreur, car il. implique que Forster trouva la plante, ce qui n'est pas. Puis vint Ph. Colensoi, proposé par moi-même Cdans Raoul, Enum. etc., manuscrit). Enfin, le Ph. Cookianum, décrit parle Jolis, mais si mal que vous ne sauriez reconnaître la plante par la description de cet auteur. « Après examen de toutes ces raisons, j'ai conservé le nom de Ph. Colensoi (dans le Haubook ofthe Netv Zealand Flora, 1867, 287). '• Votre..., etc., •i D'" Jos. D. HOOKER. •• JARDIN POTAGER-FRUITIER. Les légumes .\u Japon. L&Brassica chinensis, mitsuna et takana sont les seules espèces de choux qui méritent l'attention comme plantes potagères au Japon ; la pre- mière, déjà connue sous le nom de Pe-tsai et dont on cultive beaucoup de variétés en Chine et au Japon, est, d'après nos observations, la plante mère — 82 — du chou de Milan ou pomme frisée. On en distingue à Nagasaki deux variétés sous les noms de Tôna, chou de la Chine, et Osona, ?hou tardif. Les feuilles se frisent dans la saison d'hiver; elles sont d'un vert j.iunùtre dans la premièi-e variété, qui est plus hâtive, et d'un vert foncé dans l'autre ; elles se forment en pommes plus ou moins allongées et peu fermées. Le Milsuna, chou aquatique, est à feuilles étroites et laciniées ; il se sème en automne par rayons et se coupe au printemps comme les épinards. La troisième espèce, nommée à cause de ses feuilles longues et étroites Takana, c'est-à-dire " haut chou, '• se mange salée; c'est la choucroute des Japonais. La moutarde de Ç,\ï\\\e[Sinapis chmeiisis) ressemble à la moutarde blanche à grosses graines cultivée en Russie. Le Sojajaponica est une légumineusé dont nous avons essayé la culture dans les provinces du Rhin en le semant au printemps, sous châssis et en le faisant passer en pleine terre jusqu'à la récolte des graines. Les graines four- nissent la matière essentielle du Sojil, liqueur indispensable à la cuisine japonaise; on prépare aussi avec la farine de ces graines une gélatine très- nutritive, nommée fofû, et on prépare, en y ajoutant du malt d'orge et du sel, une marmelade très-estimée sous le nom de miso. Le Lappa edulis est une espèce de Bardane dont les feuilles, dans quel- ques provinces, atteignent une longueur de 75 centimètres et une largeur de 15 à 20. Elles remplacent les scorsonères, avec lesquelles les Hollandais à Desima les ont confondues durant deux siècles et demi. Introduites dans nos jardins, elles ont aussi bien réussi que dans leur patrie. h'Aralia edulis fournit des racines qui sont regardées ajuste titre comme l'un des meilleurs légumes. La culture de cette Araliacée en pleine terre ne laisse rien à désirer dans nos jardins. Les racines de V Asparagus didcis et du Fohjgonatum japonicum se mangent aussi cuites et contites. Les tubercules de Y Amorphophallus Konjak fournissent de l'amidon qui donne une gélatine très-nutritive. C'est un mets national qui s'appelle Konjak. Von Sierold. [Catalogue raisonné.) NOTES SUR LE JARDIN FRUITIER ET POTAGER. Le fraisier Gaillon sans filets, ou fraisier à bouquets. — Ce serait la meilleure des 'variétés pour bordure, si elle ne s'épuisait pas à produire des rejetons qui empêchent la plante de donner longtemps du fruit. Si l'on a soin de rajeunir toujours les pieds en eule vaut, chaque printemps, tous les œilletons moins trois ou quatre des plus beaux, et si on donne un bon terreautage au pied ensuite avec abondance d'eau, on est sur d'avoir une quantité énorme de belles et bonnes fraises. Tel est le simple procédé qui donne les meil leurs résultats pour la culture de cette excellente variété. (A. Dumas, l'HorticuUeur lyonnais.) Poire royale Vendée. — Cette excellente poire, trop peu connue encore, se mange de décembre à la fin de mars. Elle a été obtenue par M. des Norches, à la Cacaudiére, prés Foiizauges (Vendée), qui l'a nommée et répandue par les soins de M. Bruant, horticulteur a Poitiers. Je la suis depuis I8G4 ; elle avait déjà donné des fruits Tannée d'avant. Le fruit est rond, un peu cylindri(iue, moyen, jaune verdàtre pointillé de gris roux, â pédoncule assez gros, assez long ou court, implanté presque à fleur du fruit; la chair est très-fine, blanchâtre, verdàtre sous la peau, hien juteuse, sucrée, parfumée, d'un bon goût. C'est une des meilleures poires de la lin de l'hiver. Michelin (même recueil). Tableau des époques de semis des légumes. — Le présent tableau, dont je me sers depuis trente ans, n'a jamais rcc^'u de moditications pour les époques. Il est calculé pour le climat de Londres. Les cliillVes indiquent la semaine du mois (1 première semaine, 2 seconde, etc.). Semez au mois de : JANV. KKVR. MARS. AVKIL. MAI. JUIN. JLII.L. AOUT. SEPT. 1 Courge moelle . . . 2 1 Asperge ^ Artichaut .... 2 , hàtif. . . 2 2 2 2 \ Windsor . Ilari.-ot ^ j nain. . . \ d'Espagne 2 3 2 2 1 3 2 Betterave .... 1 Crambe 1 ; hàtif. . . Brocoli 1 ,.^ ( tardif . . 1-4 2 l / de Bruxelles, 2 2 Chou < précoce . . ( vert . . . 1 2 I 3 2 2 ( hâtif . Chou-tleur , ^ ,. . ( tardif . 'I 2 2 2 2 2 3 2 2 [ hâtive . . Carotte ^ ' tardive. . :? 3 2 1 2 2 Céleri ' . 2 ^ Cresson et moutarde. 2 2 ■^ 2 2 2 2 2 Concombre .... 4 2 ^ d'été. , . 2 2 1-3 13 1-3 2 1 Laitue ' chou. , , 1 2 ■^ 1-3 1-3 1-3 2 1 Oignon 2 3 2 Panais 1 Persil. ...... i I 1 2 ^ hâtifs . . , ^^'M tardifs. . . 2 2 2 2 2 2 2 Pommes hâtives . ;i 2 de terre tardives . 2 Radis précoces . . ■2 2 2 2 2 2 2 2 Navets précoces , . ■2 2 2 _2. 2 2 2 2 Ëpiuards •2 2 2 2 2 1 Navets divers . . . i. •^ 2 2 2 2 2 (A., ihe Garden, — 84 — HORTICULTURE D'ORNEMENT. De la taille des arbustes a fleurs. Les jardins de plein air étant ce qu'il y a de plus précieux en horticulture sous nos climats, en ce qu'ils sont accessibles aux grandes et aux modestes fortunes, on devrait penser que tout a été dit sur la culture des végétaux ligneux qui doivent les orner. Il n'en est rien cependant. La taille des arbres et des arbustes d'ornement est tout ce qu'il y a de moins connu, eu égard aux autres branches de la culture. Si l'on en faisait la bibliographie, on serait surpris de voir combien peu de chose a été publié sur cet utile sujet. En effet, combien de fois ne nous est-il pas arrivé d'entendre des proprié- taires se plaindre de ce que leur jardinier taillait indistinctement tous les arbustes au même moment, en dépit de leurs époques diverses de fleuraison, de sorte que ceux qui ne fleurissent que sur le vieux bois étaient sabrés comme les autres! Ils cherchaient en vain dans leurs livres des indications à ce sujet, où s'il s'en rencontrait par hasard, elles étaient vagues et éparses, et demandaient de longues recherches, qui rebutaient vite l'amateur des jar- dins. Cette lacune peut être cependant comblée avec facilité, et nous commen- çons aujourd'hui en donnant une première liste d'arbustes fleurissants avec les différentes époques de taille qui leur conviennent suivant leur végétation et le temps de leur fleuraison. Les arbustes se divisent sous ce rapport en quatre catégories : 1° Ceux qui fleurissent de la fin de l'hiver à la fin du printemps, et qui con- séquemment doivent être taillés après la fleuraison, afin d'avoir le temps de développer les pousses qui porteront les fleurs de l'année suivante : Lilas, Deutzias, Weigélias ; , 2° Ceux qui fleurissent pendant l'été ou l'automne, et dont la taille doit avoir lieu l'hiver ou mieux au premier printemps, dès que les bourgeons nou- veaux commencent à pointer : Indigofera, Viteœ, Hibiscus, Spirées; 3° Ceux qui, poussant peu et mettant longtemps à parfaire leurs rameaux à fleurs, ne souffrent aucune espèce de taille, ou encore les arbres à feuilles persistantes dont la taille détruirait la régularité et l'harmonie du port : Rhododenclum Dahuricmn, Azalées nudiflores, Garrya ; 4° Enfin ceux qui, rentrant dans quelqu'une des catégories précédentes, s'en éloignent cependant quand ils sont parvenus à leur plein développement, et fleurissent et fructifient sans taille, avec un émondage ou rabattage par- tiel seulement de temps en temps : Sureaux, Buissons ardents, Cotoneas- ter, etc. Avant d'examiner les espèces et les époques de leur taille, quelques mots ne seront pas inutiles sur l'application elle-même. La taille doit être en rapport, on le comprendra, avec les dimensions natu- relles de l'arbuste, la place qu'il occupe, isolé ou groupé en massifs, son âge et le terrain ofi il est planté. Il va de soi qu'un Deulzia gracilis ne demande que peu ou point de taille, tandis qu'un Baguenaudier ou un Cytise prendrait un développement qui nuirait à ses voisins si on ne le réduisait vigoureuse- ment dès son jeune âge. L'opération même de lataille est le plus souvent mal pratiquée. Dans presque tous les jardins, les arbustes sont taillés en tête de saule ou, ce qui est pire, tondus en boule, au ciseau. Rien n'est plus contraire à une bonne fleuraison que ces deux procédés, qui empêchent le développement normal des rameaux, les astreignent à pousser sans air et sans pondération, et les conduisent à une prompte extinction. Il faut, en taillant, au contraire, proscrire toute forme arrondie, mais en- lever les branches qui obstruent l'intérieur de l'arbuste, et lui donner un aspect régulier sans qu'on puisse s'apercevoir du passage de la main de l'homme. Donner à la plante un port harmonieux, obtenir de l'air et de la lumière circulant à travers toutes ses parties extérieures, tel est le but que l'on atteint par une taille modérée et judicieuse. Mais nous devons répéter qu'en cela il est indispensable de prendre conseil de la végétation propre à chaque essence afin de la régler, sans en changer le caractère. L'emploi de la serpette serait excellent pour la netteté des coupes et la prompte cicatrisation des plaies; mais elle est d'un emploi souvent difficile, demande du temps et de l'habileté de main. En somme, nous conseillons de prendre un bon sécateur, qui fait de rapide et excellente besogne quand on sait bien s'en servir. Pour le rabattage des vieux arbustes usés que l'on veut rajeunir, nous en- gageons à pratiquer cette opération en deux ou trois années, pour ne pas faire de trop grands vides, et assurer une bonne restauration de la plante. On abat la moitié ou le tiers seulement des branches jusque près du pied la première année au moyen d'une scie à main et d'une serpette pour polir la plaie, et on termine le recépage en une ou deux autres années. Pour les arbustes qui ne fleurissent que sur le bois de l'année, comme les Agmis castus, Spirœa Lindleyana, Leycesteria, Indigo fh-'a dosua, il ne faut pas craindre de tailler très-court, à deux yeux au moins, à six au plus, de la souche, quine monte encore que trop vite avec ce traitement. Ce rabattage annuel augmente la vigueur des pousses florales et la santé de la plante, dont le vieux bois dénudé serait triste à voir. Les listes suivantes ne comprennent que la plupart de nos plus beaux ar- bustes à fleurs. Il en est bon nombre d'inférieurs ou de peu répandus que nous ne mentionnons pas. On pourrait faire pour ceux-là un travail analogue, mais les amateurs déjà éclairés qui les cultivent n'ont pas besoin d'instruc- tion sur ce sujet. A. Arbustes a tailler après la fleuraison. Espèces fleurissant en Dkcembrk. Janviek. Fkvrikk. Chimonanthus fragrans. : Jasminum nudiflorum. Cornus raascula, 1 Vihurnum timis, Amygdalus communis flore plein Persica sinensis (varietatesi. — vulgaiis flore pleno. Oydonia Japonica. Forsythia viridissima. — suspensa. Hippophaë rhamnoïdes. Fothergilla alnifolia. Amelanchior botryapiuni. C5'donia umbilicata et var. Amygdalus nana et var. — orientalls. Caragaiia spiuosa. — arborescens. Cerasus Lusitanica. — padns. Coronilla emerus. Cotoneaster frigida. Cratœgus var. Cytisus laburnura. — al bus. Halesia tetraptera. — diptera. Halimodendron argenteuiu Ornus europœa. Philadelplnis eoronarius. (-'erasus lauro-cerasus et vai Kerria Japonica. Magnolia auriculata. — purpurea. — conspicua. — Soulangeana. Malionia aquifolium. Salix var. Vella pseudo-cytisus. AVeigelia rosea et var. — aniabilis. Mai Prunus sinensis et var — triloba. Malus spectabilis. Ribes aureum. — sanguineuni. . — Oordonianuni. Rubus spectabilis. Salix pentaudra. Sambucus racemosa. Syringa vulgaris et var Yiburnum opulus steri Syringa persica. — Kniodi. Buddleya globosâ. Calophaca volgarica. Ceanothus azureus. Chionanthus virgiuica. Cistus purpureus. Cytisus alpinus. — patens. — Weldeni. Deutzia scabra. — creuata flore pleno, Diervilla canadensis. Escallonia niacrantha. Genista candicans. Helianthemuni var. Hydrangea hortensia. Ligustrurn vulgare. — uvalifolium. Viburnuni plicatuni. — cotinifoliuni. Rosa persian yeUcnr.. Ononis fruticosa. Pavia macrostachya. — californica. Philadelphus verrucosus. — grandiflorus — Zeyheri. Phlomis fruticosa. Ptelea trilbliata. Spirsea arisefolia. — chamaîdryfolia. — Reewesiana. — prunifolia. Staphylea pinnata. — trifoliata. Chamsecerasus Tatarica. — Ledebouri, Syringa Josikwa. B. ARBUSTES A TAILLER EN HIVER En Amorpha fruticosa. Calycanthus niacrophylius Ceanothus americanus. w fleurissant eii Juillet. Ceanothus azureus. Colutea arborescens. Cornus all)a. Cytisus purpureus. Eltea^nus liortensis. Hypericum hircinuni. Indigofera dosua. Jasminuni IVuticans. — olliciuale. — revolutuia. Ligustriim Japonicum. Lonicera (var. grimpantes). Lycium europieum (et autivs). Myricai'ia germanica. Rhus cotinus. — typhina. Robinia hispida. — viscosa. Rosa (presque toutes les variétés). Artemisia abrotanum. Spii-cea bella. — callosa. — Lindleyana. — opulifolia. — ulmifolia. — salicifolia. Tecoma radicans. — grandiflora. Tamarix Indica. — Gallica. Styrax ofBcinale. Yiburnum lantana. — lentago. Androscemum oHlcinale. Berberis dealbata. Cephalan'thus occidentalis. C-ineraria maritima. Punica granatum. Rubus laciniatus. — Nutkanus. Spartium junceum. Clethra alnifolia. — tomentosa. Hibiscus syriacus var. Baccharis halimifolia. Fontanesia phyllirœoïdes. Hypericum nepalense. Leycesteria formosa. Lavandula spica. Rhus copallina. Symphoricarpus var. Yitex agnus castus var. Septembre. Octobre. Novembre. Arbutus unedo et var. Nous omettons à dessein, sur cette liste, un certain nombre de S/jirœa que l'on trouvera dans \' Illustration horticole, année 1871, avec leurs épo- ques de taille respectives. C. Arbustes ne souffrant pas ou très-peu la taille. CoUetia crnciata. Daphne collina. — mezereuni. Erica carnea. Al^ebia quinata. Berberis dulcis. Daphne laureola. DÉCEMBRE, Janvier, Février. Erica codonodes. — herbacea. Garrya elliptica. RhodddendruMi Dali Mars. Magnolia conspicua. Rhododendrum eiliatum. Arbutus andraehue. -^ procera. — uva ursi. Daphne pontica. Skimmia laureola, Deutzia gracilis. Magnolia purpurea. Mahonia Japonica. Rhododendrum arboreuni var. Xantborrhiza ajiiitnlia. 88 Mai. Andromeda florihunda. Azalea pontica. Berberis Darwini. — stenophylla. Cerasus lusitanica. Cotoneaster buxifolia. — microphyllâ. — hymifolia. Empetrum nigrum. Erica arborea. Gaultheria Shallon. Ilicium religiosum. Ledum palustre. Mahonia nepalensis. Oxycoccos macrocarpus. Pœonia Moutan. Pernettya mucronata. Rhododendrum var. Rhodora caaadensis. Ruscus racemosus. Skimmia japonica. Spireea laevigata. Vaccinium vitis idfea. "Wistaria sinensis. Azalea nudiflora. Cerasus virginiana. Cistus ladaniferus. — laurifolius. Colletia horrida. Exocordia grandiflora. Ilex opaca et var. Ilicium floridanum. Kalmia angustifolia. Audromeda poliifolia. Aralia spinosa. — japonica. Atraphaxis spinosa. Azalea viscosa. Berberidopsis corallina. Calycanthus floridus. Daphne cneorum. — gnidium. Erica ciliaris. Asimina triloba. Callima vulgaris. Desfontainea spinosa. Desmodinm penduliflorum. Menziezia poliifolia. Ononis fruticosa. Osmanthus ilicifolius. Pirus salicifolia. — arbutifolia. Rhododendrum hirsutum. — ferrugineum. — catawbiense. Viburnum macrocephalum. JUILLE Erica multiflora. Eugenia ugni. Gaultheria procumbens Hypericum calycinum. Itea virginica. Kalmia latifolia. Magnolia glauca. Polygonum vaccinifolium. Potentilla fruticosa. Thea viridis. Août. Yucca (div. espèces). Vinca major. Andromeda pulverulenta. Buplevrum fruticosum. Nous ne prétendons point que cette liste soit complète, tant s'en faut, mais elle comprend le plus grand nombre des espèces d'arbustes et même quelques arbres moyens à fleurs qui ornent nos jardins. En tenant compte, comme nous l'avons dit, des particularités que présente le terrain, et en recherchant à leur synonyme latin les espèces qu'il n'aura connues que sous leur nom français ou vulgaire, tout propriétaire saura dans quelle catégorie rentreront les arbustes qu'il sera embarrassé de tailler. C'est là le but que nous nous sommes proposé et qu'il ne sera pas difficile d'atteindre, si quelques-uns de nos lecteurs viennent ajouter à ce travail le fruit de leur expérience. Ed. André. — Sî» NOTES SUR L'HOKTICULTIIUK D'OKNEMEiNT, VASKS ])K JARniNS. Le vase que nous reproduisons aujourd'hui est en terre cuite, et il est dû aux dessins de MM. Gossin, de Paris. Son prix est modéré relativement à ses dimensions, qui sont de 84 centimètres de hauteur sur 55 de largeur. 11 fait très-bon effet au milieu des corbeilles rondes bombées d'un jardin à la française, sur un piédestal haut de l'",20, assez large de base. On peut planter au milieu un Yucca pendilla si le vase doit rester dehors l'hiver et entourer la plante de Pelagonium à feuilles de lierre. Si on le rentre l'hiver, on peut remplacer le Yucca par un Cordyline indivisa, Dasylirion, Littœa, ou plantes analogues pendant la belle saison. A. Dupuy. — Ui) — PLANTES NOUVELLES OU RARES. DRACiENA CHELSONI. Rapportée par M. J.-G. Veitch des lies de la mer du Sud, cette plante, d'un port régulier, très-élégant, est classée au premier rang des Dracœna. La couleur de ses feuilles est un vert très-foncé bi'illant, presque noir, qui se recouvre en vieillissant d'un ton de pourpre cramoisi, avec une bordure de même couleur entourant la feuille. Dans les diverses expositions où elle a paru, cette belle espèce a conquis nombre de suffrages et de... médailles. Ed. a. DRAC^NA MOOREANA. Comme le précédent, ce Dracœna a été introduit par M. J.-G. Veitch des lies de la mer du Sud. Par son port, il rappelle le D. Cooperi, mais ses feuilles sont beaucoup plus grandes, et sa couleur est tout à fait distincte. La gravure ci-dessus donne bien l'idée de sa tenue, mais il est difficile de rendre le vif de ses couleurs. Le pédoncule et le coté médiane sont cramoisi et se changent bientôt en bronze luisant. Ce ton est superbe de pureté et de chaleur. La plante a reçu de hautes récompenses à Saint-Pétersbourg et à Hambourg, où nous étions de la section du jury qui la jugeait; elle a été dédiée à M. Moore, directeur du jardin botanique de Sydney (Australie). Ed. A. V)2 BIBLIOGRAPHIE. L'Embrevade, pai- M. G. Delchevalerie. — Cette précieuse légumineuse de l'Inde a fait récemment l'objet d'une étude du jardinier en chef des jardins du vice-roi d'Egypte, notre collaborateur, M. Delchevalerie. Elle est éminemment propre au climat égyptien, où sa végétation est d'une vigueur extrême et ses produits fort abondants. On la nomme a.ussi pois Cajan,pois d'Angole ou de Congo, maïs indien, lentille du Soudan, etc., ce qui indique une plante cultivée trés-répandue dans les pays chauds. Les cultures auxquelles s'est livré M. Delchevalerie sur cette espèce, dont il avait reçu des graines de M. de Bragard, beau-pére de M. de Lesseps, lui ont donné la conviction que le Cajan peut devenir une ressource alimentaire de premier ordre pour l'Egypte. Aux Antilles, la plante forme un arbrisseau très-rameux, qui vit sept ans et davantage ; il en sera de même sur le continent africain. Pour la répandre dans les jardins, M. Delchevalerie employa le moyen imaginé par Parmentier pour la pomme de terre : il recommanda de n'en donner à personne, et bientôt tout le monde en eut. A Kobbeli et à Ghézireh, où les cultures furent essayées avec soin, à Bir-bou-allah, la récolte fut en 1870, de dix ardebs de graines par feddan superficiel (4,200 métrés carrés). Estimée au prix de la lentille, on retire 260 francs par feddan la première année, soit plus de 600 francs par hectare. Le pois Cajan comme légume sec, acquiert par la coction un volume trois ou quatre fois supérieur à ses dimensions ordinaires ; sa farine, jaune pâle, fait d'excellentes purées Son analyse chimique donne : Eau 12 00 Matières grasses 2 25 Légumine ^caséine végétale) 15 25 Amidon 54 00 Matière extraclive 5 75 Tannin 1 50 Fibre végétale (cellulose) . 4 25 Substances minérales : potasse, soude, chaux, magnésie, acide phosphorique, acide sulfu- rique, chlore, silice 5 00 100 00 Le cajan est donc une substance très-azotée, la légumine contenant 16 p. c. d'azote et formant 2.44 p. c. sur ce légume. Par ces raisons, la culture comnaence à s'en répandre en Egypte, et nous pensons qu'elle pourrait également avoir lieu avec succès en Algérie et dans le midi de l'Europe. Nous avons reçu de notre collaborateur, M. Contest-Lacour, de Pondichéry, des graines de cajan qui ont mûri dans l'Inde. Nous en avons obtenu des plants qui ont été conservés en serre, et qui nous permettront de voir ce que i)eut faire cette plante en plein air l'été sous nos climats. Ed. A. Observations cliniques sur l'Eucalyptus globulus, par Adolphe Brunel (1). — Les propriétés thérapeutiques de cette précieuse myrtacée ont été signalées déjà depuis quelques années. M. Cloez a fait l'analyse des diverses parties de V Eucalyptus globulus et constaté la présence d'une huile essentielle dans la proportion de 2 à 6 p. c, suivant l'état des feuilles récoltées, et par la rectification, un liquide très-fluide, bouillant à 175" degrés et qu'il a désigné sous le nom d'Eucahjptol. Ces résultats étant connus, et l'indication de l'emploi de l'Eucalypte avec succès comme fébrifuge à Séville, Aranjuez et autres localités espagnoles étant parvenue à la connais- sance du D>' Brunel, médecin à l'hôpital de Montevideo, celui-ci se livra à une série d'expé- riences sur les malades confiés a ses soins. Il réussit à opérer un grand nombre de guérisons dans des cas de fièvres intermittentes qui avaient résisté même au sulfate de quinine. C'est le résumé de ces expériences que le D'" Brunel se proposait de livrer à la publicité, quand la mort est venue le surprendre. Par un soin pieux que nous ne saurions trop louer, sa famille a voulu que ces études fussent acquises à la science et elle vient de les publier chez Baillière, à Paris, dans la brochure que nous citons et qui sert en même temps de notice nécrologique sur le D"" Brunel. Nous recommandons la lecture de ce travail aux médecins et à tous ceux qu'intéressent les propriétés médicales de l'Eucalypte. Ed. A. (1) Brochure in 8° de 56 pages. A Paris, chez Baillière et fils, rue Hautefeuille, 19. — 93 — (CHRONIQUE HOEÏICOLE. lei- avril 1872. Poires à recommander. — On ne saurait trop souvent revenir sur le compte des bonnes choses, M. Buclietet, dans le numéro de mars du Bulletin du Cercle d'arboriculture de Gand, appuie sur le mérite exceptionnel des poires suivantes : Passe- Crassane, Olirier de Serres, de r Assorajjtion , Comte Lelieur, Souvenir du congrès. Ce sont des fruits de premier ordre (|ue nous avons dégustés pour la plupart, et nous nous joignons pleinement à M. Buchetetpour les recommander. Les petits livres de M. le comte de Lambertye. — Petits par le format et le nombre de pages, mais grands par les résultats qu'ils produisent, ces ouvrages populaires de notre savant ami ont déjà fait un bien immense. Nous les avons plus d'une fois entendu louer sur leur véritable terrain, c'est-à-dire par le paysan pour leijuel ils sont écrits. Sous le titre modeste de Conseils pour la cullitre des fleurs, des légumes, des arbres à fruits, ces traités élémentaires renferment tout ce qui est nécessaire aux habitants des cam- pagnes pour alimenter leurs tables et orner leurs jardins. L'auteur vient d'étendre son programme. 11 veut qu'à son tour le fermier se donne quelques primeurs, ou plutôt quelques légumes et quelques fleurs de première saison, et il indique en quelques excellentes pages la culture des légumes et des fleurs pendant les douze mois de l'année sous un, deux ou trois châssis (1). Cet excellent petit livre doit être recommandé à tout propriétaire pour être dis- tribué en cadeau aux habitants des campagnes, et plus d'un jardinier de pro- fession y trouvera des préceptes dont il fera son profit. Revue de l'arboriculture. — Nous recevons le deuxième numéro de cette utile publication entreprise par MM. Simon Louis frères, de Metz, et qu'un incendie fatal avuit retardée pendant plusieurs semaines. Entre autres choses, M. Mas, le savant pomologue de Bourg, y recommande la poire P/a'- llberte, obtenue par M. Pariset, notaire à Curciat-Dongalon (Ain); fruit assez gros, de décembre-janvier, de première qualité. M. William Gloëde, horticulteur à Beauvais (Oise), parle avec éloges de trois fraises nouvelles : Early prolific, Avenir, Jatnes Veitch, qui sont destinées, paraît-il, à acquérir une grande réputation. M. Octave Thomas décrit la poire Béchis ou Beun-é Béchis, trouvée à Pignerol, par M. Prudent-Besson, et qui est absolument identifiue au Doyenné dlùver par la forme, la couleur et le goût. Les seules diflerences qu'elle présente avec cette variété sont dans le bois et dans répo(|ue de maturité, qui, au lieu d'être hivernale, se trouve reportée fin octobre et courant de novembre. (1) Chez Goin, éditeur, Paris, rue des Ecoles, 62. Prix : 50 centimes. TOME XIX. — ler AVRIL 1872. — 94 — Congrès pomologique de France. — Une circulaire de cette associa- tion a annoncé quelle reprendrait ses travaux à partir de cette année. Le congrès a déjà publié et décrit 299 fruits dans six volumes et le septième s'achève, ce qui donnera un total de 335 fruits. Nous avons entendu dire que la prochaine session aurait lieu à Lyon cette année, au lieu même où le con- grès a été fondé. M. A. de CandoUe et les Hortensias bleus. - Nous avons publié l'année dernière, dans ce journal, une notice sur le bleuissement de ces arbustes, et nous avons émis pour la première fois cette opinion nouvelle que le fait pour- rait bien tenir à la vigueur des plantes et être indépendant de la nature du sol dans lequel elles étaient cultivées. Nous trouvons notre sentiment cor- roboré par la lettre suivante que M. Alph. de Candolle nous fait l'honneur de nous adresser de Genève et qui sera lue avec empressement, comme tout ce qui émane de ce grand botaniste : •^ Genève, 22 février 1872. « Monsieur, " J'ai lu avec intérêt votre article sur le bleuissement des IIorie7isias, àans V Illustration horticole de 1871 (juillet). A l'appui de l'idée que la couleur bleue tiendrait à la vigueur des plantes plutôt qu'à la nature du sol, je vous citerai un fait dont j'ai pu m'assurer l'année dernière. J'étais au bord du lac Majeur et je voyais, dans toutes les villas de cette admirable contrée, de magnifiques Hortensias bleus, en pleine terre. J'ai demandé à divers jardiniers ce qu'ils faisaient pour les avoir ainsi. Tous m'ont aflfirmé qu'ils ne faisaient rien. On plante les pieds dans des clairières de bosquets, le long des avenues un peu ombragées, et ils fleurissent bleus sans aucun moyen artificiel. Je n'ai rien aperçu qui fût particulier dans le sol des environs de Stresa où je résidais, ni aux îles Borromées. Dans celles-ci le jardinier m'a dit une chose assez curieuse, c'est que ses Hortensias sont quelquefois roses, dans certaines années. Puisque les mêmes pieds présentent cette variation, il faut qu'elle soit étrangère au sol. Probablement il y a des années où, le climat étant moins favorable qu'à l'ordinaire, l'espèce souffre un peu et devient rose. Les Hortensias tout bleus que je voyais en 1871 avaient une superbe végétation foliacée. Le sol est assez maigTe. Il est drainé naturellement, par l'effet de la pente. Les collines voisines sont couvertes de Châtai- gniers, dont les détritus pourraient bien être favorables à la végétation de l'Hortensia. « Vous pouvez faire usage de cette petite communication si cela vous plaît. Quant à moi, j'ai été bien aise de vous l'adresser pour avoir l'occasion de..., etc.. " Agréez, etc. •t A. DE Candolle. » D'un autre côté, un jeune amateur d'horticulture, M. Ch. Patin, en ce moment à Kew, nous écrit que des Hortensias vigoureux et ayant toujours fleuri roses, devinrent bleus dès qu'ils furent transplantés dans un sol plus pauvre, mais qui contenait du fer. Il ajoute que de magnifiques échantillons cultivés par sa mère et d'une vigueur peu commune fleurissaient toujours roses. C'est, d'ailleurs, un fait qui a été plusieurs fois remarqué. Nous ne sommes pas surpris de ces observations contradictoires. Que pou- vons-nous en conclure, sinon que toute question est complexe, et qu'il est plus sage de constater des faits et d'en tirer, s'il se peut, des conséquences pra- tiques, que de prétendre tout expliquer, souvent aux dépens de la vérité? Les lauriers des exposants belges à Londres. — On se rappelle, d'après nos rapports sur l'exposition horticole internationale de Londres en 1871, que les horticulteurs belges ont une fois de plus affirmé à l'étranger leur supériorité. La distribution des récompenses qui leur ont été attribuées par le jury anglais a eu lieu récemment à Bruxelles et a été l'objet d'une — 95 — véritable solennité. Le ministre de l'intérieur, M. Delcour; le président de la section belge de l'exposition, baron t'Kint; le président de la fédération des sociétés horticoles de Belgique, M. de Cannart d'Hamale, et autres célé- brités assistaient à cette séance. Concours ouverts par lAcadémie royale de Belgique. — Cette asso- ciation savante met au concours pour le 1®' juin 1873 la question suivante : •« On demande un exposé des connaissances acquises sur les relations de la chaleur avec le développement des végétaux phanérogames, particulièrement au point de vue des phénomènes périodiques de la végétation, et, à ce propos, de discuter la valeur de l'influence dynamique de la chaleur solaire sur l'évo- lution des plantes. « Une médaille d'or de 600 francs sera décernée au meil- leur mémoire. Pour 1874, une autre question est déjà indiquée : 1" un résumé critique succinct des observations connues relativement au polymorphisme des Mucé- dinées ; 2° la détermination exacte — ne s'appliquerait-elle qu'à une seule espèce — de la part qui revient à la nature propre du végétal et aux condi- tions extérieures de son développement ; 3" la preuve positive ou la négation suffisante du fait que des champignons de ferment (Micrococcus, Zooglœa, Palmella, Leptothrix, Arthrococcus, Mycoderma, etc.), "dans des circon- stances quelconques, peuvent se transformer en champignons supérieurs. Les mémoires devront être remis avant le P'' juin 1874. Pour l'un et l'autre concours, on devra adresser les mémoires à M. Que- telet, secrétaire perpétuel de l'Académie des sciences, à Bruxelles. La rédac- tion devra être faite en latin, en français ou en flamand. Nécrologie. — Nous annoncions dernièrement la mort subite de M. Tho- mas Osborn, un des noms les plus populaires parmi les horticulteurs de la Grande-Bretagne. Son frère, M. William Osborn, des pépinières de Fulham, près de Londres, vient de succomber à son tour. Ce sont deux décès qui frappent cruellement l'horticulture anglaise. A ce nécrologe il nous faut encore ajouter la nouvelle de la mort de M. Ingram, qui a dirigé si longtemps avec éclat les cultures du parc de Windsor, et dont le nom est bien connu pour avoir été donné à plusieurs plantes de mérite. C'est à lui qu'on doit les plus beaux succès dans la culture des jardins fruitiers, et notamment l'établissement des vergers couverts (Orchard-houses), qui ont conservé jusqu'ici leur haute réputation de Frog- raore. M. Ingram est mort à l'âge de 76 ans, et laisse un nom accompagné de l'estime de tous ses confrères. Ed. André. — 96 — PI. XCIV. TRICHOPILIA FRAGRANS NOBILIS, linden . andré. • TRICHOPILIE NOBLt. Orchidées. ÉTYMOLOGIE ET CARACTÈRES GÉNÉRIQUES : Voir Illustration horticole, YI, t. 225. CARACTÈRES SPÉCIFIQUES : pseudobulbi ovato-oblongi ; /b?2a late oblongo-acuta; racemz 2-3-flon, univaginati, foliis breviores; b7-acteœ oblongae-acutse ; sepala petalaqiie sub-conformia oblongo-linearia, acuta, lateralia interna sub apice latiora ; ïabellum a basi angustata dilatatum in laminam quadratam, obtusangulam, repandulam, antice emargi natam, linea elevatula in basi; /Tores albi, maculis centi-alibus-2 aureis. — Ad Jaji prope Meiida (Venezuela) legit Linden. Trichopilia fragruns nobilis, Lind. et And. loc. prœs. Trichopilia candida, Linden, — Lindley. Orch. Lind. 1842, no 649. Pilumma nobilis, Rchb. f. in Linnœa, XXII, p. 84.3. — id. in Walp. ann. 3, p. 541. — Lindl. in Bot. reg. 1846, t. 57. Pilumma fragrans grandiflora, Linden, Catal. Cette ravissante orchidée, aux périanthes candides délicatement touchés d or, au parfum de fleur d'oranger, était connue d abord dans les serres de M. Linden sous le nom de Piliuniiia fragrans grandiflora et nous-mème l'avions acceptée sous ce nom. Mais un examen attentif nous fit remarquer qu'elle différait par plus d'un point du PUumma (ou Tric/iopilia) fragrans Lindl , à laquelle elle avait d'abord été rapportée, et qu'elle n'était autre chose que le Piluinma nobilis, dont M. Reichenbach avait fait une espèce nouvelle. Nous avons vu les deux plantes en fleurs, et nous trouvons dans nos note.s les lignes suivantes, résultant des observations de M. Vervaet, chef de cul- ture chez M. Linden, corroborées par nos souvenirs : " Les Pilumma fragrans venant de la Sierra Nevada de Mérida ont peu d'odeur, sont plus florifères que les autres et fleurissent en mars, tandis que ceux du Pérou fleurissent en juin-juillet, sont plus odorants, portent des bulbes moins allongés et des feuilles plus larges. " M. Reichenbach, en joignant, en 1801, les Pilumma aux Trichopilia, avec lesquels ils s'identifient absolument, avait réuni, sous le nom de Tr. fra- grans, les deux formes dont nous parlons, mais il émettait déjà un doute sur l'opportunité de séparer son P. nobilis de cette espèce, tout en conser- vant côte à côte et sous le même nom la plante péruvienne découverte par M. Hartweg et celle que M. Linden avait rapportée du Venezuela (Mérida) sous le nom de Trichopilia candida. 94 ;^^«.- P.DePannemaeker. ad_Mt_pinx m Horto Lind Etat. Lith.ie L Siroolan.t, a Gand - 97 — Sans en faire une espèce nouvelle, nous sommes donc d'avis que notre plante doit être distinguée du Tridi. fragrans type, qu elle annule le PU. nobilis de Reichb.et qu elle doit former une variété colombienne sous le nom de Trichopilia fragrans nobilis. En mettant de côté la question de nomenclature, nous dirons que peu d'Or- chidées l'égalent en grâce et en beauté. Ses fleurs sont blanches comme la neige, à l'exception de la tache dorée, leur port est très-élégant, leur parfum délicat, et la culture en est facile. M. Linden la trouva croissant en épiphyte sur les arbres dans les forêts profondes et humides de Mérida, à une altitude supra-marine de 5,000 pieds. La plante appartient donc à la serre froide; on lui donnera la même culture qu'aux Odontoglossitm néo-grenadiens. Nous l'avons vue réussir à merveille, ainsi traitée, dans les serres de M. Linden, à Bruxelles, où elle fleurit chaque année avec abondance. Ed. A. TRAVAUX HORTICOLES DU MOIS D'AVRIL. Les derniers travaux de mars qui se trouveraient en retard, — et c'est souvent le cas à cette époque de l'année, — seront terminés au plus vite : taille des arbres et arbustes, labours, enfouissement des engrais, semis de gazons, échenillage, enlèvement des abris, paillassons et litières pour l'hiver, destruction des insectes, nettoyage et sablage des allées, etc. Dans le jardin potager, on placera les cloches de terre sur les Rhubarbes dans les maisons où l'on cultive ce légume trop peu répandu, on blanchira également les Crambés ou choux marins ; le repiquage des plants de choux devra se faire pour peu que les plants soient assez forts. Les artichauts seront œilletonnés et les jeunes plantés en ligne à un mètre de distance sur toutes faces. Semer sur couche les melons pour culture sous cloche, chicorée fine, potirons, courges et concombres, cornichons et piments. Planter en place les choux et choux-fleurs, les aubergines sous châssis, les fraisiers, ciboules, oseille, pommes de terre, fèves et pois, patates sur couche chaude, et toutes les plantes vivaces potagères. Semer les épinards, navets, haricots, radis, choux de Milan, laitue grise, romaine, cerfeuil, persil, melons tardifs, chicorée sauvage pour l'hiver, cardons sur couche, maïs, choux-fleur, estragon, salsifis, scorsonères. Planter ignames, crambés, rhubarbes, estra- gon, etc. Le jardin fruitier est déjà taillé, labouré, les allées nettoyées. Greffer en fente et en couronne et la vigne en aisselle. Semer les graines tardives et stratifiées. Laisser les auvents aux espaliers, de peur des gelées blanches; échalasser les vignes ; faire des incisions sous les yeux qui ne partent pas et des crans au-dessus; détruire les limaçons par les journées de pluie; laver d'alcool les pommiers atteints de puceron lanigère ; ne pas labourer le pied des arbres au moment de la floraison. — 98 — Dans le jardin d'ornement, planter les arbres verts et les arbustes à feuilles persistantes; abriter du sol les nouveaux replantés. Semer en place les capu- cines, lupins, volubilis, nigelles, némophiles, campanules. Semer pour être repiqués les œillets d'Inde, reines-marguerites, balsamines, phlox, œillets de Chine, giroflées, amarantes, cucurbitacées d'ornement. Mettre les dahlias à pousser et les glaïeuls en place, de huit en huit jours, pour varier l'époque de floraison. Les Erjthrines et Cannas sont en végétation sous châssis pour être plantés en mai. Planter en place tout ce qui reste de plantes vivaces; cou- vrir la nuit les anémones, tulipes, renoncules; semer les graines d'arbres verts ; arroser les arbustes nouvellement plantés ; donner de l'air de plus en plus aux châssis et aux serres ; mouiller dehors les semis seulement le matin, les nuits étant encore trop fraîches. A. DuPUY. LE JARDIN POTAGER ET FRUITIER. LES ARBRES ET ARBRISSEAUX A FRUITS DU JAPON. Nous racontions naguère dans ce recueil l'histoire du Plaqueminier Kaki et de son introduction à l'état vivant en Europe comme arbre fruitier rus- tique sous le climat de l'Europe moyenne. Il n'est peut-être pas hors de propos, à cette occasion, de signaler quels sont les arbres fruitiers les plus usités au Japon, d'après les observations faites par M. le colonel de Siebold dans ces régions. Nous avons eu déjà la bonne fortune de publier un manuscrit inédit du célèbre voyageur. Nous trouvons aujourd'hui dans les documents qu'il a eu la bonté de nous remettre personnellement (1) lorsque nous avons visité son établissement d'horticulture de Leyde, les notes suivantes qui jettent un peu de lumière sur l'arboriculture fruitière des Japonais et que, pour cette raison, nous n'hésitons pas à faire connaître. Espérons qu'il en sortira, pour quelques voyageurs, le désir de s'appliquer à l'introduction de certaines de ces espèces qui manquent à nos jardins euro- péens. On verra d'ailleurs que le Diospyros kaki était bien connu de Von Siebold, et qu'il en parle comme d'un arbre à fruit dont les variétés diffèrent beaucoup en forme, saveur et dimensions, sans perdre pour cela le nom du type d'où elles sont issues. E. A. " Le Japon possède un assez grand nombre d'arbres et d'arbrisseaux à fruits que nous avons eu la bonne fortune d'introduire pour la plupart. Les voici rangés d'après leur mérite : « Citrus nobilis, deux variétés; Dios'pyros kaki, plusieurs variétés; Pi- rus communis, variétés chinoises et japonaises ; Amygdalus Persica, plu- (1) Catalogue des plantes du Japon. Leyde, 1863. Von Siebold. _ 99 — sieurs variétés; Citrus aurantium \ar.; Eriobotri/a Japonica; Ficus flirta; Armeniaca mume; Prunus tomentosa; Citrus Japonica, C.Mar- garita et C. Dàlddi; Chœnomeles Japonica, var. umbilicata; Juglans Japonica; Castanea vesca; Quercus glabra et Q. cuspidata; Torreya nucifera; Vitis Thunbergii ; Elœagnus edulis. " On connaît au Japon plus de cent variétés de notre Abricotier mume, à fleurs précoces et à fruits excellents. Les fleurs de plusieurs de ces variétés, de couleur rose, rouge foncé ou blanc pur, leur réservent une place distinguée dans les serres froides et surtout les serres-vergers du Nord de l'Europe. Les fruits de la variété précoce, dont la chair est dure et consistante, sont très-propres à être confits ou marines. Les abricots marines, connus sous le nom de Mumebosi, sont très-recherchés au Japon, d'où ils sont exportés en Chine et même aux Indes orientales. Cet abricotier mérite de faire partie de la Pomone de l'Italie et de la France méridionale, où il sera encore amélioré par l'influence du clirnat et du sol et par les soins des pomologues. " Deux espèces de Chênes à feuilles persistantes portent des glands comes- tibles; c'est le Quercus glabra, dont on distingue plusieurs variétés cultivées et dont les amandes, de la grosseur de celle d'une noisette, sont d'un bon goût, et le Quercus cuspidata, qui pourrait former un genre de transition entre les Chênes et les Châtaigniers et dont les fruits ont le goût de nos châtaignes. Ce dernier arbre est très-abondant dans les forêts de l'île de Kiusiu, où ses fruits sont très-recherchés. « Le Citrus nobilis, représenté en Europe par l'espèce qui produit des oranges assez petites, rondes, déprimées, à écorce mince et d'une pulpe rem- plie d'un jus sucré, connues sous le nom de Mandarines, a été amélioré con- sidérablement sous le climat délicieux de quelques provinces du Japon, où l'on distingue des variétés qui surpassent, j'ose le dire, les oranges de tous les pays du monde. On serait tenté de considérer le Japon comme la patrie de l'oranger, si l'on ne savait que l'importation des pommes d'or de l'étran- ger est consignée dans les annales de cet empire. Les fruits du Citrus nobilis sont beaucoup plus hâtifs que ceux du Citrus aurantium, dont la récolte n'a lieu que deux mois plus tard. C'est une raison de plus pour encourager l'introduction de l'oranger du Japon dans les pays où nos orangers ne réus- sissent pas en pleine terre. " Le Plaqueminier {Diospyros kaki) occupe au Japon le deuxième rang parmi nos arbres fruitiers. Cet arbre est répandu en Chine et au Japon et représenté en Barbarie par le D. lotus et dans le nouveau monde, en Vir- ginie, par le D. Virginiana. Ces deux espèces se rapprochent du Plaque- minier sauvage du Japon, également caractérisé par ses fruits petits, jaunâ- tres, diaphanes et mangeables. Il était cultivé déjà dès l'antiquité dans l'Empire céleste, et dès les premiers siècles de notre ère au Japon, où l'on a obtenu de nombreuses variétés de D. kaki, dont les fruits se distinguent par leur forme, leur grandeur, leur couleur et leur goût. Il y en a d'une saveur délicieuse et d'autres si acerbes qu'on ne peut les manger sans leur faire subir une préparation spéciale. Quelques-uns contiennent tant de tan- nin qu'ils sont immangeables, mais alors ils sont indispensables comme matière première pour la tannerie et la teinture. La culture de cet arbre mérite toute l'attention du Midi de l'Europe, où il pourrait être planté comme — 100 —■ arbre forestier. Le Plaqueminier kaki est rÉbénier du Japon et son bois est très-précieux pour les ébénistes et les tourneurs (1). - " Les envoyés de l'ancienne Compagnie néerlandaise ont toujours admiré, dans leurs voyages à la cour de Yedo, les belles poires exposées chez les marchands de fruits et encore parfaitement conservées au mois de juillet. On en garde même plus longtemps encore, pendant huit à dix mois. Le poi- rier qui produit ces beaux fruits (Pirus communis var. Chinensis) fut également importé de la Chine au Japon dans les temps les plus reculés. Les fruits se distinguent des nôtres par leur volume, leur forme presque arrondie et leur long pédoncule; leur peau est rude, brunâtre et pointillée, et la chair, très-succulente mais dure, est plutôt acide que sucrée. Il y en a de plus pré- coces, moins grosses et que l'on mange l'été comme fruits rafraîchissants ; mais les beaux fruits d'automne et d'hiver dont nous venons de parler sont très-précieux par leur longue conservation, sont excellents cuits et con- fits et surpassent en cette qualité toutes nos poires tardives. Nous en avons introduit huit variétés qui supportent non-seulement notre climat, mais celui des pays tropicaux. Importés par nous à Java, en 1826, ces poiriers furent cultivés soigneusement par les Chinois qui vendent encore aujourd'hui les fruits sous le nom de pommes de Chine. " Nous avons contribué autrefois à la décoration de nos jardins et de nos salons par l'introduction de trois variétés du Cognassier du Japon, arbrisseau à fleurs des plus précoces. Une autre plante voisine peut aujourd'hui con- courir à la décoration de nos tables : c'est le Cydonia ou Chœnomeles umbilicata, dont les fruits ont un parfum de violettes et dont l'arôme, quand il est travaillé par le confiseur, surpasse celui de tous les autres fruits à pépins. La variété que nous avons nommée eburnea garde ses fleurs tou- jours blanches, tandis qu'une autre, le C. cdbo-rosea, passe du blanc au rose en quelques jours. " Le noyer du Japon [Jiiglans Japonica) est rarement cultivé dans le Midi, mais très-fréquemment dans les provinces du Nord de l'empire. On mange ses amandes qui sont délicieuses et on en exprime l'huile qui sert à polir les meubles. Ses fruits, disposés en grappes et très-abondants, se conservent sans sécher presque toute l'année ; leur coque est si dure qu'on ne peut la casser qu'à coups de marteau. Cette nouvelle espèce de noyer, qui supporte aisément nos climats, mérite toute notre attention. « Von Siebold. « (1) Nous engageons nos lecteurs à rapprocher ces paroles de M. de Siebold de ce que nous avons publié sur le B. Kaki dans l'un de nos derniers numéros (1871, p. 176). C'est une opinion de haute valeur dans le débat soulevé entre MM. Decaisne et Carrière. Depuis le moment où nous avons rapporté la fructification à Paris de ce précieux végétal et fait espérer qu'il était désormais acquis comme arbre fruitier rustique sous le climat de Paris, la terrible gelée du 8-9 décembre 1871 est venue mettre à néant une présomption cepen- dant bien naturelle, puisqu'elle venait après plusieurs années d'expérience. Toutefois de pareils hivers sont de rares exceptions, et on peut affirmer que, dans les provinces du centre et de l'ouest de la France, le Kaki sera rustique. Le pied mère, au muséum, repousse d'ailleurs du pied : on le greffe en approche avec nombre de jeunes sujets, et il sera bientôt répandu dans les cultures. {Note du Rédacteur.) loi HORTICULTURE D'ORNEMENT. COMPOSITION ET PLANTATION d'UN JARDIN DHIVER. (Suite.) La clef delà question, le secret de la réussite dépend surtout du choix et du groupement des végétaux. Cette sélection peut varier à l'infini, tellement sont grandes les ressources actuelles que prête la Flore exotique à nos serres. Mille espèces ornementales au plus haut degré se disputent la palme. Il est bien difficile de formuler des lois esthétiques sur la manière de dis- poser les plantes par couleurs et formes de feuillages. Cela se sent plutôt qu'on ne l'exprime. On peut dire cependant que dans les serres, si grandes qu'elles soient, les effets d'uniformité sont mauvais, et qu'il ne faut pas chercher à rassembler des massifs d'une seule espèce ou d'un seul genre de plantes sous peine de paraître ridicule. Ce qui peut s'obtenir, — et encore avec bien de la difficulté, — dans les grands parcs : — l'harmonie et la grandeur dans l'unité de com- position, — serait ici puéril et impossible. Tâchez donc, au contraire, de va- rier autant que vous le pourrez les formes du feuillage et le port des plantes. Ne placez pas deux masses compactes à côté l'une de l'autre, un Bananier près d'un Èavenala, ou un Coccoloba pubescens près d'un Theophrasta. Mais l'effet sera excellent si, sous l'ombrage d'un Cocos flexuosa, vous plan- tez une vaste touffe de Strelitzia, ou si vous donnez pour fond aux tiges robustes et à thyrses jaunes accompagnées de larges feuilles de YHedychium Ga7xlnerianum, des touffes de Fougères, des Bambous ou des Conifères plu- meuses. Évitez tout feuillage trop roide, comme celui des Rhododendrons et des Camellias, et gardez ces belles plantes plutôt pour des serres spéciales où elles brilleront de tout leur éclat, formées en collections. Dans les masses végétales comme celles qui accompagnent le rocher sur notre plan, cherchez la disposition en amphithéâtre, les robustes feuillages noirs et entiers formant le dessous, et les silhouettes légères, comme les Pal- miers et les Fougères en arbre, perçant de leurs colonnettes empanachées le fond de ce soubassement plus sombre. Gardez les fleurs pour les bordures, les corbeilles spéciales, et n'en placez que quelques-unes seulement dans le rocher, en dehors de celles que les plantes y donnent spontanément. J'entends par " fleurs « les plantes en pots que l'on transporte des serres spéciales pour en orner le jardin d'hiver tem- porairement, et que l'on retire après la floraison : Primevères de Chine, Cy- clamens, Tulipes ducdeTholl, .Jacinthes, Bruyères, Crocus, etc., etc. Garnissez vos murailles ou parois vitrées latérales de la serre, de fils de fer ou de treillages en bois dans la partie opaque, de manière à offrir un soutien aux plantes grimpantes qui devront être plantées tout autour. 102 — Formez vos pelouses préférablement de Selaginella (Lycopodium) denti- cidata, que vous repiquerez au premier printemps ou à l'automne par petits fragments de 4-5 centimètres de longueur et à 8-10 centimètres les uns des autres, dans la terre de bruyère. Cette opération ne réussit pas aussi bien l'été, où la chaleur est trop grande et trop sèche. Garnissez les bor- dures des allées, des deux côtés , d'une ligne de légers ar- ceaux de fonte imi- tant le bois rustique, comme on les em- ploie dans les squa- res de Paris. Cela maintient les bordu- res propres, empê- che le pied du pro- meneur de les dégra. 1 der,retientles terres, etc. Surtout que votre serre soit avant tout -.pourvue d'un Ji,„„ système bon Plan d'un jardin d'hiver dans le style naturel de claies à claire - voie , en jonc ou en roseau, pour éviter que le soleil ne brûle les plantes pendantl'été. On devra pouvoir relever l'hiver ces claies par des pou- lies. Nous ne parlons pas du chauffage, pour lequel on devra consulter un con- structeur spécial. Les sentiers se- ront garnis de gros gravier de rivière, ou ce qui vaut mieux, bitumés ou bétonnés. On obtient aussi un bon compost, solide sous les pieds, en mélangeant du gravier à de la chaux en poudre dont on répand une couche sur l'allée solide et que l'on bat fortement ensuite. — 103 — Que la construction du rQcher soit des plus simples ; quelques pierres seule- ment, disposées naturellement, entrevues plutôt que vues et sortant peu du sol, voilà tout. Il faut proscrire absolument ce rocher monumental qui res- semble à une pièce de pâtisserie ou à des grains de raisins rangés côte à côte comme dans un poudding, ou comme les dents d'une mâclioire. L'Angleterre offre de remarquables exemples de ce mauvais goût. Surtout n'employez jamais ce qu'on appelle " de jolies pierres, « joujoux géologiques ou minéra- logiques qui font bien dans le cabinet d'un savant, mais qui sont d'un goût plus que douteux dans un jardin (|ui veut reproduire les beautés de la nature dans leur simplicité de bon aloi. Si à votre rocher vous ajoutez une flaque d'eau, qu'elle n'ait pas la forme tout à fait ronde, mais des bords arrondis, sinueux. Il ne faut pas que le bassin ressemble à une cuvette, ni non plus à une anguille ou à un ver de terre crispé. Toujours la même règle : éviter toute sorte d'excès. Une disposition que nous recommandons et qui donne une atmosphère saturée d'humidité chaude, excellente pour les plantes, est celle-ci : Faites passer dans la chaudière du chauffage le tuyau d'eau qui doit appor- ter l'approvisionnement à votre cascatelle et au petit bassin. Une partie re- courbée de ce tuyau, longue d'environ I mètre, plongeant dans la chaudière et soudée aux deux endroits où elle perce l'enveloppe de cette chaudière, suf- fira pour échauffer l'eau qui arrivera dans le bassin et qui se vaporisera en partie en tombant. Il en résultera une saturation d'humidité pour l'air qui donnera un remarquable surcroît de belle venue aux végétaux. Nous appe- lons tout particulièrement l'attention de nos lecteurs sur cette addition au chauffage et à l'arrosement. Telles sont les dispositions principales à prendre avant d'en venir au choix des plantes. Nous l'avons dit, ce choix est varié à l'infini. Au lieu de traiter la question sous les nombreux aspects qu'elle présente, nous préférons donner simplement ici la composition que nous proposerions pour la serre ci-jointe. Cette disposition pourrait même s'appliquer à une construction plus vaste que celle-ci. Nous n'avons choisi ce type modeste que parce qu'il rentre mieux dans les moyens du commun des propriétaires qui peuvent se donner une serre. Il va sans dire qu'on pourrait y faire toutes les modifications imagina- bles en plus. — J'ajoute qu'on pourrait même réduire la dépense si quelques- unes des plantes que nous indiquons étaient d'un prix un peu élevé ou d'un trop grand développement. (A suivre.) Ed. André. LE BANANIER D'ABYSSINIE. La faveur publique s'attache de plus en plus à cette noble plante. Elle est toujours rare dans les collections, à cause de la difficulté de sa multiplication qui jusqu'ici n'a guère eu lieu qu'en Algérie. Le Musa Ensete (Bananier d'Abyssinie) a été découvert par le voyageur anglais Bruce et introduit en Angleterre en 1853 par M. Walter Plowden,, 104 consul à Massouah, qui l'envoya à sir W. Hooker, à Kew. Ses fruits ne sont point comestibles, mais sa tige, surtout au centre, forme un mets délicat dont la saveur est délicieuse, quand on la cuit dans du lait ou du beurre, et seule- ment si la plante est jeune. On la cultive surtout dans les provinces de Met- cha, Goutto, et à Gondar. Les Gallas, peuple paresseux, en récoltent le pro- duit sans peine. Les fruits sont piriformes, secs, à graines noires. ^Y^ Deux des individus introduits fleurirent à Kew en 1860, un seul fructifia. Le Muséum de Paris en reçut de jeunes exemplaires dont l'un fleurit à son tour en 1863, mais sans produire de graines. Un an auparavant, en 1862, — nous dirigions à cette époque les cultures du fleuriste de la ville de Paris, — un pied fut placé dehors et s'y comporta très-bien. Il provenait d'Algérie, où Ton en possédait déjà plusieurs centaines, mises en vente à 30 francs la pièce, prix qui ne s'est guère abaissé jusqu'à présent. En 1863, on plaça le grand Musa Ensete du fleuriste de la Muette au parc Monceau ; il y fleurit et par conséquent périt l'année suivante, en sa qualité de plante monocarpienne. Depuis cette époque, on a signalé de nombreux cas de développement ex- traordinaire de cette admirable plante en plein air. M. de Lambertye a mesuré son accroissement prodigieux. M. Michaud, à Dijon, a vu des feuilles de cmq mètres de longueur sur r"50 de large; ceux de la grande serre de KeWontdépassésix mètres ! Au bois de Boulogne, le M. ^'n^e^eapassé dehors, avec couverture de feuilles, l'hiver de 1867 ; enfin, il adonné des graines mûres et fertiles en plein air chez le prince Demidoff, à San-Donato, près Florence. Notre gravure indique quel parti on peut en tirer pour la décoration estivale des parcs et jardins, placé isolément et avec art sur une pelouse. Ed. André. 105 — PLANTES NOUVELLES OU RARES. DÏEFFENBACHIA BOWMANI Cette belle plante, découverte par feu M. Bowman pendant son voyage dans le Brésil méridional, est sans contredit très-remarquable. Ses feuilles, qui atteignent de grandes dimensions, sont d'un vert tendre, ponctué de macules d'un vert noir : ce qui distingue la plante de toutes ses congénères ; elles atteignent 60 à 80 centimètres de longueur sur 30 centimètres de large. C'est ce qu'on appelle une plante d'exposition. MM. Veitch, qui mettent le D. Boivmani au commerce, ont associé son nom à celui du courageux voyageur qui a perdu la vie, comme tant d'autres, dans ses explorations de l'Amérique du Sud. Ed. A. — 106 — MÉLANGES. PROPRIETES VULNERAIRES DU PEUPLIER BAUMIER. Nous avions déjà constaté en Russie des propriétés analogues à celles de YArnica dans le Peuplier odorant (Popithis suaveolei^s), si abondamment répandu de Saint-Pétersbourg à Kiew. C'est pourquoi nous accueillons avec plaisir la communication suivante : « Monsieur le rédacteur, " Permettez-moi devons signaler les vertus vulnéraires d'une plante, qui, je pense, n'est guère connue comme telle. Il s'agit du Populiis balsmnifera. " Un jour, nous parcourions certaines contrées du Hainaut(Belgique), lors- que nous rencontrâmes un paysan qui s'était coupé assez fortement au doigt ; il était occupé à appliquer sur la blessure, laquelle avait été lavée préalable- ment avec beaucoup de soin, la résine que fournissent les écailles des bour- geons de cet arbre. Il s'enveloppa ensuite le doigt d'un peu de linge et nous assura que le lendemain la plaie serait totalement cicatrisée. Cet homme, déjà d'un certain âge, nous apprit qu'il usait de ce vulnéraire depuis sa jeu- nesse et que les effets avaient toujours été prompts ; il ajouta que cette vertu est tellement eiïicace, instantanée, qu'il n'ose pas appliquer cette résine' lorsque la plaie n'est pas bien propre. " J'espère que vous voudrez bien m'excuser de vous adresser directement cette communication; j'ai cru, peut-être avec raison, qu'elle pourrait être de quelque utilité pour vos lecteurs. " Veuillez agréer, etc. " Charles Patin, " Royal Herbarium, Keio Gardens. » EFFETS DU FROID SUR LA VEGETATION. Durant les hivers de 1828-1829 et de 1829-1830, le professeur Gœppert, de Breslau, l'un des botanistes paléontologistes les plus érudits de l'Europe, avait commencé une série d'expériences sur les effets du froid dans ses rapports avec la végétation. Ces expériences ont été reprises par lui en 1870, malgré son grand âge, et c'est le résumé de ses déductions, consignées dans une publication récente, que nous traduisons ici. Toutes les plantes de plein air sont susceptibles d'être détruites par Un froid continu, suivant le plus ou moins de fiuicle contenu dans leurs cellules. Il résulte de cette loi que le tissu cellulaire est plus rapidement désorganisé que le tissu vasculaire et les plantes herbacées que les ligneuses. Le contenu des cellules ou protoplasma manifeste de grands changements sous l'influence de la gelée, ainsi que l'ont établi Nœgeli et Sachs. Au con- traire, ni les cloisons des cellules, ni les vaisseaux ne sont brisés, même dans — 107 — les plantes que le froid a fait périr ; de là l'extravasement abondant de l'eau à la surface des plantes gelées. La décomposition chimique est partout très- active. La cellulose et la chlorophylle sont décomposées , d'où résulte la décoloration et enfin le noircissement des feuilles, commencement de leur humification. Cette altération a lieu également dans les rayons médullaires et le tronc se fend bientôt longitudinalement. Naturellement, tout le reste de ce qui constitue l'organisme intérieur des cellules est peu modifié, et les chan- ■ gements se réduisent, par exemple, comme dans les pommes de terre gelées, à la modification de l'amidon en sucre. Jusqu'à présent, on ne possède que peu de notions sur la susceptibilité indi- viduelle des plantes au froid, et leur propre constitution seule gouverne leur degré de résistance. Les végétaux ne s'accoutument jamais à une température absolue plus basse que celle, de leur pays natal. On cultive fréquemment des plantes dans l'espoir de les acclimater., mais on n'a jamais réussi à les habituer au froid. Le Dahlia, par exemple, qui est cultivé depuis plus de soixante ans, est aussi délicat que le premier jour. Il y a plus, les plantes mêmes des contrées aussi froides et plus froides que les nôtres, mais dont les saisons sont plus précoces ou plus tardives, ne s'adaptent pas à ce changement. Le Rohinia [jseudaca- cia, originaire de Pennsylvanie, bien qu'il soit cultivé en Allemagne depuis plus de deux cents ans, ne s'y est pas encore naturalisé (1). Notre printemps est plus précoce qu'en Pennsylvanie, mais le Robinia ne pousse pas aussi tôt que nos arbres indigènes, ne perd pas ses feuilles jusqu'à ce que le froid les gèle et par conséquent il périt souvent par des abaissements de température qu'il supporterait facilement dans sa patrie. La même cause fait souvent perdre les Gléditschias et même les jeunes Platanes. On peut attribuer cette susceptibilité des plantes à plusieurs causes locales et accidentelles : la différence des fluides intérieurs ; les vents ; les brusques variations de température ; le degré de froid ; la situation ou exposition. Le chou commun [Brassica oleracea) et le Crambé [Crambe mayntima) avec l'Hellébore fétide (Helleborus fœtichis) sont peut-être les seules plantes indigènes à tiges herbacées que nous connaissions comme résistant parfaite- ment aux hivers. Les courants froids ou vents glacés sont préjudiciables aux plantes, on le sait, de même qu'ils sont pernicieux, ce que l'on sait moins, par la sécheresse qu'ils déterminent et l'évaporation des liquides contenus dans les cellules et qui ne peuvent plus être remplacés dans l'état de congélation. Les variations subites du froid au chaud et réciproquement finissent par être fatales même aux plantes les plus rustiques. Ainsi le Lamium purpu- reum et le Seneclo viûgaris finissent par périr après avoir gelé et dégelé une demi-douzaine de .fois (2) . On ne saurait encore établir le degré de froid que les végétaux sont capa- (1) On affirme que le premier Robinier fut introduit en France par Vespasien Robin dés 1635, et l'on voit encore cet arbre dans le jardin du café restaurant qui avoisine la galerie de Botanique au Jardin des plantes de Paris. {Note du rédacteur-traducteur.) (2) Nous avons cependant remarqué cet hiver plus de douze cas de ces gels et dégels, sans que ces plantes en aient souffert. (Idem.) — 1U8 — blés de supporter, parce qu'il faut surtout tenir compte des circonstances qui le modifient. Middendorf l'estime à — 30"5 ; Robert Kane mesura — 43"j6' Réaumur sous 78"37' de latitude Nord et Mac Clure — 47" Réaumur. Au delà de cette latitude, à 82"11, Kane trouva une végétation luxuriante, quoique uniquement herbacée. La limite des espèces arborescentes est plus proche de nous ; le Mélèze {Lariœ Sibirica) ne dépasse pas en Sibérie la Taimyrlande, sous le 72^ degré de latitude ; en Europe, il va jusqu'au 70^, et dans l'Amé- rique du Nord il s'arrête entre 68° et 69" N. On doit attacher une grande importance à ce fait que les plantes herbacées, de même que les parties basses des arbres et des arbustes, sont protégées par la neige. Kane trouva, sous le 78"50' N, une température de —27" sous la neige; à une profondeur de 2 pieds, — 17"; à 4 pieds, — ISoOS ; à 8 pieds, — 1"06, et probablement au niveau du sol, — 1" seulement. Les premières expériences du professeur Gœppert faites sur la température de la neige pen- dant le rude hiver 1829-1830 et poursuivies en 187U, portèrent sur des tem- pératures très-basses pour nos régions et tout à fait inusitées sous nos lati- tudes. Ainsi, la neige étant régulièrement étendue à une épaisseur moyenne de lo' centimètres, après trois des jours les plus froids ( — 20° à — 21° Réau- mur), il trouva — 5° à 6° ; à la surface du sol, — 2°, et à 30 centimètres de profondeur sous le sol, 0" R. De toutes ces observations il ressort que les plantes des hautes latitudes, de même que celles des sommets élevés des Alpes, ne sont pas exposées à des froids très- intenses ; car la neige tombe invariablement en grande quantité avant les fortes gelées, empêchant le rayonnement et conservant un degré de température uniforme. On peut justement en inférer que le Pôle Nord lui- même montrerait aux explorateurs une luxuriante végétation. Dans la pratique, la neige est la meilleuie couverture hivernale pour les plantes alpines dans nos jardins, et son absence -peut expliquer nombre de pertes. Néanmoins, la couverture de neige n'empêche pas les racines de geler. Les plantes ne croissent pendant l'hiver que lorsque la neige a fondu depuis quelque temps, et il n'y a guère que la Pâquerette [Bellis perennis) et l'Hel- lébore [Helteborus niger) qui gèlent et dégèlent, et poussent sans que leurs racines cessent d'être gelées i^l >. On sait, de plus, que les plantes peuvent sup- porter divers degrés de tempéi'ature sur différentes parties de leur individu sans en souffrir. Middendorf a constaté dans la Sibérie du nord que les saules fleurissent pendant que les parties basses de ces arbustes restent encore gelées. Ld. André. (1) Aux observations du savant professeur Goeppert nous pouvons ajouter que beaucoup d'autres espèces continuent de végéter par leurs organes aériens, sans (lue leurs racines cessent d'être gelées. On pourrait en relever une liste complète si l'on en pi^euait la peine. Ainsi, il nous est plusieurs fois arrivé d'arracher des Roses de Noël et Hellébores verts [Helleborus niyer et H. viridis) en pleine gelée, et, par un rayon de soleil, nous avons vu les fleurs s'épanouir, pendant que la motte restait prise et les racines au-dessous de zéro. Il en est de même pour les Eranthis hyemalis. Crocus, Galanthus nivalis, et certainement bien d'autres espèces. E. A. 109 CHRONIQUE HORTICOLE. 15 avril 1872. Le " Thanksgiving day. •- — Le 2 mars dernier, à Londres, a eu lieu la grande cérémonie d'actions de grâces du peuple anglais à l'occasion de la guérison du prince de Galles. L'horticulture a eu sa part dans cette touchante et cordiale manifestation d'un peuple fidèle à ses souverains et à ses institu- tions. Ludgate Hill était orné de festons d'arbustes verts et de fleurs imitées, le tout couronné par un grand arc de triomphe de style gothique. Les mai- sons de MM. Carter, à Holborn, de MM. Dick Radclyff"e et G", étaient illumi- nées et décorées de fleurs, de lauriers, de roses, de gui, de médaillons et portraits du prince, etc. A la cathédrale de Saint-Paul, oti vint s'arrêter, pour remercier Dieu, la procession royale, les murs avaient été richement drapés. La chambre de la princesse de Galles, tendue de bleu, avait reçu une profusion de fleurs de chez M. J. Wills, d'Old Brompton. Des touffes de Muguet, Anthurium Schertzericmion, Lycaste Skinneri, Azalées, Camel- lias, Dendrobiiim, Palmiers et Fougères ; de magnifiques Adianturu Far- leyense surtout; des bouquets de Violettes, de nombreuses Orchidées, des Gardénias, Roses maréchal Niel, formaient de ravissants massifs. La reine et les princesses acceptèrent des bouquets comme souvenir de cette fête si chère à leur cœur, et manifestèrent hautement leur satisfaction de cette charmante décoration florale. Exposition d'insectes utiles. — Dans l'orangerie du jardin du Luxem- bourg, la Société centrale d'agriculture de Paris tiendra, du 18 août au 8 septembre prochain, une Exposition générale des insectes utiles aux jardins et aux champs. Nous voyons par le programme qu'une extension considé- rable sera donnée à la composition première de cette exhibition, et qu'on y recevra tous les insectes et même les animaux utiles ou nuisibles aux cul- tures. Ceux de nos lecteurs qui désireraient de plus amples renseignements sur ce sujet pourront s'adresser à M. Hamet, 59, rue Monge, à Paris. Nouveaux Résédas. — Le Gafxlenet's' Chronide annonce que M. Geb- hardt , horticulteur à Quedlinburg (Saxe) , vient de mettre au commerce trois variétés nouvelles de Réséda qui surpassent tout ce qui était connu jusqu'ici. Ce sont : R. bouquet pyramidal, feuillage foncé, port pyramidal, forts épis de fleurs rouges, au nombre de 300 sur un seul spécimen; R. pyra- midal géant, tige ligneuse, fortes branches, épis de 25 centimètres de long, nuance rouge, atteint 75 centimètres de haut; R. nain comp)acte, buisson semi-globuleux, large de 50 centimètres, compacte, fleurs teintées de rouge, très-nombreuses, épis ramassés. On dit le plus grand bien de ces nouveaux gains pour le plein air comme pour la culture en pots. Un hybride de deux genres. — On voit en ce moment dans les serres de MM. Veitch, à Chelsea (Londres), une plante fort curieuse qui est un nou- vel exemple de la possibilité de créer des hybrides entre deux genres distincts. TOME XIX. — 15 AVRIL 1872. S — 110 — Le D'' M. Masters a donné à cette curieuse plante, obtenue par M. Dominy d une fécondation adultérine entre le Philesia buxifolia (mâle) et le Lapa- geria rosea (femelle), un nom qui rappelle ces deux genres : Philage- ria Veitchii. Nous constatons aujourd'hui le fait d'hybridité, nous proposant de revenir sur ce gain extraordinaire à l'article plantes nouvelles. Exposition de Birmingham. — La grande exhibition horticole provin- ciale de la Société royale d'horticulture de Londres, qui aura lieu cette année à Birmingham au mois de juin, promet d'être magnifique. Elle égalera et dépassera, dit-on , celle de l'an dernier à Nottingham. Le prince Arthur d'Angleterre sera présent à l'ouverture. Les prix sont considérables : leur total est aujourd'hui de plus de 880 livres sterling (22,000 francs), et attein- dra plus de 1,000 livres. La gelée et les vignes de Thomery. — Ayant entendu annoncer que les vignes de Thomery, près Fontainebleau, avaient eu leur vieux bois gelé dans la nuit du 8-9 décembre dernier, nous nous sommes informé et avons appris que ce malheur n'est que trop véritable, sans être cependant aussi général qu'on l'avait dit. Beaucoup d'intelligents et laborieux cultivateurs dont la production de ces beaux raisins si connus était la fortune, vont ainsi se trouver ruinés. Encore une calamité de plus à ajouter à celles qui avaient frappé si cruellement ces pauvres horticulteurs ! Les plantes bulbeuses chez MM. Veitch. — Le 22 mars dernier, nous avons vu chez MM. Veitch, à Londres, une remarquable exposition publique de Jacinthes et plantes bulbeuses variées. Les Anglais, à qui tout le monde reproche d'être tributaires de la Belgique et de la Hollande pour ses plantes, les cultivent maintenant avec une grande ardeur, mais ils ne peuvent encore les multiplier assez pour s'affranchir des contributions énormes qu'ils payent en ce sens aux Pays-Bas. Nous avons noté, parmi les Narcisses multiflores, les variétés suivantes, que nous signalons comme bien distinctes, ce qui n'est pas toujours le cas dans des collections trop nombreuses : Narcissus sulphurine, jaune pâle, centre jaune indien : N. JuNO, jaune pâle, centre jaune d'or ; N. Grand Monarque, blanc, grand centre jaune pâle; N. Louis le Grand, blanc pur ; N. Newton, beau jaune, centre plus foncé; N. Grand Sultan, blanc, centre jaune d'or ; N. Golden cup, jaune brillant, centre jaune d'or. On trouvera ces variétés chez tous les marchands, à Haarlem (Hollande). L'horticulture parisienne et la guerre. — Nous venons de recevoir le rapport de la commission nommée par la Société centrale d'Horticulture de France sur les désastres soufferts par les horticulteurs du département de la Seine. C'est une lamentable peinture des ravages exercés par les Prussiens, et souvent, hélas! le tableau de dévastations inutiles, faites pour le seul plaisir de la destruction. M. Buchetet, le rapporteur, fait ressortir ces détails avec une véritable et navrante éloquence. Les pertes, en plantes seule- ment et matériel horticole, subies par 560 horticulteurs, dépassent huit mil- lions de francs. Une somme de 516 livres sterling (12,900 francs) a été versée généreusement comme fonds de secours par nos confrères anglais, mais ce — 111 — courant a été arrêté par les atrocités de la commune, et les abominables scélérats qui ont souillé le nom de Français sont encore la cause de cet arrêt dans la sympathie de nos voisins. Combien de temps ne faudra-t-il pas pour que tant de ruines soient effacées? Végétaux consommés à, Paris pendant le siège. — « Nécessité est mère de l'invention. « Nous citions, il n'y a pas longtemps, la soupe aux bégonias comme un aliment employé à Paris pendant le siège par quelques privilégiés. Voici une liste de légumes publiée par M. Clemenceau dans la Revue horticole et consommés faute de mieux pendant ce temps néfaste : Feuilles de betteraves, navets, raves, radis cuits à l'eau et assaisonnés comme épinards ; Salade de jeunes feuilles de radis et moutarde blanche ; Jeunes feuilles de choux fourragers, colza, au gras, assez bonnes ; Feuilles de bourse à pasteur (Capsella bursa j^storis), qui croît le long des chemins, cuites et assaisonnées au gras, et aussi en salade; Après l'armistice, plantes des campagnes consommées avant le ravitaille- ment : Centaurée chausse-trape [Centam^ea calcitrapa) , Lampsane com- mune {Lapsana vulgaris), Trilobé, laitue vivace ou Egreville, Scorsonères sauvages, etc., etc. Dans ces essais forcés, on a trouvé la preuve qu'un grand nombre d'herbes vulgaires pourraient trouver un emploi cuHnaire, et feu le professeur Lecoq avait déjà signalé ce fait il y a longtemps dans un article intitulé : deux cents légumes nouveaux. L'alcool et les insectes. — M. Carrière, dans la Revue horticole, dit avoir vu notre collègue, M. I. Leroy, chef de culture chez M. Guibert, à Passy-Paris, laver tout simplement ses plantes de serre avec de l'alcool pur, sans que les feuilles en souffrent. M. Leroy dit que c'est le meilleur mode de destruction des insectes. A noter et à essayer. Faucheuses mécaniques. — Au moment où s'ouvre la saison du prin- temps et où il faut songer à soigner les gazons et les pelouses, nous ne sau- rions trop engager les possesseurs de jardins à délaisser le fauchage ordinaire à la faux pour se servir des faucheuses mécaniques anglaises. En France et en Belgique, on ne fait pas encore assez usage de ces excellentes inventions. Les premiers essais n'avaient pas donné de bons résultats, soit qu'ils fussent mal exécutés, soit que les graminées à couper n'offrissent pas la même con- sistance qu'en Angleterre. D'ailleurs, les prix étaient trop élevés. Aujour- d'hui, il n'en est plus de même. Nous avons vu les expériences instituées à Paris sur l'avenue de l'Impératrice, et qui ont pleinement réussi. Les ma- chines employées, mues par un seul homme, ont fonctionné à merveille, cou- pant le gazon ras comme un tapis de billard. Elles provenaient des ateliers de M. Williams, qui a établi un dépôt à Paris, rue Caumartin, n» 1. — Elles portent le nom de faucheuses archimédiennes. Celles de MM. Shanks, de Londres, sont également bonnes. Le petit modèle de la machine Williams, à couteau long de 30 centimètres, coûte 125 francs ; celle de 35 centimètres, 150 francs. Elles sont facilement conduites sans fatigue par un seul ouvrier. Ed. André. — 112 — PI. coloriée XCV. CAMELLIA FRANCESCO BURLAMACHI. TëRNSTRŒMIACÉES. ETYMOLOGIE ET CARACTÈRES GÉNÉRIQUES ET SPÉCIFIQUES : voir /«i« tration horticole, t. VIII, pi. 306, et t. X, p. 345. CARACTERES DE LA VARIÉTÉ : forme très -régulièrement imbriquée; pétales lar- gement ovales, un peu échancrés ; ceux du centre irréguliers, oblongs; tous d'un beau carmin vif, finement strié, plus foncé et portant au centre une large bande blanche longi- tudinale, plus élargie au sommet correspondant à l'échancrure et jaunâtre au centre. SORTIE DES CAMELLIAS A L AIR LIBRE {SUlte). Si on laisse les Camellias dans la serre pour causes majeures, on aura la précaution de remplacer les panneaux vitrés par des claies légères de roseaux ou de bourdaines qui tiennent lieu d'abri, garantissent des ardeurs du soleil et empêchent les grandes pluies de battre la terre et de fatiguer les plantes. Dans les établissements où les abris de Thuias manqueront, la même précau- tion sera fort utile aux plantes exposées au grand air. Les derniers jours de septembre, un peu avant les grandes pluies et les dérangements de l'atmosphère à l'équinoxe d'automne, sont le meilleur mo- ment pour la rentrée. Auparavant, on procède à une visite générale, à un remaniement complet, en un mot, à une toilette indispensable. Tuteurer les mal formés, laver les feuilles souillées, rempoter les plantes dont la terre s'est décomposée, tailler quelques branches envahissantes, laver les pots ou caisses, etc., tels sont les soins principaux que réclament les Camellias le dernier jour qu'ils doivent rester au dehors. Aussitôt dans la serre, il faut autant d'air que possible, afin qu'ils ne pas- sent pas brusquement d'une température à une autre, ce qui ferait tomber leurs boutons. Bientôt, par degrés, on fermera les vasistas, d'abord la nuit, et le jour enfin lorsque les gelées commenceront à sévir. (A suivre.) Ed. A. P Sroobaitt, adiiatpiiixmHorto UnA Eul Lith.de LStrcobant, àGap.a. 113 JARDIN POTAGER-FRUITIER. LE JARDIN POTAGER FRUITIER DE BERRY-IIILL. Le dessin des jardins fruitiers et potagers est d'une désolante uniformité dans les neuf dixièmes des propriétés de plaisance en Belgique, en Alle- magne, en France et même en Angleterre. L'utilité y est généralement bien entendue, mais c'est tout. On ne semble pas se douter de l'intérêt que pour- rait présenter un dessin agréable qui ne sacrifierait rien du nécessaire pour la culture et la rotation des récoltes. Aussi, c'est pournous une bonne fortune de pouvoir citer le jardin potager de Berry-Hill,près Maidenhead (Angleterre), comme exemple d'une originalité parfaite et d'un goût indiscutable. Berry-Hill est la résidence de M. J. Noble. Le parc n'est pas d'une grande étendue, mais il a été dessiné par M. Marnock avec un art exquis. Les bords du lac surtout dénotent un esprit d'invention et une entente du style naturel que nous n'avons pas vu encore égaler en Angleterre. Nous reviendrons sur la description de ce délicieux coin de terre. Aujourd'hui nous nous en tenons au jardin potager. Pour ne rien masquer des vues du paysage, on a placé avec intelligence ce potager le long d'une des limites du parc, longitudinalement à la route publique dont il est séparé par un mur couvert d'espaliers. Du côté du parc, nulle clôture ne vient offusquer le regard, si ce n'est une haie d'arbres frui- tiers devant laquelle se détachent, sur une bande de gazon, de beaux spéci- mens d'arbres rares d'ornement. Au fond du potager, les serres et bâtiments d'exploitation sont disposés de la manière la plus commode. La première rangée se compose d'une façade de serres à vignes comprenant quatre compartiments pour quatre saisons de forçage, et de deux serres en pavillons latéraux affectées, l'une aux fruits sous verre, l'autre aux plantes de serre froide. Derrière cette rangée de serres sont placés les hangars aux outils, aux rempotages, la serre à cham- pignons, etc. L'espace dévolu à une petite pépinière d'attente sépare ces pre- mières constructions de la seconde série, qui comprend les serres à melons, concombres, ananas, fougères, les châssis, etc. Le tracé du jardin potager, au lieu d'être formé, comme toujours, d'allées en croix et de carrés symétriques, est curviligne à son extrémité, et l'allée centrale est bordée d'une large bande de gazon sur laquelle sont des corbeilles de fleurs QQ, séparées des légumes par un feston de roses. Une autre bor- dure fleurie forme le front des serres. Cette décoration florale est le principal attrait de ce charmant jardin. En A, est une corbeille de fleurs, bombée, de forme circulaire, avec un vase au centre. A chaque extrémité de l'allée cen- trale un Hêtre pleureur, taillé et palissé avec soin, forme une arche ou ber- ceau de feuillage BB d'un effet remarquable. En CC sont deux lignes de contre-espaliers, formant une muraille de verdure à jour. Les arbres d'orne- ment, sur la bande gazonnée qui sépare le potager du parc, sont ainsi à ZjT TILS rempotag SERRES A VICktS P QlATRE SAISONS, SCRRE FROIDE a ^ OOO 'i : e J ^ i *Ï5« ; co î "- ~ . -• « 1 :: o UJ o "ôS ? 1 ^ L © ^ Og,FLEUR's.Oj^ \ ^ 'o ° 9 " e ° S ° \J? B fQ fRftiSIERS Jardi £0 30 Il potager-fruitier de Berry-Hill. «(? Aif.rR£S — 115 — répartis : D, Houx panaché, E, Houx doré, F, Juniperus Sijiensis, G, Abies Pinsapo, H, Sciadopytis verticillata, I, Thuio(jsis dolahrata, J, Houx, K, Wellmgtonia, L, Craiœgus 2nmicea, M, Cupressus pjendida,^, Fagus sylv. pendida, 0, Ahies nobilis, P, Cedrus Deodara. Au lieu d'enserrer les carrés du potager dans un réseau de fils de fer sup- portant les contre-espaliers, les arbres fruitiers à Berry-Hill sont simple- ment des pyramides placées de chaque côté de la grande allée et au delà de la plate-bande de gazon et de fleurs, de manière que leurs branches ne vien- nent pas encombrer le passage. Les pommiers, formant une petite Norman- die, sont taillés en gobelets placés à l'extrémité curviligne du jardin. Une ligne de Pommiers paradis en cordons suit le pied des Poiriers pyramides. Les Cassis, Groseilliers, Framboisiers sont plantés sur les plates-bandes et forment transition avec les massifs du -parc. Les carrés de Fraisiers, Asperges et légumes permanents, sont disposés symétriquement, de chaque côté de l'allée du milieu; le reste de l'espace est consacré aux légumes annuels, et le long du mur d'espalier au midi, une bande de terrain est réservée aux légumes hâtifs. Le plan ci-contre donnera une idée fidèle du jardin potager de Berry-Hill. Nous sommes heureux de pouvoir parler de visu de cette charmante pro- priété, et nous voudrions voir des propriétaires ruraux suivre cet exemple sur de nombreux points du continent. Ed. André. DE LA CULTURE DES PATATES. En mars et dans les premiers jours d'avril, les tubercules de patates doi- vent être mis en végétation sur couche, pour faire des boutures au fur et à mesure du développement des germes ou jeunes tiges. Cette plante, dont la culture est trop négligée, vient facilement dans les terres légères et sablon- neuses, sans de trop grands soins. Dans ces conditions, nous avons récolté en poids, sur une égale surface, un tiers ou trente pour cent de plus que dans une plantation de pommes de terre faite à côté dans le même sol. Nous plan- tons les patates dans une terre très-meuble et bien préparée à la distance de 60 centimètres en tous sens ; nous arrosons les pieds au besoin pendant les fortes sécheresses. Quelquefois nous les plantons dans des caisses en bois ou dans des pots de 30 à 35 centimètres de diamètre, remplis de bon sable gras. Nous plongeons entièrement ces vases dans le sol en les couvrant de terre et leur donnant la même distance. A la récolte ils sont presque remplis de grosses racines charnues, tuberculeuses, dont quelques-unes dépassent souvent le poids d'un kilogramme chacune. La variété que nous préférons est la rose de Malaga, comme étant la plus sucrée. L'une des plus produc- tives du genre est sans contredit la Patate blanche igname, qu'il ne faut — IIG — pas confondre avec l'Igname de la Chine (Dioscorea batatas), d'importation assez récente. Les feuilles de patates remplacent avantageusement celles des épinards qui manquent le plus souvent à partir de la fin d'avril. On les prépare de même en cuisine : elles offrent un mets friand, gras et légèrement sucré. Sous ce rapport seul, la culture de la patate mérite quelque attention de la part des amateurs de légumes frais et verts. Les tubercules cuits sous la cendre ou à l'étouffée dans une cocotte, sont excellents ; on les mange au beurre, au moyen d'une petite cuiller et à l'instar des œufs à la coque ; préparés à la sauce au blanc c'est un plat délicieux, qui peut être servi sur toutes les tables, pendant la saison d'automne et une partie de l'hiver. BossiN {Journ. de Vagricult.). HORTICULTURE D'ORNEMENT. UN PAYSAGE DE PLANTES VIVACES. Le règne de l'horticulture décorative, qui avait atteint son apogée il y a quelques années, au moment où les jardins publics de Paris empruntaient une richesse inaccoutumée à la flore tropicale, nous paraît entrer maintenant dans la période décroissante. Il restera, de l'art de grouper les fleurs et sur- tout les plantes à feuillage, des leçons qui porteront toujours leur fruit, mais tout ce qui prenait les proportions exagérées d'une fantaisie bizarre et coû- teuse disparaîtra comme tous les caprices de la mode. Les plantes à feuillage ornemental, dont nous avons été et sommes encore un amateur passionné en tant qu'elles sont vraiment belles, avaient tourné toutes les têtes. On en était arrivé à les substituer absolument aux fleurs. Nous-même, en écrivant le traité de leur culture et de leur emploi horti- cole (1), n'avons-nous pas intitulé un chapitre : un monde de feuillages, et donné la composition de ce jardin sans fleurs ! C'était là un excès ou plutôt une suggestion un peu paradoxale, que nous n'avons pas à regretter, mais qui fait place, maintenant qu'une réaction toute naturelle commence à se produire, à un sentiment plus modéré. Sans discourir sur les avantages et les inconvénients de ce système trop exclusif, notre opinion est que nous entrons à présent dans une voie diffé- rente, qui mérite toute notre attention. Nous savons bien peu, ici-bas, gar- der le vrai milieu en toutes choses, et peut-être dans peu d'années, oublieux des beautés réelles des plantes à feuillage et des espèces tropicales livrées à la pleine terre l'été, brûlerons-nous ce que nous avons adoré. Gardons -nous, s'il se peut, de ces excès. Ne proscrivons pas les belles choses, d'où qu'elles (1) Les plantes à feuillage ornemental, par Ed. André, 1 vol. in-12 avec gravures. Prix : 2 francs, chez l'auteur, 10, rue Labruyère. — 117 — viennent, mais sachons retrouver les jouissances dont les vrais amateurs d'autrefois se montraient jaloux. Retournons aux collections d'amateurs, et comme les jardins de plein air l'emporteront toujours sur les serres pour le grand nombre des amis des plantes, cherchons dans les végétaux rustiques des délassements délicats. De leur culture intelligente et de leur emploi ingé- nieux naîtront de douces émotions : elles vaudront bien celles qui provien- nent d'une masse de feuillages uni colores ou de plantes de serre aux couleurs brillantes mais uniformes. \ue (Viiii pavsaae de plan C'est dans l'observation de la nature et de ses jardins naturels que nous découvrirons des règles de goût pour employer les arbustes à fleurs et sur- tout les plantes vivaces, trop délaissées jusqu'ici, à la décoration des parcs et des jardins. Même le style paysager moderne n'a été jusqu'ici qu'artificiel. En France, oti il s'est développé avec tant d'éclat depuis vingt ans, il s'est tenu dans des lois esthétiques de convention qui n'ont jamais pris leur source dans l'imitation vraie des beaux sites de la nature. Nous reviendrons sur ce sujet dans une série d'articles et nous exposerons avec détail tout ce que notre expérience et nos voyages ont pu nous inspirer sur cette matière pleine d'enseignements. Nous ne voulons que prendre date aujourd'hui en signalant l'opportunité de revenir à des préceptes plus vrais en matière horticole, et en nous faisant, dans notre sphère restreinte, l'avocat du style naturel appliqué au tracé et à la décoration des jardins. Nous sommes convaincu que c'est rendre service que d'ouvrir une cam- — 118 — pagne dans ce sens. Nous savons d'ailleurs que le mouvement que nous signalons ne se fera pas attendre. Il est dans l'air, si nous pouvons parler ainsi. Tout nous l'indique : les abus que nous venons de citer; le luxe effréné qu'entraîne l'horticulture comme elle était comprise dernièrement par des hommes de plus d'imagination que de raison ; la période de calme qui doit fatalement succéder aux derniers bouleversements de la société ; le goût qui s'épure toujours dans les pays civilisés, malgré les orages des révolutions et des guerres ; enfin ce besoin de changement inné chez les peuples comme chez tout homme en particulier. En Angleterre, où l'on croit à tort que le jardi- nage paysager est généralement bien compris, de bons esprits viennent à l'idée que nous exprimons. Notre collègue et ami M. Robinson, avec qui nous avons souvent parlé de ces « jardins de la nature » qu'il y aurait tant de mé- rite à imiter, entreprend dans le journal " the Garden » de développer cette idée féconde. Pour la réalisation de ce programme il ne lui manque ni le talent, ni le savoir, et nous travaillerons de conserve sur un sujet aussi sym- pathique. Pour traduire par des exemples sensibles les propositions qui précèdent, commençons par expliquer la composition d'une petite scène composée de plantes vivaces indigènes et exotiques dans le style naturel, sur le bord d'un massif d'arbres et d'arbustes. Au lieu de tracer des lignes droites ou des courbes étudiées et régulières, c'est l'irrégularité la plus complète que nous chercherons, en groupant nos végétaux d'une manière pittoresque et harmonieuse à la fois. Si l'on prend son modèle, par exemple, sur le bord d'une forêt, situation qui se rapporte à la nôtre, on verra que les touffes épaisses du taillis viennent d'ordinaire allonger leurs branches inférieures sur le sol de la clairière et se mêler avec le gazon par une transition doucement amenée. Nous parlons de la masse boisée et non des groupes ou des grands arbres détachés du fourré et isolés sur le gazon. Sur cette lisière, de grandes plantes sylvicoles, qui cherchent la lumière, sortent des arbres ligneux et se détachent sur le feuil- lage comme une touche de vigueur dans une peinture : Digitales pourprées. Verges d'or, grandes Ombellifères, Graminées vigoureuses, etc., etc. A leur pied des espèces plus humbles mêlent leurs feuilles et leurs fleurs, dont l'épanouissement se succède toute l'année, une espèce disparaissant pour faire place à une autre jusqu'à l'année suivante, et le tout formant un tableau com- plet, sans cesse renouvelé. Nous parlons, bien entendu, des jolis sites que l'on rencontre à chaque pas dans les stations sylvestres, et qu'il faut savoir observer et reproduire. Avec ce point de départ, notre bordure sera facile à comprendre et le dessin suivant, accompagné d'un plan, en rendra l'exécution facile. Le massif de fond sera composé d'un bois naturel ou d'essences forestières plantées, que l'on pourra border de quelques arbustes d'ornement : Spirées, Rosiers non taillés, Cornouillers, Lilas, Mahonias, Noisetiers pourpres, etc., de manière à varier autant que possible les fleurs et les feuillages du premier plan du massif et du dernier plan de la bordure. A, Bamhusa aurea; B, Gynerium; C, Lilium tîgrinum; D, Géranium pratense ; E, Arum Italicum; F, Bielytra spectahilis ; G, Funkia Japonica; H, Yucca flaccida; I, Digitalis piirpurea; J, Lilium candidiim; K, Aconitum napellus ; L, Cypripedium — 119 — calceolus; M, Dodecatheon meadia; N, Géranium platypetalum; 0, Viola cornuta ; P, Ao'imdo conspicua; Q, Aster roseus; R, Gynerium roseum; S, Pœonia edulis ; T, Saxifraga hypnoïdes; U, Iris persica; V, Papaver bracteatum; X, Liatris spicata; Y, Yiecca flaccida; Z, CampanwZa latifolia. ïr.-S'-S^'— -ySs. Mefssi /' /'ores l t Cl • '^^!^ o o + - -I- ^ J. + o ° o /< '-^ -1- O O '' o "O o ^ Plan d'une bordure de plantes vivaces dans le style naturel. Echelle de OniOOS par mètre. — La ligne ponctuée indique la limite du terrain cultivé. Dans les intervalles de ces plantes, on parsèmera le terrain de Crocus en bordure, Narcisses, Jonquilles, Jacinthes, Anémones, Renoncules, Tulipes hâtives, Galanthines, Eranthis, Bulbocodes, Erythrones, et autres espèces bulbeuses qui seront l'ornement du printemps, en attendant la végétation des espèces plus tardives. Voilà un exemple entre mille. Il inaugure la série que nous continuerons. Il ne suffit pas de donner des descriptions plus ou moins réalistes ou poéti- ques des choses qu'on a vues et de conseiller de les imiter. En matière de jardins paysagers comme en art en général, la même chose n'est jamais vue et ne sera jamais dépeinte de la même manière par deux personnes diffé- rentes. Tel coin de paysage alpin ou pyrénéen que vous aurez longuement étudié sera aussi difficile à reproduire ailleurs que le serait un portrait de femme d'après la description la plus détaillée. Il faut parler aux yeux, donner des dessins, des exemples. C'est l'explication du modèle ci-dessus. Qu'on essaye des mélanges analogues, et l'on verra ce que ces fouillis calculés peuvent ajouter de charme à la vie de campagne ! Ed. André. _ 120 — PLANTES NOUVELLES OU RARES. CROTON MULTICOLOR. Très-distincte variété, originaire des îles de la mer du Sud et rapportée par feu J.-G. Veitch. Feuilles atteignant 16-20 centimètres de long, de forme irrégulière, oblongues spatulées, irrégulièrement contractées au centre, vert léger dans leur jeune âge, ponctuées de jaune, puis devenant plus foncées également maculées de jaune rouge, avec la côte médiane cramoisie et les veines secondaires jaunâtres ; surface inférieure rouge. Serre chaude. 121 ARIS^MA FILIFORME, Blume. Le jardin botanique de Leyde u reçu de lîuitenzorg (Java) cette belle plante décrite autrefois pai' Blume dans sa Runiphia, 1, 102, t. 28, avec une belle planche coloriée. C'est de là que l'a obtenue M. Linden, chez qui nous l'avons vue en fleurs et décrite provisoi- rement en attendant que des recherches nous permissent de l'identitier, s'il y avait lieu, avec une espèce connue. L'A. fUifornie est une plante rhizomateuse, à pétioles dressés, hauts de 0"',75, menbraneux et couverts d'écaillés à la base, zébrés de bandes rugueuses Jaunâtres tiquetées de rouge, et parfois liserés pourpre foncé ; limbe à cinq divisions libres, pédiculées, obliques, ovales, oblongues, acuminées, aiguës, sinuées, glacées, à nervures saillantes dessous. Pédoncule dressé cylindrique, liseré et zébré pourpre foncé, vert et blanc, terminé par une spathe d'abord tubuleuse blanche, puis à bords retournés en oreil- lettes infléchies, dressée puis recourbée au sommet, ovale cordiforme longuement acuminée aiguë, a surface d'un ton de bronze florentin purpurin dessus, vert ou rose violacé dessous. Fleurs femelles, vertes à la base de l'épi, quelquefois mélangées de fleurs mâles; ovaire lagéniforme, stigmate glanduleux; fascicules d'anthères à pédicelles pourpre foncé avec longstilets dressés, appendice stérile, d'abord renflé dressé, puis brusquement défléchi flli- forme, variant en huigueur de 20 à 60 centimètres. Curieuse plante de Java, d'abord décrite par Reinwardt sous le nom lïarum filiforme dans le catalogue des plantes de Buitenzorg. Elle est mise au commerce par M. Linden. à Bruxelles. CANNA INDICA FOLIIS VARIEGATIS, Hort. Lind. Sous ce nom, plusieurs variétés de Balisiers à feuilles panachées ont déjà fait leur appa- rition. Pres(iue toutes cependant n'offraient que des panachures peu nettes et pour cela ont été délaissées. La chlorose entraine forcément un artaiblissement qui rend les plantes panachées peu propres à la culture à l'air libre, et ces variétés deviennent rapidement jaunes, recroquevillées, brûlées par le soleil dans leui's parties blanches, d'où la chloro- phylle e'st absente. Il n'est donc pas étonnant que les amateurs aient abandonné ces plantes après les pre- miers essais et aient conclu à leur rejet absolu des jardins. C'est là une véritable erreur. En cultivant les Balisiers panachés comme plantes de serre ou d'appartement, ou en les groupant en massifs compactes, à l'air libre et à mi-ombre, on en obtiendrait d'excellents effets Placés sur couche chaude et sous GJiàssis en mars-avril, puis activement poM55e'5 jusqu'au mois de mai par une assez forte somme de chaleur, leur feuillage prendra une ampleur et leur panachure une netteté inusitées. On pourra dés lors les transporter dans la jardinière d'un salon ou dans une serre chaude, comme des orne- ments de premier ordre. Nous ne sommes nullement admirateur de toutes les plantes panachées, dont ou a ti.nt abusé, surtout en Angleterre, dans les dernières années, et nous rejetons ces variétés à l'aspect maladif qui font la passion de certains amateurs; mais nous sommes d'avis que, parmi la tribu des plantes à maculatures nettes et vives, un grand nombre peut former un appoint considérable à la décoration de nos jardins et de nos serres. On ne saurait se pas- ser aujourd'hui, dans les parterres, des Alternanthera, Seclum panachés, Lamium macu- latiim, Kœniga ru. variegata, et Graminées diverses qui font de si joli s bordures. Les grandes plantes à feuillage de cet ordre sont plus rares et les Bali.'siers dout nous parlons peuvent combler cette lacune. Chaque être a sa place ; c'est à l'homme de talent de savoir la trouver. Ed, A. 122 DES PLANTES QUI PEUVENT SE MULTIPLIER PAR RACINES. Si, après avoir enlevé des végétaux déjà un peu forts dont on aura négligé l'extraction complète des racines, on observe remplacement, on verra au bout d'un certain temps, qui peut varier de trois mois à un an, selon les circonstances météorologiques, la qualité du sol, la nature de l'essence et l'âge des individus enlevés, que certaines espèces émettent des bourgeons de leurs parties radiculaires restées en terre, tandis que d'autres se trouvent complètement annulées, quelles que soient les conditions dans lesquelles on aura opéré. De cette faculté de reproduction quasi naturelle, est venu un mode de multiplication artificiel, dit bouturage de racines, qui rend chaque jour de nombreux services à l'horticulture européenne et qui me paraît devoir en rendre d'immenses aux contrées chaudes du globe le jour où il y sera répandu. En Europe, le Paulownia fut répandu à profusion, en très-peu d'années, par ce moyen. Connaître à l'avance, sans être obligé à des tâtonnements et surtout à sacri- fier des sujets quelquefois précieux et uniques, cette faculté de reproduction, quand on n'en a pas d'autres à sa disposition ou que les autres sont insuffi- sants, me paraît d'une incontestable utilité pour les cultivateurs, qu'ils tra- vaillent exclusivement en plein air, comme ceux des régions tropicales, ou concurremment dehors et sous verre, comme cela a lieu dans les cHmats du Nord. Pénétré de cette utilité, je signale les espèces que j'ai pu observer possédant cette faculté, qui pourra être utilisée partout où ces végétaux seront transportés, surtout en Egypte, où la flore indienne est appelée à fournir ses précieuses ressources pour reboiser l'antique terre des Pharaons, fertilisée par le génie de la France avec le concours d'Ismail-Pacha, Khédive actuel et de son j»'édécesseur. Les exemples cités ont été observés dans un sol argilo-silico- calcaire du territoire de Pondichéry, dont le climat est tellement sec, que les Fougères, les Lycopodiacées, les Orchidées, etc., y font absolument défaut. Plantes qui émettent des bourgeons de leurs 'racines. Polygonese. Coccoloba ovifera. L. ^ Compositas. Un très-grand nombre. Nyctagineae. Boerhavia diffusa. L. t Lobeliaceœ. Lobelia zeylanica. L. — — repanda. Willd. — Mirabilis Jalappa. L. — Pisonia aculeata. L. Laurinese. Phaebe glaucescens. Nées. Aristolochise.Aristolocliiabracteolata.Retz. — — indica. Linn. Plumbagineaî.Plumbago capensis. TImnb. — — rosea. L, — — zeylanica. L. — Salvadorea persica. L. Rubiacese. Spermacoce hispida. L. — Pavetta indica. L. — — tomentosa. Roxb. — Ixora coccinea. L. — Morinda angustifolia. Roxb. — — macrophylla. — — tomentosa. Rath. — 'Hedyotis umbellata. Lam. Jasmineai. Jasminum angustifolium. Willd. — — hirsutum. Willd. 123 Jasminece. Jasrainum Perottetianum. A.-D.C. — Sambac. Ait. Loganiacese. Strychnos mix vomica. L. i Apocynese. Carina Carandos. L. > — — spinorum. L. — AUanianda cathartica. L. — Holarrhena Codaga. G. Dou, 1 Asclepiadeœ. Hemidesmus indicus. R. Br.. — Sarcostemma brevistigraa. W. et Arn. — — viminale. R. Br. | — Dsemia extensa. R. Br. 1 — Calotropis gigantea. R. Br. — Asclepias Curassavica. L. ! — Gymnema sylvestris. R. Br. j — Hoya viridiflora. R. Br. — Pergularia purpurea. Vahl. Gentianaceae. Hippion hyssopifolium.Spreng, Verbenaceae. Vitex Negundo. L. — Premna esculenta. Roxb. — — sambucina. Wall. — Gmelina parvifolia. Roxb. — — asiatica. L. Clerodendron fragrans. Vent. — inerme. R. Br. — longiflorum. D. — phlomoïdes. L. fils. — serratum. Blum. — siphonanthus. R. Br. Symphorema involucrata. Roxb. Asperifolia3. Beurreria lœvis. G. Don. ('onvolvulacese. Evolvulus alsinoïdes. L. — — emarginatus. Burm, — Porana paniculata. Roxb. — Convolvuli. — Ipomaeœ. — Batatas edulis. Clioisy. — Argyreia malabarica. Chois, Solaneœ. Datura arborea. L. — — Metel. — Physalis flexuosa. L. ' — Solanum trilobatum. L. Acanthacete. Justicia Adhatoda. L. — — Isetevirens. Vahl. Bignoniacefe. Sesamum prostratum, Retz — Tecoma capensis. Lind. — Stereospermum chelonoïdes. D.G — — suaveolens.[I). C Ebenacese. Diospyros Ebenaster. Retz. Ampelidete. Cissus carnosa. Lam. — — pedata. Lam. — — setana. Roxb. Ampelidese. Vitis latifolia. Roxb. — Cocculus cordifolius. D. G. — — suberosus. D. C. — — villosus. D. G. — Glypea Burmanni. W. et Arn. Capparideœ. Cadaba indica. Lam. — Gapparis acuminata. Willd. — Cratseva Nurvala. Hamilt. Bixacese. Flacourtia sepiaria. Roxb. Cucurbitaceœ. Bryonia epigtea. Rattl. — — rostrata. Rattl. — Goccinea nivea. W. et A. Portulacete. Trianthema cristallina. Vahl. — Portulaca tuberosa. Roxb. Sterculiacese. Bombax malabaricus. D. G. Byttneriacese.Pterospermumsuberifolium. Willd. Aurantiacese. Glausena Willdenowii. W. et Arn. — Feronia elephantum. Gorr. — Aegle marmelos. Gorr. — Gitrus aurantiiim. L. Sapindacese. Schmidelia serrata. D. G. — Sapindus emarginatus. Vahl. — Gupanea canescens. Pers. — Nepheliumlanganum. Hook. Ilicinete. Monetia barleroïdes. Her. Rhamneaî. Zizyphus tropibo (?) Lam. — — œnoplia. Mill. — — xylopyrus. Willd. — Golubrina asiatica. Brong. Euphorbiaceae. Tragia cannabina. L. fils. — — involucrata. L. — Phyllanthus multiflorus. Roxb. — Emblica officinalis. Gaert. Anacardiaceee. Odina Wodur. Roxb. — Spondias mangifera. Pars. — — Monbin. Jacq. Burreracese. Boswellia thurifera. Roxb. — Garuga pinnata. Roxb. Zanthoxylese. Toddalia aculeata. Pers. Zygophyllese. Tribulus lanuginosus. Lin. Gombretaceae. Quisqualis indica. E. Myrtacese. Couroupita guianensis. Aubl. — Punica granatum fl. pleno (1). Papilionaceaj. Pongamia glabra. Venta. — Dalbergialanceolaria.L.fils. — — latifolia. Roxb. — — Lissoo. Roxb. Mimoseœ. Dichrostachys cinerea. W. et Arn. Je n'ai point observé que le grenadier à fleurs simples ait repoussé de ses racines isolées, quoiqu'il émette de nombreux drageons de sa souche princi- pale. Résulterait- il de ce fait que la faculté de reproduction annulée dans les organes consacrés à cette fonction serait reportée sur les racines? On est — 124 — porté à le penser; d'autres plantes nous en donnent des exemples. Les Musa sapientum, payadisiaca et chinensis, qui sont multipliés de temps immé- morial par division, ont perdu, par cette opération successivement répétée, la faculté de donner des semences fertiles et ont acquis celle de produire de nombreux drageons, tandis que le Musa enseie, de Bruce, multiplié jusque dans ces derniers temps exclusivement par graines, fournit peu ou point de ces mêmes drageons. Contest-Lacour, Directeur du Jardin botanique de Pondichéry (Inde française). BIBLIOGRAPHIE. Journal de botanique pure et appliquée, directeur, M. J. Hubkrson, membre de la Société botanique de France. La science n'est pas morte, tant s'en faut. Le jeune auteur de la publication ci-indiquée est plein d'ardeur et de talent; il ne se laisse point décourager par les tristes augures du temps présent et il fonde une œuvre nouvelle. Bravo et courage ! Les trois premières livraisons, que nous venons de recevoir, contiennent comme trava^ux importants : 1° Catalogue des algues vivantes, observées aux thermes euganéens ('Vénétie), par M. Vittore Trevisan; 2'' observations sur la germination des graines submergées pendant l'inondation de 1870-1871, par M. Lafosse; 3° les mouvements de la sève à travers l'écorce, par M. E.Fairie ; 4» le PciiiciUumbicolor, Fr. par M. deSeyves;3o les cellules mobiles de la bière, par M. Trécul ; 7° description des plantes fossiles de Rouzou (Haute- Loire), par M. Henderson; et de fines critiques de botanique, soit sur les faits et gestes de quelques savants, soit sur les associations scientifiques, écrites avec beaucoup d'esprit et de verve. P. Erceau. Flore exotique d'Egypte. — Plantes tropicales à introduire en Egypte. — Deux bro- chures de M. Delclievalerie ont paru au Caire sous ces titres. La première contient des ren- seignements très-nombreux sur les jardins du vice-roi d'Egypte, l'histoire du jardinage en Egypte, son développement sous la dynastie de Méhémet-Ali, la description du jardin d'acclimatation de Gézireh et des collections zoologiques qu'il renferme; des notes sur la multiplication et l'éducation des plantes exotiques en Egypte. Si les matières de cette brochure étaient coordonnées avec soin et si la rédaction en était plus pure, ce serait un résumé précieux de l'état de l'horticulture d'ornement en Egypte en ce temps-ci. Telle qu'elle est, la brochure de M. Delchevalerie est utile à consulter pour les botanistes et les Horticulteurs qui désirent faire connaissance avec les productions végétales égyptiennes. Nous préférons cependant la seconde notice de M. Delchevalerie. Elle s'applique aux espèces tropicales, utiles, officinales, industrielles dont l'introduction est désirable en Egypte sous le 30^ degré de latitude environ. L'auteur, en passant en revue un certain nombre de plantes de ce genre appartenant à la flore tropicale des diverses régions du globe, a appelé l'intérêt des introducteurs et rendra un véritable service au pays où il a été appelé, si ses suggestions sont écoutées. Avec la fertilité proverbiale de la vallée du Nil, nul doute qu'il ne reste encore beaucoup à faire pour les introductions végétales et l'avenir de l'Egypte (1). (1) Les deux brochures in-8° de M. Delchevalerie se trouvent au Caire, à la typographie Delbos-Demouret. 125 — OHROOTQUE HORTICOLE. L'horticulture belge. — Nous extrayons le passage suivant du discours prononcé par notre confrère et ami, M. Ed. Morren, à la séance de distribu- tion des récompenses aux lauréats horticoles belges de l'Exposition de Londres : " La végétation que la nature avait spontanément répartie sur le sol de la Belgique ne s'élève guère à plus de 1,200 espèces de plantes phanérogames. Sur ce nombre, plusieurs centaines sont seulement naturalisées et il n'en est pas dix qui soient utilisées par l'agri- culture et les arts. " Mais par le travail et le commerce horticole, le seul poirier, par exemple, fournit plus de 2,000 variétés ; la pomme de terre a donné 700 à 800 formes différentes de tubercules comestibles, et s'il fallait énumérer ce que le territoire de la Belgique porte aujourd'hui de plantes différentes, on arriverait, pensons-nous, à une liste de 100,000 espèces et variétés. L'horticulture vient porter à la science, à l'industrie et aux arts les tributs opimes de la flore du monde. Sans se lasser, elle pousse ses investigations plus loin : en ce moment même, dans les régions mystérieuses de l'Afrique, à la Nouvelle-Calédonie, aux Philip- pines, ses pionniers, ses martyi's se dévouent pour elle à la recherche de plantes nouvelles, et ils s'arrêteront seulement quand la terre leur aura manqué : Sistimus hic tandem noMs ubi defuit orbis (1). » En citant ainsi un vers de la belle inscription latine que grava Regnard le poète sur un rocher à Metawara (mer Glaciale), avec ses compagnons, de Fercourt et de Corberon, le 22 août 1681, M. Morren a bien dépeint l'ardeur qui anime les vaillants explorateurs botanistes, et c'est un hommage dont ils sont dignes à tous égards. Le Cocotier indigène en Australie. — M. le D'" J. Mueller, dans ses Fragmenta phytographiœ Ausiraliœ, avait constaté, avec réserve, que le Cocos nucifera avait été découvert sur le rivage australien par M. Gilli- vray, sans être certain que ce ne fût pas une importation. Nous recevons aujourd'hui de M. Thozet, propriétaire cultivateur à Rockhampton (Queens- land), copie d'une lettre publiée dans le Sydney Morning Herald et qui affirme la découverte d'un autre spécimen de cet arbre à Cawaral, à 36 milles est de Rockhampton, dans un endroit où il n'a pu être planté par la main des hommes. L'arbre mesure 15 mètres de hauteur sur 50 centimètres de dia- inètre à la base ; il croît à environ 300 mètres de la mer, dans un sol sableux. M. Thozet le croit apporté par les vagues d'une haute marée; il pense qu'une exploration plus détaillée des côtes amènera d'autres découvertes analogues. (1) Nous devons rétablir le véritable texte du vers de Regnard, que presque toutes les citations rapportent inexactement : « Hic tandem stetimus, nobis ubi defuit orbis. » {Note de la rédaction.) TOME XIX. — 1er MAI 1872. ^ — 126 — et que dès à présent on peut considérer le Cocotier comme appartenant à la flore australienne. Les produits de ]"Eucalyptus. — M Ramel, l'ardent propagateur de cet arbre éminemment utile, qu'il a répandu déjà à profusion en Europe et en Algérie et qu'il ne cesse de recommander à juste titre, en a extrait des produits hygiéniques et médicamenteux dont on a parlé beaucoup et dont nous recommandons l'essai. On emploie les " Globules d'Eucalyptol « dans les affections de poitrine et du larynx, les fièvres intermittentes, et les feuilles le pansement des plaies, etc. On peut demander ces produits à MM. G. Mathey et Clin, 14, rue Racine, à Paris. Graines de Rhapis flabelliformis. — Ce charmant Palmier japonais, si facile à cultiver, fleurit souvent, mais graine rarement. M. Lebatteux, horticulteur au Mans, vient de nous annoncer une fructification abondante dans ses serres ; les graines sont parfaitement mûres. Dichromisme du Ribes albidum. — Sous le nom de R. albidum est répandue une variété à fleurs blanches du Groseillier sanguin {R. sangui- neum, Pursh.), que plusieurs personnes croient une espèce distincte. Il n'en est rien. Nous venons de voir, dans le jardin de M. Méchin, à Chenonceaux, un fort pied couvert de fleurs blanches avec cette transparence rosée qui dénote leur origine, et, parmi elles, des grappes du type, du plus beau rouge. C'est une disjonction qui n'a rien que de naturel, étant connue la source de la variété. Noisetier pourpre retournant au type. — Un accident du même genre, et s'appliquant cette fois au feuillage, est relaté par M. Carrière dans la ReV'Ue horticole. Un de ses amis avait un noisetier à feuilles pourpres qu'il recépa au pied. L'année suivante toutes les pousses nouvelles portaient des feuilles d'un beau vert ! Charlatans horticoles. — Notre collègue et collaborateur M. Louis Leroy, d'Angers, nous écrit qu'un de ses correspondants de Santander (Espagne) l'informe de l'arrivée dans cette ville d'un certain Noël Turc et C*^, qui est venu déballer une cargaison de plantes, en se disant horticulteur d'Angers. La série ordinaire de mensonges et d'impostures monstrueuses a été débitée par ce marchand d'orviétan, de la race des Balme et autres filous qu'il ne faut pas craindre de dévoiler aux honnêtes gens trop crédules. Nous mettons en garde, non pas nos lecteurs, qui sont trop sagaces pour cela, mais ceux de leurs amis inexpérimentés qui pourraient se laisser prendre aux grossiers artifices de ces chevaliers d'industrie errants. Nous accordons volontiers notre publicité à M. Leroy, qui nous la demande pour l'honneur de ses collèguesangevins, lesquels n'ont rien de commun avec le susdit Noël Turc. Le Senecio pulcher. — Le dernier numéro (avril) du Botanical Maga- zine contient une figure et une description de ce magnifique Séneçon, du Brésil méridional, la plus belle espèce du genre. Nous annonçons son intro- duction et nous reviendrons sur son compte. Lettre de M. V. Masson. — M. Victor Masson nous écrit de Nice : Les plus beaux dattiers que j'aie atis dans le Midi de la France sont dans la villa des demoiselles de Banal, à la mer d'Eze. Ils y acquièrent les dimensions de leurs frères des oasis du désert africain, L'exemplaii'e de Ciipressvs Lambertiana de la villa qu'a habitée Timpératrice de Russie est splendide, et cependant il est encore dépassé par celui de — 12-/ M. Thuret, au cap d'Antibes. Ce végétal, dont jeue puis évaluer la hauteur, se dressait, plus large que haut, sur une pelouse d'anémones de toutes les couleurs. L'effet est saisis- sant... Probablement M. MassoQ n'a pas vu le C. Lambertiana de M. Sahut, à Lattes, près Montpellier. Il mesure plus de 20 mètres de hauteur! Nouvelle maladie des pommes de terre. — Dans tous nos environs les pommes de terre sont l'objet cette année d'une singulière affection. Les yeux des tubercules se développent dans le cellier, mais les pousses s'atrophient bientôt, se dessèchent à l'extrémité et à leur insertion donnent naissance à une ou deux petites pommes de terre, grosses comme un noyau de cerise collé sur le tubercule mère. Nos paysans ne veulent pas planter ces tuber- cules borgnes, et c'est une calamité générale. Nous prenons date aujourd'hui en signalant cette maladie, dont nous n'avons pas encore entendu parler, et nous publierons prochainement à ce sujet une gravure et une description. M. Ramel et l'Eucalyptus. — M. Ramel propage toujours ardemment Y Eucalyptus globulus. Il vient d'envoyer au général Greig, à M.Wolkensteiu et à M. Regel, à Saint-Pétersbourg, deux kilos de graines, qui seront semées sous le climat favorisé de la Crimée occidentale et méridionale et dont on attend de précieux résultats. M. Béer, conseiller impérial à Vienne, vient également de recevoir un envoi d'un kilogramme et va faire semer ces graines dans les provinces du sud de l'Autriche. Exposition internationale de Lyon. — Nous recevons de la direction une circulaire qui annonce la création de trois sections nouvelles : la viticul- ture, la sériciculture et la sylviculture. L'ouverture de l'exposition est toujours fixée au P'' mai. Adresser les communications à M. A. Tharel, di- recteur de l'exposition, 44, place de Lyon. — Nous apprenons également que l'assemblée nationale vient de voter un subside de 200,000 francs pour l'expo- sition de Lyon. Nécrologie. — Deux grandes pertes à enregistrer cette quinzaine. M. Luizet, qui vient de mourir à Lyon, âgé de 78 ans, avait imaginé la greffe des boutons à fruits, qui porte son nom depuis 1837, et il reçut en 1869 une médaille d'or du congrès pomologique, pour services éminents rendus à l'arboriculture et à la pomologie. M. Luizet laisse des regrets unanimes comme homme et comme horticulteur éminent. M. le docteur Guyot était une des illustrations de la viticulture française. Il était né à Gyé-sur-Seine (Aube) en 1808, Esprit des plus actifs et des plus lucides, il inventa vers 1840 un système télégraphique qui allait être adopté, mais qui fut détrôné par l'application de l'électricité à la télégraphie. En 1850, il fonda à Sillery (Marne) un vaste vignoble qu'il dirigea suivant un système spécial et dont il exposa la théorie dans un ouvrage célèbre intitulé : Culture de la vigile et vinification. Bientôt après, le ministère de l'agriculture l'ap- pela à inspecter les vignobles de toute la France, et pendant plusieurs années il rempHt avec la plus grande distinction cette mission, couronnée par cette Étude des vignobles de France, qui est le livre d'or de la viticulture fran- çaise. Nous disposons de trop peu d'espace pour parler comme il convient du vaste esprit que nous venons de perdre et que nous nous honorons d'avoir personnellement connu. Ed. André. — 12^ PL XCVI. COLAX JUGOSUS,LINDLEY. COLLAX CALLEUX. Orchidées. Étymologie : du latiu colax, parasite. Caractères GÉNÉRIQUES -.flores subglobosi, vix ringentes, in mentum brève producti ; sepala et petala subœqualia; labeîlum unguiculatum, trilobum, inappendiculatum, pla- niusculum (vix cucullatuin) ; cohcmma paulo elongata semiteres, cliuandrio marginato ; anthera carnosa, cristata ; poUinia 4, in paribus globosis colligata, caudiculœ obovatse membranaceœ adnata; glandula nuUa, rostello flsso. (Lindl., bot. reg., XXIX, 1843, mise. 65.) Caractères spécifiques : pedunculus apice biflorus teres ; vagina et bracteœ amplee herbacese oblongo lanceolatae ; ovarium bractea brevius eboraceum album ; menticum modicum ; sepala oblonga acutiuscula candida eboracea, supremum latius, ptetaîa cuneata oblonga alba guttulis atropurpureis frequentibus marmorata ; labelli unguis cum lamina introrsum curvata angulatus, lobi latérales semiovati obtusi erecti medio incrassati, collo in basi lobi medii hastato semiovato descendante, quadrisulcato, superficie basilari minute velutina; punctuli et guttulse multi, lazulini, seriati in basi viridiuscula; discus lobi medii lazulino guttatus; gynostemium semiteres, candidum, superne atropurpureo punctulatum, antice bis canaliculatum, bene villosum , superne clavatum , ampliatum , anguli antici extrorsi semiovati ancipites, androclinium immersum, limbo crasso ancipiti erecto; anthera depressa quadrata medio furcata. (Rchb. fil. in Bonpl., III, 226. — Id., Xenia, I, p. 107.) Crescit in Brasilia. Colax jugosus, Lindl., bot. reg., XXIX, 1843, sub mise, 65. Maxillariajugosa, Lindl., bot. reg., 1841, mise, 104. Cette charmante espèce, toujours rare et difficile à conserver pour un cul- tivateur peu entendu, est un vrai bijou, que nous avons plusieurs fois vu en fleurs chez M. Linden. L'espèce est voisine du C. placanthera, dont elle diffère par ses fleurs d'aspect globuleux, des sépales moins linéaires et des pétales oblongs concaves rétrécis à la base.. Toutes ces divisions sont d'un beau blanc de crème nuancé de cramoisi. La forme du labelle est toute diffé- rente ; il est semi-circulaire et couvert de poils courts et sillonné profondé- ment, et orné de taches noir-bleuâtres très-nettes. Nous l'avons également admirée en 1869 dans les serres de M. le sénateur Jénisch, à Blankenesse, près Hambourg, où M. Kramerle cultive avec beau- coup d'habileté. C'est une excellente acquisition ; nous ne croyons pas qu'elle ait dit encore son dernier mot, surtout si elle est habilement cultivée, et nous engageons fortement tout amateur digne de ce nom à l'ajouter à sa collection. Ed. A. 96 -IlL'Fanr.^maeker ad nat.pmx m Horio Lmd Etat Lith. de L.Sirool)3iit, = Gai — 129 LE JARDIN POTAGER ET FRUITIER. La magnifique collection de Salades de MM. Vilmorin-Andrieux et C'", cultivée dans leur jardin d'expériences de la rue de Reuilly, à Paris, sous la direction de M. Ignace Alkern, comprend aujourd'hui plus de 60 variétés. Sur ce nombre, beaucoup sans doute n'ont qu'une valeur de fantaisie et sont bonnes pour les cultures d'amateurs ; mais il en est aussi une quantité qui sont peu connues du public et qu'il est bon de chercher à répandre. Nous y revien- drons sous peu. En attendant, nous appelons particulièrement l'attention de nos lecteurs sur les variétés nouvelles de légumes divers qui suivent et que nous pouvons recommander en toute sécurité par cela même qu'ils provien- nent de la maison Vilmorin. E. A. lÉCtUMES nouveaux. Chicorée frisée d'hiver de la passio7i. — Très-grande chicorée à feuilles longues, légèrement frisées, cœur creux; s'est montrée plus rustique que les autres variétés dans le Midi de la France, mais non au Nord. Chicorée fine de Louviers. — Diffère de toutes les variétés connues jus- qu'ici ; ses feuilles sont très-fines, laciniées ou déchiquetées ; le cœur est très- plein. Excellente variété. Haricot de Saint- Seurin (H. Moustey). — Grain large, blanc zébré de violet ; très-productif, recommandé pour consommer en aiguilles vertes et en grains frais. Haricot asperge [Yard long bean). — Grain très-long, mince, com- primé, couleur café au lait foncé, à très-hautes rames et très-longues gousses rondes; très-tardif; ne pourra convenir que pour les climats méridionaux. Haricot intestin (Perrier). — Variété des plus remarquables, à cosse extrêmement charnue, très-tendre, sans aucun parchemin ; demi-hâtive, productive ; grain blanc, oblong. Melon brodé de Siam. — Fruit de forme arrondie, à écorce vert foncé, marbrée de taches noires ou quelquefois grisâtres; chair rouge orange, très-fine. Oignon rouge gros plat d'Italie. — Variété de la forme et de la nature de l'oignon de Madère gros plat, mais de couleur beaucoup plus foncée. Pois nain Léopold II. — Blanc, à très-grosse et longue cosse, hâtif, productif. Pois nain gris hâtif sans parchemin. — Fleur violette, grain gris, très- productif. Vilmorin-Andrieux, Marchands grainiers, 4, quai de la Mégisserie, Paris. 130 — HORTICULTURE D'ORNEMENT. COMPOSITION ET PLANTATION DUN JARDIN DHIVER. (Suite.) {N. B. Nous prions nos lecteurs d'appliquer les numéros qui suivent à leurs places respectives, sur le plan de jardin d'hiver que nous avons publié page 102, livr. du P'" avril 1872.) Bordures de plantes grimpantes vivaces, à placer le long des murs. ou des montants extérieurs de la serre et également le long des colonnes de sup- port du centre, dans une serre où il s'en trouverait. N° 1. Aristolochia cordiflora, larges feuilles, énormes fleurs; trés-vigoureux. 3. Thnnhergia Harrixi, végétation moyenne, fleurs nombreuses et délicates. .'j. Argyreia argentea, feuillage ovale argenté. 7. Ipomea Eorsfalliœ, magnifiques fleurs roses en tubes et charnues. 9 Tecoma stans, feuillage penné, jolies fleurs. 12 Plumbago scandens, abondants bouquets de fleurs bleu d'azur. 13. d". d^ 17. Hoya carno^a, feuilles ovales épaisses, fleurs rosées, eomniff en porcelaine. 19. Smilax marmorea, feuilles oblongues, marbrées de blanc. 21. — macrophylla mandata, d", végétation plus vigoureuse. 23, 25. — marmorea. 27. Hoya imperialis, splendides corymbes de larges fleurs lie de vin. 28. Stephanntis florihunda, fleurs blanches charmantes, tubuloso-campanulées. 30. Passiflora Decaisneana, grandes fleurs roses et violettes, grand feuillage. 31. Qnisquaîis Indica, abondantes fleurs rouge cocciné varicolore. .33. Tacsonia Van VoJxemi, longues et splendides fleurs rouges pendantes. 30. Aristolochia leuconeura, feuillage cordiforme nervé de blanc. 38. Heccacentris mysorensis, fleurs rouge saumoné, bizarres. 41. Centrosfema multiflorum, charmante mélastomacée. 44. Passiflora Kermesina, fleurs moyennes, rouge cramoisi. 45. AristolocJiia clypeata, nouvelle espèce à fleurs mai^brées, en l)ouclier. 49. Tacsonia mollissima, fleurs roses longuement tubulées ; .53. Quisqualis pubescens, ravissantes fleurs rouges et jaunes. 54. Passiflora trifasciafa, feuilles trilobées, rouge vineux et marbrées. 58. Meyenia erecta, charmantes corolles bleu-violet à centre jaune. 60. Thiinbergia laurifoUa, belles et grandes fleurs. 62. Passiflora Buclianani.) ^ . ,. . , „ .^ „r. 2 lolies espèces de Passiflores vigoureuses. 63. — marmorea, ] 65. Bougainvillea lateritia, bractées rouges ressemblant à des fleurs. 68. AristolocJiia gigas, énormes fleurs rouge vineux marliré. 71. Bignonia incarnata, fleurs tubulées incarnat. 72. Tropœohim Lobbiannm Spit-fire, innomlirables fleurs écarlates. 74. AUamanda nobilis, énormes corolles jaunes campanulées. 77. Clerodendro7i Thomsonce, profusion de fleurs rouge cramoisi à calice blanc. 80. CissKS discolor (la vigne de Java), feuilles chatoyantes, blanc, vert et pourpre. Si nous entrons par la grande porte de la serre et que nous prenions à gauche, près du n" 1, nous aurons à former la bordure extérieure, dont nous avons déjà parlé, au moyen de plantes à végétation forte comme feuillage surtout, et que rien n'empêche de multiplier et de répéter souvent. Ces — 131 — plantes, groupées en amphithéâtre suivant leurs dimensions respectives, pourront être recrutées dans les espèces suivantes : Amomiim granum-paradisi, Andropogon squarrosum, Panicum plicatum. Dracœna, divers Bégonias, Coleus de nombreuses variétés récentes, très-vigoureuses, Cyperus variés, Fougères buissonneuses et communes, Ficus elastica, F. rubiginosa, Arallo, et (>reopanax divers, Eedychhim, coronarium et Gardnerianum, Hibiscus rosa Simmsis, Heterocentrum, Salvia divers ^à renouveler souvent), Eœmatoxylum Campechianum, Laurus Camphora, Mélastomacées diverses, Plumbago coccinea, Pogoste-mon Patchouli, Poinsettia, Rogiera, XylophyUa JaUfoUa, Allamanda iieriifoUa, Piper et Macropiper, — 132 — Bégonia Sedeni, Centradenia grandifolià, Franciscea, Gardénias, HebecUnum Janthi- ynim, Siphocamp'ylus Mcolor et fulgens, Iresine Herbsti, Amorphophallus, Hibiscus liliiflorus et Marantas en 15 ou 20 • Sur ce fond de feuillage et de fleurs, peuvent se détacher, sur leurs tiges plus élevées et d une force plus grande, les espèces suivantes : 2. Musa paradisiaca. N0 46 4. Oreopanax dactijlifolium. 47 6. Alsophila australis. 48 10. Stadmannia australis. 50 15. Anthurium acaule. 51 16. Rhopala Organensis. 55 20. Saurauja Sarapiiquensis. 56 22. Dracœna arborea. 59. 24. Rhopala Jonghei. 61. 26. Theophrasta regalis. 64. 32. Musa sapientum. 66 .34. HedycMum Gardneria^ium,. 67 35. Cyathea medullaris. 70. 37. Chamœrops excelsa. 73 39. Artocarpus incisa. 75 40. Musa violacea. 76 42. Hedychium coccineum. 78 43. Carludovica palmata. 79 Cibotium regale. Castilloa elastica. Anthurium cordatum. Bi'acœna fragrans. Maranta Lindeni. Musa paradisiaca.. Chamœrops stauracantha. Ficus Chauvierei. Oreopanax platanifolium. Sciadophyllum pulchrum. Astrapœa Wallichii. Anthurium, regale. Cereus mexicanus. Theophrasta îm,perialis. Cyathea dealbata. Cocos flexuosa. Ficus macrophylla. Areca lutescens. La corbeille n° 94 sera ornée de fleurs basses à couleurs vives, renouvelées dès qu'elles seront passées ou décolorées. Les deux groupes qui encadrent le morceau de pelouse près de cette cor- beille seront ainsi composés : N" 100. Balantium antarcticum,. 104. Areca sapida. 95. Coccoloba puhescens. 97. Carijota soboUfera. 105. Ficus elastica. 109. Laurus camphora. 101. Pteris argyrœa. 102. Medinilla magnifica. 103. Aspleyiium macrophyllum. 105. Cycas circinalis. 108. Dracœna terminalis. 107. Clivia miniata. 106. Anthurium leuconeurum. 98. Attaccia cristata. 96. Crinum amabile. 99. Acalypha Wilkesiana. 81. Cyathea Beyrichiana. 85. Oreodoxaregia. 84. Phœnix reclinata, 87. Theophrasta macrophylla, 90. Rhopala Corcovadensis. 92, Seaforthia elegans. ^ N« 83. 2. 3 82. 11^ 89. IS.2 91. 2 ® cô ^T3 > ^.2 88. a 93. \ 86. <à 1=1 / 3 110. 112. \ d 115. 1 53 114. 1 o S 116. 111. 110. \ 113. .1 117. .2 118. '3 es 119. 120. )^ 121. Amorphophallus nivosus. Dracœna australis. Croton undulatum,. Colocasia macrorhiza varie- gata. Asplenium nidus avis. Dracœna cannœfolia. Anthurium hybridum. Grande pelouse. Syagrus botryophora. Pandanus ornatus. Latania rubra. Rhapis flabelliformis. Areca sapida. Anthurium, m,agnificum. Blechnum brasiliense, Alpinia nutans. Medinilla mag n ifica . Cordyline indivisa . Cibotium princeps. Pteris argyrœa. Agave Verschaffelti, — 133 Corbeilles de fleurs n^" 123 et 167 à remplir de fleurs renouvelables de temps en temps, plantes bulbeuses, etc. N" 122. Bambusa Thouarsi. N» 160. Nymphœa dentata. 124. Philodendron innnatifidum. 156. Mwsa ensete. 128. Phajiis WalUchii. 157, Crescentia regalis. 129. Phœnicophorium Seychellarum. 159. Disteganthus basilateralis. 130. CurcuUgo recurvata. 158. Cycas revoluta. 121. Pandanus elegantissimus . 154. Carludovica plicata. 135. Burio Zibethinus. 155. Balantium Culcita. 134. Lomaria gibba. 153. Lomaria gibba. 133. Carludovica atrovirens. 152. Billbergia zebrina. 144. Eoya bella. 151. Theophrasta imperialis. 141. Carludovica palmata. 149. Miwa sinensis. 142. Olivia miniata. 148. Cocos coronata. 140. Clusiarosea. 146. Pteris argyrœa. 136. Ficus Cooperi. 145. Platycerium grande. 139. Musa paradisiaca. 166. Yerschaffeltla melanochœtes. 143. Pteris cretica albolineata. 165. Bambusa aurea. 138. Platyloma falcata. 164. Colocasia nymphœcefolia. 137. Vrie^ea gigantea. 168. Cypripedium barbatum superbum 132. Thalia dealbata. 169. Attalea excelsa. 147. Philodendron pertusum. 170. Dioon ecZtiZe. 127. Pontederia cordata. 171. Cyanophyllum magni/icum. 126. Nymphœa gigantea. 172. Dracœna Guilfoylei. 125. — Ortgiesiana riibra. 173. Sciadocalyx digitaliflora . 163. — cœrulea. 174. Cordyline indivisa. 162. Philodendron Lindeni. 175. Croton maximum. 161. Cyperus papyrus. Tels sont les traits distinctifs de ce mode de groupement, les principaux meubles de ce salon de Flore. On peut, nous l avons dit, varier à l'infini ces combinaisons et intercaler parmi ces plantes de fond une quantité de petites espèces qui boucheront les vides. De même on peut encore suspendre à des fils de fer attachés aux fermes de la serre des corbeilles ou suspensions qui contiendront des pots entourés de mousse où croîtront : les Cochliostema Jacohianum, Woodioardia radicans, diverses Broméliacées et Fougères, les Stanhopea, Acmeta et diverses autres orchidées, etc., etc. Le rocher sera garni de toute la flore saxatile capable de prospérer entre les interstices des pierres, où la col- lection des Sélaginelles pourra se glisser parmi d'innombrables fougères. Enfin, sur des troncs d'arbres morts fixés au sol par des barres de fer pour qu'ils ne tombent pas en décomposition et placés aux points n°' 8, 14, 18, 29, 52, 57, 69, on placera des lianes tropicales et toute une collection de Bromé- liacées et d'Orchidées qui s'y suspendront pittoresquement comme sous les tropiques. Voilà notre jardin d'hiver ébauché. Que cette maquette ouvre l'esprit à plus ingénieux que nous, que notre projet soit développé et perfectionné, c'est ce que nous désirons de tout cœur. Ed. André. — 134 — PLANTES NOUVELLES. CROTON VEITCHIANUM, Plante que nous avons nommée et décrite en 1867 (voir Ed. André, Mou- vement horticole, 1867, p. 70), et que nous avons dédiée à M. John Gould Veitch. Elle est peut-être la plus belle du genre et provient des îles de la mer du Sud. Larges feuilles, d'abord traversées par des bandes d'un jaune cré- meux qui se change avec l'âge en rose et carmin devenant de plus en plus pourpres. Superbe introduction. - 135 — CROTON IRREGULARE Même origine : grande vigueur, beau port ; feuilles bizarres, qui prennent (les formes très-diverses, sou\ent triangulaires, elliptiques, linéaires, inter- rompues et diversement colorées. Plusieurs même sont tordues en spirale. Leur longueur est de 25-30 centimètres, la nuance de fond, vert foncé, est relevée par une large bande et des macules jaunes au centre, Cette plante a été très-rem arquée aux expositions, — 136 — NOTES SUR L'HORTICULTURE D'ORNEMENT. Cotoneaster microphylla. — Ce charmant arbuste ne se rencontre pas dans les jardins aussi fréquemment qu'il faudrait. Nous avons vu, à la station de Taplow, près Maidenliead (Angleterre), en allant visiter Dropmore et Cliveden, la maison d'un aubergiste dont les murs avaient été couverts de cette ravissante espèce, formant des piliers de verdure noire constellés de baies roses sphériques. Nous disons baies roses, parce que cette espèce n'a pas les fruits coccinés comme les autres à feuilles persistantes, caractère que nous n'avons vu mentionné dans aucun ouvrage et qui la distingue des C. huxifolia et rotundifolia. Si l'on plante le C. microphylla isolément sur une pelouse, à mi-ombre surtout, il devient un buisson compacte, d'une belle verdure toute l'année, d'un blanc de neige au printemps et de corail rose à l'automne, On peut aussi le greffer à haute tige sur Aubépine ou divers Cratœgus ; il devient alors pleureur et d'un effet très-pittoresque. Enfin-peu d'ornements végétaux peuvent lui être comparés pour les rocailles. Toute terre, surtout meuble et fraîche, lui convient. On doit l'acheter cultivé en pot, autrement il est d'une reprise assez difficile. Ed. A. MONOGRAPHIE DES DRACiENA VRAIS. • Dans le numéro de mai 1871 du Gartenflora, le D"" Regel passe en revue les Dracœna proprement dits, aujourd'hui connus. Il peut être de quelque utilité, pour les horticulteurs peu familiarisés avec les distinctions opérées par les botanistes entre les véritables Dracœna et les Cordyline, de donner succinctement les caractères qui les différencient. Kunth, d'abord dans les Actes de VAcadémle de Berlin, 1842, p. 34, puis dans son Enumeratio plantarum, V, p. 2, non-seulement divise en deux genres distincts les plantes cultivées sous le nom de Dracœna, mais il les sépare profondément et compte même entre eux deux autres genres, qui en paraissent à première vue profondément séparés : Sanseviera et Reineckea. Il énumère dix-sept espèces, sans parler de douze autres qu'il ne connaissait pas assez pour les ranger à coup sûr dans le même genre. Depuis cette époque, les Dracœna vrais se sont augmentés de dix espèces nouvelles, ou qui se rangent près des premières et dont nous allons donner une rapide diagnose, d'après M. Regel (1), ajoutée à celle des dix-sept autres espèces. Les véritables Dracœna sont toujours entièrement glabres. Leur tige, annulée par les cicatrices des feuilles tombées, sont simples ou rameuses, parfois très-courtes ou arbores- centes, comme dans les Dracœna draco et Rumphii. Leurs feuilles sont le plus souvent rapprochées (congesfa) au sommet de la tige ou des rameaux ; elles sont indivises, entières, plus ou moins linéaires ou lancéolées étroites, parfois ovales, avec ou sans côte médiane saillante. Leurs fleurs, terminales, forment des grappes, panicules ou têtes, et leurs ovaires, (1) A ces dix espèces il faudra peut-être en ajouter une onzième, quand le Dracœna lutescens striata aura fleuri, comme nous le disions dernièrement en décrivant cette plante illlustr. hortic, 1871, p. 151). — 137 — qui ne contiennent qu'un seul ovule dans chaque loge, produisent des fruits globuleux, des baies contenant d'une â trois graines. Mais leur caractère le plus essentiel est que les ovules sont toujours uniques dans chaque loge, tandis que ces loges contiennent chacune de huit à quatorze ovules dans les Cordyline. De plus, à première vue, on reconnaîtra facilement ces deux genres : les racines des Dracœna sont de couleur jaune oranfjé et ne produisent jamais de rejets ou stolons, tandis que les Cordyline ont des racines blanches et leurs racines couvertes de stolons. Ainsi les plantes connues dans les cultures sous les noms de Dracœna rubra, terminalis, stricta, congesta, australis, nobilis, cannœfolia, recjinœ, Liervali, Guilfoilei, magnifica, sont toutes des Cordyline. Donc, en résumé, pour les horticulteurs, voici les différences qu'on distinguera d'un coup d'œil entre les deux genres. DRACENA : CORDYLINE : Racinesjaune orangé; jamais de rejets; Racines blanches; souche produisant ovaire à un seul ovule dans chacune de de nombreux stolons; ovaire àtrois loges, ses trois loges. contenant chacune de huit à quatorze ovules. I. ESPECES A FEUILLES SESSILES. A. Feuilles a côte médiane fortement proéminente sur les deux faces. § A. Feuilles de couleur uniforme. 1. Dracœna umbraculifera, Jacq. — Ile de France? — Tige courte, épaisse, droite; feuilles lustrées, d'un vert foncé, longues de 0",65 à 1 mètre, rapprochées en tête, serrées au sommet de la tige et retombantes. 2. D. arborea, Link.' (D. KnerJdana, C. Koch). — Afrique. — Tige droite, forte, cou- ronnée d'une magnifique tète de feuilles vert foncé lustré, ondulées, un peu plissées, longues de 0'",65 à 1 mètre, sur 6-8 centimètres de largeur. 3. D. angustifolia^ Roxb. — Moluques, Java. — N'est pas encore cultivé dans les jardins, bien que Hooker l'ait rapporté au B. Rumphii, qui est une autre espèce. Tige rameuse et dressée de plus de 3 mètres de hauteur ; feuilles dressées, linéaires, lancéolées, longues de 40-50 centimètres, larges de 2-3 centimètres. 4. D. fruticosa, Blume (non D. frutic. Hort. Berol.). — Probablement de Java, pas encore introduit. — Frutescent; feuilles longues de 50-55 centimètres, larges de 5 centi- mètres ; fleurs formées de grappes réunies en panicule terminale. 5. D. fragrans, Gawl. {Aletris fragrans,!..). Guinée et Sierra Leone. — Tige de 5 mètres et plus forte, simple ou rameuse ; feuilles vei^t intense, oblongues, lancéolées, un peu ondulées , longues de 40-65 centimètres, larges de 6-8 centimètres. § B. Feuilles étroitement bordées de rouge. 6. D. Kochiana, Regel. (D. arborea, K. Kochi) — Origine inconnue ; tige droite, simple ou rameuse, assez haute, couronnée de feuilles coriaces, à côte robuste, linéaires lancéolées, longues de 50 centimètres, larges de 3 centimètres. 7. D. concinna, Hort. berol. (D. Betschleriana, G. Koch). — Afrique tropicale ? — Très- belle espèce; port du D. arborea, tige droite, forte, couronnée de feuilles vert gai, jaunâtre, nettement bordées brun rouge, arquées et retombantes^ longues de 1 mètre, larges de 6-8 centimètres. 8. D. marginata, Lamck. — Madagascar et Bourbon. — Tige droite, grêle, rainiflée souvent ; feuilles un peu molles, vert clair bordé rouge-bruû en dessus, souvent brun-rougé en dessous, fortement retombantes, longuement acuminées, longues de 30-40 centimètres^ larges de 1-2 centimètres. — 138 — B. OÔTK MÉDIANE PEU VISIBLE DESSUS, SAILLANTE ET AKKONDIE EN DESSOUS. * Feuilles unicolores, à buse très-embrassante et couvrant les entre-nœuds de la tige. 9. D. ensifoUa, Wall. (D. fruticosa, G. Koch ; D. quitensis et arborea, Hort.). Indes orientales. — Tige dressée de 3-5 centimètres, souvent rameuse, longuement couverte de feuilles lancéolées étroites, un peu ondulées, longues de 25-40 centimètres, larges de 2-3 centimètres ; ijanicule infléchie. 10. D. stenophylla, C. Koch {D. punctata, V. Houtte). — Afrique tropicale. — Port du D. marginata; tige un peu grêle, trés-feuillée ; feuilles peu fermes vert foncé, avec fines lignes plus claires dessus, pâles dessous, longues de 33-40 centimètres, larges de 0'",012- 0™,Û20. * ' Base de la feuille n'enveloppant pas la tige. 11. D. reflexa, Lanck. (D. cernua, Hort., non Jacq.). — Indes orientales et Madagascar. — Tige grêle, rameuse, feuilles nombreuses retombantes, vert foncé dessus, plus pâles dessous ; longues de 12-22 centimètres, larges de 2-3 centimètres. 12. D. cernua, Jacq. — Ile de France. — Se distingue de la précédente, seulement par ses feuilles bordées de rouge et sa panicule penchée. * * * Feuilles à bordure translucide, embrassant entièrement la tige par leur base. 13. Z). Rumphii, B.oo]i.{D.Hookeria7ia,C.Koch). — Indes orientales. — Port du D.draco pendulifolia. — Tige robuste dressée, couronnée de feuilles linéaires lancéolées, canali- culées, glauques, longuement acuminées, sans côte dessus, fortement costées et vert clair dessous, longues de 40-60 centimètres, larges de 3-3 1/2 centimètres; panicule doublement ramifiée. 14. D. latifolia. Regel (D. Rumphii latifolia, Hort.). — Afrique australe. — Envoyé de Kew à Saint-Pétersbourg sans nom. — Port, teinte et feuilles du Rumphii, mais celles-ci trois fois plus larges, de même longueur, moins acuminées, un peu ondulées. C. Feuilles sans Côte médiane. 15. -D. draco, Linn. — Canaries. — Le fameux Dragonnier d'Orotawa appartenait à cette espèce. Se retrouve seulement aujourd'hui à Ténériffe; détruit à Madère et à Porto-Santo. Au commencement du xV siècle, quand les Espagnols conquirent les Canaries, cet arbre avait, comme avant d'être détruit par un orage en 1868, 14 mètres de diamètre à la base du tronc, sur une hauteur n'excédant pas 20 mètres. On voit dans la même île un autre sujet, parfaitement sain, à Scod de los Vinos ; il mesure 9", 50 de tour a 2">,50 de haut et 12 mètres à la base. Les feuilles du D. draco, portées par une tige robuste et annulée, ont 50-80 centimètres de long sur 3-5 de large. Var. a.,strictifolia, Hayne (D. canariensis, Hort.) feuilles plus étroites et plus redressées. Var. [i, laxifolia, Hayne, feuilles moyennes arquées, les inférieures retombantes. Var. y, pendulifolia, Hayne, toutes les feuilles pendantes. 16. Z>. salicifoUa, Gœpp.(D. linifolia, B. flexilis et D. /lexuosa, Hort.). Java? — Port du D. reflexa, mais plus petit; tige et branches grêles, souples ; nombreuses feuilles ne cachant pas le bois par leur base, ondulées, retombantes, vert foncé lustré dessus, plus pâles dessous; longues de 10-15 centimètres, larges de 1 centimètre. II. FEUILLES INFÉRIEUREMENT RÉTRÉCIES EN PÉTIOLE. A. Feuilles rétrécies, pétiole canaliculé dessus et long de 0'",015-0'",080. A. Fleurs en grappe simple. * SOUCHE PRODUISANT PLUSIEURS TIGES. 17. D. surculosa, Lindl. — Afrique occidentale tropicale. — Souche à plusieurs tiges grosses comme un tuyau de plume, à écailles sèches aiguës aux nœuds ; feuilles rapprochées 139 — par faux verticilles, oblongues, iaucéolées, aiguës, longues de 8-11 centimètres, larges de 2-4 centimètres. V. maculata, Mann. — Vieux Calabar. — Variété à feuilles tachées de blanc jaunâtre. ' ' UNE SEULE TIGE SIJII'LE OU l'EU RAMEUSE. I. Bractéoles membraneuses, x>lus courtes, rarement 'plus loni/ues que les pcdicelles. 18. D. nigra, H. Berol. (D. Fontanesiana, Regel, Gartenf. D. elliptica, C. Kocli.) — Madagascar? — Tige de 1'", 50 environ , très gi'éle, chargée au sommet de feuilles vert foncé, un peu ondulées, oblongues, lancéolées ou elliptiques ; longues de 13-17 centimètres, larges de 4-5 centimètres. Var. maculata, feuilles vert foncé, tachées de macules plus claires. 19. D. spicata,Ro-s.h. — Indes orientales. — Voisin du précédent; feuilles toujours lancéolées, acuminées, longues de 3-4 (?j centimètres, larges de 5-6 centimètres, avec pétiole de 5 centimètres. 20. D. Thwaitesii, Regel. — Ceylan. — Non introduit en Europe. — Tige du D. nigra ; feuilles lancéolées, acuminées; longues, sans leur pétiole, de lG-29 millimètres, larges de 34-60 millimètres. 21. D. ovata, Sims. (D. spathulata, Hort.). — Patrie? — Voisin du D. nigra; feuilles vert clair, elliptiques aiguës, très -ondulées, sillonnées de 5-7 nervures proéminentes. II. Bractéoles colorées, égalant le tube de la fleur. 22 D. bicolor, Hook. — Fernando-Po (Mann.). — Petit sous-arbrisseau; feuilles ovales, coriaces, ondulées, à forte côte, sans nervures, rétrécies à la base, à pétiole canaliculé, courtement acuminées, longues de 0°\135 sans le pétiole, larges de 0"',075. B. Paniculcs ramifiées une seule fois. 23. D.javanica, Kunth. — Java. — Tige grêle, peu rameuse, feuilles oblongues ellip- tiques, à côte peu saillante, à nervures filiformes, ondulées, vert gai, plus pâles dessous ; longues de 11-13 centimètres, pétiole compris; larges de 4-5 centimètres. V. maculata, feuilles marquées de gros points blancs. 24. D. terni flora, Roxb — Bengale, nord-est. — Voisin du précédent; feuilles plus allon- gées, longuement acuminées; larges de 5-8 centimètres, longues de 22-33 centimètres, pétiole compris de 2-8 centimètres. 25. D. Gri/fithi, Regel. — Bengale; \wrt du s urculosa; arbrisseau rameux, branches très- grêles ; feuilles en faulx, verticillées au sommet des branches, lancéolées, un peu* ondu- lées, aiguës, longues de 11-19 centimètres, pétiole compris, et larges de 2-4 centimètres, B. PÉTIOLE CANALICULÉ, LONG DE 110-240 MILLIMÈTRES. 26. D. thaUoides, Ed Morr. (1860) {D. Aubryana, Brong. (1862). Gabon. —Découvert par M. Aubry-Lecointe; tige robuste, simple, trés-feuillée en deux lignes spiralées ; feuilles vert foncé, pâles dessous, lancéolées aiguës, longues de 24-50 millimètres sans le pétiole, larges de 40-60 milliméti'es. C. Long pétiole cylindrique, sillonné en dessus. 27. D. phrynoïdes, Hook. — Fernando-Po (Mann). — Sous-arbrisseau nain ; feuilles ovales, aiguës; larges de 7-11 centimètres, longues de 22 centimètres sans le pétiole, qui est de la même longueur que le limbe. Ed. Regel (extrait du Gartenflora), avec quelques modifications et additions du rédacteur, E. A. — 140 — MÉLANGES. LES ARBRES DU ROI DE ROME. En traçant dernièrement sous bois les routes d'un parc à Chézy-l' Abbaye (Aisne), nous avons fait une découverte pour nous tout à fait nouvelle. Dans l'épaisseur de la forêt, une ligne de Charmes adultes formait le con- tour d'un cœur parfaitement dessiné ; ces arbres paraissaient âgés de soixante ans environ. Informations prises, voici l'explication du fait : à la naissance du roi de Rome (1811), l'administration des forêts donna l'ordre de préparer des places pour la plantation de quelques arbres qui dussent perpétuer le souvenir de cet événement. On les disposa en forme de cœur pour qu'ils ne fussent pas confondus avec leurs voisins. Bien peu de survivants de cette date existent encore et c'est la première fois que nous avons l'occasion de constater la réalisation du programme que les forestiers de ce temps-là avaient formé par un sentiment de flatterie envers Napoléon 1"'. Ed. A. LA LUMIÈRE VIOLETTE ET LA VÉGÉTATION. N'acceptons les nouvelles à sensation qu'avec réserve. Nous avons parlé des expériences du général Pleasonton sur la lumière violette pour la crois- sance des vignes et raconté les merveilleux résultats qu'il avait obtenus. Voici une protestation que nous lisons dans les comptes rendus de l'Académie des sciences de Paris, qui doit mettre en garde contre des théories hasardées. Nous engageons nos lecteurs à répéter ces expériences. " J'ai, depuis l'année 1858, fait des expériences du même ordre sur des végétaux appar- tenant à diverses familles et j'ai obtenu des résultats tout à fait inverses de ceux qui sont annoncés par M. Poëy. Les végétaux ont été placés dans de petites serres, où la lumière ne pouvait pénétrer qu'après avoir traversé des verres présentant une couleur spéciale pour chacune d'elles : ces couleurs étaient le rouge monochromatique, l'orangé, le jaune, le vert, le bleu, le violet. Une serre, servant de terme de comparaison, était éclairée par de la lumière qui avait traversé du verre incolore ou légèrement coloré en vert. " Je puis atfirmer que toutes les couleurs sans exception ont été défavorables à la végé- tation, et que nulle ne l'a été plus que la violette : toutes les plantes éclairées par cette couleur sont mortes les premières. Après le violet, la couleur la plus funeste a été le vert. Le bleu, situé entre les deux au point de vue optique, n'a point donné d'aussi mauvais résultats. » Il me semble, en outre, que la conséquence logique qui découle des expériences rap- portées par M. Poëy ne peut être que la lumière violette soit plus favorable à la végétation que les lumières possédant les autres couleurs du spectre, mais que la lumière complé- mentaire du violet est nuisible à la végétation, attendu que la lumière directe du soleil contient certainement plus de lumière violette que celle qui a traversé des verres de couleur. « Pour ce qui concerne les animaux, les expériences qui ont été faites ne sont point assez nombreuses pour qu'il soit possible d'en rien déduire de positif. « BAtJDRIMONT. « M. Baudrimont paraît oublier que la cause qu'on a assignée à la végétation exubérante obtenue par la couleur violette est que cette couleur produit un étiolement, un affaiblissement passager, mais que la bande de verre incolore que l'on place auprès, alternant avec elle, permet aux tissus de se solidifier. Allongement démesuré d'une part, concentration de force de l'autre, telle est l'explication de ce phénomène donnée par M. Duchartre. La question, toute- fois, mérite d'être reprise avec soin. Ed. A. 141 CHRONIQUE HORTICOLE. L'Euphoria Li-tchi. — Le marché de Covent-Gardeii, à Londres, vient de recevoir des arrivages d'un fruit assez rarement vu en Europe, bien qu'il soit fort commun en Chine et dans une partie de l'Asie orientale. C'est le fruit d'une Sapindacée nommée Euphoria Li-tchi. Les Chinois, après l'avoir séché au four, en font un assez grand objet de commerce. Nous en avons goûté dernièrement. Sa forme est largement ovoïde ou ovale élargie à la base ; sa grosseur est celle d'une noix dépouillée de son brou ; il est supporté par un court pédoncule adné au noyau. Une coque légère, de la consistance d'une coquille d'œuf, couleur brun roux ou chocolat, couverte d'aspérités convexes au dehors, concaves en dedans, anguleuses, recouvre un noyau libre entouré d'une pulpe charnue, rougeàtre au point de demi-consistance où nous l'avons mangée, ayant la nuance et la saveur d'un pruneau d'Agen avec un fort arrière-goût de cire. Le noyau est ovale allongé, brun-rouge, assez gros, terminé par un appendice obtus, articulé. Nous pensons que la fructification du Li-tchi en Europe s'obtiendrait facilement en serre si on s'en occupait un peu, et c'est une culture qui nous permettrait de savourer ce fruit, qu'on dit délicieux à l'état frais. Lettre de M. le comte du Buysson. — Nous avons reçu, il y a déjà quelque temps, de M. le comte du Buysson, amateur distingué d'horticulture et auteur estimé d'un bon petit livre .sur les plantes 7nolles, une lettre qui se rapporte au plan du jardin fruitier de Nades, dont nous avons publié dans ce journal un plan et une description dus à M. Jamin (Jean-Laurent), le savant doyen de l'arboriculture française. Ce jardin est bien déchu de son antique splendeur. " ... Depuis la mort de M. de Morny, " dit M. du Buysson, •' le jardin a subi le sort de toutes les propriétés abandonnées. Affermé à l'ancien jardinier, M. Kander, tout ce qui était de luxe ou de trop cher entretien a été ou abandonné ou impitoyablement arraché. Ainsi, la plus grande partie des espaliers d'arbres à noyaux n'existe plus, par la raison toute simple qu'ils ne donnaient presque jamais de fruits. Le fermier a été obligé de mettre son amour-propre de côté pour ne chercher que des produits assurés. >• De la lettre de M. du Buysson, trop longue pour être citée en entier, il résulte que c'est une idée peu sage de s'obstiner à créer un jardin fruitier à une trop grande altitude (celui de Nades, entre l'Allier et le Puy-de-Dôme était à 700 mètres au-dessus du niveau de la mer), et il en ressort que, malgré toute l'habileté du jardinier et l'expérience de M. Jamin, il a fallu renoncer à conserver cette création, vrai tour de force fantaisiste, qui n'aura pas duré plus que l'élégant et prodigue propriétaire du terrain. Formation du guano. — On lit dans le bulletin scientifique de fAtlie- nœimi que les dépôts de guano des îles Chinchas, qui en quelques endroits ont une épaisseur de cent pieds, et qu'on regardait généralement comme formés par des excréments d'oiseaux, ne seraient autre chose, selon le docteur TOME XIX. — 15 MAI 1872. 10 — 142 — Hubel et le professeur Edwards, qu'une accumulation de détritus d'animaux et de plantes, la plupart de provenance marine. D'après une note du Mechanics Magazine, il paraît que les ancres des navires amarrés dans le voisinage des îles de guano rapportent fréquemment des fragments de cette substance en remontant du fond de la mer à la sur- face. Cette explication nouvelle est contraire aux idées qu'on s'était faites jusqu'à présent de la formation du guano, qu'il faudrait attribuer à des couches ou gisements d'infusoires, tels qu'on en trouve sur divers points du goble et appartenant surtout au genre Protista. Destruction des insectes par la poudre de tabac. — Plusieurs jour- naux viennent de recommander la poudre de tabac pour détruire les insectes de toute nature. 11 suffit de prendre du tabac grossier, des côtes, rebuts de feuilles, etc., provenant des manufactures, de les faire sécher au four et de les concasser ensuite jusqu'à les réduire en une poudre fine, presque impal- pable, que l'on insuffle ou répand ensuite sur les plantes attaquées. Il parait que l'effet est plus complet qu'avec les fumigations. Le Pelargonium zonale à fleurs doubles blanches. — Nous venons d'apprendre qu'un horticulteur lyonnais, M. Boucharlat, possède le Pelar- gonium zonale à fleurs doubles blanches. Il provient d'un accident de dichromisme observé près de Toulouse. Nous avons demandé sur ce sujet des détails qui nous arrivent à l'instant, et que nous publierons dans notre pro- chain numéro. La résine d'Araucaria comme odontalgique. — M. F. Barillet, le fils de M. Barillet, ex-jardinier en chef municipal à Paris, dit dans la Revue horticole qu'un de ses amis, saisi d'une violente rage de dents, fût subitement guéri en plaçant un petit morceau de résine d^: Araucaria imbricata sur la dent malade. A vérifier. M. Fée, à Nancy. — M. Fée, le savant botaniste, si connu par ses tra- vaux sur les Fougères, a quitté l'université de Strasbourg depuis l'occupa- tion allemande; il a décliné les ofl'res qui lui avaient été faites de restçr comme professeur et vient de se fixer à Nancy, où l'université lui ouvrira ses portes et oti ses correspondants peuvent lui écrire. Exposition horticole à Paris. — Nous recevons à l'instant le pro- gramme de l'exposition prochaine (25-30 mai) que va ouvrir la Société cen- trale d'horticulture de France, au palais de l'Industrie, à Paris. On peut demander ce programme, 84, rue de Grenelle Saint-Germain, à Paris, au secrétaire général de la société. Nécrologie. — Nous avons malheureusement à annoncer la mort d'un bo- taniste éminent parmi les plus grands physiologistes de ce temps-ci : M. Hugo von Molli, décédé à Tubingue le P'" mai dernier. Il était né à Stutgardt en 1805, et fut nommé, en 1835, professeur de botanique et directeur du jardin botanique à Tubingue, position qu'il occupa jusqu'à sa mort. Il est resté rédacteur en chef du Botanische Zeitung depuis sa fondation (1843). Ses travaux sur la membrane des cellules, sur la structure des endogènes, sur les Cycadées, sur la Chlorophylle, etc., ont porté sou nom à une réputation universelle parmi les adeptes de re lierbarià. Ed. André. — 143 — PI. XCVII. PANDAiXUS ORNATUS, UAQUOIS ORNÉ. PANDANÉES. ETYMOLOGIE : de Pandang, nom malais des plantes de cette famille. ('ARACTF'^RES GÉNÉRIQUES ; flores (Yiœci ; masc. : spadix compositus, thyrsoideus ; stamina plurima, conferta, filaraenta filiforraia, antherse biloculares; fœm. : spadix &\m- plex; avaria plurima, dense conferta, libéra vel in phalanges connata, 1-ovulata ; ovulum a basi placentse parietalis adscendens, anatropum ; stigmata sessilia, distincta; drupce fibrosEe, ssepius in phalanges connatse, monospermœ, putamine osseo ; semen a basi pla centae parietalis erectum ; testa membranacea, in pluribus rhaphidophora, rhaphi filiforrai, obsoleta; enibryo in basi albuminis dense carnosi minimus, orthotropus ; radicula hilum attingens, infera. — Caudex arboreus, str ictus, sœpe stolonifer ; foUa phyllodiiwa trifa- riam imbricata, elongato lineari lanceolata, ampfexicaiilia, raargine sœpiiis spinosa; spathœ coiiferice, sœpe coloratœ, in axillo spadices exserentes. (Kunth, ex Endl. Gen. plant., n" 1711.) CARACTÈRES SPÉCIFIQUES : Species habitu elegautissima ; foîia dense congesta, coronantia, erecto-patentia, rigida mox decurvata, basi haud attenuata, 1"' — 1'",50 longa, 0"',08 — 0"'.10 lata, nitide-viridia lineis pallidioribus tenuissimis translucentibus longitudi- naliter percursa, medio triangulari-canaliculata, longe acuminata apice Hliformi-brunnea, margine aculeis brevibus gracilibus tequidistantibus albidis serrulata, costa inferne acu- leis brevibus nigrescentibus unilateraliter obliquis armata; flores fructiisque...? — In insulis Mascarenhas, 1866. — E. A. Pandanus ornatus, Hortul. — Journ. Hort. Soc. Lond. mise, i, 1866. Cette très-belle Pandaiiée, que nous trouvons mentionnée pour la pre- mière fois dans le journal de la Société royale d'horticulture de Londres, en 1866, parmi les plantes nouvelles, est originaire des îles Mascareignes (Diego Rodriguez), d'où elle fut envoyée à M. J. Linden à Gand. Elle se distingue par un port superbe, des plus élégants ; ses feuilles, rassemblées en couronne com- pacte sur une tige robuste, sont accolées les unes près des autres en courte spirale ; elles sont d'abord dressées puis étalées ar([uées, longues de 1 mètre à r",50, larges de 8 à 10 centimètres, d'un très-beau vert brillant uniforme strié de fins linéaments blancs transparents ; leurs bords sont ornés de dents ou d'aiguillons courts, fins, réguliers, nombreux, blancs et disposés en scie ; leur centre est profondément canaliculé triangulaire et la dépression va se perdant progressivement pour se confondre avec la partie plane au sommet acuminé filiforme et brun de la feuille. La côte médiane est armée en dessou d'un rang d'aiguillons noirs inclinés latéralement à gauche ou à droite, mais — 144 — toujours d'un seul côté sur la même feuille, plus rares à la base et parfois dressés vers le sommet. Nous avons déjà observé cette belle plante dans plusieurs établissements, bien quelle soit encore rare. L'établissement de M. J. Linden, à Gand, en possède actuellement un nombre considérable d'exemplaires obtenus de graines envoyées de Diego Rodriguez. Elle appartient à la serre chaude et se distingue à première vue de toutes les autres espèces, sinon par ses fleurs et ses fruits, que nous n'avons pas vus, du moins par son port et son feuil- lage. Ed. a. TRAVAUX HORTICOLES DU MOIS DE MAI. Au potager, on sème les derniers melons et autres Cucurbitacées, les radis, romaines et laitues d'été, les poireaux, céleris et carottes pour l'hiver, les choux-fleurs demi-durs, brocolis, chou-rave de Milan, chou-navet, haricots, pois, chicorée, épinards, pourpier, cardons, etc. On repique les céleris raves, tomates et aubergines en place et au midi ; on taille les melons du mois pré- cédent, les concombres et les tomates ; on les arrose s'il fait sec, mais modé- rément, et le matin surtout; on couvre toutes les planches de paillis, autant que possible. C'est le mois de grande végétation; il ne faut négliger*aucuns binages, sarclages, labours, soins de propreté, tuteurages, bassinages, etc. Dans le jardin fruitier, on retire les abris des espaliers ; il faut ébourgeon- ner et palisser, éclaircir les fruits trop serrés, pincer les premiers bourgeons au fur et à mesure du besoin, lier et ébourgeonner la vigne, faire la chasse à outrance aux insectes nuisibles. C'est, pour le jardin fleuriste, le moment de semer les plantes et arbres de la famille des légumineuses dont les jeunes plants craignent les dernières gelées blanches. On taille les arbustes qui ont fleuri en hiver et au premier printemps. On doit sortir toutes les plantes de serre froide et après le 15 celles de serre tempérée pour les placer soit en pleine terre, soit à exposition mi-ombragée. Il faut tuteurer et palisser les pousses vigoureuses et arroser copieusement, repiquer en pépinière pour l'automne les balsamines, reines- marguerites, Ageratum, etc. ; mettre en place les roses d'Inde, œillets de Chine, Pétunias, Coréopsis, Dahlias, Cannas, Amarantes, Erythrines, etc.; former des corbeilles et massifs de plantes de serre tempérée, hivernées sous verre, comme Fuchsias, Chrysanthèmes, Pelargoniura, Ageratum, Véro- niques, Calcéolaires, Verveines, etc. ; repiquer en de plus grands pots ou en pleine terre les plantes de semis ; supprimer les mauvaises fleurs des rosiers, et ébourgeonner les trop nombreuses pousses qui feraient confusion; semer pour l'année suivante les Thlaspis, Roses trémières. Corbeilles d'or et toutes les plantes bisannuelles ou vivaces. Ed. A. 145 — JARDIN POTAGER ET FRUITIER. LEGUMES NOUVEAUX. Haricot Canadian express runner. — Cette variété est arrivée en An- gleterre précédée d'une grande réputation. On la dit issue d'un croisement entre le Haricot Horticulturist et le White case knife. C'est le plus productif, le plus rustique et le plus hâtif de tous les haricots à rames. Les gousses atteignent 25 centimètres de longueur, leur chair est très-tendre et charnue, et on considère cette variété comme la meilleure des grimpantes. Elle est mise au commerce par MM. Carter et C", High Holborn, Londres. Pomme de terre redskin ftourhall. — Variété délicieuse et très-produc- tive que nous recommandons comme de premier ordre. (MM. Sutton and sons, seedsmen, Reading (Angleterre). Melon golden gem. — Très-gros, peau de la variété maraîchère, brodée, forme sphérique. (M. J. Carter et C", 238, High Holborn, Londres). L. Del AIRE. FRUITS NOUVEAUX. Pêclie baron Dufour. — Obtenue par M. le baron Dufour, de Metz, ce magnifique et excellent fruit, dont M. Riocreux a fait pour la Revue horti- cole une admirable aquarelle, est mise au commerce par MM. Simon Louis, horticulteurs à Metz, à partir du P"" novembre 1872, ainsi que nous l'apprend M. 0. Thomas, qui en a publié une bonne description. Pomtne Beauty of Hants. — Semis de Blenheim orange, mais supérieur de tout point; forme conique, beau choix. (M. Th. Thornton, à Heatherside, Bagshot (Surrey). Prunus Simonii. — Arbrisseau rustique, importé de Chine par M. Eug. Simon' au Muséum de Paris, et nommé et décrit par M. Carrière. Fruits moyens, déprimés au sommet, à peau rouge foncé, à chair jaune abricot, de saveur très agréable et toute particulière. (MM. Thibaut et Keteleer, à Sceaux (Seine). Le P. Simonii est une sorte d'intermédiaire entre les Pru- niers et les Abricotiers, comme on en voit dans d'autres genres de cette vaste section de Pomacées où prennent place les principaux fruits de nos jardins. Nous avons vu les fruits de cet arbre étrange, qui n'est pas une des moindres curiosités dues aux investigations laborieuses de M. Eugène Simon en Chine. Detector. 146 — HORTICULTURE D'ORNEMENT. PARTERRE VIENNOIS. Les parterres de Vienne et des environs sont souvent dessinés avec beau- coup de goût et de délicatesse. Les nombreux échantillons de ce genre de décoration florale que nous y avons remarqués en 1869 dénotaient presque tous une entente parfaite des combinaisons de couleurs et du mélange des espèces suivant leur végétïition. Dessin d'un parterre viennois. Voici comment était composé celui dont nous donnons ici le dessin : L'échelle est de 2 millimètres pour un mètre : A. Palmier dattier {Phœnix dactylifera) ; B. Coleus Yerschaffelti ; C. Centaurea gymnocarpa ; DD. Gazon; E. Bordures de Pelargonium, 2 en P. flower of the day, 2 en P. mistress Polloch ; F. Bordures de Calcéolaires jaunes ; G. Corbeilles enlresine Eerbstii; Dracimia au centre; H. Bordure de lierre rampant ; l. Gazon; J. Ageratum cœlestinum, Yucca aloëfoUa au centre. Ed. A. 147 GYMNOTHRIX LATIFOIJA. Gvmnothrix laufoha. Il y a déjà deux ou trois ans que cet- te graminée à feuil- lage ornemental est introduite dans les jardins, et nous l'a- vons vue, l'année dernière, dans des conditions de vi- gueur et de belle végétation qui nous la font recomman- der spécialement. Elle est vivace, très- rustique et atteint, par ses pousses an- nuelles, une hau- teur de plus de trois mètres. Chez MM. Courtois- Gérard et Pavard , horticul- teurs, rue du Pont- Neuf, à Paris, elle devient de toute beauté chaque an- née, pour peu qu'on lui donne de l'en- grais, de l'eau et un sol meuble. Sur de hautes ti- ges dressées comme celles d'un Arundo, le Gymnothrix la- tifolia, de Schultes {Pennisetum lati- folhmi, de Spren- geljporte des feuilles largement lancéo- lées subpétiolées , glabres. Les épis de fleurs , axillaires , fascicules sur un pédoncule commun, solitaire ou gémi- né , sont longue- — 148 - ment pédicellés, retombants, cylindriques, en forme de chatons; l'involucre porte une soie dépassant de beaucoup Tépillet, les glumes sont très-courtes. Il ne faut pas confondre cette espèce avec le Gym. tristachya, qui lui ressemble, mais qui est originaire de Quito, et porte des feuilles scabres et des épis ternes (1). F. BOISARD. COLLECTION D AGAVES DE M. DE JONGE-VAN ELLEMEET. Un des plus célèbres amateurs d'Agaves qui soient actuellement en Europe, M. de Jonge-Van Ellemeet, ancien membre des états généraux des Pays- Bas, à Oost-kappelle, île de Walcheren (Hollande), vient de publier, dans la Belgique ho?iicole, la liste détaillée de sa collection, avec d'intéressantes observations. Il peut être utile à la science et à l'horticulture de dresser de temps à autre le bilan des collections célèbres. Les amateurs sérieux ne sont pas nom- breux, surtout ceux de la force de M. de Jonge, et sa collection, revue avec soin par M. Jacobi, doit être d'une nomenclature aussi respectable que pos- sible. La liste suivante permettra aux amateurs de comparer avec leurs col- lections et de se rendre compte des espèces qui leur manquent. Agave xylacantha vittata, Hort. belg. — Kerkovei, Lem. CERATACAXTHE.I-;. 23. _ — latifolia, Hort. belg. g 1. — May^qinatœ. 24. — triangularis, Jacobi. 25. _ Kochii var. Amurensis, Jac. 1. Agave fllifera. Slm. 26. applanata, Lem. 2. — filamentosa, Slm. 27. mitrseformis, Hort. belge. .S. — scliiedigera, Sera. 4. — lophantha, Schied. § 2. — Carnosœ'. 5. — — cœrulescens, Slm. 28. Agave Schlechtendahli, Jacobi. (j. — — subcanescens, Jacobi. 29. — atrovirens, Karw. 7. — univittata, Haw. 30. — — foliis variet. , Hort. 8. — Nissonii, J. Versch. 31. _ Lehmanni, Hort belg. 9. — stenophylla? Hort. belg. 32. — coarctata, Jacq. 10. — heteracantha; Zucc. 33. — Bonnetiana, Hort. belg. 11. — Ghiesbreghtii, Lem. 34. — expansa, Jacobi. 12. — — sp. ottoni.s. Hort. 35. — .Tacobiana, Slm. (Synon. Fera 13. — horrida, Lem. Cortez et Montezumîe. Hort 14. — Beaucarnea, Hort. belg. belg.) . 15. — Legayana, Hort. belg. 36. _ Sp. Mexico, Salmiana? 16. — latecincta, Hort. belg. 37. — Salmiana, Otto. 17. — grandidentata, Hort. belg. 38. — — recurvata, Jac. 18. — splendens, Hort. 39. _ — species? variet. '^ 19. — xylacantha longifolia, Hort. 40. — Tehuacanensis, Karw. 20. — — Slm. 41, - Beaulveriana, Hort. belg. (1) Nous venons de recevoir de MM. Huber et C'», horticulteurs à Hyères (Var), une nouvelle espèce de Gymnothrix sous le nom de G. Japonica. Elle est en végétation dans notre jardin, et nous l'essayerons comparativement avec la précédente. {Note de la rédaction.) 149 — 42. Agave Americana, Lin. 43. — — intermedia, Koch. 44. — — fol. medio pietis, Ilort. 45. — — luteomarginatis,H, 46. — — — striatis, Hort, 47. — species? expansa? .Tac. 48. — Milleri, Haw. 49. — picta, Slm. .50. — Bonnetiana, Ilort. belg. 51. — ornata, Jac. (syn. lœtevirens. tirarg., Hort. belg.i 52. — Saundersi, Hook. 5.3. — cyanea Hort. cyanophylla, .Tac. 54. — ferox, Koch. 55. — crenata, Jac. mescal. Koch. 56. — coccinea, Rœzl. 57. — potatorum, Zucc. 58. — A'erschaffelti, I?em. 59. — Seemanni, Hort. lond. 60. — Chiapensis, Hort. belg. 61. — Besseriana, Hort. Havescens, H, 62. — Ixtly, Haw. § 3. — Subcoriaceœ . 63. Agave Jacquiniana, Gouvl. 64. — Virginiana? Milleri? Koch, lu- rida, Jac. 65. — Mexicana, Hamk. polyphylla, Koch. 66. — uncinata, Jac. polyacantha, Hort. 67. — elongata, Jac. 68. — lurida, Ait. 69. — species elongata < 70. — miradorensis, Hort. belg. 71. — ananassoïdes, Jac. 72. — pallida, Jac. § 4. — Aloicleœ. 73. Agave Oflfoyana, Hort. belg. 74. — Bouchei, Jac. et H. berol. 75. — horizontalis, Jacq. 76. — perlucida, Jacq. 77. — Haseloffli. Jac. 78. — Sartori Kock , Alvina Koch, Noacki, Hort. 79. — Noacki atrovirens, Horr. 80. — Celsiana, Hook. 81. — vivipara, Lin. 82. — sobolifera, Herm. 83. — S. Sierra nevada. 84. — Kellockii, Jac. 85. — albida, Hort. belg. 86. — inicracantha , Slm. concinna , Hort; belg. 87. — Ousselghemiama, Hort. belg. 100. Agave oblongata, Hort. belg. — concinna, Hort. belg. — Laurentiana, Jac. § 5. — Marr/inatœ integenimœ. .\gave HouUetiana, Cels, obscuraHort. § 6. — Canaliculatœ. Agave erubescens, Hort. belg. — Rumphii, Hassk. — yuccœfolia, Red. i; 7. — Loriformes. Agave dasy lirioides, Jac. — dealbata, Lem. S S. — Juncineœ. Agave stricta, Slm. — echinoides, Jac. — geminitlora Brande tea juncea, Willd. Bonapar- II. ("hondracanth.î:. Agave chloi'acantha, Slm. III. SURINERMES. 101. Agav emaculata, Rgl. 102. _ pruinosa, Lem. 103. Ghiesbreghtii mollis B. ; Ghies- breghtia mollis, Hort. belg — A. Debaryana, Jac. 104. — attennata, Hort. bei-. ; glauces cens, Hook. 105. _ — elliptica, Jac. 106. — — compacta, Hort. belg. 107. — Ellemeetiana , Koch et Hort Paris. IV. 108. Agave brachystachys. Cav. 109. — guttata Jac. et Bouché. FOURCROYA. Fourcroya gigantea, Vent. — tuberosa, Ait. — species? — interrupta? Hort. belg. — Bedinghausi, Kock. — Beschorvenia B. Yucca. — Parmentieri, Rœzl. BESCHORNERIA. B. bracteata, Hort. (rubra, Hort. belg.) A côté de ces espèces, M. de .longe en énumère 19 autres, dont il ne garan- 150 tit pas l'exactitude de dénomination et que, pour cette raison, nous ne rap- pellerons pas. Ajoutons que la collection ci-indiquée doit posséder des doubles dans les espèces désignées, et que l'éclaircissement définitif ne peut avoir lieu qu'au fur et à mesure de la floraison de ces belles plantes. Ed. A. DESCRIPTION DU LILIUM THOMSONIANUM. LINDL., tel et ainsi qu'il a fleuri chez M. de Cannart d'Hamalb, en avril 1872. Bulbe tuniquée, ovoïde oblongue, se rétrécissant vers le col, longue de 0"\06 à 0™,07, et d'une circonférence égale, recouverte d'une enveloppe brune et scarieuse. Tige droite, roide et glauque, c'est-à-dire couverte d'une espèce de pous- sière blanche ; plus ou moins violacée à la base, où elle mesure environ 0™,03 de circonférence. Sa hauteur, jusqu'à la naissance de la première fleur, est de 0'",54. Elle est surmontée d'un épi de fleurs de (F, 33 de hauteur sur 0'",14 de largeur à la base. Feuilles radicales linéaires aiguës et flasques, également glauques, cana- liculées et fortement nervurées en dessous (9 et 11 nervures). Ces feuilles, qui sont couchées, mesurent de 0"\,50 à 0"\60. Elles étaient au nombre de onze. Feuilles caulinaires, également au nombre de onze, de même forme que les radicales, mais plus dressées et moins flasques, varient en longueur en se raccourcissant au fur et à mesure qu'elles montent vers l'épi. Les premières ont de 0"\45 à 0"',35 de longueur, les dernières de 0™,08 à 0"',06. Elles sont quelque peu embrassantes à la base et pour la plupart alternes, sauf les 6'" et 7'', ainsi que les 9^ et 10® qui sont en quelque sorte opposées. Épi composé de 28 fleurs de 0'",055 de longueur sur 0"\05 de largeur, por- tées sur un pédicelle de 0''\015, qui se raccourcit sensiblement jusqu'au som- met, où les fleurs paraissent sessiles. Chaque fleur est accompagnée d'une bractée ciliée. Ces bractées, qui ne sont que la continuité des feuilles cauli- naires, diminuent également de longueur vers le sommet de l'épi, où elles ont à peine 0™,015 de longueur. Fleurs épanouies, toutes posées horizontalement à la tige. Elles se redres- sent après leur complet épanouissement. Quant à^la couleur, très-difficile à bien désigner, l'on peut dire qu'elles sont d'un lilas clair et vifk nuance CHAUDE, avec une macule d'un brillant violet, longue d'un centimètre et posée au-dessus de l'onglet de chaque foliole du périanthe. Périanthe en entonnoir, campanule, s'élargissant graduellement à partir de la base. Folioles du joérianthe étroites et obtuses à 9 et 11 nervures apparentes, ne s'étalant que vers le dernier quart de leur longueur. Elles mesurent 0™,010 et 0"',012 à leur plus grande largeur et 0'",004 à l'onglet. Étamiyies au nombre de six, dont deux aussi longues que le périanthe et quatre plus courtes. — 151 — Anthères linéaires oblongues, d'un violet orangé s'harmonisant parfaite- ment bien avec la couleur de la fleur. Pollon orangé. . Style filiforme, très-grèle, plus long que le périanthe, se terminant par trois courtes divisions stigmatifères très-recourbées, avec sillon médian et papilles sur les bords. Ovaire... Graines... De Cannart d'Hamale, Sénateur, propriétaire à Malines. NOTES SUR LE JARDIN POTAGER ET FRUITIER. Plantation des pêchers. — Un moyen excellent pour obtenir une réussite complète dans la plantation des Pêchers espaliers est celui-ci : au moment de planter votre jeune arbre vous le rabattez comme d'ordinaire, à 25 centimètres au-dessus de la greffe, vous le mettez en place et vous couvrez le tout d'une butte de terre meuble qui dépasse de un ou deux centimètres le sommet de la coupe, c'est-à-dire qui cache le bois tout entier. Tous les yeux se développent régulièrement, percent la mince couche de terre ; vous choisissez alors les meilleurs pour former la charpente et supprimez les autres en couvrant le pied d'une tuile. La fraîcheur de la terre recouvrant le bois aura empêché la sécheresse de flétrir et de mor- tifier les tissus de l'écorce de votre arbre, ce qui arrive si souvent dans les nouvelles plan- tations de Pêchers. Vous aurez ainsi une moyenne de 95 pour cent de réussite (1). A. Rivière, Jardinier en chef du jardin du Luxembourg. PaUlis pour fraisiers. — Une dame de notre voisinage, qui vend tous les ans à Tours le surplus de ses fruits et de ses légumes et qui obtient ainsi une somme relativement con- sidérable, vient de nous indiquer un moyen fort simple de doubler la récolte des fraisiers. C'est de lespailler au printemps avec du marc de raisin sorti des cuves, au lieu de fumier consommé ou de tannée. Cette personne a essayé comparativement les trois procédés et obtient de prodigieuses récoltes avec le marc de raisin. J. D AVE AU. Un bon outil. — M. Robinson a rapporté de l'Amérique du Nord l'excellent instrument figuré ci-contre et que nous avons pu essayer chez lui. C'est une fourche à défoncer le sol. Son mérite principal est d'être forte et légère. Nous appelons l'attention sur le mode d'assemblage des lames et leur section transversale triangulaire . Tout taillandier intelligent peut reproduire cet outil, dont voici les dimensions : longueur totale : l'",10, largeur d'une lame extérieure à l'autre, 0'n,20 ; longueur des lames, 0'",28. Ed. a. (1) Nous avons essayé cette année, sur une plantation tardive de Pêchers (20 avril), le moyen indiqué par M. Rivière, et nous nous empressons de dire qu'il a pleinement réussi. Uenterrage préconisé par M. Rivière peut d'ailleurs s'appliquer à beaucoup plus de végé- taux qu'on ne pense. Ko. A, 152 NOTES SUR L'HORTICULTURE J)'ORNEMENT. Bordures de Teucrium Chamsedrys. — Cette petite plante indigène de nos terrains calcaires devient, à l'état cultivé, une espèce charmante. Non-seulement elle constitue des tapis précieux pour les rocailles par ses feuilles d'un beau vert, persistantes et ses grappes légères de fleurs roses, mais elle forme des bordures compactes et des plus jolies par leur régularité, dans les terrains les plus secs et -sans arrosage. Nous en avons vu chez M. Durand, à Bourg-la-Reine, de longues rangées d'un effet très-agréable, et nous nous sommes promis de la recommander. Tout le monde connaît son nom français mais non son mérite: c'est la Germandrée petit-chêne {Teucrium Chamœdrys, L.). On la multiplie au premier printemps, par la division des touffes, avec grande facilité. EuG. BoissÉ. Taille de l'Acacia {Albizzia) Julibrissin. — On se plaint de la difficulté de tailler ce liel arbre sans qu'il périsse ou du moins souffre beaucoup, Dans nos jardins et dans plu- sieurs propriétés de Touraine et d'Anjou, on remarque ce mal sans en trouver le remède. Il est pourtant bien simple : taillez vos arbres au moment de la pleine végétation, dans le courant de mai; les plaies se refermeront sans que la plante fatigue. Ce moyen peut être appliqué avec succès à beaucoup d'autres arbres au lieu de la taille d'hiver. On peut s'en rendre compte sur un fort pied dans mes pépinières où se montrent les avantages de la taille que je recommande. MÉCHiN, liorticiilteur à Cheuonceaux. MELANGES. LES EXPOSITIONS HORTICOLES. L'Exposition de Malines (17 mars dernier), pour ne présenter qu'un intérêt secondaire, a été néanmoins très-intéressante. On y a beaucoup remarqué les plantes rares, choisies et bien tenues de M. et de M'"'' de Cannart d'Ha- male et chacun y a trouvé une occasion nouvelle de prononcer ce nom aimé de tout ce qui touche à l'horticulture en Belgique. Les Aucubas, les Fougères et la Fraxinelle blanche fleurie de M. d'Avoine, les rosiers de M. Martboom, les Orchidées cultivées dans les serres de M. Beaucarne, les Camellias de M. E. de Bosselaer, les Azalées de M. Aug. Vermeulen, les Orchidées de M. Van Duerme de Damas, sont les principaux lots qui ont attiré l'attention des visiteurs de cette charmante fête vernale. A Gand, quelques jours plus tard (le 24) s'ouvrait la 135^ exposition de la Société royale d'agriculture et de botanique. M. de Kerchove, le bourgmestre de Gand, amateur distingué, a présenté une fort belle collection d'Azalées de Chine (dites de l'Inde) et quelques Fougères fort belles, parmi lesquelles un fort exemplaire bien portant de Leptopteris superha. Un jeune amateur très-passionné que nous connaissons et dont nous avons applaudi les premiers pas déjà assurés dans la carrière liorticole, M. J. Hye, — 153 — a exposé une collection choisie de Palmiers remarquables par leur belle culture. Voilà qui fait bien augurer de cette jeunesse hoyiicole de Gand, qui ouvre ses ailes avec une assurance de bon aloi, sans forfanterie, mais sans faiblesse. On a beaucoup admiré les Camellias de MM. Gloner, Van Houtte, Eeckhaute, Beaucarne et Dallière, ainsi que les Rhododendrons de M. de Coninck. Les plantes à beau feuillage de M. de Saegher et de M. Spae, les collections à feuilles panachées de MM. Beaucarne et Van Ryssel, les plantes nouvelles de MM. Linden, Van Geert, Verschaffelt, les Amaryllis de M. Brugghe, les Calaclium de M. Dallière, les Agave de M. Verschaôelt, les Cinéraires et les Cyclames fleuries de M. Van Loo, formaient de remar- quables apports digne de l'antique cité des fleurs. En somme, bonne exposi- tion plutôt que brillante, en attendant ce déploiement fulgurant de mer- veilles que l'on nous fait attendre pour l'année prochaine dans la même ville et qui doit dépasser tout ce qu'on aura vu jusque-là. Ed. a. LE PARC UE WILHELMSHÔHE. Wilhelmshôhe, l'un des plus beaux parcs de l'Allemagne, a pris dans ces derniers temps un intérêt nouveau à l'occasion du séjour qu'y fit l'ex-empe- reur Napoléon III comme prisonnier après la bataille de Sedan. Cette résidence a été fondée au xvii« siècle par le landgrave Moritz, puis augmentée et embelUe par Guillaume IX, électeur de Hesse-Cassel. Elle devint la propriété de Jérôme Napoléon, frère de l'empereur Napoléon P'', lorsque celui-ci le créa roi de Westphalie après sa conquête de l'Allemagne du nord et de l'ouest. C'est eu 1730, par le landgrave Charles, que furent faites les plantations qui sont aujourd'hui le principal ornement de Wilhelmshôhe, car le château, bâti tout en grès bigarré, d'un style lourd gréco-romain, n'offre aucun intérêt architectural. Ces plantations furent complétées par l'électeur Guillaume P^ vers 1820. On va de Cassel à Wilhelmshôhe par une superbe avenue rectiligne de Tilleuls séculaires, ou par le chemin de fer, pour qui on a bâti une station charmante, tout enguirlandée de vignes vierges et entourée de fleurs. Des omnibus vous mènent de là en 20 minutes à l'hôtel Schombarth, qui touche presque le château. Lors de notre visite, en septembre 1869, les abords de l'habitation prin- cipale, dont les deux faces sont à des niveaux très-différents, le côté de Cassel étant suspendu sur des arcades, étaient remarquablement ornés de fleurs. Des corbeilles énormes, d'un dessin très-compliqué que nous avons relevé et que nous publierons plus tard, dénotaient plus de recherche que de goût, comme toutes les décorations florales dans l'Allemagne du nord. La partie qui s'étend du côté du parc, depuis le château jusqu'à la première pièce d'eau, d'où s'élance un jet d'eau de 62 mètres de hauteur, formant une gerbe gigantesque, est plantée d'arbres exotiques, parmi lesquels des groupes de Peupliers d'Italie sont de la plus grande beauté. De belles avenues de très- — 154 ~ vieux Marronniers d'Inde forment un préau latéral au château. Sur les pelouses, on sort chaque année, des serres délabrées qui sont situées non loin de l'hôtel Schombarth, des collections d'arbustes en caisse, Araucaria excelsa. Rhododendrons, Lauriers, qui dénotent un culture 1rè£-primitive. — 155 — Mais en revanche nous avons admiré, isolés çà et là, de beaux exemplaires de Gingko biloba, Magnolia tripetala, cordata et acuminata, croissant mélangés aux espèces arborescentes plus communes. Une visite complète de Wilhelmshohe demande 4 heures. Le parc est public; il est orné de temples, pagodes, statues, cascades, grottes, faisan- derie, etc., du style sans grâce de la fin du siècle dernier et du commence- ment de celui-ci. Les eaux, qui sont très-abondantes, se répandent dans le parc à travers des cascades monumentales et descendent du sommet d'un château d'eau placé à 420 mètres de hauteur au-dessus du niveau de la rivière Fulda à Cassel, et surmonté d'une statue d'Hercule, de 10 mètres de hauteur. De ce point, nommé l'octogone, se précipite une cascade régulière do 42 mètres de hauteur sur 300 mètres de largeur. Si l'on descend de ce point culminant par une magnifique pente boisée de Hêtres, on arrive à la cascade de Steinhœfer ; puis en remontant à droite on gagne le Lœwen- bourg, château féodal avec tous ses accessoires, qu'avait bâti Guillaume P"" et où ses restes reposent. On y jouit d'un magnifique coup d'œil. C'est à Lœwebourng que nous avons vu le seul exemple sérieux d'un jardin néo- gothique, avec charmilles taillées, colonnes de verdure, tracé reproduisant des ogives, etc., le tout plus curieux qu'agréable. Une description complète de Wilhelmshohe nous mènerait trop loin et s'écarterait d'ailleurs de notre sujet. Au point de vue de l'architecture paysa- gère, le dessin n'y ofïre rien de remarquable. Seuls, les ombrages y sonf admirables et la nature, toujours grande artiste, y a réparé les fautes des hommes. Les eaux y ont été disposées avec un grand luxe, mais les réser- voirs du haut sont vidés en 2 1/2 heures, de sorte que la foule qui assiste aux fêtes des grandes eaux doit suivre le torrent dans sa course et s'essouffler à descendre la montagne pour arriver avant lui à la grande cascade du pont du diable {Teufelsbrûcke). Le Lœwenbourg est un grand ^-joujou «, et les temples de Mercure, d'Apollon, etc. sont aussi ennuyeux que solennels. Tel qu'il est, Wilhelmshohe ne peut être regardé comme un spécimen de grand parc à étudier par les paysagistes et dessinateurs de jardins, mais le gran- diose de la végétation, le pittoresque des situations, l'intérêt historique y sont des motifs d'attraction tels, que le voyageur ne peut se dispenser de faire une visite à ce lieu célèbre à tant de titres. Ed. a. LES ABREVIATIONS DU LANGAGE BOTANIQUE. Un grand nombre de nos lecteurs sont habitués de longue date à la langue botanique et aux signes conventionnels que les savants de toutes les nations ont décidé d'adopter comme abréviations usuelles; aussi n'est-ce pas pour eux que nous publions la notice explicative suivante : c'est pour les adeptes nouveaux, les néophytes de la science, ou pour ceux qui, connaissant ces si- gnes, ne les ont pas toujours présents à la mémoire et peuvent faire des confusions en lisant des traités descriptifs sur les plantes. Ce que nous essayons ici, c'est la vulgarisation de la science, à peu près — 156 — suivant l'idée que nous avons déjà mise à exécution en publiant le rapport des thermomètres centigrade, Réaumur et Fahrenheit. C) Mt 0É>M- ® Plantes annuelles. a^ctt. ® — bisannuelles. '5 — caulocarpiennes ou à tige persistante. ^ Sous-arbrisseau. ^ Arbrisseau. ^ Arbuste ou petit arbre. g" Arbre de plus de huit mètres. ,^_^ Plante grimpante. ( — grimpante à droite. '\ — — à gauche. ^ — toujours verte. ^ Plante ou fleur mâle, ^ Fleur femelle. X — hermaphrodite. IV-VI Chiffres romains indiquant le temps de la floraison : ceux-ci, par exemple, signifient d'avril à juin. 5-fide. Quinquefide. 10-pétale. Décapétale. Qo Nombre indéfini ; par exemple : 00 -fide indique multifide, 00 -phylle — polyphylle. Pétales ou sépales oo , signifie en nombre indéterminé ; uu étamines 00, étamines en nombre indéterminé ; albumen 0, sans albumen. ? Signe de doute. î — d'affirmation. Après une description, signifie qu'on a vu la plante décrite. Il existe d'autres signes encore ; mais ils sont moins universellement reconnus ou d'une importance médiocre, et nous ne les rappellerons pas pour ne point surcharger la mémoire du lecteur. Ed. A. I — 157 CHRONIQUE HORTICOLE. 1er juin 1872. Le Pelargonium zonale à fleurs blanches doubles. — Nous avons annoncé, dans notre dernière chronique, l'apparition de cette merveille tant cherchée, dont l'édition a été acquise au prix de 1,500 francs par l'heureux acquéreur M. Boucharlat et qu'un autre horticulteur de notre connaissance aurait bien payée 3,000 francs s'il l'avait su à temps. Aussitôt née, la plante a été vivement critiquée. Voici les notes que nous envoie à son sujet notre collaborateur M. Jean Sisley, de Lyon, qui parle de visu, et qui nous auto- rise à publier son dire : - Montplaisir-Lyon, 29 avril 1872. " Cher monsieur, " Vous avez appris l'apparition du Pelargonium zonale double blanc. C'est Boucharlat aîné, de notre ville, qui en a fait l'emplette au prix de 3,000 francs, dit-il (1). Il a été trouvé par un jardinier bourgeois prés de Toulouse. C'est un accident (un sport, comme disent les Anglais). J'ai été le voir. Boucharlat m'a montré une plante qu'il dit être le pied original ; il y avait deux branches, dont l'une portait des fleurs simples et l'autre des fleurs doubles; la première a été enlevée. La deuxième portait au-dessus du quatrième nœud une hampe de fleurs blanches un peu verdâtres à 4 et 5 rangs de pétales, assez mal faites. L'extrémité au-dessus de la hampe floi'ale avait été coupée pour en faire une bouture. Une autre petite branche immédiatement au-dessous de la hampe avait aussi été bouturée. Je me demande si l'on peut bien affirmer que cette seconde bouture produira des fleurs doubles et aussi s'il n'est pas à craindre que même les boutures de l'extrémité en produisent de simples, car l'accident n'est pas encore fixé. Ce qui arrive pour Rose Charmeux, aussi provenant d'un sport, qui, très-double d'abord, devient pi'esque simple, peut encore se présenter; c'est une question qui peut intéresser le monde horticole. " Jusqu'à présent les P. zonales doubles obtenus de semis n'ont montré aucune tendance a l'atavisme, au contraire ; en général, par la multiplication, les fleurs sont devenues plus pleines et plus grandes et les plantes plus florifères. Quoi qu'en dise un certain auteur... vaniteux et ignorant, il n'est pas du tout prouvé que les premiers zonales doubles trouvés à Clermont-Ferrand soient le produit d'un accident. M. Henri Lecoq m'écrivait, lorsque je l'ai interrogé à cet égard, que l'on n'en savait rien, mais qu'il était probable que Triomphe de Gergovia, qui existait à Clermont depuis dix ans lorsque Chaté l'y a déniché, avait été trouvé dans un semis. " Agréez, etc. « J. Sislky. " Nous n'éprouvons aucune surprise d'apprendre que les premières fleurs du P. zonale double blanc sont imparfaites et nous pensons même, avec M. Sisley, que l'accident ne sera pas définitivement fixé avant quelque temps sur les plantes qui en naîtront. Mais le fait n'en est pas moins important en lui-même; le Rubicon est franchi, et nos habiles horticulteurs sauront bien, avant peu, perfectionner cette plante comme ils l'ont fait pour tant d'autres. (1) Cette assertion parait erronée; on nous a récemment affirmé que l'édition avait été vendue 1,500 francs, ce qui est déjà un prix respectable. E. A. TOMB XIX. — 1er JUIN 1872 - ■ 11 — 158 — Le Primula Japonica. — Nous possédons en ce moment, en pleine florai- son, un pied de cette belle plante que nous avons rapporté l'hiver dernier de chez M. William Bull, de Londres. Même sur de jeunes pieds, les hampes florales se montrent hâtivement, avec cette particularité que les boutons sont formés au centre de la rosette de feuilles longtemps avant que la hampe ne commence à s'allonger. Notre plante a été mise en plein air, au nord-est, dès le mois de février; elle s'y développe avec grande vigueur. Ses fleurs sont disposées en verticilles, moins rapprochées qu'on ne l'a indiqué sur les planches qui en ont été publiées; elles ne s'épanouissent pas simultanément, mais les verticilles inférieurs commencent à s'ouvrir, puis se flétrissent quand les supérieurs fleurissent. Au moment où nous écrivons fP"" juin) toutes les cap- sules grossissent sans avoir été artificiellement fécondées et nous font espérer une récolle de bonnes graines. A ce propos, rappelons à nos lecteurs qu'ils doivent se défier des graines qu'ils trouveront dans le commerce. Elles pro- viennent du Japon et ne germent pas. Les horticulteurs qui en récoltent de bonnes les gardent pour eux jusqu'à présent. Les graines de Primula, en général, doivent être semées immédiatement après leur maturité, ou bien elles perdent leurs facultés germinatives. D'autre part, nous avons entendu dire que certaines de ces graines ne levaient qu'au bout de deux ans ; ce sont là des propriétés en apparence inconciliables; mais que de choses plus étranges ne voyons-nous pas chaque jour dans les plantes? Tout dernièrement, à Nancy, nous avons vu* chez M. Lemoine deux très- beaux exemplaires du P. Japonica en fleurs. Ils étaient caractérisés par de forts thyrses ou panicules de fleurs et le beau ton rouge de leurs hampes, hautes de 50 centimètres et grosses comme le doigt Leur feuillage était éga- lement très-beau et très-large. M. Lemoine avait déjà fécondé ses plantes avec toutes sortes d'autres espèces : P. elatior, P. grandifiora, P. cor- tusoïdes, P. auricida et même P. teris. Que va-t-il sortir de tout cela? Très-probablement de curieux coloris et peut-être des formes nouvelles. Toutefois nous engageons les semeurs à chercher leurs types de croisement dans les variétés à grandes fleurs comme PtHmula Sinensis et P. cortu- soïdes, car ce serait par le diamètre des corolles que pécherait le P. Japo- nica plutôt que par ses autres dimensions. Une collection de Tulipes. — Qui disait donc que les tulipomanes avaient tous disparu? Nous venons d'en retrouver un, tout à fait émérite. Il s'appelle M. Félaud, propriétaire à Rivolet, près 'Villefranche (Rhône). Sa collection se compose de plus de 10,000 oignons de force à fleurir, et il ne distingue pas moins de 1,800 plantes de premier choix dans ce nombre. C'est vraiment un très-beau spectacle que ces coupes diaprées de toutes nuances, délicatement abritées contre la pluie et le grand soleil sous des tentes légères, et soignées avec une sollicitude toute paternelle. M. Félaud consacre tous ses loisirs à ses tulipes; il est resté un amateur passionné, exclusif comme ses ancêtres du xvii" siècle qui plaçaient la Tulipe si fort au-dessus de toutes les autres fleurs. « La Tulipe, " dit l'auteur d'un petit livre rare que nous possédons et qui est intitulé Traité des Tulipes, Paris, 1678, « la Tulipe sans doute n'était pas un des moindres orne- ments du Paradis terrestre ; car, comme nous l'apprend Moïse en la Genèse, Dieu ayant séparé la lumière des ténèbres, créa ce jardin de délices et le remplit de la beauté des — 159 — fleurs et de la bonté des fruits. Et comme la Tulipe est sans contredit la plus belle de foutes les fleurs, elle était sans doute le plus bel ornement de ce divin parterre : on la pour- rait dire le chef-d'œuvre de Dieu. Car s'il y avait eu du temps en Dieu pour la création des plantes, on pourrait croire qu'elle anrait été la première créée, puisqu'elle est la plus belle et la première en dignité... » Ce naïf langage d'une passion innocente a bien peu d'imitateurs aujourd'hui que nous sommes blasés, même en horticulture, par tant de jouissances, et c'est pourquoi nous applaudissons aux rares conservateurs de ces vieilles et touchantes traditions. Exposition de Bordeaux. — Nous venons de recevoir du D"" Cuigneau, secrétaire général de la Société d'horticulture de la Gironde, une lettre qui nous annonce l'ouverture d'une exposition horticole pour la première quin- zaine de septembre prochain. Polycarpa Maximowiczi ou Idesia polycarpa (1). — M. Carrière vient de publier dans la Revue horticole un article sur ce bel arbre, d'après un échantillon d'herbier envoyé au muséum de Paris. Cet échantillon porte des grappes ou panicules assez semblables, comme aspect, à celles du Schinus molle et composées d'un assez grand nombre de petits fruits sphériques, longuement pédicellés, gros comme une merise sauvage. Si, d'après cette description, nous devons renoncer à cultiver le Polycarpa dans nos vergers, nous pouvons toutefois le recommander comme arbre décoratif de premier ordre, remarquable autant par sa beauté du port que par son feuillage large, cordiforme, glauque en dessous, à pétioles et à côtes pourpres. Il est parfai- tement rustique sous le climat de la Belgique. Exposition de Paris. — Cette exposition, qui vient de s'ouvrir le 25 mai au palais de l'Industrie, n'a pas brillé par le nombre et l'importance des lots. On ne s'en étonne pas si l'on songe aux coups terribles qu'a reçus l'horticul- ture parisienne par suite des derniers événements. Toutefois, plusieurs col- lections étaient assez remarquables pour que nous en fassions l'objet d'une notice spéciale. Exposition de Lyon. — Reculée jusqu'au 15 mai,rouverture de l'exposition n'a pu encore avoir lieu et nous ne pouvons y compter que pour le P'" juin. Nous publierons le compte rendu de la première série dans notre prochain numéro. Eucalyptus colossal. - Le journal anglais Once a week, parlant d'un vieil Eucalyptus en Australie, qui mesurait autrefois 400 pieds de hauteur, rapporte que le tronc creux de cet arbre contenait facilement trois chevaux avec leurs cavaliers et qu'ils pouvaient se mouvoir et tourner sans sortir de cette caverne végétale. Ouverture du Sefton Park, à Liverpool. — L'ouverture officielle du grand parc public de Liverpool, dont nous avons eu l'honneur d'être l'archi- tecte, vient d'avoir lieu par le prince Arthur d'Angleterre. De grandes fêtes ont eu lieu à cette occasion. Un de nos collaborateurs veut bien se charger de rendre compte de cette solennité dans notre prochain numéro. Ed. André. (1) M. Maximowicz, auquel nous devons la découverte de ce bel arbre, l'indique positi- vement comme portantdes fruits très- appréciés dans les îles septentrionales du.Japon. Nous ne pouvons donc admettre qu'une description, faite d'après un échantillon d'herbiers, suffise pour détruire l'assertion du célèbre voj-ageur. J- L. — 160 ~ PL XCVIIl. CALATHEA UNDULATA,lindenetandré CALATHÉA A FEUILLES ONDULÉES. Cannacées. ÉTYMOLOGIE ET CARACTÈRES GÉNÉRIQUES : Voir Illustration horticole, 1870 p. 34. CARACTÈRES SPÉCIFIQUES : pZanm minor, 0>",20 alta; petioli suberecti violacei basi geniculati incurvati, invaginato-inembranacei, apice subteretes tumefacti et antice leviter tomentosi ; lamina ovato-oblonga, 0"^,10 longa, 0™,06 lata, insequilateralis, super- ficie tota eleganter undulata, utrinque glabra, supra intense nitido-viridia, vitta centrali argentea utraque parte costse gracilis canaliculatse flavescentis addita, subtus micanti violacea costa prominente subtereti, nervulis gracilibus inconspicuis ; flores adhuc deside- rati... — In rivis Huallaga? fluminis peruviensis detexit et in Europam misit cl.G. Wallis 1865. — Ad vivum descripsi in horto Lindeniano. — Ed. A. Une miniature de Maranta, aux feuilles courtes, à peine dégagées du sol et déjà étincelantes d'un vert glacé intense mêlé de petites vagues ondulées qui prêtent un charme particulier à leur surface chatoyante. Elle fait partie de la nombreuse collection de bijoux végétaux importés par M. J. Linden en 1865, du Rio Huallaga, au Pérou. Sa hauteur totale ne dépasse guère vingt centimètres ; les pétioles, sub- dressés ou plutôt inclinés dès leur base sur un genou recourbé membranacé invaginé, sont ensuite arrondis puis géniculés au sommet et couverts à leur partie antérieure d une fine pubescence de poils bruns et courts. Le limbe, à demi étalé, est ovale oblong, long de 10 centimètres, large de 6, glabre sur les deux faces, et présente une surface supérieure élégamment ondulée, à côtés inégaux, à côte médiane un peu enfoncée jaune pâle, grêle, entourée d'une bande d'argent qui se détache nettement sur le fond vert intense et lustré de la feuille. La face inférieure, d'un violet uniforme brillant, comme micacé, porte une côte arrondie saillante et des nervures très-fines peu appa- rentes. La plante n'a pas encore fleuri. Elle est des plus distinctes par sqn faciès et surtout par l'extrême élégance des ondulations régulières de son feuillage. Comme tous les Maranta, et prin- cipalement les espèces naines à feuillage gazonnant, cette espèce se trouve bien d'une situation ombragée dans la serre chaude, pas trop près du verre, près d'un pignon au nord s'il est possible. Si on la plante dans des terrines plates et dans un bon compost de terre de bruyère, avec du sable fin, des détritus végétaux ou terreau de bois et quelques morceaux de charbon de bois, on obtiendra de très-baux résultats. Ce terreau, de l'ombrage et de la chaleur, tel est le secret des belles cultures de Marantacées de madame Le- grelle-d'Hanis, à Anvers, et de M. Kegeljan, à Namur. Ed. A. — 161 — NOTES SUR LE JARDIN POTAGER ET FRUITIER. Du chevelu des racines à la plantation. — Quand, avant de planter un arbre à fruit, tel que les pépiniéristes nous le donnent, on examine ses racines, on en trouve de grosses, de moyennes et de petites. Les grosses et les moyennes doivent être raccourcies; on est d'accord ; j'ajoute qu'elles doivent l'être énergiquement, en ne laissant rien des parties qui ont été éclatées ou meurtries. Mais que faire des petites, qui, implantées sur les grosses et les moyennes, ont mérité par leur ténuité d'être appelées chevelu ? Des auteurs et des praticiens en font le plus grand cas, et veulent qu'on les respecte scrupuleusement. J'ai été longtemps de cet avis. Je suis tout autre aujourd'hui. Ce che- velu, destiné à périr, doit être complètement enlevé. Desséché, il est un embarras; vivant, il nuit au jeu des grosses et des moyennes i-acines, seules capables d'émettre des racines nouvelles assez fortes pour assurer la reprise et une bonne végétation ; il est, de plus, un obstacle à l'adhérence de la terre aux racines, point essentiel. J'affirme mon opinion, par expérience quant aux poiriers sur cognassiers. Qu'on essaye. J. Courtois {Soc. Eure-et-Loir). Destruction des chenilles du chou. — Un de nos amis, propriétaire dans les Ardennes, nous dit avoir remarqué un jour, chez un paysan, des feuilles de Fougère commune (Pteris aquilina) sur les choux du potager. Le cultivateur lui assura que c'était là un moyen sur et facile de 'débarrasser les choux des chenilles {Pieris brassicœ) qui peuvent les ravager. Notre ami a expérimenté le procédé et il nous assure qu'une heure après le dépôt des feuilles de Fougère, il n'y avait plus une chenille à trouver sur les choux. On attribue aux feuilles de Sureau la même propriété. E. MoRREN {Belgique horticole). Haricot d'Espagne blanc. — Délicieux légume, très-prolifique, d'une culture facile, recommandé chaudement par plusieurs personnes depuis quelques années, mais pas assez connu encore. Tous ceux qui l'ont essayé en font le plus grand éloge. C'est une variété à cultiver dans tous les jardins. Nous sommes convaincu que c'est rendre un vrai service à nos lecteurs que de leur en conseiller la culture. Bossin. HORTICULTURE D'ORNEMENT. L AQUARIUM EN PLEIN AIR. Si VOUS avez pensé jusqu'ici que les grandes nymphéacées du Gange et de l'Amazone, que toute la merveilleuse tribu des plantes aquatiques tropicales ne pouvaient croître et fleurir que dans un aquarium de serre chaude, tâchez d'obtenir une semaine de loisir, traversez la Manche et allez voir le jardin de M. J. Mayer, à Pennant house, Bebington, dans le comté de Chester, par un beau jour d'automne. Vous trouverez, au milieu de ce jardin, ce que son propriétaire appelle « l'étang des lis « {lily pond) et j'ose dire que vous reviendrez émerveillé de votre visite. — 162 — Les nymphéacées tropicales sont trop peu connues et trop peu répandues. On les considère comme des plantes de luxe, que les opulents de la terre peuvent seuls se donner. Bien qu'on les admire sans réserve dès qu'on les voit en fleurs, cette admiration reste sans effet. La famille contient peu d'espèces, mais toutes présentent des couleurs, des formes, un port, souvent un parfum remarquables, et, trônant au-dessus d'elles, se dresse la magnifique VictO)na regia, la reine des eaux. On ne les cultive qu'en serre, disions-nous. Aussi la première exclamation des gens qui entrent dans un aquarium vitré est, sans hésitation : « Oh ! quelle chaleur! « et on sort une seconde après, préférant ne rien voir que d'être asphyxié ou mouillé de sueur. Eh bien, on peut éviter cet inconvénient, et la serre, et la dépense, et se donner le plaisir d'un aquarium en plein air aussi luxuriant que sous la plus coûteuse serre chaude. Suivez-nous d'abord chez M. Mayer, et voyez avec quels moyens simples cet amateur a obtenu de si charmantes floraisons de ces naïades fleuries et embaumées. Ne croyez pas que nous soyons ici dans une de ces oasis du midi de la France ou du bassin méditerranéen, caressées par de molles brises et ofi Virgile célébrait « un printemps éternel. « Nul endroit n'est plus exposé aux vents, plus dénudé, moins favorisé du soleil que la bande de terre qui s'étend entre les deux estuaires des rivières Mersey et Dee, et qui. forme la presqu'île de Wirral. Là est situé Chester. Laissons le jardin fleuriste, avec ses corbeilles riant/'S de Pélargoniums el de Lobélias, et après avoir suivi une allée bordée alternativement de Cupressiis Lmusoniana et de C. macrocarpa, nous nous trouvons en face d'une pièce d'eau abritée par de grands arbres et protégée par un talus de 1"\50 de haut qui l'entoure et qui est couvert de Gynériums et ôi^Arundo conspicua. Devant vous, au milieu du bassin, les énormes feuilles de la Victoria regia, en plein air, s'étalent dans toute leur splendeur, plusieurs atteignant 1"^,60 de diamètre. Au centre est la fleur, une palette de blanc et de rose purpurin et tout près les boutons qui viennent s'épanouir à la surface. Le bord des eaux est étoile d'une constellation de fleurs. Les lis d'eau, rouges, blancs, mauves, jaunes, bleus, roses et couleur chair s'ouvrent à la lumière, déploient chaque matin leurs corolles au soleil du nord, et cherchent la patrie absente. Ici le Lim7iocha?'is Hwnboldti, une délicieuse fleur jaune-paille, marquée de pourpre foncé au cœur. On la plante sur les bords, dans une eau peu profonde et on la tient par petits massifs pour l'empêcher de tout envahir. Puis le Nymphœa rubra, de l'Inde {N. Devoniana), hybride obtenu de cette espèce par Faxton et beaucoup plus floribond que le type. Le N. lotus, éga- lement indien, blanc avec les pétales extérieurs nuancés de vert pâle, les fleurs en coupe; le N. stellata, d'Australie, d'un bleu magnifique; le N. den- tata, de Sierra Leone, à fleurs blanc de neige, larges de 15 centimètres , dressées au-dessus de l'eau et rabattant ses pétales après la floraison; le N. ampla, de Demerara, larges feuilles ponctuées de rouge, aux fleurs d'un blanc pur et transparent comme de la porcelaine. Au printemps fleurissent le N. pygmœa, délicate et charmante petite plante et \e Nuphar Kelmiana, jaune, non moins exquis. Le Nymphœa cyanea, de l'Inde, développe plus tard ses ravissantes fleurs bleu pâle doucement odorantes, se détachant sur — 163 — des feuilles marbréçs de pourpre en dessous. Auprès de lui est le A^, blanda, délicieuse espèce de la Jamaïque, couleur de crème à pointes rosées quand la tieur se tiétrit,et qui n'ouvre ses pétales que la nuit. Enfin lesiY. Dauhenycmn, hybride à fleur bleu- pensée, et N. Impératrice Eugénie, également hybride aux corolles pleines et rose pâle, complètent cette liste de fleurs incompa- rables. Auprès de la Victoria et comme garde du corps de cette reine végétale de l'Amazone, YEuri/ale ferox de l'Inde, aux feuilles de 1"\30 de diamètre, a l'aspect terrible par l(\s aiguillons dont sont armées ses nervures, présente ce curieux phénomène d'une fleur parfaite sous l'eau, se développant avec son pollen et fertilisant ses ovaires avant de paraître à la surface. Nous arrivons à la Victoria. Les graines qui ont produit ce bel exemplaire sont un don gracieux de M. Speed, des jardins de Chatsworth, au duc de Devonshire. Les jeunes plantes furent mises en place en mai. Depuis ce jour jusqu'en automne elles n'ont reçu aucune espèce de protection, et leur crois- sance n'a été entravée ni par le froid, ni par le chaud, ni par la pluie. La température a été maintenue à -f 20 à 24 degrés centigrades, jamais plus. Le premier bouton parut le 2 septembre et l'épanouissement de la fleur eut lieu le soir du 10 du même mois. La plante porte huit feuilles, dont la plus grande mesure 1"\61 de diamètre. Au moment où la fleur s'ouvrait, on sentait leseflluves de son parfum par intei-valles de deux minutes environ. La pluie qui — 164 — survint ensuite gâta ces beaux pétales d'un blanc rosé, et dès qu'ils furent • mouillés ils devinrent bientôt mous et bruns. Le 16, une autre fleur se montra, qui fut parfaite, bien fécondée, et développa ses graines ; puis six autres la suivirent. Les feuilles sont magnifiques, et ressemblent à de vastes plats nageant sur les eaux, avec des bords réticulés de pourpre et relevés à angle droit. Un sentier suit les rives des deux tiers du bassin, et le reste est occupé par une bordure de Pontederia cordata, derrière lesquels, sur le sol, on a placé des Cannas, Arimdo donax, Caladium escidentum, Bambous, Arundinaria falcata, que l'on conserve l'hiver en les couvrant de litière. L'effet de cet ensemble est magnifique, vraiment tropical. Les dimensions de ces beaux et larges feuillages, le ton brillant des fleurs, l'effet de ces feuilles flottant gracieusement, la diversité des teintes, les formes variées de tant d'espèces diverses, font de ce tableau un paysage que l'on ne peut imaginer. Les Njmphéacées que nous venons de citer ont fleuri sans discontinuer de mai en septembre. Si nos lecteurs ont trouvé quelque intérêt à ce croquis d'une scène char- mante et qui ne peut guère se peindre par des descriptions, et s'ils veulent chercher à le reproduire, voici les moyens employés pour l'obtenir : Le bassin est chauffé simplement par un tuyau de fonte de 10 centimètres de diamètre à 30 centimètres du niveau de l'eau et fait retour à la chaudière placée sous le niveau du sol dans une petite construction à cet effet, parfaite- ment cachée aux regards. Les Ni/mphœa sont d'une culture facile : une bonne terre franche, profonde, dans des paniers à claire-voie, leur suffit. On les relève et on conserve l'hiver les tubercules dans une serre chaude au sec, et on ne doit que modérément les forcer au printemps avant de les mettre en place. M. Tharme, le jardinier, indique volontiers aussi les plantes essayées par lui et qui ne lui ont pas donné de bons résultats. Ce sont les Papyrus anti- quorum et Cyperiis alternifolius qui restent faibles sans périr cependant; Nelumbium speciosum et Limnocharis Plumieri, que le soleil gâte; Oryza saliva qui perd sa grâce dans un ensemble compacte ; Vallisneria spiralis qui reste caché sous les feuilles des Nymphéas; Pislia stratiotes qui envahit tout ; Jussieua gymndifl.ora, qui ne mérite pas la place qu'on lui donne, bien que ses fleurs soient brillantes ; Pontederia crassipes, diffi- cile à cultiver; Canna glauca, sans beauté. Les Nymphœa gigantea et gracilis n'ont pas encore fleuri. Ce n'est pas la première fois qu'on signale la floraison en plein air de la Victoria regia; on l'avait déjà constatée en Angleterre chez MM. Weeks et C®, à Londres, en 1851, dans un bassin chauffé par un thermosiphon; mais c'est bien la première fois que l'on fait de ce principe une application charmante, couronnée du plus vrai succès. M. Naudin s'était déjà fait l'avocat de la culture géothermique, c'est-à-dire culture par la terre chauffée en des- sous, et M. Gibson l'avait essayée avec succès à Battersea. Nous-même, en 1863, avons remis à la Société d'horticulture de Paris une notice intitulée Culture hydrothermique et où nous indiquions justement les procédés qui ont fourni à M, Mayer les éléments de la culture dont nous citons aujourd'hui un excellent échantillon. (On trouvera notre notice dans le Bulletin de cette société, 1863, page 632.) k — 165 — Puissions-nous, en revenant sur ce sujet avec insistance, obtenir de quelque amateur de nouveaux essais dans ce sens, qui lui donneraient de vives jouis- sances et un succès certain ! Ed. André. PLANTATION D UN JARDIN D HIVER. Nous avons vu récemment une serre-jardin d'hiver, de construction nou- velle et dont le pavillon central, assez grand, avait été planté avec beaucoup d'intelligence. Les proportions du vaisseau n'étaient pas assez vastes pour créer un jardin d'hiver dans le style naturel comme nous l'avons indiqué dans nos derniers numéros, mais le groupement des plantée était harmonieux et surtout la végétation d'une beauté extraordinaire. Le secret était manifeste- ment dans la préparation du sol. Nous savions à qui elle était due et nous avons demandé à l'auteur le mode employé, qui est celui qu'on va lire, et que nous signalons à l'attention de nos collègues à raisons des résultats que nous lui avons vu produire. E. A. « Lorsque j'ai un jardin d'hiver à planter, je commence par tracer les allées. Je fais ensuite enlever la terre des emplacements des massifs et des plates-bandes sur 80 centimètres à 1 mètre de profondeur, sans considérer la nature du sol. Cette opération faite, je fais remplir de 50 à 60 centimètres d'épaisseur avec des débris de bois, tels que fagots, ajoncs ou bruyères, le tout bien tassé. Je rempHs ensuite le reste du vide avec la composition de terre suivante et je surélève le sol de 30 à 40 centimètres pour compenser le tassement : " Un tiers bonne terre de bruyère ; « Un tiers terreau de feuilles ; " Un tiers bonne terre d'alluvion déjà travaillée. " J'ajoute ensuite 10 litres de poudrette par mètre cube ou même quantité d'engrais de la Minière. Il faut recommander de ne pas trop casser la terre de bruyère, de ne pas tamiser le terreau ni la terre d'alluvion. " Une fois que tout est réglé et planté, je fais vider les allées à la même profondeur que les massifs et remblayer avec tout ce qu'il y a de plus gros- sier comme détritus de végétaux, afin de former drainage, de sorte que les plantes les plus voraces puissent étendre leurs racines sur toute la surface du jardin d'hiver, ce qui permet aux jeunes plantes et surtout aux espèces déli- cates de vivre en paix. - Troupeau, •' jardinier principal de la ville de Paris. " - 166 — REVUE DES PLANTES NOUVELLES. Botanicdl magazine. J-inviei- 1871. Onci'Hum tigrinum, Lindl. var. s/dendidum. 5878. Orchidées. — Elle est originaire du Mexique, et constitue, quoique très-inférieure à \'0. ma- cranthum, une des plus belles espèces du genre. Serre tempérée (1). Paullinia thalictrifolia, A. Jussieu. 5879. Sapindacées. — Grimpant ; feuil- lage ressemblant à un Dacilla ou à une fougère à frondes bipennées; fleurs insignifiantes. Province de Rio de Janeiro. Serre, chaude. Arisiolochia Duchay'trei, Ed. André. 5880. Aristolochiacées. — Voir sur cette belle plante la figure et la description que nous en avons donnée dans \ Illustï^ation horticole, 1870, p. 1, et 1868, mise, p. 97. Hœmanthus tenuifforus, Herb., var. coccmews. Amaryllidées. 5881. — Originaire d'Abyssinie et rapporté en 1868 par M. Leslie Melville qui g,ccom- pagnait l'expédition anglaise. Belle plante bulbeuse à corjmbe de très-nom- breuses fleurs écarlates à divisions linéaires, filiformes. Serre tempérée. Asystasia violacea, Dalzell. 5882. Acantliacées. — Rapportée avec quel- que hésitation à l'A. violacea de Dalzell par le D"" Hooker, cette jolie plante appartient peut-être à l'A. chelonioides et est native des provinces de Concan (Inde) Les fleurs sont en grappes terminales violettes à lobes réguliers bordés de blanc. Ces feuilles sont entières, ovales aiguës pétiolées. La plante a été envoyée de Calcutta à Kew par le D'" Anderson. Serre chaude. Févi-ier 1871. Aynaryllis Ragneri, J.-D. Hooker. 5883. Amaryllidées. — Envoyée de Bahia à M. Rayner, d'Uxbridge, cette belle plante avait été dédiée à cet ama- teur distingue par le D'' Hooker, lorsque celui-ci découvrit que l'espèce n'était autre ({ne ï Amaryllis procera, Duch., d'abord introduit en France par M. Binot, de Pétropolis (Brésil). Cet aveu franc et spontané de son erreur fait honneur au savant docteur Hooker. Serre tempérée. Gladiolus dracocephalus, J.-D. Hooker. 5884. Iridées. — Plus curieuse que belle, cette espèce a des fleurs couleur de cuir, roux verdàtres, ponctué de pourpre, ringentes ou à pétales en casque au sommet, le pétale inférieur révoluté. Elle a été découverte au pied des montagnes de Drachenberg, Natal, par M. Cooper, voyageur pour M. Wilson Saunders, dans la collection de qui elle a fleuri en 1870. Plein air. Cirsium Grahami, A. Gray. 5885. — Composées. Capitules d'un incarnat brillant, tiges et dessous des feuilles épineuses d'un blanc de neige, qui rendent cette plante vraiment ornementale. Elle a été envoyée du Nouveau- Ci) L'Oncidium tigrinum ou Barkeri, Flor de los muertos de La Llave et Lexarca, est une espèce pseudo bulbeuse des régions froides du Michoacan, n'ayant pas d'analogie, en dehors de la ressemblance des fleurs , avec YO. splendidiua figuré dans le Botanical Magazine. Ce dernier a des feuilles charnues et les pseudo- bulbes et les feuilles charnues de YO. microchilum, tandis que YO. tigrinum et sa variété iingnicuiatum ressemblent â YO. leucQChilum. UO. tigrinum appartient à la serre froide. J. L. i — 167 — Mexique à Kew par M. le D"" Walker. Déjà elle avait été découverte, mais non introduite, en 1851, par M. Cli. Wright dans les vallées de la Sonora. Popogijne Douglnsii, Bentli 5880. Labiées. — Plante californienne à épis oblongs terminaux de fleurs pourpres, maculées de blanc, entremêlées de bractées et de poils blancs rigides ; feuilles petites oblongues ovales spatu- lées. Plante annuelle, intéressante pour le plein air. Ci/rtanthera clirysoslepJiana, J.-D. Hooker. 5887, Acanthacées. — Cette belle espèce mexicaine avait déjà été publiée dans la Revue horticole (1870, p. 250) par M. Houllet, avec une excellente figure de Riocreux, sous le nom de Justicia Lindeni. Le D' Hooker ignorait cette particularité et il en attribue l'introduction en Europe à M. Bull, tandis que c'est M. Hahn, bota- niste attaché à l'expédition française au Mexique, qui l'envoya le premier au Muséum de Paris. Le C. chrijsostephana est une fort jolie plante de serre chaude, à feuillage brillant, à côte médiane rouge, à capitules en couronne de fleurs dressées d'un beau jaune d'or. Serre chaude. Mars 1871. Beloperone ciliata, J.-D. Hooker. 5888. Acanthacées. — Plante herbacée annuelle, de serre chaude, fleurissant l'hiver. Envoyée de Panama par le D"" Seemann. Feuilles longuement acuminées, fleurs agrégées, violettes, tachées de blanc au centre. Saxifraga longifolia. La Peyrouse. 5889. Saxifragées. — Se trouve dans les Pyrénées, à Luchoii. Magnifique thyrse de fleurs blanches sur une forte rosette de feuilles. Belle plante vivace de rocailles, croît à 2-3,000 mètres d'altitude. Plein air. Déjà cultivé dans plusieurs jardins de l'Europe. Xijphion junceum, Klatt. 5890. Iridées. — Feuilles jonciformes, tiges de 30-50 centimètres de haut terminées par 1-2 fleurs d'un beau jaune. Abondant sur les collines sèches des environs d'Alger, de Tanger, du Maroc et de, la Sicile. Plein air. Massonia odorala, J.-D. Hooker. 5891. Liliacées. — Petite plante du Cap. bifoliée, à bouquets de fleurs blanches à étamines brunes, d'une odeur délicieuse, fleurissant près du sol. Serre tempérée. Tillandsia ionantha, Planchon. 5892 Broméliacées. — Toute petite espèce, épiphyte, vivant eu troupes sur les rameaux secs, sans nourriture, à feuilles épineuses rassemblées en brosse et égalées en longueur par les flturs violacées. Originaire du Brésil. Serre chaude. Agave ixtlioides, Ch. Lemaire. 5893. Amaryllidées. — Feuillage moyen, épineux, à pointe brune piquante, fleurs à long périanthe vert, à longues éta- mines jaunes, en panicule sur une hampe de 2-3 mètres. Nommé autrefois par Lemaire A. Fourcroydes, nom déjà donné par Jacobiàune autre espèce. Serre tempérée, — Nous n'avons pas trouvé cette espèce indiquée dans la collection de M. de Jonge-van-Ellemeet, dont nous avons reproduit le cata- logue dans notre dernier numéro, à moins qu'elle n'y porte un autre nom. Avec l'excellente figure qu'en a donné Fitch dans le Botanical magazine, il sera facile aux amateurs, en considérant le port et les caractères analyti- ques, de déterrniner exactement la plante s'ils la possèdent. E. A. — 168 — PLANTES NOUVELLES OU RARES. CROTON MAXIMUM, Ch. Lem. Comme les espèces ou plutôt variétés que nous avons récemment publiées, le C. maœijnum fut rapporté par M. G. Veitch des îles de l'Archipel du Sud (île-Salomon). C'est le plus vigoureux de tous ses congénères; ses feuilles, très-grandes (0^,25-30 x 0'",08-9), sont ovales-elliptiques, nervées, bordées et réticulées d'un beau jaune d'or vif. (Voir, pour plus de détail, V Illustration horticole, 1867, planche 534). E. A. — 169 — CROTON JOHAm^IS, Veitch. Même patrie que le précédent. Est également connu sous le nom de C. an- gustissimiim. Ses longues feuilles filiformes pendantes lui prêtent une grande élégance ; elles atteignent 50-60 centimètres de longueur et sont d'un vert brillant avec le centre et les bords d'un jaune orangé vif. Il commence à se répandre en Angleterre et on en fait grand éfet, pour son feuillage re- courbé et léger, comme ornement des tables à dîner. E. A. 170 CROTON INTERRUPTUM, Ed. André. Même patrie; même introducteur. Voici la description que nous avons donnée delà plante en la nommant, dans noire Moiwement hot'ticole de 1867: feuilles linéaires, longues de 30 cent., larges de 2, parfois tordues en spirale; pétioles courts, pourpres, géniculés, verts aux deux extrémités; nervure médiane d'abord jaune, puis pourpre vif; limbe interrompu çà et là et réduit à la nervure médiane, nue, puis reparaissant, parfois en forme de cornet, de capuchon, d'hélice, avec le sommet souvent cornu. Plante des plus curieuses par ses difformations, sans cesser de rester élégante, E. A. 171 NOTES SUR L'HORTICULTURE D'ORNEMENT. Fleurs d'hiver pour les serres. — Aux amateurs qui demandent une liste restreinte, mais de premier choix, des plantes qui fleurissent le mieux l'hiver et au printemps dans les serres chaudes et froides, le Gardeners' Chronicle répond par les quelques espèces suivantes, qui forment, en effet, une sélection remarquable, que nous recommandons à tout possesseur d'une petite serre : Serre chaude. Franciscea confertidora. Eucharis amazonica. Euphorbia jacquinijeflora. Stephanotis floribunda. Gesneria oxoniensis. Aphelandra cristata. Gardénia florida. — citriodora. Olivia miniata. Poinsettia pulcherrima. Franciscea calycina. Plumbago rosea. Eranthemum pulchellum. Clerodendron Balfouriannm. Impatiens Jerdonife, Amaryllis (variées). «S'erre froide. Bouvardia leiantha con Lapageria rosea. — alba. Acacia Drummondi. Statice profusa. Epacris lady Panmure. — Sunset. — salmonea. Richardia sethiopica. ipacta. Monoch?etum sericeum mnltiflnrum. Epiphyllum Ackermani. Camellia (variés). Cineraria (d°). Azalea (d"). Cyclamen (do). Primula sinensis (var.). Daphne indica rubra. Eranthenanni nervosum. 'Variétés du Cytisus purpureus — Notre collaborateur M. I^ouis Leroy, d'Angers, vient de nous envoyer les rameaux fleuris de trois variétés de Cytises qui sont peu répan dues dans les jardins et peu connues même d'un grand nombre d'horticulteurs, malgré leur beauté Ce sont les : Cytisus p. elongatus, très-longs rameaux pendants garnis de lielles et larges fleurs violet pourpre, beaucoup plus vigoureux que dans le type ; feuilles petites, glabres. C. p. albo-purpureus, voisin de la variété blanche, mais à fleurs mélangées de violet ; végétation plus faible, rameaux grêles, feuilles glabres, petites. C. p. incartiatus major, feuilles petites, pubescentes, fleurs en longues grappes-ra- meuses, grandes, assez longuement pétiolées, à étendard et pétales rose violacé et violet, belle plante. Ces trois jolies plantes se multiplient comme le C. piirpareas type, par grefl'e sur le C. laburmim (faux ébénier); nous conseillons de les greffer, non pas seulement à haute tige ou à demi-tige, comme on le fait d'ordinaire, mais à basse tige, afin d'emploj^er les plantes à couvrir des rocailles par leurs longs rameaux élégants et fleuris. Ed. A. — 172 — MÉLANGES. UN ECHANTILLON DE « FUN « ANGLAIS. Monsieur, Ce printemps j'ai eu l'esprit fort troublé par la proposition, émanant de la direction des postes, d'ér-iger une série de poteaux télégraphiques sur la route qui passe devant ma maison. Au moment de ma plus grande anxiété, je reçus d'un ami, qui avait dans ses attributions l'inspection de ce genre de travail comme lieutenant des ingénieurs royaux, la lettre suivante, écrite dans la bienveillante intention d'adoucir mon chagrin. Ma réponse fut que la belle plante à laquelle mon ami faisait allusion serait du meilleur effet sur mon terrain si elle était " couchée et marcottée, " ce qui heureusement eut lieu. Votre dévoué serviteur, S. Reynolds Hole. Voici la lettre de mon ami : « Cambridge, 3 avril. " Cher monsieur, " Connaissant votre talent d'hor- ticulteur, j'ai l'honneur de vous re- commander une magnifique espèce de la tribu des Aloès. C'est I'Agave TELEGRAPHICA. " Cette plante de haute ornemen- tation est surtout florissante au bord des routes et des chemins de fer. Je suis convaincu qu'elle réus- sira à merveille au bas de votre pe- louse, où elle sera vue dans toute sa splendeur des fenêtres de votre salon. " Notre gouvernement philan- thropique est aujourd'hui active- ment employé à propager ce rare et admirable végétal, et si vous désirez en posséder quelques spéci- mens, je suis à même de vous les fournir aux frais de l'État et de vous les planter convenablement. « U A gave telegraphica est une plante originaire de la Grande-Bre- tagne, mais on l'a acclimatée avec succès dans toutes les parties du monde. Elle croît également bien dans tous les terrains, et reste fleurie tout le long de l'année. " Nous n'avons pas encore réussi à la multiplier de graines, mais un « stock « abondant existe dans la pépinière du gouvernement, et les plantes ne souffrent nullement d'être transplantées en pleine croissance. « Croyez-moi, etc. » Herbert Jekyll, L. R. E. » (Extrait et traduit du « Garden «), Agave telegraphica. 173 CHRONIQUE HORTICOLE. 15 juin 1872. Le pétrole, lalcool et les insectes. — Un de nos abonnés de Bailleul, département du Nord, nous écrit pour nous demander comment on doit em- ployer le pétrole, afin de débarrasser les arbres fruitiers des insectes nuisibles, moyen que nous avons indiqué dans ce Recueil. Nous l'avons essayé avec succès sur des Pommiers et Poiriers, en passant en hiver, sur le bois sec, un pinceau plat enduit de pétrole étendu de deux fois son volume d'eau. Depuis, nous n'avons vu aucun insecte, puceron lanigère ni autres. Toutefois, M. Rivière, jardinier en chef du Luxembourg, à qui nous en parlions récemment, décon- seille ce procédé qui lui a moins bien réussi ; il prétend que le pétrole détruit les insectes et... le bois avec. Peut-être l'a-t-il employé pur, ou sur des arbres à bois trop tendre, ou au moment de la pousse des bourgeons. Toujours est-il qu'il préconise l'alcool comme un substituant préférable au pétrole pour cet objet. Il le distribue également avec un pinceau, mais à l'état pur. Les cerises hâtives de M. Rivers. — Nous venons d'apprendre de M. Th. Rivers, le célèbre pomiculteur de Sawbridgeworth (Angleterre) qu'un semis abondant de la Guigne pourpre précoce [Early pur pie guigne) lui a donné des centaines de jeunes plants qui portent tous des fruits sem- blables à la variété dont ils sont issus. Les arbres diffèrent les uns des autres par la forme du feuillage et le port ; ils sont généralement dressés et non à rameaux pendants comme dans le type, mais les fruits ne présentent, dans la forme, la couleur, le goût, la qualité, presque aucune différence. La guigne pourpre hâtive, comme presque tous les fruits de cette tribu en Angleterre, est à chair plus ferme que nos guignes et se rapproche du bigar- reau; c'est un fort bon fruit, peu répandu sur le continent. AL Rivers pense même qu'elle n'y est pas connue, ce qui est une erreur, car on la cultive en Allemagne et en France, et Oberdieck prétend qu'elle est originaire de ce dernier pays. On la connaît, selon M. de Mortillet, sous les synonymes de Cerise ou Guigne noire de Cobourg, Trempée précoce et Werder's early hlack. Le nom nous importe moins que la constatation de ce fait d'une variété qui se reproduit identiquement de noyaux. Le Gardeners, Chronicle le cite également. Fructification du Thuiopsis dolabrata. — En relatant un cas de fruc- tification de cette belle espèce à Perryfield (Angleterre), en 1871, nous avions fait appel à nos correspondants pour savoir si c'était le premier exemple de ce genre en Europe. La lettre suivante, que nous recevons d'Erfurt, répond à cette invitation : >' Monsieur, .' Je viens de lire dans votre estimé journal que la fructification du Thuiopsis dolabrata a eu lieu en Angleterre, pour la première fois en Europe, l'année dernière. " Permettez-moi de vous raconter que j'ai eu un pied qui a déjà fructifié en 1SC9. J ai TOME XIX. — 15 JUIN 1872. '- — 174 — récolté 5 cônes (strobiles) et dans chacun 4 gi'aines, mais qui n'ont pas levé. J'ai encore aujourd'hui du pollen récolté sur cette plante. Elle mesurait un mètre de hauteur et cinq mètres de circonférence ; je l'ai vendue plus tard à Saint-Pétersbourg et je ne sais si elle a de nouveau fructifié depuis, " Je vous prie d'accepter cette petite rectification et d'agréer, etc. « Robert Neumann, « Horticulteur à Erfurt. » Étiquettes Pynaert. — M. Ed. Pynaert, dont les étiquettes gommées pour les fruits ont été si généralement appréciées, vient de publier un nou- veau tableau (tab. D) allant jusqu'au n'^ 150 et comprenant les 50 meilleurs fruits obtenus par le célèbre semeur belge, M. Grégoire Nélis. Nous espé- rons que le débit considérable qui a été fait des premiers tableaux de M. Pynaert se continuera pour celui-ci, et que d'autres listes, comprenant les Pommes, Prunes, Cerises, etc., ne se feront pas longtemps attendre. Exposition de Huy. — On prépare une grande solennité horticole à Huy (Belgique) pour le 15 août prochain. Le programme, qui vient d'être publié, annonce une Exposition de fleurs, fruits, légumes, céréales, animaux de basse cour, plantes d'ornement, instruments divers de jardinage. On peut demander ce programme à M. Maréchal-Ranwez, secrétaire de la société, à Huy. Prix offert par l'Académie de Caen. — « Du rôle des feuilles clans la végétalion, » tel est le titre de la question que l'Académie des sciences et beUes-leftres de Caen vient de mettre au concours. Les concurrents devront se fonder sur des expériences nouvelles et produire des faits encore inconnus pour éclaircir les points douteux de cette question complexe et obscure. On devra adresser les mémoires à M. Travers, secrétaire de l'Académie, avant le l'"" janvier 1876. Le prix est, dit-on, de 3000 fr. La botanique à Strasbourg. — L'enseignement de la botanique à la nouvelle université allemande de Strasbourg sera ainsi organisé : M. le comte de Solms-Laubach, professeur; M. le D' Schmitz, attaché au laboratoire; M. de Bary, directeur du jardin botanique. Les conifères de la Nouvelle-Calédonie. — MM. A. Brongniart et A. Gris ont présenté à la Société botanique de France un nouveau et savant mémoire sur les Conifères néo-calédoniennes. Il s'applique surtout aux Arau- carias si curieux de cette île, que les dernières recherches de M. Balansa ont permis d'étudier sur des échantillons préparés avec soin et montrant les dif- férents états végétatifs de plusieurs espèces polymorphes de ce genre. Les espèces traitées par MM. Brongniart et Gris sont les A. Balansœ, Cooki, montana, Rulei, Muelleyi, auxquels il convient d'ajouter le Libocedrus austro-caledonica. Nous engageons les spécialistes à recourir à l'original de ce remarquable travail. Le nouveau genre Beauprea. — Les mêmes auteurs, en examinant cinq plantes provenant des envois faits de la Nouvelle-Calédonie par M. Pan- cher, ont reconnu qu'elles formaient les éléments d'un nouveau genre de Pro- téacées de la tribu des Persooniées, auquel ils ont donné le nom de Beauprea, en souvenir de M. Beautemps-Beaupré, ingénieur de la marine, l'un des com- pagnons de La Billardière dans le voyage de d'Entrecasteaux. Les B. gra- cilis, sjMlulœfolia, diversifoUa^ Pancherii, Balansœ, sont les espèces — 175 — créées et décrites, toutes formant des arbrisseaux à feuilles alternes, simples ou imparipinnées, dont les fleurs régulières sont rassemblées au sommet des rameaux en grappes composées axillaires ou terminales. Les excentricités des plantes. — Sous ce nom un peu bizarre, nous trouvons, dans le Journal of Horticulture de notre excellent confrère le D"" R. Hogg, une note qui relate certains faits de variation dans la couleur des fleurs. « J'avais, " dit le rédacteur, « une Jacinthe bleue. Au lieu de déve- lopper des fleurs normales, tous les segments cette année se sont développés verts à l'extrémité, laissant seulement leur base bleue. Un de mes amis vient de me montrer une autre Jacinthe à fleurs bleues tachées de rose ; deux autres épis, sur la même plante, étaient unicolores, mais respectivement l'un bleu, l'autre rose. « En 1868, on me donna un pied en pleine fleur de Pâquerette double pourpre. Le pied refleurit en 1869, mais entièrement blanc et simple comme les Pâque- rette des prés. Au printemps de 1870, le même pied produisit des fleurs semi-doubles et blanches, mais prolifères, c'est-à-dire avec de petits boutons tout autour (ce que nous appelons la poule et ses poussins). Nous attendions en 1871 avec grande anxiété ce qui allait se passer, lorsque nous vîmes de belles fleurs très-doubles blanches avec l'extrémité rosée, qui se sont mon- trées abondamment les mêmes cette année, sur la plante- mère et sa nom- breuse progéniture. Je serais assez curieux de savoir si et en combien de temps cette plante retournera au type rouge double (1). » Les chauffages; les étiquettes. — Un de nos abonnés de Barmen (Alle- magne) nous écrit pour nous demander la meilleure adresse de chaudières tubulaires pour thermosiphons à l'usage des serres. Nous ne pouvons que lui recommander la maison Weeks et C'% King's road, Chelsea, London. Les étiquettes de jardin, en zinc, demandées par notre correspondant, se trouvent chez M. Borel, quai de l'École, 10, à Paris. Nécrologie. — Le révérend William Ellis, le célèbre missionnaire des mers du Sud et plus récemment de Madagascar, est mort le 9 juin dernier à Rose Hill, Hoddesdon (Angleterre), à l'âge de 77 ans. Son nom est étroitement lié aux découvertes de plantes faites à Madagascar dans ces derniers temps, et tous les amateurs d'horticulture n'ont qu'à se rappeler les remarquables introductions suivantes : Oiwirandra fenestralis, Angrœcum sesquipe- date, A. Ellisii, Gra7nmatophyllwn Ellisii, pour voir de quelle impor- tance pour les cultures de serre chaude ont été ses découvertes végétales. Il publia plusieurs volumes estimés sur l'histoire de Madagascar, sur ses voyages en Polynésie, l'histoire de la Société des missionnaires de Londres, etc. Depuis son retour de Madagascar, M. Ellis vivait dans la retraite et cultivait avec succès les orchidées, dont il exposait souvent de fort beaux spécimens. La Flore des serres a publié un extrait de ses publications sur Madagascar et son portrait (vol. XIII, p. 30 et 130). Ed. AxNDRÉ. (1) Ce fait de dichromisme dans les Bellis n'est pas nouveau ; il a déjà été cité plusieurs fois, et a même été l'objet de vives réclamations adressées à des horticulteurs que l'on accusait d'avoir vendu autre chose que la variété annoncée et facturée par eux. E. A, — 176 — PI. XCIX. MARTINEZIA LINDENIANA, h. wendland MARTINÉZIA DE LINDEN. - PALMIERS. ËTYMOLOGIE : genre dédié par Ruiz et Pavon, auteurs de la Flora Peruviana, à Balthazar Martinez, naturaliste espagnol. CARACTERES GËNÉRIQUES : Spatha duplex, exterior inconipleta; flores dioici ; mascnli : calyx iv\\)Siviiiy\s, vel trisepalus ; coro??a tripetala; 5tomnia-6 ; ovarii rudimen- tum; flores fœminei : calyx triphyllûs ; corolla tripetala ; urceolus filamentorum abortivo- rum sexdentatus liber ovarium ambiens; ovarium triloculare; drupa globosa pericar- pio carnoso putamine glabro osseo extus scrobiculato, poris tribus stellatis in média peripheria. (Karsten in Linnœa, XXVIII, p. 397.) CARACTERES SPÉCIFIQUES : caudex 3-5 m. altus ; frondes aggregato pinnatisectse, petiolo rhachique nigro-aculeatis, segmentis quaternis, quinis senisve in grèges oppositos distantesque approximatis, foliaceis, deorsum elongato-cuneatis, apice eroso-truncatis, octies ad decies latitudine longioribus, in latere superiore breviter (1-2 cm.) productis, in inferiore nervum médium paululum superantibus, marginibus lateralibus et nervo.medio supra apicem versus ciliato spinosis, spadicibus elongatis, simpliciter ramosissimis, ramis longissimis, intimis basi longiuscule nudifloris ; drupa rosea. Martinezia Lindeniana, Herm. "Wendland, in Linnœa, XXYIII, p. 349. — Id. in Walp. Ann. V, p. 848. Ce beau Palmier est dû aux explorations de M. J. Linden, qui le découvrit en 1843 dans la Nouvelle Grenade, sur une montagne près de Florida, à une altitude de deux mille mètres au-dessus du niveau de la mer. Les indigènes de la région le connaissent sous le nom ô.'Alva7''ico (1). Par la forme des segments de ses feuilles tronquées, il ressemble un peu au M. truncata de Brongniart, mais il s'en éloigne par d'autres caractères. Dès son jeune âge et à plus forte raison quand il est plus vieux, il forme un arbre d'une grande élégance. La base de ses frondes, sur les jeunes plantes que nous avons étudiées dans les serres de M. Linden, est largement embrassante cucullée; tout le pétiole ou rliacliis quadrangulaire est d'un jaune pâle couvert d'un tomen- tiun argenté brillant et d'aiguillons longs, dressés, étalés, épars, filiformes, (1) C'est par erreur que la patrie de cette espèce a été attribuée au M. elegans, L. et W., qui constitue une autre espèce néo-granadienne découverte par MM. Funk et Schlim et qui n'est pas Valvarico des Indiens. On devra se rappeler cette observation en consultant AValpers (1. c), où se lit cette erreur, duo a une repioduction inexacte du texte allemand de la i.iiiiicea. (Note de la rédaction.) -^^^ ' DePsmemaeker, ad nat .pmx n\ Hort:. Im Lith.de L.SLrool)ani;, à bàv.à - 177 - cendrés ou noirâtres. Les bords de la partie dilatée du rhachis sont scarieux, noirâtres, ondulés, frangés. Les folioles sont grandes, obliques, alternes, tronquées au sommet et inégalement dentées comme frangées, bordées de vert tendre ou blanchâtre sur un fond vert brillant strié plus pâle et portant en dessous des zones furfuracées blanches. Les aiguillons longs, rares, épais, sont plus abondants au sommet des folioles. La tige atteint de 3 à 5 mètres ; la panicule florale, longue de 65 centimètres, est hérissée d'aiguillons sur le pédoncule ; les fruits sont roses, succédant à de petites fleurs insignifiantes comme toutes celles du genre, dont on trouvera plus haut la description bota- nique. Le M. Lindeniana est un des plus gracieux Palmiers connus ; il com- mence à se répandre dans les serres européennes et il a été l'objet, quand il a été exposé à Londres, de l'admiration des connaisseurs. Ed. André. JARDIN POTAGER ET FRUITIER. LE CHOU-FLEUR IMPERIAL. Ce n'est guère que dans les premières années du xvii'"^ siècle que le chon- ûeur, Brassica cauliflora, Tournefort; Brassica oleracea botrytis, Linné, originaire, paraît-il, de l'Orient ou du Levant, fut importé en France, où il ne tarda pas à jouir de la réputation qu'il méritait à plus d'un titre et qu'il mé- rite encore à tous égards. Les jardiniers de cette époque l'accueillirent favo- rablement, et en très-peu de temps il fut servi sur les tables royales et prin- cières, sous différentes formes culinaires. Les cuisiniers le préparèrent au jus et à la sauce blanche ; on l'associa aux viandes rôties et bouillies ; on le mit, en guise de garniture, dans une foule de ragoûts; on en fit un plat excellent d'entremets ; on le fit frire dans la pâte et enfin on l'accommoda, cuit dans l'eau et à l'état froid, à l'huile et au vinaigre, comme nos salades. Il reçut en outre d'autres préparations, dans les détails desquelles nous ne voulons pas entrer; nous nous bornons à faire connaître les principales. Pendant très-longtemps nos pères n'ont connu et n'ont cultivés que les trois variétés suivantes de chou-fleur : le dur, le demi-dur et le tendre, obtenus nous ne savons par qui, mais nous pouvons affirmer que les obtenteurs étaient des jardiniers soigneux et observateurs ; ces variétés étaient plus pré- coces les unes que les autres et aussi plus faciles à supporter les froids et à passer l'hiver, soit sous cloches, soit au moyen d'abris divers dont on se ser- vait alors. Vinrent ensuite d'Espagne, d'Italie, de Portugal et d'autres prove- nances, des variétés sous les dénominations de chou-fleur de Hollande, d'An- gleterre, de Malte, etc. Le chou-fleur tendre était désigné â Paris sous le nom de petit Salomon; le demi-dur y était connu sous celui de gros Salomon; — 178 — on cultivait le chou-fleur dur sous les dénominations de dur de Hollande et de dur d'Angleterre. Toutes ces variétés existaient réellement dans les cultures bourgeoises et chez les jardiniers-maraîchers, jusqu'à ces derniers temps, où elles furent remplacées en partie par une nouvelle, obtenue par M. Lenormand, l'un des habiles jardiniers de Paris, au moyen de la sélection. Ce jardinier observa- teur, après s'être assuré que cette variété nouvellement obtenue par lui était fixée, et qu'elle se reproduisait exactement de semis, la propagea sous le nom de chou -fleur Lenormand ; nom qu'elle porte encore aujourd'hui et qui lui res- tera. Ce beau et bon chou-fleur fut examiné par une commission nommée par la Société d'horticulture de Paris, dont nous faisions partie et dont aussi nous fûmes nommé rapporteur, il y a de cela une vingtaine d'années. Dans cette visite, nous avons été à même de constater que les pommes d'un grain blanc, uni et très-serré, mesuraient au delà de trente centimètres de diamètre. Ses qualités en cuisine ne laissaient rien à désirer, c'était donc une , double conquête des temps modernes pour les jardins potagers et pour les tables. Partout il n'était question que du chou-fleur Lenormand et c'était jus tice ; nous ne cultivions que lui et il suffisait amplement à nos besoins de toutes les saisons, sous châssis et à la pleine terre. Nos cultures ne comprenaient que le chou-fleur Lenormand, quand, il y a trois ans, M. Duflot, marchand de graines, quai de la Mégisserie, n° 2, à Paris, nous offrit très-gracieusement, pour en faire la comparaison, des graines de chou-fleur impérial, dont la variété était récente et qu'il insérait dans ses catalogues pour la première fois. Nous les acceptâmes avec d'au- tant plus d'empressement que le genre de nos études depuis plus de cinquante ans est appliqué spécialement aux plantes économiques et potagères. Le chou-fleur impérial fut semé en même temps que la variété Lenormand; nous l'avons cultivé comparativement sous châssis pendant l'hiver, et au printemps de l'année 1870, il s'est montré de 12 à 15 jours plus précoce ; nous avons renouvelé notre expérience, même pendant la guerre et, en avril 1871, nous avons constaté qu'il était plus hâtif d'environ un mois que le chou-fleur Lenormand ; enfin, cette année, nous avons coupé les pommes du chou-fleur impérial 20 jours avant celles de la variété Lenormand. Les pieds que nous avons laissés pour graines portaient des siliques quand les autres, destinés au même usage, ne faisaient que d'entrer en fleurs. Nous avons remarqué la même différence de précocité dans nos cultures de pleine terre et il est évi- dent pour nous, qui cultivons cette nouvelle et bonne variété, que c'est une excellente conquête de plus pour les jardins bourgeois et pour les jardiniers maraîchers. Afin de maintenir la précocité du chou-fleur impérial sur ses congénères, nous ne récoltons les semences que sur les premières pommes, bien faites et bien franches. C'est sans doute à ce soin particulier que nous sommes redevables des quelques jours d'avance que nous avons gagnés sur les essais de la première année et nous le continuerons. Le chou-fleur impérial est facile à distinguer des autres ; ses feuilles sont plus allongées ; elles ont une teinte vert-blond, et elles sont moins cloquées que celles du chou-fleur Lenormand; ses pommes, qui mesurent généralement de 20 à 25 centimètres de diamètre, ont le grain très-blanc, très-serré, très-. -^ 179 — fin et très-uni ; à la dégustation, il est doux, moelleux, sans avoir le goû.t prononcé du chou ; en un mot, c'est une excellente et délicieuse variété, que nous ne saurions trop recommander à nos confrères. Il ne demande ni plus ni moins de soins que ses congénères et on peut le cultiver, d'automne, de prin- temps et d'été à l'égal des autres choux-fleurs ; tout en étant plus hâtif qu'eux nous lui donnons la même culture et rien de plus. Le chou-fleur impérial est avantageux pour tout le monde en ce sens, que d'un seul semis, et de la même culture, on peut facilement obtenir deux récoltes successives. Telles que nous les indiquons plus haut, c'est là un avantage incontestable qu'il possède et que nous lui reconnaissons. Sous tous ces rapports, nous engageons les jardi- niers et les amateurs à faire connaissance avec ce bon et nouveau chou-fleur, dont nous parlons avec le plus grand désintéressement, dans un esprit de justice et avec l'espoir que l'on voudra bien l'essayer. Notre seul but, comme toujours, est d'être utile. Bossin. NOTES SUR LE JARDIN POTAGER ET FRUITIER. Transport des Melons en godets. — M. Alégatiére, en exposant quelques plants de Melons, recommande le procédé suivant : on choisit un godet de trois pouces, et par des percussions on brise et enlève le fond. Cela fait, on le remplit de terreau, et après l'avoir renversé, on y plante les Melons, que l'on peut transporter ainsi à volonté et qui n'ont rien à redouter des courtiliéres pendant toute leur existence. On dira peut-être : mais les racines seront gênées dans leur développement horizontal. Nullement! Au sortir du pot, elles tendent à la surface du sol et s'y étalent ; le corps de la racine engagé dans le pot y conserve mieux sa fraîcheur. L'expérience a prouvé l'efficacité de cette simple recette. CUSIN, [Horticulteur lyonnais). Le blanc, l'oïdium et le soufre. — Chacun de nos lecteurs sait que le seul remède contre le terrible champignon microscopique de la vigne est le soufre. Mais ce que l'on connaît moins, c'est qu'il ne faut pas l'appliquer, dans les vineries couvertes, comme moyen pré- ventif, sous peine de voir les vignes ravagées par un autre champignon, le blanc, sorte d'Urédinée qui détruit le feuillage en peu de temps. Rien n'est plus funeste, par exemple, que de saupoudrer fortement les tuyaux de chauffage avec du soufre. On ne doit appliquer le soufrage que lorsque les fruits sont noués, jamais avant la floraison, et ventiler abon- damment après l'opération. Nous avions déjà entendu M. Thomson, le savant jardinier du duc de Buccleugh, exprimer cette opinion lors de la visite que nous lui avons faite à Dal- keith (Ecosse), et nous venons de la voir corroborée par une récente notice publiée dans le Garden par le révérend R. Hole. Il est bien entendu que ce moyen ne s'applique qu'aux serres à vignes et dans les pays où le précieux arbuste ne mûrit pas ses fruits en plein air. Cette année, l'apparition de l'oïdium a eu lieu simultanément sur les vignes d'espalier dans plusieurs régions d'où le fléau avait disparu depuis longtemps. On s'est empressé de soufrer dès les premières traces du mal, qui a été vaincu, comme d'habitude, par les cultivateurs intelligents et soigneux. Ed. A. 180 HORTICULTURE D'ORNEMENT, LE JARDIN D HIVER TEMPERE-FROID. Nous avons, dans un précédent article, considéré la plantation d'un jardin d'hiver [Conservatory) pour les plantes des régions chaudes du globe, et groupé ensemble les représentants de la végétation tropicale qui peuvent vivre dans la même atmosphère. Nous n'avons fait exception à cette règle que pour quelques espèces de serre froide qui acquièrent de grandes dimen- sions sous l'influence d'une chaleur plus intense, comme certains Palmiers, des Araliacées, etc. C'est ainsi que nous avons vu dernièrement, au jardin botanique de Nancy, une plante de la Chine considérée comme de serre froide et même de plein air dans le midi de la France, \ Aralia papyrifera, acquérir en serre chaude des dimensions gigantesques. Le spécimen dont nous parlons mesurait 4 mètres de hauteur et portait des feuilles magnifiques dépassant 2 mètres de long avec le pétiole. Toutefois, dans la plupart des cas, les plantes dites de serre froide s'étiolent sous une température trop élevée. D'ailleurs, le jardin d'hiver froid est plus précieux encore que celui que nous avons étudié, en ce qu'il est aussi riche en espèces ornementales, et plus à la portée des modestes fortunes. Le plus simple chauffage, — un calorifère même, — suffit pour y entretenir l'hiver un minimum de 4" au-dessus de zéro, température suffisante pour la période de repos que réclament nombre d'espèces de l'Australie, delà Chine et du Japon, de la Nouvelle-Zélande, des régions montagneuses des tropiques, etc. On ne saurait croire de combien de formes, que le public peu instruit croit appar- tenir aux pays chauds, on peut meubler une serre froide. Un grand nombre de beaux Palmiers s'accommodent de ce traitement; des Fougères par cen- taines n'en demandent pas d'autre, les Dracœna, Agave, Foui^croya, Acacia, Dasijlirion, Ficus, Aralia, Banksia, plusieurs Conifères, les Yucca, Grevillea, Rhopala, Protea, Cactées, Cycadées, etc., s'y complai- sent, sans parler des espèces plus humbles qui ne prospèrent que par une basse température hivernale. L'expérience acquise dans cette culture depuis une quinzaine d'années en Europe, et principalement sur le continent, est considérable. En y regardant de plus près, on a reconnu que le traitement imposé à certaines espèces tro- picales ne tenait pas compte de l'altitude où les plantes croissaient spontané- ment. Une plante arrivait-elle du Mexique? Elle devait fatalement passer en serre chaude. Personne, parmi les horticulteurs, ne se serait imaginé, par exemple, de feuilleter le mémoire publié par Martens et Galeotti sur les Fougères du Mexique. On y aurait vu cependant que ces Cryptogames y avaient leur quartier général depuis 3,000 jusqu'à 10,000 pieds d'altitude suprà marine, c'est-à-dire dans un climat froid. Les Fougères arborescentes de ce pays s'y trouvent entre 3,600 et 6,000 pieds, c'est-à-dire à la limite où — 181 commencent les bois de Sapins et les Ericacées de la région subalpine, et c'est à cette hauteur que se rencontrent de magnifiques Alsophila. Plus de 30 Palmiers sont aujourd'hui acquis à la serre froide. Un grand nombre habitent les régions froides des montagnes tropicales, comme le Cer oxyton andico- la, que l'on trouve jusqu'à 10,000 pieds et davantage. Les Oreodoxa frigida et plusieurs Chamœ- dorea vont jusqu'à la région des Pins; l'Areca hionilis at- teint 8,000 pieds à Java;le Chamœrops Martiana 7,800 p'^' au Népaul ; le Phœ- nix humilis 6,000 pieds, sans compter les Chamœrops ex- I celsa de la Chine, Rha- pis flahelli- formis du Ja- pon , Cory- mha austra- - Ih, etc., etc. Nous n'avons pas l'intention de passer ici en revue les es- pèces susceptibles d'être essayées à la serre froide et plan- tées dans le style na- turel. Nous croyons meilleur et plus pra- tique pour nos lec- teurs de distribuer comme nous l'avons fait pour la serre chaude , une serre froide sur le dessin qui nous a déjà servi une première fois. Parler aux yeux, au moyen des numéros de renvoi du plan ci-joint, reproduction du jardin d'hiver chaud déjà publié, nous fera mieux comprendre que toutes les dissertations et artifices de style. — 182 — r Plantes grimpantes à suspendre le long du vitrage. 1, Rhynchospermum jasminoïdes ; 4, Plumbago scandens ; 7, Passiflora cœrulea; 9, Mi kania scandens; 12-13, Solanum jasminoïdes; 17, Cobfea scandens variegata ; 21, Thun- bergia laurifolia; 23, Kennedya violacea; 25, Mandevillea suaveolens; 27, 28,30,31, Senecio mikanioïdes ; 33, Tropœolum spit-fire ; 36, Passiflora edulis ; 38, Akebia quinata ; 41, Aris- tolochia sempervirens ; 44, Tecoma capensis; 45, Clianthus puniceus;46, Fuchsia cocci- nea; 49, Lapageria rosea; 53, 54, 58, Aristolochia ciliosa; 60, Kennedya Maryattae; 62, Tropœolum speciosum ; 63, Tropœolum pentaphyllum ; 65, Bignonia kerere; 68,71, 72, Tacsonia Van Volxemi; 74, Lapageria alba ; 77, Hoya carnosa; 80, Clianthus Dam- pieri. Nous devons faire observer ici que, pour une serre des dimensions que nous avons indiquées, ce nombre de plantes grimpantes serait trop considérable et obscurcirait trop la serre froide pendant l'hiver. Nous ne conservons la liste entière que pour le cas où l'on disposerait d'une serre assez vaste pour les contenir, par exemple d'une longueur de 30-50 mètres, avec largeur et hauteur proportionnelles. 2° Grandes plantes à feuillage, à têtes élevées. — Palmiers. 67, Chamserops stauracantlia ; 15, Chamaerops excelsa ; 32, Corypha australis ; 56, Jubsea spectabilis; 102, Sabal palmetto; 105, Phœuix reclinata; 95, Rhapis flabelliformis; 93, Livistona sinensis; 84, Seafortliia robusta; 90, Oreodoxa frigida; 173, Phœnix tenais; 168, Cocos Romanzofiîi ; 159, Areca sapida ; 166, Glaziova elegantissima ; 154, Ceroxylon andicola; 156, Calyptrogj'ne elata; 149, Seaforthia elegans ; 134. Brahea dulcis ; 136, Sea- forthia gracilis; 142, Chamœdorea glaucifolia; 137, Chamœrops Martiana; 119, Phœnix sylvestris ; 105, Cocos australis ;' 95, Phœnix farinifera; 105, Chamterops humilis; 102, Brahea nitida. Voici donc 26 espèces de Palmiers, de taille plus ou moins élevée, qui pros- péreront parfaitement dans les conditions de température que nous avons indiquées et qui fourniront un fond de feuillages d'une suprême élégance. Que l'on ne s'étonne point de nous voir préconiser ces plantes dans de sem- blables conditions. Nous en parlons pour les avoir essayées, et en comparant les altitudes auxquelles elles croissent spontanément, on verra que la serre froide avec un minimum de+ 4° centigrades l'hiver, est tout ce qu'il leur faut. On sait que la température moyenne décroît d'un degré centigrade par cliaque 180 mètres d'élévation suprà marine. Or, si on admet, comme cela a lieu généralement, que la moyenne sous les tropiques est de -f- 28° au niveau de l'Océan, à 1,800 mètres elle sera seulement de -j- 18°, et à 3,000 mètres de -j- 11° et une fraction, soit une température moyenne égale à celle de Paris. Il n'est donc pas bien extraordinaire que des Palmiers de ces hautes régions, comme on l'a fait pour le Chamœrops excelsa, puissent vivre dehors sous ces. climats, >où ils n'auraient à craindre que les hivers excep- tionnels (comme les derniers froids de décembre 1871). Si l'on ne possède pas de données certaines sur cette culture, c'est que les Palmiers sont restés jus- qu'ici d'un prix trop élevé pour être livrés et pour ainsi dire sacrifiés en plein air. Les Cycadées, quoique moins rustiques en général que les Palmiers ci-des- sus nommés, peuvent encore rendre des services dans la serre froide, où une température momentanément basse ne leur est pas préjudiciable, mais où elles — 183 — souffriraient d'une prolongation de cet état. Ainsi nous conseillerions de planter les espèces suivantes aux n°^ que voici : 85, Bowenia spectabilis ; 96, Cycas revoluta ; 120, Zamia australis ; 1G9, Encephalartos Alteinsteini ; 134, Dioon edule. Fougères en arbre, acquises à la serre froide : 124, Alsopliila australis; 82, Blechnum Brasiliense; 116, Alsopliila ornata; 140, Balan- tium antarcticum ; 170, Cyathea dealbatk ; 151, Todea australis. Si l'on dispose de plus de place, on pourrait ajouter : Alsopliila excelsa, Balantium culcita , B. Sellowianum , Ble- chnum Rio-Grandense , Cibotium regale, G. spectabile , Cyathea medullaris, G. Smithi, Dicksonia fibrosa, squarrosa, Lomaria cycadifolia, gibba, discolor, Magellanica. Toutes ces plantes sont d'une grâce incomparable. D'autres genres viennent prendre place à côté de ceux-ci, mais ils sont d'une moindre importance, et peuvent se fondre dans le mélange des feuil- lages dont nous continuerons la distribution ornementale dans le style naturel : 3° Plantes diverses ; massifs de la petite pelouse, 106, Cordyline indivisa ; 97, Aspidistra elatior ; 98, Podocarpus totara ; 99, Clivia cyrtan- thiflora; 100, Gorrea cardinalis; 101, Farfugium grande; 104, Eucalyptus viminalis; 109, Elœagnus uudulata ; 108, Glivia nobilis ; 107, Gamellia Japonica, var. ; 86, Erythrina Marie Bellanger; 87, Francoa sonchifolia; 92, Edwardsia graudiflora; 91, Sparmannia Africana; 88, Gamellia; 87, Ligularia Kœmpferi; 89, Aucuba Himalayca; 86, Gunonia Capensis ; 83, Brugmansia sanguinea ; 81, Daphne Delphini. 4" Plantes diverses ; massifs de la gra7ide pelouse. 174, Pancratium mexicanum; 175, Sedum spectabile; 172, Aspidistra elatior variegata ; 171, Agave Verschaflfelti ; 112, Phormium Golensoï; 111, Philesiabuxifolia; 110, Macleania cordata; 113, Linum trigynum ; 114, Eucalyptus giganteus; 115, Aralia Sieboldii; 117, Skimmia oblata; 117, Rubus rosseflorus ; 118, Thuyopsis dolabrata ; 121, Rhododeu- drum Jenkinsii; 122, Araucaria excelsa; 128, Lomaria gibba; 130, Beaucarnea tubercu- lata; 129, Ghrysanthemum Gomte de Chambord; 137, Crowea saligna; 143, A,spidium Bellangeri; 139, Stadmannia australis ; 142, Mimosa cultriformis ; 141, Sparmannia Afri- cana; 135, Eucalyptus gigantea; 135, Thea viridis ; 144, Platycerium grande; 145, Senecio platanifolia ; 146, Nephrolepis exaltata ; 148, Dracaîna Rumphii ; 150, Pteris cretica albo lineata; 153, Agnostus sinuatus; 152, Cyrtomium falcatum; 155, Acacia dealbata ; 158, Pimelea elegans; 157, Littea gracilis; 165, Senecio Ghiesbreghti; 164, Musa Ensete. 5° Plantes de bordure, entre l'allée et le vitrage. 2, Wigandia urens; 3, Yucca aloëfolia tricolor; 5, Uhdea bipinnata; 6, Viburnum sus- pensum ; 8, Xanthorrœa hastilis ou Phormium tenax; 10, Veronica Andersoni varie- gata; 11, Acacia lineata; 14, Abutilon striatum; 16. Hibiscus rosa sinensis; 18, Aralia pubesceus; 19, Senecio Ghiesbreghti; 20, Nicotiana wigandioïdes ; 22, Bambusa Fortunei variegata ; 24, "Viburnum Awafuski : 26, Verbena citriodora ; 29, Magnolia fuscata ; 34, Ara- lia dactylifolia ; 35, Ficus macrophylla; 37, Templetonia retusa; 39, Siphocampylus Humboldtianus ; 40, Solanum Warscewiczii ; 42, Montanoa heracleifolia ; 43, Glivia miniata ; 45, Salvia (div. esp.) ; 47, Rogiera gratissima ; 48, Rhododendrum Gibsoni ; 50, Azalea amaena; 51, Rhopala australis; 52, Rhododendrum Nuttalli ; 57, Pleroma ele- gans; 55, Podocarpus zamitefolius ; 59, Phyllocactus Akermanni ; 61, Fuchsia var.; 64, Aralia crassifolia; 66, Osmanthus ilicifolius ; 69, Oreopanax platanifolium : 70, Bocco- nia frutescens ; 73, Helianthus major ; 75, Aralia papyrifera; 76, Hebeclinium macrophyl- lum ; 78, Hedychium Gardnerianum ; 79, Desfontainea spinosa. Pour garnir les intervalles occupés par ces plantes, on peut ajouter une infinité de genres et d'espèces à feuillage ou à belles fleurs qui sont répan- dus dans le commerce horticole. 184 — SOINS PARTICULIERS. Les Palmiers pour jardins d'hiver doivent être élevés en pots dans leur jeune âge, jusqu'à ce que leurs feuilles se divisent et se caractérisent, et que leur tronc acquière à la base au moins la grosseur du bras. On ne doit les mettre à la pleine terre qu'à cette époque, après leur avoir fait subir des rem- potages successifs jusque-là et les avoir maintenus autant que possible dans des serres tempérées-chaudes (même pour les espèces de serre froide), où les pots auront été plongés dans la tannée. On peut les rempoter deux fois l'an, au printemps et en été, en terre au léger, quand la croissance est rapide, sans jamais couper les racines, et dans des pots longs et étroits. Une atmosphère moite et chaude, à demi ombragée, mais sans humidité stagnante, est ce qui convient le mieux aux jeunes Palmiers. Les Fougères en arbre ne redoutent pas le plein air et le soleil, comme on le croirait ; il n'y a que les espèces acaules qui vont bien surtout à l'ombre et sous les autres plantes, leurs racines demandant peu de nourriture. VAlso- phila australis ^eni être mis dehors l'été, au plein soleil, sans difficulté; si on l'arrose de temps en temps avec des engrais liquides, il acquerra en peu de temps des dimensions considérables et une beauté hors ligne. Une bonne partie des plantes que nous avons signalées se contenteraient d'être préservées de la gelée, mais il vaut mieux, comme nous l'avons dit, conserver l'hiver un minimum de -\- 4" centigrades, et quand le soleil, frap- pant sur les vitres, y développera une température de -|- 18°-20<', il ne sera pas encore nécessaire d'ouvrir les vasistas, car cette chaleur enlève l'humi- dité surabondante et donne aux plantes une excitation végétative passagère et salutaire. Dès le mois de février, cependant, la végétation recommence ; il faut aérer graduellement, arroser au lever du soleil, jamais le soir, et couvrir de paillassons la nuit en chauffant un peu plus fort pour ne pas arrêter les pousses tendres qui se développent. En mars, on commence à ombrer avec des claies légères, jusqu'à ce qu'on puisse découvrir la serre en grande partie et sortir enfin dehors les plantes en pots ou en caisses. Quant aux grands Palmiers et Fougères en arbre, Dracœna, Aralia, on se trouvera toujours bien de les laisser toute l'année en serre, ayant soin de les tenir bien ombra- gés, de donner beaucoup d'air et même d'enlever tout à fait les châssis ouvrants de la serre. Avec beaucoup d'eau et d'ombre, on est sûr d'avoir une splendide végétation, des feuilles non déchirées par les vents, des plantes bien durcies avant la période de repos. Si l'on prend soin de garnir les espaces vidés lors de la sortie de certaines plantes, par des touffes de Pelargonium, Fuchsia, Achhnenes, Gloxinia, Gesneria, Bégonia, Fougères herbacées, Caladiimi colorés, etc., on aura pendant tout l'été une serre charmante, cent fois plus jolie que durant l'hiver, et qui ne demandera aucun soin. Voici donc un nouvel exemple de jardin d'hiver ou Co7îservatory applicable à des conditions différentes de notre premier projet. Si nos lecteurs trouvent quelque intérêt dans ces suggestions, nous pourrons les poursuivre et indi- quer successivement l'arrangement des serres à plantes officinales, utiles, à arbres fruitiers des tropiques, la construction et la garniture des rochers en serre chaude et froide, etc., etc. Ed. André. — 185 — EXPOSITIONS DE PARIS ET DE LYON. L'exposition tenue par la Société centrale d'horticulture de France au palais de l'Indus- trie le 25 mai dernier et jours suivants a montré, sinon un déploiement particulier de lots magnifiques, au moins une renaissance trés-vigoureuse de l'horticulture parisienne, si etTroyablement ravagée par la guerre. Plus de 60 exposants avaient tenu à honneur d'affir- mer leur existence. Nombre de très-beaux lots ont attiré l'attention du jury et du public. En voici les principaux : M. Hip. Jamain, à Paris-Montrouge, superbe collection de Rosiers forcés, notamment de Thés qui ont fait l'admiration générale. M. Chantin, plantes de serre chaude en forts exemplaires. La Société maraîchère de la Seine, lot de choux-fleurs magnifiques, sans parler de légumes variés. M. Savoj'e, horticulteur, rue de Fontarabe, 28, Paris, nombreuse collection de plantes de serre chaude, d'une culture parfaite. M. Pfersdortr, 110, avenue de Saint-Ouen, Paris, collection de Cactées; M. Louis Lhé- rault, d'Argenteuil, Asperges monstrueuses; M. Bonnet, 11, route de Montrouge, à Vanves (Seine), très-belle collection de plantes vivaces en fleurs, culture trop délaissée et cependant si intéressante, etc. Ajoutons que l'apport hors ligne de plantes annuelles et bisannuelles de MM. Vilmorin- Andrieux et C'"^, et leur collection de 60 variétés de salades doivent être cités comme la quintescence de l'Exposition et ont gagné de haute main la coupe d'honneur du ministre de l'instruction publique, A Lyon, deux séries de l'Exposition horticole ont déjà eu lieu et le compte rendu de la dernière nous arrive à l'instant (15 juin). Nos lecteurs se rappellent que l'inauguration oflîîcielle a dû être remise au l""" juin au lieu du 1<"' mai, pour cause d'insuffisance des préparatifs d'installation. Cette première série n'aura guère été qu'un avant-propos. On a remarqué les Pelargonium zonales de M. Bou- charlat et les P. à grandes fleurs de M. Fillion; les Conifères et les Iris de M. Luizet, les Pivoines herbacées de MM. Simon, Joannin et Roland, les Pensées anglaises de M. Bou •■ charlat jeune, les Œillets de poète de M. Rivoire, enfin les plantes de serre froide de M. Dallière, de Gand, remarquables parleur belle culture. C'est le seul exposant étranger que l'on ait pu noter cette fois. La seconde série (15 juin), a été plus complète ; on sent que la saison est plus clémente, et que l'Exposition s'affirme. La Société d'horticulture de l'Ain, qui s'honore d'avoir pour président M. Mas, l'éminent pomologiste, envoie un fort beau lot. Nous y remarquons les Pois Laxton's alpha, Ringleader, Prince Albert amélioré ; des Poirées, Choux, Artichauts superbes, quelques beaux fruits, bigarreaux et guignes, le tout formant un très-bon ensemble. Dans les légumes, la plante à sensation a été une légumineuse du Sénégal, rapportée à M. Germain, horticulteur à Montplaisir, par M. Gibski, capitaine de vaisseau. C'est le Pois à ombelles. Cette disposition des fleurs, indiquée par le nom, est fort curieuse; la plante est ornementale et remontante et ses gousses se succèdent, dit-on, toute l'année. Le jury attendra une nouvelle présentation avant de se prononcer sur le mérite de cette nou- veauté. Il existe bien un Pois à ombelle {Pisum sativum, var. umbellatum) décrit dans le Prodrome de DecandoUe (II, 368); mais c'est une vieille plante connue autrefois sous le nom de Pois à bouquets et qui paraît différente de celle-ci. Les bigarreaux de M. Joanon comprenaient de belles variétés ; B. Reverchon, de Mézel, Jaboulay, Elton, etc., trop peu répandus dans les vergers. Les plantes d'ornement, réunies sous une grande tente, présentaient un fort beau coup- d'œil. On a beaucoup loué une nouvelle rose de M. Lacharme, le semeur émérite. Elle est d'un blanc carné et sort de Jules Margottin. C'est une bonne nouveauté. D'autres roses de — 186 — M. Levet, non encore nommées, ont reçu un premier prix et seront mises bientôt au commerce. De beaux Fuchsias de semis de M. Rimaucourt, de Langres, sont arrivés dété- riorés par le voyage ; mais leurs corolles étaient d'un diamètre extraordinaire. Les collections de roses de MM. Fillion, Faudon, Levet, Ducher étaient superbes. Les Pelargonium zonales doubles de M. Boucharlat sont de premier ordre. ' On y remarque : Sceptre lorrain, M. de Saint-Jean, Faidherbe, Charles Glym, Victoire de Lyon, Clémence Royer, Vengeur, etc. Le lot à feuilles panachées, du même exposant, ne le cède guère au précédent. A M. Liabaud revient la palme des plantes de serre chaude. De grandes Foug jres et des Cycadées, quelques forts Palmiers attirent les regards. Nous avons trouvé dans ses apports de véritables et très-bonnes nouveautés dues aux introductions de M. Linden : Bioscorea chrysophijlla, metallica, Peperomia resedœflora, Fittonia gigantea, etc., que V Illustration horticole a décrites et qui témoignent du désir qu'a cet horticulteur de se tenir au courant du jour. De charmants échantillons de Conifères, petits, mais nouveaux pour la plupart, étaient dus à M. Dalliére, de Gand. La collection d'ensemble de cette famille, très-bien repré- sentée, a valu un premier prix à M. Luiz'et. En somme, bonne journée, qui en annonce de meilleures encore. Les expositions de quinzaine divisent les efforts et sont moins brillantes que les solennités générales; mais les exposants lyonnais seront à la hauteur de leur tâche. Detector. NOTES SUR L'HORTICULTURE D'ORNEMENT. '-^'X -J^-.^ De la taille du Rosier. — Au lieu de tailler court les rosiers chaque année, ce qui diminue le nombre des fleurs, nous conseillons d'employer un moyen que nous avons mis à exécution l'année der- nière sur la variété GénéralJacqueminot. Loin de rabattre uniformément tous les rameaux sur deux ou trois yeux selon âge, nous en avons laissé un entier au centre de l'arbuste (voir la figure ci- contre) et taillé les trois autres assez court. On obtient ainsi une profusion de roses sur le vieux bois, ce qui n'empêche pas de compter sur les rameaux courts pour le bois de remplacement de l'année {* '-^^. lô ! \ I f /') l '^'^/ -i '*"* **< suivante. L'année prochaine et les sui- ^—f C\ 1 \ " 1 1 II lii l" {'' /^^^■^''^^'^^ vantes, le choix d'un ou plusieurs ra- meaux analogues permettra une succes- sion de remplacements indéfinis, comme pour le pêcher ou la vigne à long bois. Nous espérons ainsi obtenir une centaine de fleurs sur chaque sujet. — Depuis la publication de cette note, notre expé- rience de 1872 a parfaitement réussi. Nous avons compté jusqu'à 150 roses sur un seul pied. Pour nous la chose est jugée; les promeneurs au jardin botanique de Gand se sont longuement arrêtés devant ces buis- sons fleuris sans soupçonner le procédé employé, que nous nous empressons de publier. Van Hulle {Bulletin du Cercle d'arboriculture de Gand). Taille du rosier selon M. Van Hulle. — 187 — REVUE DES PLANTES NOUVELLES (SUITE). Avril 1871. Costus Malortieanus , Wendland. — 5894. — Scitaminées. — Belle plante de serre chaude, introduite de Costa Rica par M. Wendland, voisine des C. spicatus et C. pictus. Larges feuilles ovales pointues vert rayé plus pâle, pubescentes, fleurs grandes jaunes rayées fasciées de rouge, entourées à la base d'écaillés imbriquées en forme de pin. Gilia liniflora, Benth. — 5895. — Polémoniacées. — Délicieuse petite plante, lune des plus intéressantes découvertes de David Douglas en 1826. Californie. Annuelle, rustique, feuilles filiformes verticillées, comme un Spergula, fleurs très-abondantes blanc pur, dans le genre d'un Lin blanc, à étamines jaunes. Charmante. Nothoscorclium auremn, J. D. Hook. — 5876. — Liliacées. — Sorte d'ail de Californie, à captules multiflores d'un beau jaune d'or, fleurissant avec une feuille solitaire linéaire. Plein air. Bégonia crinita, Oliver. — 5897. — Bégoniacées. — Envoyé des Andes de Bolivie à MM. Veitch par feu Pearce. Remarquable par les nombreux poils dont il est hérissé. — Feuilles moyennes, très-dentées ; fleurs abondantes rose tendre, les mâles à 4, les femelles à 5 pétales. Chlorocodon Whitei, J. D. Hook. — 5898. — Asclépiadées. — Genre nouveau, voisin des Brachylepis. Arbuste originaire de Natal, d'où il fut envoyé en 1869 à Kew par M. White. Employé comme stomachique par les indigènes. Abrisseau grimpant, feuilles opposées, largement ovales; fleurs en cymes axillaires verdâtres, purpurines en dedans à la base des pé- tales. Serre chaude. Mai 1871. Philodendron Williamsii, J. D. Hook. — 5899. Aroïdées. — Noble espèce envoyée de Bahia à Kew par M. Williams, dont elle a reçu le nom. Port élevé, dressé, robuste, feuilles longuement pétiolées, hastées; spathes lon- gues de 30 centimètres, cylindrique obtuse, vert brillant, blanc jaunâtre à l'intérieur. Serre chaude. Nous venons de voir tout récemment cette superbe plante dans l'aquarium de Kew. Serre chaude. Baptisia leucophœa^ Nuttall. — 5900. — Papilionacées. — Vivace,. rus- tique, assez commune aux États-Unis ; feuilles velues, palmatilobées 3-folio- lolés, grandes grappes dressées de belles fleurs blanches. Plein air. Epidendwn evectum, J. D. Hook. — 5902. — Orchidées. — Nouvelle- Grenade ? — Très-belle plante, probablement envoyée de la Nouvelle-Gre- nade par Purdie ; vigoureux épis terminaux et très-longs de fleurs unicolores, rose pourpre foncé, à trois divisions oblongues entières, labelle à trois lobes laciniés-lacérés, d'un effet remarquable. Vu dernièrement par nous en fleurs à Kew. Serre chaude. Hœmanthus deformis, J. D. Hook. — Amaryllidées. Cap de Bonne-Espé- rance. Grotesque plante bulbeuse, à grosses courtes feuilles en coupe d'où sort un paquet de fleurs blanches à étamines jaunes. Envoyé de Natal par M. Mac Ken. Serre chaude. Ed. A. — 188 — PLANTES NOUVELLES OU RARES. CROTON (CODIJEUM) CORNUTUM. Ed. André. Ecorce grise; tige couverte à la partie supérieure des empreintes des pétioles tombés; plante à port ramassé, forte; feuilles de l'aspect et de la contexture de celles de l'oranger; longues de 15-20 centimètres, larges de 25 millimétrés, elliptiques, spatulées, supportées par un pétiole long de 2 centimètres, vert foncé, cylindrique, géniculé. La couleur du limbe est un vert foncé, luisant, parcouru par une nervure médiane jaune clair, vif, parfois jaune d'or à l'extrémité supérieure. La grande singularité de ces feuilles, dont nous ne connais sons aucun équivalent dans le règne végétal, est un appendice situé à l'extrémité du limbe, à un ou deux centimètres du sommet, et formé par la nervure médiane qui quitte le plan de la feuille et se relève en dessus en forme de corne dorée; longue d'un centimètre environ. Toutes les feuilles en sont pourvues sans exception. Est-ce là un accident tératologique, puisque cette forme se retrouve sur tous ces organes? La plante a été rapportée par M. J.-G. Veitch des îles Salomon. (Description extraite du Mouvement horticole, 1SG7, p. 6S lEd. André), d'après la plante mère -apportée par M. Veitch.) — 189 — CHRONIQUE HORTICOLE. l